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Lorraine Darrow (Traducteur)
EAN : 9782908981230
140 pages
Vertige Graphic (30/11/-1)
4.09/5   23 notes
Résumé :
Durant l'hiver 1991-1992, un journaliste américain ayant choisi le dessin pour s'exprimer, Joe Sacco, visite Jérusalem, la Cisjordanie et Gaza où se déroule la première Intifada.
Découvrant la réalité brutale de l'occupation israélienne, il la dénonce vigoureusement dans ce qui est devenu une BD culte depuis. A l'heure de la seconde Intifada et de ses centaines de victimes, ce livre reste, plus que jamais, d'une actualité brûlante.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
milado
  27 août 2012
Palestine est un vrai travail de journaliste, très documenté, je pense très objectif...on pourrait regretter de le découvrir 20 ans plus tard, mais si les dirigeants ont changé, je n'ai pas l'impression que la situation ait fondamentalement évolué.
Reste un dessin original, noir et blanc avec des perspectives déformées comme avec un appareil grand angle, des grosses têtes, des bouches et des mains énormes, je ne suis pas vraiment fan. BD parfois très bavarde mais utile pour nous rappeler le contexte historique.
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alouett
  02 mai 2011
En décembre 1991, Joe Sacco s'est rendu deux mois en Palestine pour réaliser un reportage. Il s'agit de sa première immersion dans la quotidienneté du peuple palestinien. Palestine – Une nation occupée est le premier volet d'un diptyque qui se clôt avec Palestine – Dans la bande de Gaza (publié en 1998 chez Vertige Graphic).
Cette oeuvre étonnante fait de lui l'inventeur du journalisme d'immersion en bandes dessinées. Sa rigueur professionnelle lui vaudra la reconnaissance et l'admiration des journalistes plus encore que celle des bédéphiles. Pour Palestine, il reçoit notamment le prestigieux American Book Award en 1996. En 1995, Sacco part pour l'ex-Yougoslavie, notamment en Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. de cette expérience il tirera Soba, The Fixer et Gorazde (2 tomes). L'oeuvre de Joe Sacco n'a pas d'équivalent dans le monde de la bande dessinée et évoque plutôt le parcours des journalistes-aventuriers du début du XXe siècle. Toujours soucieux de montrer l'humain derrière les grands évènements, Joe Sacco permet à ses lecteurs de décrypter l'actualité. Son dessin, d'abord ingrat, est soucieux de détails évocateurs et sert parfaitement son propos (source : BDGest).
Plus récemment, l'auteur est revenu sur le conflit israélo-palestinien avec Gaza 1956, en marge de l'Histoire (publié en 2010 par Futuropolis, cet album a été récompensé à Angoulême par le Prix Regard du Monde en janvier dernier).
Le contenu de cet album est plus accessible, plus acerbe aussi, que Gaza 1956.
Beaucoup de sarcasmes, de la colère, on sent l'auteur estomaqué par les conditions de vie des Palestiniens (quotidienneté dans les camps de réfugiés, violences psychologiques et physiques dont ils sont victimes..).
« D'accord, mais j'approche de mes limites… une goutte de plus et… »
Joe Sacco ne cache ni ses émotions, ni sa peur, ni son indignation. le message de cet album est limpide : du contexte historique à la situation politique actuelle, des emprisonnements réguliers des hommes palestiniens à la condition des femmes (port du hijab, place de la femme dans la société…), tout y est abordé sans détours ; nul besoin de connaître ce conflit sur le bout des doigts pour se saisir de l'ouvrage. La narration n'a pas de réel fil conducteur. On passe d'anecdote en anecdote ce qui peut prendre de court mais ne m'a pas réellement gênée dans la lecture. 140 pages durant, on découvre le quotidien d'un peuple en même temps que l'auteur. de fait, ses bulles de pensées nous guident énormément dans la compréhension de certains éléments. Celui d'entre eux qui m'a le plus marquée : la place particulière qu'on les prisons israéliennes dans le coeur des Palestiniens. Les hommes nourrissent une forme de nostalgie à l'égard de leur incarcérations. Dans l'un des visuels présents dans le diaporama en fin d'article, Joe Sacco relate la rencontre qu'il a faite avec une fillette. Elle se prénomme Ansar… c'est aussi le nom de la prison où son père a été détenu.
Côté graphique, les visuels d'album sont chargés. Passées les 10 premières pages de l'album et ce grief est déjà oublié. Une fois lancé dans la lecture, ce que l'on remarquera le plus (et ce qui pourrait en gêner certains) c'est le décalage entre le ton du récit et le dessin presque trop simpliste pour ce genre de témoignage.
Les questions soulevées par ce reportage (réalisé durant l'hiver 1991-1992) restent entières. le fait qu'elles soient toujours d'actualité car la situation a peu évoluée. Ce constat a de quoi nous glacer le sang. En 20 ans, pas d'améliorations !! le témoignage de Sacco se conclut sur la question des droits des femmes avec des questions comme l'acceptation des violences conjugales, le port du hijab (imposé par les hommes ou non ??)… le respect de la femme en général. Édifiant.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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milonade
  16 décembre 2018
Après avoir mis du temps à m'habituer au trait de Joe Sacco, auquel je n'ai pas accroché tout de suite, du fait de la surabondance d'informations, de paroles, de personnages, et de pensées de l'auteur qui peuvent apparaître dans certaines pages, notamment au début de l'histoire, dans la foule à Jérusalem, je suis finalement bien rentrée dans cette bande dessinée. Le dessin, même si je ne saurais dire qu'il m'a réellement plu, me semble intéressant, puisqu'il parvient très bien à faire apparaître certaines expressions, et des visages vivants, et à illustrer les paroles des personnes interrogées. Tissée de rencontres et de témoignages de divers Palestiniens rencontrés par l'auteur dans différentes villes et camps de réfugiés du pays, elle donne une idée des conditions de vie de certains palestiniens là-bas, sous l'occupation israélienne. Evoquant les camps de réfugiés, l'immense précarité et la difficulté à trouver du travail, les émeutes lors des Intifada et la terrible répression, qui conduisit beaucoup de Palestiniens à être emprisonnés ou à subir des violences lors d'interrogatoires injustifiés, cette bande dessinée veut témoigner de la violente réalité que vivent de nombreux Palestiniens.
Même si elle date des années 90, cette bande dessinée est encore aujourd'hui d'actualité, pour évoquer la situation des palestiniens sous l'occupation (le second volume, Palestine dans la bande de Gaza, l'est tout autant). Par beaucoup d'aspects, la situation est loin de s'être améliorée, on peut même penser qu'elle a empiré pour eux, avec la construction du mur de séparation.
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ChezLo
  23 mai 2011
Pendant l'hiver 1991-92, le journaliste américain Joe Sacco s'offre une immersion en terre palestinienne, ou plûtot en territoires occupés. C'est la seconde intifada, les tensions sont palpables chaque jour, les témoignages des habitants rencontrés sont terribles. Plus tard, il s'attarde dans la bande de Gaza, et, souvent accompagné d'un guide, s'attèle à reccueillir un grand nombre de témoignages sur le drame de 1948 et la chasse des Palestiniens de leur lieu de vie.
Après avoir lu Gaza 1956 de Joe Sacco, je savais évidemment qu'il fallait s'attendre à du beau travail, du gros travail. Les notes du journaliste sont denses, pertinentes, intéressantes, éclairant sur L Histoire et l'actualité. Ses dessins sont fournis, soignés, regorgeant de détails, notamment pour les planches où figurent des plans extérieurs larges.
En filigrane, on sent le ressenti de Joe Sacco changer. Son humeur est souvent lasse devant tant d'injustice et de cruauté humaine, parfois exaspérée de cet étalage de la souffrance par les hommes, de cette admiration pour les martyrs. Son objectivité tient toujours à reprendre le dessus. Faire se confronter plusieurs témoignages, entendre des Juifs parler également de la situation, observer les quelques fraternités inter religieuses qui subsistent.
Mais globalement, le constat qui est fait, les faits qui sont relatés sont très sombres, très pessimistes hélas.
De ce 1e tome "Une nation occupée", je garderai le ventre noué de savoir les oliviers du vieux palestinien tronçonnés. Une vie de labeur effondrée, des revenus qui ne reviendront plus.
(...)
Lien : http://chezlorraine.blogspot..
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Gregor
  14 septembre 2011
On sait à présent que la BD se déploie dans de multiples genres, et notamment le reportage. Or je considère qu'il n'y a pas plus rigoureux dans ce domaine que Joe Sacco. Cet américain a par exemple parcouru en long et en large Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza, et il en est revenu avec une oeuvre graphique proche du documentaire, centrée autour de la vie quotidienne des Palestiniens. Et par sa qualité journalistique et sa pertinence d'écriture, il s'est attelé à un sujet sensible en nous proposant son décryptage sincère : celui d'une situation où les gagnants n'existent pas. Là où la douleur n'est pas l'apanage d'un camp.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
miladomilado   26 août 2012
Israël a annexé la Cisjordanie pendant la guerre de 67 et depuis les Juifs intégristes ont considéré que la colonisation de la Judée et des monts de Samarie était un impératif religieux...leur politique a été colonisons d'abord, l'approbation du gouvernement israëlien suivra ( et le messie éventuellement)...
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alouettalouett   02 mai 2011
Les Palestiniens parlent de la prison d’une manière anormale. Je ne suis pas en train de dire qu’ils adorent les longs séjours derrière les barbelés israéliens, mais je ne prends pas de gros risques en disant qu’en général, ils les apprécient, que parfois même ils les savourent, et qu’en tout cas, ces séjours représentent toujours une distinction et avec 90000 arrestations lors des quatre premières années de l’Intifada, il est impossible d’échapper à des souvenirs de prison, qu’on prenne un taxi ou qu’on boive le thé dans un café. Dans les universités et les camps de réfugiés, je suis tellement submergé de récits d’incarcérations que ce qui m’étonne le plus, c’est un homme d’une vingtaine d’années qui n’a pas été arrêté. J’ai envie de lui demander : pourquoi ?
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GregorGregor   14 septembre 2011
Les Palestiniens parlent de la prison d’une manière anormale. Je ne suis pas en train de dire qu’ils adorent les longs séjours derrière les barbelés israéliens, mais je ne prends pas de gros risques en disant qu’en général, ils les apprécient, que parfois même ils les savourent, et qu’en tout cas, ces séjours représentent toujours une distinction et avec 90000 arrestations lors des quatre premières années de l’Intifada, il est impossible d’échapper à des souvenirs de prison, qu’on prenne un taxi ou qu’on boive le thé dans un café. Dans les universités et les camps de réfugiés, je suis tellement submergé de récits d’incarcérations que ce qui m’étonne le plus, c’est un homme d’une vingtaine d’années qui n’a pas été arrêté. J’ai envie de lui demander : pourquoi ?
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alouettalouett   02 mai 2011
Plus tard, au camp de réfugiés de Jabâlya, je rencontrais un vieux Palestinien qui me raconta comment il avait fui sa maison en 1948 après la déclaration d’indépendance d’Israël et l’invasion des armées arabes. (…) Il y a quelques années, il revint sur sa terre. Il avait obtenu un permis des autorités israéliennes. Il put quitter la bande de Gaza pendant quelques heures… Il put traverser ce qui est maintenant Israël pour voir son ancien village :
- J’ai emmené ma famille voir ma terre. Là où il y avait ma maison et mon école. Certains, parmi ceux qui ont pu revenir pour voir, restent paralysés. Ils avaient tout détruit. Plus rien ne pouvait rappeler que nous avions un jour vécu là
+ Lire la suite
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GregorGregor   14 septembre 2011
- J’ai emmené ma famille voir ma terre. Là où il y avait ma maison et mon école. Certains, parmi ceux qui ont pu revenir pour voir, restent paralysés. Ils avaient tout détruit. Plus rien ne pouvait rappeler que nous avions un jour vécu là.
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Videos de Joe Sacco (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joe Sacco
C'est un genre à part entière, qui naît grâce à un carnet, un crayon et un regard.
Depuis quelques décennies, elle touche un public de plus en plus large et explore sans cesse de nouveaux modes de narration et de nouveaux formats. Elle a une grande capacité à créer des univers de toute pièce et nous y embarquer, mais elle nous raconte aussi notre propre monde, en n'hésitant pas à arpenter le réel. Et c'est à ce type de bande dessinée, puisqu'il s'agit d'elle, que nous allons nous intéresser dans ce nouvel épisode des Éclaireurs de Dialogues. Celle que l'on appelle la bande dessinée du réel, de non-fiction ou de reportage.
Pour nous en parler, nous avons eu la chance de rencontrer l'un des maîtres du genre en France, Étienne Davodeau, qui est venu nous rendre visite à la librairie, à l'occasion de la parution du Droit du sol.
Et pour compléter cet entretien, notre libraire Adeline nous confiera sa liste de BD du réel à avoir absolument dans sa bibliothèque.
Pour retrouver les livres d'Étienne Davodeau, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/personne/personne/etienne-davodeau/305517/
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairie.dialogues/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues LINKEDIN : https://www.linkedin.com/company/dialogues-brest/
Bibliographie :
- Rural !, d'Étienne Davodeau (éd. Delcourt) https://www.librairiedialogues.fr/livre/14377380-rural-nouvelle-edition-etienne-davodeau-delcourt
- Les Ignorants, d'Étienne Davodeau (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1906853-les-ignorants-recit-d-une-initiation-croisee-etienne-davodeau-futuropolis
- le Droit du sol, d'Étienne Davodeau (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19099529-le-droit-du-sol-journal-d-un-vertige-etienne-davodeau-futuropolis
- Les Mauvaises Gens, d'Étienne Davodeau (éd. Delcourt) https://www.librairiedialogues.fr/livre/14374834-les-mauvaises-gens-etienne-davodeau-delcourt
- Chroniques de Jérusalem, de Guy Delisle (éd. Delcourt) https://www.librairiedialogues.fr/livre/2023827-chroniques-de-jerusalem-guy-delisle-delcourt
- Palestine, de Joe Sacco (éd. Rackham) https://www.librairiedialogues.fr/livre/8908848-palestine-joe-sacco-rackham
- Gaza 1956, de Joe Sacco (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1191680-gaza-1956-en-marge-de-l-histoire-en-marge-de--joe-sacco-futuropolis
- Persepolis, de Marjane Strapi (éd. L'Association) https://www.librairiedialogues.fr/livre/11778537-persepolis-monovolume-nouvelle-edition--marjane-satrapi-l-association
- le Photographe, d'Emmanuel Guibert, Frédéric Lemercier et Didier Lefèvre (éd. Dupuis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1759118-le-photographe-l-integrale-tome-1-le-phot--didier-lefevre-dupuis
- Voyage aux îles de la Désolation, d'Emmanuel Lepage (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1829407-voyage-aux-iles-de-la-desolation-emmanuel-lepage-futuropolis
- Algues vertes, l'histoire interdite, d'Inès Léraud et Pierre van Hove (éd. Delcourt/La Revue Dessinée) https://www.librairiedialogues.fr/livre/15460416-algues-vertes-l-histoire-interdite-ines-leraud-delcourt
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