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ISBN : 2253034304
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1984)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 644 notes)
Résumé :
Sur les pentes de Montmartre, un enfant de dix ans, Olivier, erre le jour et aussi la nuit dans ce vieux quartier de Paris du début des années 30. Sa mère, la belle mercière, vient de mourir et il vit en partie chez le jeune couple formé par ses cousins Jean et Elodie, mais surtout dans les rues de ce temps-là, vivantes, souriantes, animées. C'est là qu'il rencontre une multitude de personnages populaires qui vivent et se croisent sous son regard vif, émerveillé, pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  12 décembre 2012
Roman largement autobiographique, "Les Allumettes Suédoises" (récit qui précède Trois sucettes à la Menthe et les Noisettes Sauvages) retracent l'enfance de Robert Sabatier sous les traits du petit Olivier, orphelin, gamin du pavé parisien.
Les aventures d'Olivier sont exactement le pendant plein de vie et d'espérance des noires tribulations de son homonyme anglais Oliver Twist. Non, le parallèle n'est ni osé ni irrévérencieux mais totalement avoué et assumé par l'auteur lui-même.
Paris, années 30. Olivier est orphelin et recueilli par un couple de cousins. Il va grandir comme une herbe folle, plein de vie et d'énergie, dans les rues de Montmartre, offrant aux lecteurs du XXIème siècle que nous sommes un portrait nostalgique et enthousiasmant des rues de la capitale, lui conférant une âme poétique malgré sa crasse, ludique grâce aux nombreuses trouvailles qu'Olivier et ses amis vont inventer pour se divertir, et ô combien attachante. Un parfum d'antan pas si lointain qui a personnellement ravivé en moi le souvenir de mes grands-parents qui ont eux aussi grandi dans ce Paris de l'entre-deux-guerres.
Ce que j'ai aimé dans ce court récit, c'est justement la vie, l'espérance et l'énergie qui, malgré une trame de départ dramatique, prennent le dessus pour éclater dans un vrai message de foi en l'amitié et en l'existence.
Je considère que Sabatier est un auteur qu'on peut mettre entre les mains des lecteurs en herbe , son style étant très accessible à la jeunesse.
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Missbouquin
  11 décembre 2012
Mon premier Robert Sabatier, à quelque temps de la mort de ce « grand » auteur français, ce qui m'avait poussé à lire ce roman, qui est apparemment un des plus connus.
Olivier, 10 ans, enfant de Montmartre, vient de perdre sa mère. Recueilli par des cousins habitant dans la même rue, il attend que le conseil de famille statue sur son sort. En attendant, supposé traumatisé par le drame de se retrouver orphelin, il est retiré de l'école. Livré à lui-même, il sillonne la rue qui est une petite famille à elle-seule, avec son charcutier, son rebouteur, ses mégères, son cinéma. Par cercles concentriques plus ou moins calculés, Olivier partage ses journées entre le cinéma, les copains, parfois une journée de travail. Dans son quartier qu'il ne quitte jamais, il est heureux. Mais une menace plane, celle d'être confié à de lointains parents, loin de la Rue, un personnage elle-même.
« La rue, comme une barque légère amarrée à la capitale, tanguait, fragile, au fil des événements, luttait contre les misères quotidiennes, parfois prenait de l'altitude ou chantait pour oublier ses malheurs. [...] Ce petit bout de la rue Labat, c'était le cinéma du pauvre, le paradis des mal logés, le lieu de la liberté, l'espace d'une aventure. »
Autant l'avouer de suite, l'histoire est très ténue dans ce court roman. Il aurait aussi bien pu être présenté sous forme de scénettes avec Olivier en personnage principal : Olivier au cinéma, Olivier travaille, etc. Cette succession de petits événements m'a un peu lassé au final, tout comme m'a énervé le désoeuvrement dans lequel l'enfant est laissé, seul dans sa douleur sans sa mère. Seul lorsque ses copains sont à l'école. Et pourtant, il reste optimiste. Traité de vaurien et de voyou (gentiment) par ses cousins car il traîne toute la journée (alors qu'on ne lui propose rien d'autre ..), il tente d'aider, d'être gentil et de garder un bon fonds malgré les épreuves.
« Atteint par la mélancolie, Olivier, sans mère, sans soeur, pensa que durant des soirs et des soirs, il errerait ainsi dans la nuit à la recherche de quelque chose qu'il ne pourrait jamais rejoindre, se réchauffant mal, comme aux braseros d'hiver, à des foyers étrangers, les siens étant éteins à jamais. » [...] « Il serait toujours seul. Les gens ne s'aimaient pas vraiment. Il aurait des amis, mais ils passeraient sans jamais s'arrêter. Il ne ferait pas vraiment partie d'eux comme il faisait partie de Virginie, de ses pensées, de son corps. Et d'elle, il ne gardait que des images, des souvenirs qui perdraient peu à peu leur vérité. »
Roman du Paris des années 1930, roman de l'enfance, dans la lignée de la Guerre des boutons, c'est un roman léger, agréable, mais pas vraiment un coup de coeur car j'avoue avoir attendu qu'il se passe quelque chose. Plus que jamais ici, j'ai eu l'impression que je ne l'ai pas lu au bon moment …
Néanmoins, j'ai vu que Les Allumettes suédoises n'étaient que le premier tome des aventures d'Olivier donc cela me fait reconsidérer le roman qui ne forme pas un tout en soi. Je vais donc continuer à les lire, et peut-être reviendrais-je vous en parler de manière plus approfondie …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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litolff
  13 octobre 2012
Récit initiatique et probablement autobiographique de l'enfance d'un orphelin à Montmartre, Les allumettes suédoises est l'introduction d'une saga en 8 volumes.
C'est l'évocation d'une vie de quartier populaire, dans un Paris chaleureux et festif aux métiers d'autrefois, une ambiance révolue d'avant-guerre où on écoutait la TSF, où on allait au cinéma voir les actualités et les réclames. Une époque où les hommes portaient des chapeaux ou des casquettes, où il était mal vu pour une femme de sortir "en cheveux" et où on portait les bas à remailler.
Un roman tendre et nostalgique.
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MllePeregrine
  16 mai 2012
"Les allumettes suédoises" est un livre émouvant et drôle à la fois, qui retrace le parcours d'Olivier, jeune orphelin de 9ans, dans son quartier de Montmartre dans les années 1930.
On suit l'enfant dans ses pérégrinations, ses déambulations à travers son quartier, on a l'impression de connaître Bougras, Albertine, l'Araignée et les autres figures mythiques de la rue Labat, on voudrait serrer Olivier dans nos bras pour le consoler.
Un très beau livre qui dépeint un monde où les gens prenaient encore le temps de vivre, malgré l'ombre planante d'une guerre en préparation.
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brigittelascombe
  22 juillet 2011
Montmartre.
Ses yeux verts mangent son visage, seul comme un chien, il respire l'air poussiéreux de la rue Labat. Orphelin, il est orphelin!
Il? Qui il?
Il, c'est Olivier Chateauneuf, le fils de la belle mercière, celle qu'il appelait Virginie, M'mam, celle qui n'est plus.
Ah le chocolat de M'mam, rite onctueux relevé de quelques gouttes d'anis et d'extraits de café (miam! miam!). Ah la peau soyeuse et chaude contre laquelle il aimait se coller pour un calin du soir!
C'est ça la mort, tout ce manque lancinant qui le terrasse, au fil des jours, de son injustice soudaine.
Faut assumer l'incertitude du conseil de famille qui statuera de son sort(et puis le fait que Virginie prenne des amants n'était pas au goût de tous), faut assumer aussi la douleur et la honte de passer chez chacun récupérer les impayés pour payer l'enterrement.
Heureusement, y a les cousins au 77, Jean et Elodie qui le recueillent le temps du deuil. Ils sont gentils ces deux tourtereaux, mais l'époque est dure et Jean, conducteur d'imprimerie, hôche souvent la tête.
Alors, Olivier traine dans cette rue Labat, cette grande famille qu'il connait depuis toujours.Eux, ils chantent "Faut pas s'en faire" et ont l'air heureux.
Au 73, chez Albertine Haque,bien en chair, un peu brusque à le traiter tout le temps de voyou, mais pas méchante au fond, il dévore des tartines au beurre salé.
Y a Serge dit Loulou ou tête à poux, son meilleur ami qui attrappe les mouches et le soutient en lui claquant deux gros baisers sur les joues et Anatole,Cap de verre,Ramélie, et les batailles de gosses avec la rue Bachelet, et le jeu des allumettes qui "consiste à poser une allumette verticalement sur le trottoir, à appuyer avec l'index et d'une pichenette à la faire s'envoler toute allumée".
Y a Bougras, plein de sagesse, homme sandwich, toiletteur de caniches, homme à tout faire doué de ses mains qui confectionne des bagues avec des pièces de monnaie, qui lui parle de Zola et embellit la campagne des grands parents. C'est là qu'il lui faudrait aller pour retrouver ses repères.
Y a L'araignée au corps désarticulé qui lui fait peur et pitié à la fois.
Mais, il y a surtout Mado qui ressemble à sa mère, "femme liane, dont la tête s'épanouit au dessus du corps comme une fleur colorée".
Elle fait la vie? C'est une poule de luxe? Qu'importe! Elle l'invite à manger des mokas.
Et le beau Mac, ce caïd peu recommandable qui lui tourne autour, joue du révolver et appelle Olivier "Pauvre pomme"?
"Quand je serai grand" dit l'enfant" je lui casserai la margoulette"!
Un livre pétri d'émotions, d'amitié pour les humbles, le récit d'une époque charnière angoissante dans la vie d'un enfant. Mais parfois, un coup de pouce du destin(malgré le malheur survenu) peut tracer une route différente hors d'une rue tendre mais sans repères.
A suivre...
Dans : Les noisettes sauvages et Trois sucettes à la menthe.
Petit rappel :Né à Paris en 1923, Robert Sabatier, bientôt orphelin et ayant grandi à Montmartre, a sans doute pioché dans ses souvenirs.
Poête,romancier, ses oeuvres ont été traduites dans le monde entier et il est membre de l'Académie Goncourt.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
MissbouquinMissbouquin   11 décembre 2012
« Atteint par la mélancolie, Olivier, sans mère, sans sœur, pensa que durant des soirs et des soirs, il errerait ainsi dans la nuit à la recherche de quelque chose qu’il ne pourrait jamais rejoindre, se réchauffant mal, comme aux braseros d’hiver, à des foyers étrangers, les siens étant éteins à jamais. » [...] « Il serait toujours seul. Les gens ne s’aimaient pas vraiment. Il aurait des amis, mais ils passeraient sans jamais s’arrêter. Il ne ferait pas vraiment partie d’eux comme il faisait partie de Virginie, de ses pensées, de son corps. Et d’elle, il ne gardait que des images, des souvenirs qui perdraient peu à peu leur vérité. »
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FannyBabelFannyBabel   31 décembre 2012
Dès les premières images, Olivier fut subjugué. Chaliapine, la basse russe, et Dorville, le comédien français, devenaient ces personnages de légende. Les aventures du Chevalier à la Triste Figure, coiffé de son plat à barbe, mirent l'enfant dans un état d'exaltaton inconnu de lui jusque-là. Il ne comprit pas grand-chose au déroulement de cette histoire, mais les chants, la musique le firent frissonner. Chaque image aiguisait sa sensibilité, le bouleversait. Par-delà l'intelligence du sujet, il ressentait la solitude et quand les livres de l'hidalgo furent jetés au feu, l'émotion grandit en lui jusqu'aux limites de l'insoutenable. Don Quichotte chantait sa douleur et l'enfant, habité de ses propres tristesses, la vivait avec lui. Au moment où le brasier s'écroulait, il revit les grosses cordes entourant le cercueil de sa mère, et, quand la lumière se fit, il resta longtemps face à l'écran vide comme si Don Quichotte n'avait pu le quitter.
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luis1952luis1952   27 novembre 2014
Elle se déchaussa et agita ses doigts de pied devant eux.
Les deux enfants se penchèrent.
"Qu'est-ce qu'il a ton panard ? demanda Olivier.
-Vous ne voyez pas ?"
Ils écartèrent les yeux et examinèrent un pied bien cambré, très normal, à peine un peu sale aux chevilles, sans comprendre. Loulou, ravie de les avoir fait chercher pour rien, annonça sur un ton doctoral :
"J'ai cinq orteils, les gars !"
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luis1952luis1952   25 novembre 2014
Ils pénétrèrent dans un studio moderne qui sentait la poudre de riz et la cigarette anglaise. Elle lui fit signe de poser le paquet sur la table basse.
"Assieds-toi, où tu voudras."
Après un bref "tu permets"elle quitta sa robe fleurie et apparut dans une parrure de rayonne couleur tilleul. Avec la même simplicité, elle dégrafa ses jarretelles et fit rouler ses bas de soie jusqu'à ses orteils. Ses jolis pieds dansèrent un instant avant de glisser dans des mules en satin rose.
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brigittelascombebrigittelascombe   22 juillet 2011
Et je revois cet enfant frémissant et pur en face des premières tragédies,avec un tremblement de paupières,un battement particulier du coeur, non comme s'il était moi-même, mais comme s'il s'agissait de mon propre enfant dissous jadis dans trop de lumière blanche. Le monde alors était pourtant joyeux...
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