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ISBN : 2226208445
Éditeur : Albin Michel (02/06/2010)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Elle est issue d’un illustre clan de la plaine du Milieu. Dans ses veines coule le sang des plus hautes castes. Otage d’un capitaine de guerre, elle le suit à travers un pays ravagé, de champs de bataille en cités détruites jusqu’aux portes de la Cité Interdite, du trône impérial.

Il est orphelin, pauvre, mais le seul luthier en ces temps d’invasions et de violence à pouvoir fabriquer la fabuleuse cithare aux sept cordes de soie inventée par le dieu F... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  03 mars 2014
« La cithare nue » est un roman de Shan Sa. D'origine chinoise, Shan Sa s'était fait remarquer par « La joueuse de Go », livre qui avait obtenu le Goncourt des lycéens en 2001. Édité chez Albin Michel en juin 2010, « La cithare nue », son dernier roman, est une fresque historique de 326 pages, étonnante par son ampleur, sa puissance, son côté fantastique et sa poésie.
Avec « La cithare nue », vous pénétrez dans une Chine des premiers âges, à une époque où l'Occident était aux mains des barbares, une Chine instable, pétrie de guerres, de complots, de croyances, de contes, d'illusions, de légendes et de rêves éphémères et inutiles. Vous voici transporté mille cinq cent ans en arrière. Les dynasties chinoises se succèdent à une vitesse accélérée, semant la mort, ravageant les villes et les campagnes. Mais en toile de fond, il y a une certaine permanence : par-delà cette Chine des esclaves et des maitres, des gueux et des seigneurs, et des guerres qui n'en finissent pas, il y a cette nature inviolée, innocente, pleine de candeur et sans artifices, une nature qui s'offre aux hommes, fragiles, de passage. Quelque soit son âge, sa condition sociale, son origine géographique, l'homme ne peut rester indifférent devant cette beauté du monde, colorée et odorante, devant cette source d'admiration, de repos de l'âme et de réconfort, devant cette beauté qui dégage une telle musique intérieure.
Dans « La cithare nue », Shan Sa nous raconte l'histoire de deux personnages hors du commun. Tout d'abord, une jeune femme, la Jeune Mère, noble, issue d'un clan de la plaine du Milieu mais obligée à dix-sept ans d'épouser un officier roturier qui gravira tous les échelons de la carrière militaire et deviendra Empereur : épouse puis mère de ses enfants, elle se laissera entrainer aux portes de la Cité Interdite et deviendra malgré elle Impératrice de la dynastie Song. Elle vivra dans le luxe mais sa vie sera parsemée de tristesse et de déceptions. Elle sera liée à Shen Feng, notre deuxième personnage, lequel vivra près de deux cents ans plus tard. Luthier orphelin, désargenté mais formidablement doué, Shen Feng a été élevé par un facteur de cithare d'exception ; contraint de rembourser une grosse somme d'argent à son ami Shu Bao, le luthier se met en quête d'un bois exceptionnel afin de créer une cithare dont le son se rapprocherait de celui de la cithare mythique de Cai Yan, la poétesse. Sous les doigts de fée de Shen Feng, le bois précieux dont est fait l'instrument aux sept cordes de soie (c'est en fait un morceau du sarcophage ayant contenu la Jeune Mère) se transforme en musique quasi-irréelle. Inventée par le dieu Fu Xi, instrument fétiche de Confucius, conçu pour reproduire le chant du phénix. la cithare va servir de lien intemporel entre la Jeune Mère et Shen Feng et les initier à la découverte des êtres et de la beauté de la nature, faisant éclore les émotions, les amitiés et l'amour. Dans « La cithare nue », la Jeune Mère est une héroïne à la fois déterminée, forte et fragile : après le décès de son époux, elle se retire au Monastère de la Compassion et devient nonne « Pureté de Vacuité », choisissant le renoncement au monde, la foi bouddhiste et la méditation. C'est dans la cithare, et la musique qu'elle émet, que notre héroïne puisera toute sa vie la force d'affronter l'instabilité, la violence et l'immoralité du monde, et qu'elle trouvera paix et harmonie.
Les batailles sont décrites de main de maitre. le roman commence sans le sang et se termine dans la mort. On apprend plein de choses sur l'histoire de la Chine, une Chine magistralement représentée. L'écriture est raffinée. Les personnages sont attachants, criants de vérité et, curieusement, d'actualité. Évidemment, la musique est le personnage principal de ce livre, découpé en huit chapitres. le dernier chapitre, le neuvième, volontairement très court, se passe au XXIème siècle : c'est la rencontre innocente de deux mondes, l'ancien et le nouveau, avec la musique comme formidable trait d'union. La Jeune Mère et Shen Feng vivaient à cent cinquante ans d'écart mais ce détail n'affecte pas la lecture pour autant. Si le rythme de l'ouvrage est inégal, c'est pour laisser le lecteur reprendre sa respiration. Et si, à la fin du livre, il arrive que la cithare prenne pendant de courts instants forme humaine, c'est pour notre plus grande joie, la musique étant, par cette allégorie, élevée au sublime. Les images sont empreintes de délicatesse. Très picturale, Shan Sa vous invite à découvrir les collines verdoyantes de son pays, les rizières, le Yangzi, fleuve indomptable par endroits et d'une puissance qui défie encore les hommes, la Cour Impériale et ses fastes inouïs, la vie des épouses et des concubines, les couleurs et les odeurs des plats cuisinés devant les échoppes, le bruit des sandales de bois claquant sur les dalles de marbre ou des sapèques jetées sur les tables : un documentaire de première classe doublé d'une superbe histoire d'amour entre la Jeune Mère et ses enfants, entre Shen Feng et son vieux maitre, entre la cithare et les musiciens qui en jouent.
Un ode enivrant, fantastique et magique à la nature, à la musique et à la vie. Une aventure et des destins incroyables. Un chef d'oeuvre. Je mets cinq étoiles.
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janemar
  28 avril 2012

Toujours du fantastique, et de la poésie chez Shan Sa. Où l'on pénètre dans un monde de contes, de légendes de croyances tout à fait extraordinaire. Evidemment nous y retrouvons comme dans la plupart de ses romans, la guerre, les luttes intestines. L'histoire des différentes dynasties chinoises, des mondes différents, les esclaves et les maîtres, les gueux et les seigneurs. A côté de l'horreur des guerres la violence des moeurs, des nuages de soie, des senteurs et des couleurs, apportent la musique nécessaire qui fait de ce livre une épopée fantastique, irréelle.
Un peu de longueur tout de même dans la description des batailles, mais n'est ce point là un trait de l'impatience du lecteur occidental ??
Les histoires parallèles sont toujours aussi attirantes, et ces deux vies là à deux cents ans d'intervalle et quelques siècles avant J.C. comment s'étonner de l'imaginaire ?
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SakuraBouBou
  01 août 2012
Shan Sa dans La cithare nue nous conte l'histoire d'une jeune femme forcée d'épouser un guerrier en 400, dont le destin va être modifié. Près de 200 ans plus tard, nous retrouvons Shen Feng, un jeune luthier qui se bat au quotidien pour vivre. Ces deux personnages, très différents, vont pourtant être accompagné tout au long du récit avec un autre personnage : la cithare.
Roman emprunt de poésie. Avec la cithare nue on voyage dans le temps à l'époque des grandes dynasties chinoises. En lisant ce livre, j'ai été dépaysée et transportée au son de la cithare en Chine.
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maylibel
  17 mai 2012
Ce roman de Shan Sa nous transporte mille cinq cent ans en arrière, pour suivre les pas de deux personnages qui évoluent, séparés par une centaine d'années, dans les mêmes paysages d'une Chine instable. La Jeune Mère, noble, a été mariée très tôt à un officier roturier qui connaîtra une destinée surprenante. Shen Feng est un luthier pauvre mais talentueux. le lien qui noue leurs parcours est assez ténu, à l'image d'une histoire qui n'est pas sans longueurs et dont l'intérêt s'essouffle d'autant plus vite que le style de l'auteure manque de subtilité. Pourtant, l'idée de construire une histoire autour de l'instrument peu utilisé en Europe qu'est la cithare était originale, et donne un roman dépaysant. Mais cela ne suffit pas à retenir l'attention du lecteur pendant plus de trois cent pages, d'autant que la fin est très peu convaincante.
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kazupanda
  10 juillet 2013
Dès les premières pages, on est plongé dans la Chine des dynasties. Dans la Chine en pleine guerre, des millénaires avec notre ère. Une jeune fille attend un enfant dans ce contexte chaotique. Elle ne sait pas encore que bientôt, son mari va prendre le pouvoir, qu'elle va vivre dans le luxe. Que sa vie sera parsemée de tristesse et de déceptions. Mais elle ne sait pas non plus qu'elle est liée à Shen Feng, jeune luthier qui vivra plus de deux-cents ans après elle. Que la musique de la cithare réunit les amants à travers les siècles. Shan Sa nous offre ici une histoire d'amour magique et fantastique, qui traversera les siècles et les millénaires grâce à la poésie de son écriture.
Comme dans La Joueuse de Go, Shan Sa alterne les chapitres réservés à la Jeune Mère et ceux consacrés à Shen Feng. On suit donc leur évolution à deux-cents ans d'écart, leur parcours totalement différents, semés d'embûches, d'événements inattendus, dans des milieux sociaux et des époques complètement opposés... Jusqu'à leur réunion, leur union impossible et pourtant belle et bien réelle. Ou peut-être pas mais qu'importe?
Le gros point fort de la Cithare nue, c'est qu'on voyage. On voyage dans l'espace et le temps. On découvre la Chine médiévale, ses coutumes, ses couleurs, sa richesse et sa pauvreté, sa poésie. de toutes façons, c'est toujours le cas dans les romans de Shan Sa, le voyage et le dépaysement. Mais j'avoue quand même que j'ai eu un peu plus de mal à entrer dans ce récit, que j'ai donc moins apprécié que La Joueuse de Go, Porte de la Paix Céleste ou encore Alexandre et Alestria. Je pense que cela vient du regard très neutre que porte la romancière sur l'histoire qu'elle raconte. Cette distance qu'elle prend en ne donnant pas exemple pas de nom à la Jeune Mère, ou en décrivant les paysages comme si elle décrivait des estampes à l'encre de Chine...
Lien : http://kazupanda.blogspot.fr..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   13 décembre 2013
[...] L'armée remonte le fleuve Yangzi. Les chevaux hennissent, les chars gémissent, les cavaliers et les fantassins chahutent. Ils forment un boa géant qui progresse lentement en rampant.
Dans son chariot recouvert d'une tenture noire, la Jeune Mère somnole. Elle a perdu la notion du temps et ne voit plus le changement des saisons. La route militaire est un corridor sombre et froid isolé du reste du monde. La vie militaire est rythmée par le vagissement des cors annonçant l'avancée et l'arrêt, par le roulement des tambours ordonnant l'attaque et le retrait. La Jeune Mère ignore la joie. Elle ne connait que la tristesse.Vulnérable et désarmée, elle est obligée de suivre les hommes qui l'ont enlevée.
Ses joues se creusent. Le bruissement rapide des roues et le susurrement angoissé du fleuve ont envahi sa chair. Ses bras et ses jambes gonflent. Ses seins enflent et lui font mal. Son ventre devient un monticule prêt à cracher de l'eau et du sang. En elle, la vie livre un combat acharné contre la mort. [...]
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SakuraBouBouSakuraBouBou   28 juillet 2012
Sur une table basse, sa fine silhouette luit. Elle a la pose gracieuse et le maintien calme. Pendant deux ans, il a traité son bois, puis pendant six mois il a sculpté son corps. Il l'a palpée, caressée, frottée. Il lui a choisi une forme et il a donné un langage à son silence. Elle avait ses exigences aussi, elle lui réclamait sans cesse d'étirer ses lignes et d'arrondir ses courbes. Sa résonance changeait, elle le fuyait, le boudait, le surprenait. Mais ses humeurs se révélaient toujours justes. Elle l'a guidé, jour après jour, vers l'intérieur de son ventre ou elle lui a dévoilé toutes ses fibres, tous ses grains, toutes les perfections et imperfections de sa sonorité. Son parfum se transformait. Tour à tour, elle sentait le bois, les outils, la colle, la laque, la sueur, la pluie... jusqu'au jour ou elle s'est éveillée à la douce fragrance de la vie. C'était le moment ou ils devaient se séparer.
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CarosandCarosand   21 novembre 2010
Mourir ? Vivre ? Tout cela lui est égal. La tristesse l'accable, mais la jeune mère sourit. Elle cesse de se débattre. Portée par une douce chaleur, elle monte vers un autre monde, un monde meilleur.
Dans les arbres, les oiseaux ignorent la guerre et chantent gaiement. La jeune mère cligne des yeux et ouvre des paupières lourdes. On lui tend un enfant ridé emmailloté dans des bouts de tissu arraché des robes. Elle s'aperçoit alors que les cris de oiseaux sont en réalité les pleurs du bébé dont elle vient d'accoucher.
L'aube pénètre dans l'étable et se répand comme une rivière de lait. Elle s'étonne que chagrin, douleur, peur se soient effacés à son réveil. La vie lui révèle enfin la joie de la femme. Une sensation légère et vibrante qui ne ressemble en rien à ce qu'elle a goûté autrefois. Come une tasse de thé après une longue chevauchée, comme la première fleur de printemps que l'on trouve au bord du chemin. Une paix douce et flottante caresse ses joues et détend ses membres fatigués.
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kazupandakazupanda   05 juillet 2013
Pendant deux ans, il a traité son bois, puis pendant six mois il a sculpté son corps. Il l'a palpée, caressée, frottée. Il lui a choisi une forme et il a donné un langage à son silence. Elle avait ses exigences aussi, elle lui réclamait sans cesse d'étirer ses lignes et d'arrondir ses courbes. Sa résonance changeait, elle le fuyait, le boudait, le surprenait. Mais ses humeurs se révélaient toujours justes. Elle l'a guidé, jour après jour, vers l'intérieur de son ventre où elle lui a dévoilé toutes ses fibres, tous ses grains, toutes les perfections et imperfections de sa sonorité. Son parfum se transformait.. Tour à tour, elle sentait le bois, les outils, la colle, la laque, la sueur, la pluie... jusqu'au jour où elle s'est éveillée à la douce fragrance de la vie. C'était le moment où ils devaient se séparer.
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NaekoNaeko   09 mars 2012
...Contrairement aux sheng, xiao, di, pipa, ruan, aux autres instruments à vent, à cordes pincées et aux percussions, la cithare ne trouve pas sa place dans un orchestre. Elle fuit la foule et refuse d'être entendue par le vulgaire. La cithare est le commencement de l'homme et non pas l'ornement de son talent. La cithare ne distrait pas, elle réfléchit. Un lettré joue de la cithare pour lui-même, loin de la société. La cithare façonne la raison, purifie le coeur, raffine le goût, forge le tempérament, change la personnalité. Le plaisir qu'elle procure est modéré, car il est indescriptible et insaisissable. Ce n'est pas l'ivresse du faste, ni l'émotion de la mélodie, ni l'exubérance de la danse, ni la ferveur des prières...
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Vidéo de Shan Sa
Interview de Shan Sa à propos du jeu de go.
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