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Sidonie Van Den Dries (Traducteur)
EAN : 9782754802529
424 pages
Éditeur : Futuropolis (07/01/2010)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 140 notes)
Résumé :
6 ans de travail, plus de 400 pages, pour mettre au jour un massacre perpétré par l'armée israélienne sur la population de Gaza, en 1956, et que l'Histoire a tout fait pour oublier. Hautement considéré par ses pairs auteurs, les médias et ses lecteurs du monde entier, Sacco poursuit son engagement sincère, courageux, âpre, rigoureux et nécessaire. Son oeuvre est une charge explosive qui a fait voler en éclats les limites de la bande dessinée. C'est lors d'un reporta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  19 janvier 2018
Roman graphique instructif et surtout profondément émouvant.
Un journaliste à la recherche d'un moment de l'histoire, celui de note en bas de pages qui racontent la mort de Palestiniens de Gaza en 1956. Il recueille les témoignages des survivants, des versions parfois contradictoires, mais qui parlent de malheur et de victimes.

L'auteur utilise très bien la puissance de l'image. On voit les coups de bâtons, les hommes qui pleurent et qui disent la peur. Des femmes qui se demandent pourquoi on leur fait cela, pourquoi l'Histoire a-t-elle sacrifié leur peuple ? ...

Mais le présent continue, dans sa quête des événements de 1956, le journaliste est aussi confronté aux destructions actuelles : des maisons détruites, des balles perdues et des tirs de roquettes…

Une lecture éprouvante, qui montre toute l'absurdité de l'escalade de la haine, une triste situation sur laquelle on se sent bien peu de pouvoir.
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Alcapone
  25 mai 2013
C'est à l'occasion d'une mission dans la Bande de Gaza pour les besoins d'un reportage avec Chris Hedge (en 2001) que Joe Sacco s'intéresse aux tragédies de novembre 1956. de fil en aiguille, le dessinateur découvre que le 12 novembre, des palestiniens des villes de Khan Younis et Rafah auraient été exécutés par des soldats israéliens débusquant des résistants ou des soldats égyptiens. Dans la panique générale, les israéliens auraient ouvert le feu et tué des dizaines de civils palestiniens dans ces deux villes. Gaza 1956 décrit les investigations menées par Joe Sacco entre novembre 2002 et mai 2003 sur ce pan méconnu et peu documenté de l'histoire. Mais voilà, cinquante ans ont passé depuis les événements. Joe Sacco veut rappeler l'existence de ces massacres car "les tragédies contiennent souvent les graines du chagrin et de la colère qui façonnent les événements du présent." Pourtant, reconstituer l'histoire à partir des souvenirs des témoins de l'époque est une entreprise compliquée : Qui interroger ? Comment trouver les "bons témoins" ? Quels crédits apporter aux récits des enquêtés ? Quels poids donner aux déclarations contradictoires des différents témoins ? Quels témoignages croire ou ne pas croire ? Quelle méthode retenir pour les croisement des infos ? Comment faire comprendre aux palestiniens interrogés qu'on s'intéresse à des événements révolus alors qu'ils sont quotidiennement victimes d'attaques israéliennes, que les attentats suicides sont légion, que leurs maisons font l'objet de destructions massives et qu'une Guerre en Irak est sur le point d'éclater ?
Joe Sacco est parfaitement conscient du caractère peut-être incongru de sa démarche mais ainsi qu'il nous le confie : "Les palestiniens semblent n'avoir jamais le luxe de digérer une tragédie avant que la suivante ne leur tombe dessus. Quand j'étais à Gaza, des jeunes gens regardaient souvent mes recherches sur 1956 avec perplexité. A quoi bon s'occuper de l'Histoire, alors qu'ils étaient attaqués et que leur maisons étaient démolies au présent ? Mais il n'est pas si facile de démêler le passé du présent ; tous deux font partie d'un continuum implacable, de la masse confuse de l'Histoire. Cela vaut peut-être la peine de figer un instant ce mouvement de brassage qui va toujours vers l'avant pour examiner un ou deux événements. Ces derniers, outre le fait qu'ils ont constitué une catastrophe pour les gens qui les ont vécus, peuvent être instructifs pour ceux qui veulent comprendre pourquoi et comment - ainsi que l'a dit El-Ransiti - la haine a été plantée dans les coeurs." Et, j'espère que cette noble intention aura une résonance sur les lecteurs...
Parce qu'il était impossible à Joe Sacco de revenir sur ces événements sans se pencher sur l'histoire générale de la bande de Gaza, Gaza 1956 telle une leçon d'histoire magistrale, revient sur les principaux conflits et événements survenus dans la Bande de Gaza entre 1948 et 2003 : Indépendance d'Israël (1948), apparition des premiers Fedayins (1955), Crise du canal de Suez (1956), Guerre des six jours (1967), 1ere Intifada (1987), Accords d'Oslo signés entre Israël et l'OLP (1993), 2e Intifada (sept. 2000)... La bande-dessinée permet ainsi de revenir sur les événements passés en gardant une certaine distance. Et ce, même si Joe Sacco reconnait volontiers que son travail de graphisme "s'accompagne inévitablement d'une dose de réfraction". On notera d'ailleurs que la lecture de Gaza 1956 s'impose en quelque sorte comme un voyage initiatique dans l'univers de la BD-reportage.
Mais encore : au delà de tout aspect purement factuel, Gaza 1956 interroge sur notre façon personnelle de se représenter l'histoire. Comment se construisent les récits des témoins. Comment traduire leur intention. Comment interpréter les silences, les demandes d'anonymat. Comment ne pas prendre parti.. Bref, toutes questions que le lecteur doit s'approprier par la réflexion et l'objectivité... Bien sûr, le propos de Joe Sacco est forcément engagé mais j'ai justement trouvé qu'il avait réussi à garder une certaine impartialité qui est nous l'avouerons, très appréciable...
Pour toutes ces raisons mais aussi pour le coup de crayon incisif (noir et blanc) de Joe Sacco, je ne saurais que recommander cette passionnante lecture. le gigantesque travail de documentation, de retranscription et d'interprétation mérite amplement que l'on s'y intéresse. Bref, voici du contenu de qualité enrobé dans un superbe objet. N'hésitez donc pas et découvrez sans tarder Gaza 1956 !
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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som
  07 septembre 2015
Joe Sacco repart pour la Palestine, plus précisément pour Gaza. Son idée de départ est de retracer les événements qui ont bouleversé ses habitants en 1956. En rester là est bien sûr mission impossible. Tout d'abord par ce que l'actualité en Palestine s'impose à tous, ensuite par ce qu'une telle entreprise signifie une enquête, des multiples rencontres, du temps, bref de l'imprégnation
Tel est alors le contenu de ce consistant et très dense roman graphique. On y rencontre milles témoins. Comme Joe Sacco, nous sommes confrontés à la fragilité de leurs récits, aux douloureuses concordances des temps entre hier et aujourd'hui. Parfois, le tournis nous guette tant les événements sont complexes, les acteurs nombreux. de ce drame sans fin surgissent de temps à autre quelques rares éclats d'humanité avant de replonger dans un océan de destruction de maisons, de meurtres et de violence.
On ressort forcément secoué, un peu plus informé mais malheureusement pas plus avancé.
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chartel
  16 avril 2011
"Gaza, 1956, en marge de l'histoire" n'est pas seulement une bande-dessinée de reportage sur le conflit israélo-palestinien, elle est une oeuvre de réflexion sur le travail même de l'historien, du chroniqueur et du journaliste. Alors qu'en règle générale, chacun se targue de rechercher la sacrosainte objectivité, Sacco sait qu'il ne peut l'atteindre, malgré sa ferme volonté, sa rigoureuse démarche et sa déontologie. Il opte donc pour une autre méthode. Il se met en scène pour que le lecteur ait conscience du contexte dans lequel s'est élaboré son travail de recherche. Il ne cherche pas à masquer ses manques et ses imperfections, au contraire, il fait souvent preuve d'autocritique. C'est pourquoi je suis un peu surpris quand on lui reproche son parti pris, alors qu'il ne cherche, à aucun moment, à annoncer La Vérité ! Il sait que ce conflit est inextricable, que les issues à la crise sont quasiment inexistantes et qu'il serait téméraire de proposer d'improbables solutions. Plus simplement, Sacco, par ses successifs passages entre passé et présent, montre les désespérantes continuités d'une situation historiquement bloquée. Il cherche à aller au-delà de ce que nous diffuse régulièrement les vitrines de la BBC ou de CNN, à oublier un peu le bourdonnement des discours officiels pour faire entendre la voix de la souffrance, grâce à la précision quasi photographique de ses planches et son sens du cadrage qui donne à certaines de ses vignettes une puissance d'évocation saisissante.
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antoineperroud
  25 mars 2014
Joe Sacco strikes again ! L'auteur de Palestine est de retour dans les territoires occupés. Ce terrible conflit sans fin et sans espoir, fait de drames quotidiens, est devenu quasiment banal pour ses habitants et, plus largement, pour les audiences du monde. Quand la violence aveugle répond à la violence aveugle, même les borgnes peinent à voir pour voir ce qui se passe autour d'eux. Joe Sacco, lui, a les deux yeux bien ouverts et la plume acérée. 386 pages de témoignages, de récits, de vies mutilées, perdues pour reconstruire un « incident » de 1956, quand l'armée israélienne profita de la crise du Suez pour ramener, discrètement à l'ordre, d'une manière plus que musclée, les habitants de Khan Younis et Rafah dans la bande de Gaza. Âmes sensibles s'abstenir, curieux de comprendre pourquoi, bienvenus.
Pour réaliser cet album passionnant, il a fallu à l'auteur presque dix ans et plusieurs voyages dans une des zones les plus dangereuses de la planète. Il s'agit, tout d'abord, d'un minutieux travail de journaliste, une enquête longue et difficile pour retrouver les différents témoins de cet évènement vieux de cinquante ans. Tâche titanesque quand on connaît les conditions de vie de la population palestinienne parquée dans ces camps de réfugiés « provisoires » depuis 1948, et quand on sait que le passé n'intéresse que très peu ces individus en prise avec une réalité autrement bouleversante. Bon an mal an, Sacco remonte la piste des survivants, souvent des vieillards meurtris à la mémoire chancelante, recoupe les témoignages, trace des cartes, fouille les archives – celle de l'ONU à New-York, d'autres, israéliennes, à Tel Aviv – pour tenter de dresser, du mieux possible, une image cohérente de ces évènements. Face au mutisme des israéliens et au langage hermético-diplomatique des sources onusiennes, son récit pourrait être taxé de partisan. Évidemment, les témoignages sont ceux des palestiniens, des victimes. L'auteur évite néanmoins de stigmatiser l'un où l'autre des protagonistes. Il fait, réellement, le métier de journaliste : relater des faits réels et avérés.
Même si le sujet de l'enquête est 1956, il est impossible de faire abstraction du présent, surtout quand les balles sifflent au-dessus de votre tête. Comme à son habitude, Sacco se met en scène sur place. Assisté de plusieurs traducteurs-facilitateurs (voir The Fixer), il sillonne Gaza et est témoin du désespoir quotidien des palestiniens. Ce témoignage est à la fois des plus éclairants et, malheureusement, désespérant pour le genre humain.
Et la BD dans tout ça ? Gaza 1956 est également un excellent album. le journaliste, maintenant dessinateur, est à la hauteur de la tâche. Il varie à l'infini la construction de ses planches : cases ouvertes, moule à gaufre, panoramiques, incrustations, textes narratifs « flottants ». Cette mise en page de haute de tenue reste toujours très lisible. Heureusement, car la quantité d'informations est imposante - il ne s'agit pas d'un livre lu en un quart d'heure. La caractéristique la plus marquante du dessin se trouve dans la manière dont l'auteur dépeint ses personnages. Seul ou perdu dans une foule, chaque individu possède une identité graphique propre. Ce soin apporté à la description physique des protagonistes renforce la profonde sincérité de la démarche narrative de l'auteur.
Joe Sacco, par son travail exemplaire à tous points de vue, prouve une fois de plus la force évocatrice et narrative de la bande-dessinée. Gaza 1956 est indispensable.
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critiques presse (2)
NonFiction   30 septembre 2013
Avec l’acuité d’un photographe, [Joe Sacco] rend compte de la situation actuelle dans la bande de Gaza et la simple recherche des témoins oculaires l’amène à vivre des péripéties étonnantes.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Du9   08 juillet 2013
Tout au long de l’ouvrage, Joe Sacco met en image les témoignages de palestiniens qu’il a personnellement rencontré et qui lui ont raconté ce qu’il s’est passé le 12 novembre 1956 dans le camp de réfugiés palestiniens de Rafah.
Lire la critique sur le site : Du9
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
alouettalouett   18 décembre 2010
L’Histoire peut se passer d’annexes. Les notes de bas de page sont au mieux superflues. Au pire, elles font trébucher le grand récit. De temps à autre, paraissent des éditions plus audacieuses, plus dépouillées, l’Histoire se débarrasse de quelques notes. On comprend pourquoi… L’Histoire a les mains pleines. elle ne peut s’empêcher de produire des pages à l’heure, à la minute. Elle s’étrangle avec les épisodes récents et digère les plus anciens. (…) Une autre page, une autre annexe. Ici, l’encre ne sèche jamais
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bilodohbilodoh   19 janvier 2018
« … Cet épisode a laissé dans mon coeur une plaie qui ne pourra jamais cicatriser. Le seul fait de vous raconter cette histoire me donne envie de pleurer. On n’oublie jamais des actes pareils… [ils] ont planté la haine au fond de nos coeurs. »

(Avant-propos)
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M-PiM-Pi   13 mars 2012
L'Histoire peut se passer d'annexes. Les notes de bas de page sont au mieux superflues. Au pire, elles font trébucher le grand récit. De temps à autre, lorsque paraissent des éditions plus audacieuses, plus dépouillées, l'Histoire se débarrasse de quelques notes. On comprend pourquoi... L'Histoire a les mains pleines. Elle ne peut s'empêcher de produire des pages à l'heure, à la minute. Elle s'étrangle avec les épisodes récents et digère les plus anciens.
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lunchlunch   17 mars 2013
NOS ENFANTS N'ONT RIEN À MANGER, ET EN PLUS ILS DÉMOLISSENT NOS MAISONS !
CE NE SONT PAS DES HUMAINS. CE SONT DES ANIMAUX !
HITLER NE LEUR A PAS FAIT ÇA ! HITLER NE LES A PAS CHASSÉS DE LEUR TERRE ! HITLER N'A PAS DÉMOLI LEURS MAISONS !
QUE DIEU FASSE DES ENFANTS D'ISRAËL ET DES ENFANTS D'AMÉRIQUE, COMME NOUS – DES ORPHELINS !
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alouettalouett   18 décembre 2010
En 1949, un rapport du ministère des Affaires étrangères israélien prédisait : "La sélection naturelle fera le tri entre les réfugiés les plus adaptables et les plus combatifs et les autres, qui dépériront. Certains mourront, mais la plupart, changés en épaves et en parias, iront grossir les classes défavorisées dans les pays arabes"
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Videos de Joe Sacco (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joe Sacco
Journaliste passionné de bande dessinée, Joe Sacco revient avec une nouvelle BD documentaire, Payer la Terre et fait escale à la Bpi dans le cadre de sa tournée européenne. Ses reportages précédents l'ont conduit de Bosnie en Palestine ; il crée l'événement avec Gaza 1956, primé à de nombreuses reprises. Avec Payer la terre, il nous entraine dans les Territoires du Nord-Ouest au Canada, à la rencontre de peuples indigènes du Grand Nord, les Denes, dont il nous retrace l'histoire depuis l'arrivée des premiers colons et en dresse un portrait terrible, tant économique qu'écologique qu'humain.
Retrouvez les articles consacrés à Joe Sacco sur notre webmagazine Balises : http://balises.bpi.fr/bande-dessinee/joe-sacco-en-5-bd http://balises.bpi.fr/bande-dessinee/joe-sacco-en-quete-graphique
Suivre la bibliothèque : SITE http://www.bpi.fr/bpi BALISES http://balises.bpi.fr FACEBOOK https://www.facebook.com/bpi.pompidou TWITTER https://twitter.com/bpi_pompidou
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