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Critique de oblo


oblo
  18 février 2016
Il suffira de dire que le tunnel est un court roman sur l'immense solitude de l'homme moderne, et de considérer qu'ainsi la critique en est faite. En réalité, si tout ceci peut être dit, il faudrait rendre justice à ce livre en le décrivant un peu plus. Salué par les auteurs européens comme un écho sud-américain de l'existentialisme qui interrogeait les philosophes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le roman analyse précisément cette solitude à l'aune de la relation amoureuse.

Juan Pablo Castel, célèbre peintre, a été condamné pour le meurtre de Maria Iribarne. Il se propose d'écrire ses confessions qu'il espère publier, afin que quelqu'un, dit-il, le comprenne. Car Juan Pablo Castel a tué la seule personne qui l'ait jamais compris. Ainsi commencé, le roman propose un chemin littéraire hasardeux au lecteur. Ce dernier pense lire un roman policier dans lequel il s'agira de découvrir l'auteur du crime ; en vérité, il bascule dans un roman noir aux profondes motivations philosophiques.

Juan Pablo Castel a vu Maria devant l'un de ses tableaux durant un vernissage. A la différence des critiques qu'il exècre, Maria a remarqué un détail a priori insignifiant mais cela démontre, aux yeux de Juan Pablo, que Maria est comme lui. Juan Pablo n'aime pas la compagnie des hommes ; il les méprise, les trouve vils et pense que le monde est une horrible chose. Alors Maria devient rapidement une obsession pour Juan Pablo ; durant des mois, il cherche à la revoir.

Il y parvient et noue avec elle une relation amoureuse. Mais à peine établie, cette relation est ternie par les sombres pensées de Juan Pablo. Sans cesse à se torturer l'esprit, il tente d'obtenir de Maria des réponses claires sur ce qu'elle est, sur ce qu'elle éprouve pour lui. Tout au long du roman, l'ambiguïté est maintenue sur les sentiments de Maria et sur la vie qu'elle mène. En effet, Juan Pablo découvre qu'elle est mariée à Allende, un aveugle, et qu'elle se rend souvent dans l'estancia du cousin de son mari, Hunter, avec lequel Juan Pablo pense que Maria entretient une relation.

Le tunnel est la métaphore de la solitude. Juan Pablo évolue comme dans un tunnel, coupé du monde, isolé à jamais sauf à de rares instants où, par une fenêtre, il peut être vu. Juan Pablo croit que les tunnels peuvent parfois se croiser, ou peut-être ne le peuvent-ils pas. C'est là le paradoxe de nos sociétés – et la théorie de Sabato vaut encore plus à l'heure actuelle – qui idolâtrent la communication, cependant que les hommes et les femmes demeurent désespérément seuls. La jalousie, et notamment la jalousie amoureuse, n'est que la peur panique qui prend les êtres lorsqu'ils sont confrontés à la plus terrible solitude, celle qui succède aux plus tendres passions.
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