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EAN : 9782226045645
310 pages
Éditeur : Albin Michel (15/10/1975)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un siècle sans poésie ? Voire. Disons qu'elle se déplace, qu'elle s'affirme plus volontiers dans la prose : Diderot, Marivaux, Montesquieu, Laclos, Jean -Jacques, Chamfort, Saint Pierre, Restif, Sade, Buffon, Lacépède, Volney, Cazotte, Mercier le Prophète, Cousin de Grainville. Des esprits curieux (Fabre d'Olivet, Court de Gébelin, Piis) poussent très loin l'étude des correspondances.

Qui lit encore l'oeuvre versifiée du roi Voltaire ? Apprécié, lu, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ThierryCABOT
  23 février 2014
Romancier populaire féru de poésie, Robert Sabatier se doit d'être loué pour le travail colossal qui fut le sien. Sa culture encyclopédique jamais prise en défaut le prédisposait à l'évidence à ériger un tel monument en faveur de ses pairs.
Le dix-huitième siècle hélas ! celui de Voltaire, Diderot et Rousseau, engrange à lui seul un nombre invraisemblable de mauvais poètes. Quand nous lisons par exemple l'abbé Delille ou Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, l'effroi tout à coup nous saisit. Plats, boursouflés, leurs vers en habit d'apparat sonnent piteusement à nos oreilles. Les formules les plus éculées s'y donnent libre cours ; on se demande même s'il s'agit là de poésie.
Car pendant quelque soixante-dix ans, des poétaillons de troisième zone vont avec une constance et un aplomb inébranlables créer une littérature quasi immangeable.
Oubliés ! Villon, Ronsard, Corneille et Racine. Face à eux, Malherbe en personne eût presque fait figure de génie universel.
On reste en effet abasourdi devant tant de platitudes, tant de médiocrité.
Il faut dire que depuis longtemps le grand Voltaire lui-même - tellement plus versificateur que poète - ne se prive guère aussi de taquiner la muse. Ironie du sort, ce dernier confiant en son étoile croit égaler ses brillants aînés. La postérité évidemment lui donnera tort ; il ne leur arrive pas à la cheville.
A peine moins insignifiant, Evariste de Parny trousse quelquefois une strophe honnête mais nous restons vite sur notre faim : le souffle et l'originalité lui manquent.
Pour s'en être inspiré, Lamartine a d'ailleurs plus tard involontairement contribué à populariser son nom.
Le plus souvent, à la lecture de cette bouillie indigeste, les bras nous en tombent. Si l'esprit règne en maître au siècle des Lumières, la sensibilité, elle, a bel et bien déserté les coeurs. Jamais autant de vers de mirliton n'ont été composés ! Jamais la superficialité, l'enflure et le mauvais goût n'ont autant eu le vent en poupe ! Un homme né en 1700 et décédé en 1775 aurait pu croire, sans beaucoup d'imagination, que la poésie était morte à jamais. Quelle désolation ! Quel fiasco !
Or à l'approche de la Révolution, avant de rendre l'âme sous le couperet de la guillotine, un vrai poète enfin voit le jour : André Chénier.
"La jeune Tarentine" notamment remet à leur juste place tous ces plumitifs de salon asséchés et verbeux.
L'honneur est sauf !
Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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frandj
  29 mai 2019
Robert Sabatier a publié une monumentale histoire de la poésie française en 9 tomes. Le présent volume est consacré au XVIIIème siècle. Il me semble exhaustif, voire trop détaillé.
Ordinairement la grande majorité des critiques considèrent que la "vraie poésie" a été presque absente pendant le Siècle des Lumières, siècle des philosophes et plus généralement des intellectuels, mais pas lyrique pour un sou. Pourtant, ce livre montre que beaucoup de vers ont été écrits à cette période; les auteurs présentés ici sont très nombreux. On y trouve des prosateurs célèbres, qui ont aussi "commis" des vers (comme Voltaire, par exemple). Mais la plupart des poètes me sont inconnus; Jean-Baptiste Rousseau, Lefranc de Pompignan, Piron, Delille, Parny, et consorts sont considérés comme des poètes (très) mineurs. Grâce à ses fables, Florian a pu échapper à l'oubli. Quant aux poètes de la période révolutionnaire, ils n'ont pas laissé un souvenir extraordinaire. Seul André Chénier (qui a été guillotiné pendant la Terreur) fait figure d'exception et mérite vraiment sa consécration comme grand poète: quelle oeuvre il aurait laissé s'il n'était pas mort jeune !
J'ai mis en citation sur Babelio quelques poésies qui ont retenu mon attention.
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talou61
  21 mars 2017
Un beau dictionnaire sur la poésie au XVIIIe siècle.
Complet mais un peu partisan.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
frandjfrandj   28 mai 2019
[La forme de cette poésie, quand elle est imprimée correctement, affecte celle... d'une bouteille. Mais ceci n'apparait pas dans Babelio]

LA BOUTEILLE
Que mon
Flacon
Me semble bon :
Sans lui
L’ennui
Me nuit,
Me suit ;
Je sens
Mes sens
Mourants,
Pesants,
Quand je le tiens,
Dieux ! que je suis bien !
Que son aspect est agréable !
Que je fais cas de ses divins présents !
C’est de son sein fécond et de ses heureux flancs
Que coule ce nectar si doux, si délectable,
Qui rend dans les esprits tous les coeurs satisfaits;,
Cher objet de mes voeux, tu fais toute ma gloire,
Tant que mon coeur vivra, de tes charmants bienfaits
ll saura conserver la fidèle mémoire.
Ma muse à te louer se consacre à jamais,
Tantôt dans un caveau et tantôt sous ma treille.
Ma lyre, de ma voix accompagnant le son,
Répétera cent fois cette aimable chanson :
Règne sans fin, ma charmante bouteille ;
Règne sans fin, mon cher flacon !

Charles-François Panard (1694-1765)
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frandjfrandj   28 mai 2019
.
Je ne suis qu'au printemps, je veux voir la moisson ;
Et comme le soleil, de saison en saison,
Je veux achever mon année.
Brillante sur ma tige et l'honneur du jardin,
Je n'ai vu luire encor que les feux du matin ;
Je veux achever ma journée.

Ô mort ! tu peux attendre; éloigne, éloigne-toi ;
Va consoler les coeurs que la honte, l'effroi,
Le pâle désespoir dévore.
Pour moi Palès encore a des asiles verts,
Les Amours des baisers, les Muses des concerts.
Je ne veux point mourir encore.

André Chénier (1762-1794)
+ Lire la suite
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talou61talou61   21 mars 2017
Non, la langue n'était pas prête, rompue, vivifiée, pour accompagner le changement social.
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frandjfrandj   28 mai 2019
Ami passant, qui désires connaître
Ce que je fus: je ne voulus rien être;
Je vécus nul, et certes je fis bien;
Car, après tout, bien fou qui se propose,
De rien venant et retournant à rien,
D'être ici-bas, en passant, quelque chose.
Ci-gît Piron, qui ne fut rien,
Pas même académicien.

Alexis Piron (1689-1773)
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Videos de Robert Sabatier (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Sabatier
Yves Montand Bernard Pivot: la photo Séance photo lors de la fête de la dernière émission d'Apostrophes, le 19 juin 1990, à l'orangerie de Paribas, avec la participation de Jorge Semprun, et dans les cuisines Georges Blanc, Pierre Troisgros, Paul Bocuse, François Périer, Pierre Perret, Jean d'Ormesson, Robert Sabatier, Robert Badinter, Alain Peyrefitte, Jacques Chancel, Alphonse Boudard, Jean-Pierre Elkabach etc.
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