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Karine Laléchère (Traducteur)
EAN : 9788493759506
432 pages
13e Note Editions (01/02/2011)
4.24/5   63 notes
Résumé :
Entre récit picaresque et roman d’apprentissage, les tribulations de Max Zajack, alter ego de M. SaFranko, constituent une critique acerbe et tragi-comique du rêve américain.
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
meeva
  25 mars 2015
Amen.
Amène-toi, l'ami, dans l'enfance de Max.
Dans ce livre, Mark SaFranko raconte l'enfance du personnage de ses livres précédents : Max Zajack.
Issu de l'immigration polonaise, Max est élevé par ses parents, plutôt pauvres sans être complètement démunis, sans tendresse (sans amour ?).
Ici, le rêve américain consiste à acheter une voiture neuve.
Ici, le rêve américain consiste à savoir que l'on peut réussir (réussir DANS la vie…) à force de courage, de persévérance, de travail (niant que cette condition n'est pas suffisante, ni même nécessaire d'ailleurs…).
A travers une écriture simple mais soignée, ponctuée de familiarités, ponctuée de vulgarités, qui nous plonge dans le quotidien de Max et dans son état d'esprit.
Le récit est fait au présent, formé de très courts chapitres, une ou deux, tout au plus quelques pages, regroupées en parties. Il faut vraiment être ultra-surbooké pour lâcher ce livre avant la fin.
Max ne fait état que de sentiments négatifs envers ses parents, mais c'est en retour de ce qu'il reçoit. du plus tôt qu'il s'en souvienne, ses parents sont habités eux-mêmes de sentiments négatifs, dont il est responsable. Tout est de sa faute.
Ces points de vue sont donnés par le regard de Max, mais un regard toujours très neutre, quasiment extérieur aux faits.
Sa mère est défaitiste, pingre, elle en veut à tout le monde de sa condition.
Son père est violent, mais courageux pour le travail.
« […] Et on reprenait au début. Mais rien n'y faisait, je me trompais encore. Et je me reprenais un gnon. Si je sanglotais, c'était pire.
- Arrête, ça fait pas mal ! Espèce de mauviette ! Rappelle-toi : c'est pour ton bien. Maintenant, tu vas peut-être te secouer et te concentrer sur ce qu'on fait. »
Cependant, ses discours racistes et élitistes lui attirent clairement la haine de son fils.
En plus d'un niveau de vie peu confortable, les Zajack font face à un pas de bol récurrent et qui porte à sourire, voire à rire.
L'école, tenue par des religieux et des religieuses, est aussi le lieu de grands moments : la première confession de Max en est un ( !), parmi d'autres, comme les cours faits par la religieuse qui demande à être battue par ses élèves.
La violence est très présente entre les enfants aussi, avec une apothéose lors du camp de vacances.
La découverte du sexe est racontée sans fard, avec une insistance forcément importante.
Sous des dehors tout à fait innocents dans le récit, Mark SaFranko arrive à nous faire entrevoir certaines vérités.
Comment la merde semble s'acharner davantage sur les pauvres, simplement parce que les riches ont les moyens de la faire nettoyer avant d'en sentir l'odeur.
Comment des parents peuvent, par la violence, la violence des idées, des réflexions faites, plus que par la violence physique, faire croire à un gamin qu'il est méchant, mauvais et ne vaut rien.
Comment la religion transforme les questions de sexe en pêché, pêché mortel, minant le moral de ce même gamin qui déjà est promis à la colère de Dieu avant d'avoir compris quoi faire de son zgeg et « tirant toujours à blanc ».
Que du tout bon et en général on dit « je n'ai qu'un seul regret, c'est de l'avoir terminé » mais là, même pas. Ça y est, Max est adulte, j'ai hâte de lire « Putain d'Olivia » et « Confessions d'un looser ».
Inspiration musicale, dans la même veine, c'est pas qu'en Amérique ?
« Encore une histoire qu'on r'balance
Une histoire qui s'déhanche
Une histoire qu'a pas d'chance
Une histoire qu'a pas d'sens
Une fraction dans l'errance
D'un sale môme de France
Je marche seul
Avec plus personne à qui faire la gueule
Je marche seul
Avec plus personne à qui faire la gueule
[…] »
(extrait de « Je marche seul » de Mano Solo :
https://www.youtube.com/watch?v=9n_uhw5Q-zg )
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Flaubauski
  18 juin 2022
Troisième roman faisant partie d'une série consacrée à Max Zajack, alter ego de l'auteur, Dieu bénisse l'Amérique revient sur son enfance d'immigré polonais né à Trenton (New Jersey) dans les années 1950 : misère sociale et parentale, difficultés d'intégration à l'école, premiers émois amoureux, etc. Ou comment on apprend ce qui a fait de Max un loser...

Mark SaFranko a souvent été rapproché de certains autres auteurs de la contre-culture américaine comme Bukowski ou Fante... Même si j'apprécie Bukowski (je ne connais pas encore Fante, mais c'est pour bientôt), je ne ferai pas forcément le rapprochement. Oui, bien sûr, Max Zajack est un alter ego, comme Chinaski, mais autant sur le fond que sur la forme, la différence est flagrante. le style est bien plus travaillé, sans pour autant être dénué de spontanéité. le récit est de même bien plus construit et porteur de sens, en décrivant, par le regard d'un garçon immigré, la situation plus que misérable et inacceptable des immigrés aux Etats-Unis (qui est malheureusement toujours d'actualité). Cependant, nous ne sommes pas seulement dans une dénonciation désabusée de cette situation, mais aussi face à un regard teinté d'humour, parfois très noir, et de dérision, autant sur soi que sur la société qui entoure Max, donnant plus de légèreté à l'ensemble.
Le qualificatif de roman picaresque donné à ce récit lui correspond à mon sens parfaitement, autant parce que le personnage principal est un anti-héros poussé à son paroxysme (anti-héros parfois touchant d'ailleurs suite à ses maladresses ou à ses mésaventures) que parce qu'il décrit, parfois jusqu'à la caricature, une société donnée, pour la critiquer.
C'était la première fois, avec ce roman, que je lisais Mark SaFranko (merci d'ailleurs à la nouvelle collection poche des éditions 13ème Note à 8 euros qui me l'a permis plus tôt que prévu ^^) : c'est une très bonne découverte, et je renouvellerai l'expérience plus que volontiers avec Putain d'Olivia et Confessions d'un loser. J'ai en effet vraiment envie de connaître la suite (même si les romans ont été écrits avant) de la vie de Max Zajack !
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MarcoPolo85
  12 avril 2013
On ne serait pas surpris de voir l'histoire de notre "anti-héros" du nom de Max Zajack se passer au Moyen Âge, dans des quartiers glauques, où les relations humaines n'existent pas, où la violence est tellement quotidienne, qu'elle ne surprend pas et qu'elle fait partie de la vie...Des gens qui vivent ou plutôt survivent dans un monde sans espoir.
En fait, l'histoire de Max Zajack ne se passe pas au XIIIème siècle, mais bien au XXème siècle et ceci aux Etats Unis d'Amérique juste après la seconde guerre mondiale..
Il faut dire que cet enfant de l'immigration Polonaise est bien éloigné des clichés de rêve du Nouveau Monde. Ses parents sont des gueulards, des fatigués du boulot d'ouvrier. Ils sont jaloux de tout et font trinquer à leur rejeton tout le fiel qu'ils ont sur l'humanité qui les entourent.
De son côté, Max entre dans la vie, non seulement avec ce type de tare, mais essuie en plus nombre de déconvenues tant à l'école que dans les milieux qu'il fréquente (copains, employeurs...). Pour autant, chez ce jeune américain du New Jersey, peu de choses semblent le perturber. Il subit cette existence minable, mais n'est pas encore tombé dans la mélasse de ses aïeuls.
Bref, ce livre est à lire. C'est la deuxième fois que je lis un bouquin chez ce petit éditeur qu'est "13ème note" après l'excellentissime "Un Gringo dans la Sierra Madre".
C'est cru et c'est cruel, mais il faut croire que j'aime bien ces histoires de paumés ou de marginaux.
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Einigriv
  21 octobre 2016
Quelle claque ! Je ne connaissais pas Mark SaFranko avant d'ouvrir "Dieu bénisse l'Amérique". Ce récit de l'enfance de Max, fils d'immigrés polonais installés dans une banlieue glauque du New Jersey, fait mal à chaque page. La pauvreté extrême, l'ignorance crasse, la bigoterie absurde, le désamour congénital, la violence omniprésente... ne laissent aucun répit ni à Max ni au lecteur. Comment se construire quand on est issu d'un milieu où on sacrifie tout au rêve américain, alors que c'est justement ce même rêve américain qui vous maintient la tête bien enfoncée sous le niveau de la fosse septique ? le plus poignant dans ce roman, c'est à la fois l'absence de pathos et l'effet comique de ce tourbillon de m.... dans lequel vivent Max et sa famille. Max raconte sa vie, comme un enfant qui pense que tous les enfants ont la même vie que lui. Puis Max grandit, ouvre les yeux, analyse et cherche sa propre voie dans cette fange. Quel adulte peut-il devenir quand il traîne un tel bagage avec lui ? La question me hante encore...
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CelineGe
  13 août 2012
Mark SaFranko, auteur américain, fait revivre une troisième fois son personnage fétiche et alter ego, Max Zajack, pour nous compter son enfance difficile, dans les années 50 et au début des années 60, dans un quartier pauvre d'immigrés polonais de Trenton, dans le New Jersey.
On est très loin du rêve américain, ici encore.
Les parents, Bash et Jake triment et leur fils, Max, trinque. Ils ont une facilité déconcertante pour le rendre responsable de tous leurs malheurs...
Jamais d'amour dans cette histoire mais des engueulades, des coups et des beignes à la pelle.
Max n'est pas un méchant mais son cadre de vie et ses fréquentations le mènent irrémédiablement du côté des mauvais garçons.
Pas très doué en classe, pas très intéressé aussi, ses parents le poussent très jeune à aller gagner sa croûte. Il enchaîne les petits boulots plus ou moins merdiques.
Contrairement à son père qui vit encore bercé par l'illusion du rêve américain, le jeune Max pose un regard très réaliste sur ce qui l'entoure et la vie qui s'offre à lui s'il n'arrive pas à s'échapper de son « ghetto » blanc.
Les courts chapitres de 2 ou 3 pages se succèdent à grande vitesse pour relater des épisodes souvent pas très gais mais toujours truculents et parfois tragiques. Ça m'a rappelé les aventures en dessin animé de Tom Sawyer que je regardais à la télé quand j'étais petite. Mais en plus noir et en plus cru.
Ça se lit comme on boirait du petit lait. C'est détaillé et imagé sans être assommant de descriptions et les personnages sont vivants. Max SaFranko décrit le réel et le balance tel quel à son lecteur.
suite sur mon blog, merci...
Lien : http://linecesurinternet.blo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
meeva
meeva  
- Les syndicats sont la cause de tous les problèmes de l’Amérique, Max, et ceux qui disent le contraire sont des ânes ! Pourquoi est-ce que ces fichues bagnoles coûtent une fortune à ton avis ? A cause des exigences des syndicats, pour sûr ! Est-ce que tu peux m’expliquer pourquoi un simple plombier gagnerait autant qu’un homme qu’a fait des études pendant des années pour devenir médecin ou savant ? A cause du communisme, bon Dieu ! Ces sangsues veulent le beurre et l’argent du beurre ! Ils sont allés à l’école jusqu’à seize ans, ils posent du béton ou remuent de la merde, et il faudrait qu’on les traite comme des rois ! Ils voudraient empocher le pactole ! Faut qu’y se réveillent ! Le dernier des couillons pense qu’il a droit à sa part du gâteau ! C’est la rapacité, mon garçon, la rapacité qui sera la ruine de ce pays !
- Ah bon…
- C’est comme ces bamboulas… Leurs bonnes femmes envahissent les services de l’aide sociale, ils ont dix, douze gosses, et ils voudraient que ce soit le gouvernement qui raque ! Mais qui leur a demandé d’avoir tous ces chiards ? Et je serais coupable parce que je suis blanc ? C’est pas moi qui les ai mis sur ces satanés bateaux négriers ! Qu’on m’accuse pas de ce qui s’est passé il y a quatre cents ans ! J’ai jamais rien fait pour les persécuter ! Regarde-moi ! Merde ! J’avais rien du tout quand j’étais gosse, mais est-ce que tu m’entends me plaindre ?

J’ai eu droit à ce discours des centaines de fois. Et rien de tout ça n’a le moindre rapport avec ce qui est arrivé à la Biscayne. Mais je ferme ma gueule et je hoche la tête. Je sais qu’il me range du côté de « l’ennemi », quel qu’il soit, et je sens monter en moi une haine féroce contre le paternel, même si c’est son sang qui coule dans mes veines.
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ColonelBubble
ColonelBubble  
J'ai regardé autour de moi. Il n'y avait aucune échappatoire, inutile de gaspiller son énergie. Ce n'était que le premier jour et on allait devoir supporter cette torture pendant des années, des siècles, avant de pouvoir envisager une remise en liberté.
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ColonelBubble
ColonelBubble  
Je me postais sur le trottoir. Aussi loin que portait le regard, s'alignaient des amas de briques identiques. C'était le monde entier, ce long ruban de misère. Aujourd'hui encore, ces rangées de maisons mitoyennes avec leurs portails grillagés, leurs allées étroites, leurs mauvaises herbes et leurs jardins minables hantent mes cauchemars.
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ColonelBubble
ColonelBubble  
Voilà ce qui arrive aux femmes qui n'ont pas d'enfant : elles travaillent du chapeau.
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