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EAN : 9782754818551
272 pages
Futuropolis (08/01/2020)
3.94/5   116 notes
Résumé :
En 2015, Joe Sacco s'est rendu par deux fois dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, au-dessous de l'Arctique. Il est allé à la rencontre des Denes, un peuple autochtone. L'auteur nous raconte l'histoire de ce peuple, ses traditions, restées intactes pour certaines, les premières rencontres avec les Anglais. Pendant longtemps, les peuples indigènes du Grand Nord, vivant sur des terres non propices à la colonisation agricole, restèrent livrés à eux-mêmes, jusqu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Bazart
  31 mars 2020
Joe Sacco, journaliste de profession est le maître absolu de la BD de reportage. Sacco est devenu au fil de ses publications une sorte de reporter d'après-guerre qui prend le crayon plutot que le stylo ou la caméra .
Après des récits de terrain sur le conflit entre Israël et Palestine (Gaza 1956, son dernier en date) ou encore sur l'Irak et sur la Bosnie, le bdésiste américain, figure incontournable de ce genre bien particulier, revient après dix ans de silence, pour nous livrer un récit sur un peuple autochotone qui vit sur les Territoires du Nord-Ouest du Canada.
Toujours engagé, toujours au plus près des peuples qui soufflent, il est ainsi parti sur ce territoire situé aux frontières de l'Arctique et où se déroule également un conflit une guerre coloniale sans nom qui ont pour victime les Indiens Dénés.,
Forêts enneigées, chiens de traîneaux forment le décor a priori idéal d'une histoire qui compte pourtant son lot de tragédies et de traumatismes pour cette .ethnie du nord-ouest du Canada.
Joe Sacco va retourner à plusieurs reprises sur cette terre , pour y recueillir les témoignages émouvants et empreints d'authenticité de ces hommes et femmes foudroyés par un colonialisme violent fondé sur , la rentabilité et le génocide ethnique.
Il raconte avec beaucoup de pudeur et de dignité l'histoire d'un peuple traumatisé, arraché à ses traditions ancestrales , qui a tant lutté pour reconnaitre leurs droits et leur identité et qui tente tant bien que mal de se reconstruire.
UN trait particulièrement précis, fourmillant de détails très acéré offrant un regard réaliste et très respectueux sur ce peuple qu'on connait si mal .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Fanny1980
  28 novembre 2021
Joe Sacco va à la rencontre des Premières Nations des Territoires du Nord-Ouest Canadien. Depuis quelques mois, j'ai lu plusieurs livres sur la thématique des populations autochtones au Canada.
Je trouve que la BD reportage permet toujours de donner un éclairage qui complète bien d'autres supports sur une thématique et Joe Sacco est réputé dans ce domaine (notamment dans ses livres sur le conflit israélo-palestinien). Mais (honte à moi), à chaque fois que je lis cet auteur, je me dis que c'est la dernière fois : c'est fouillé, documenté, bien dessiné mais je perds parfois un peu le fil, j'ai du mal à être touchée par les personnes interviewées et à mémoriser…
On retrouve dans ce livre, comme dans les précédents lus sur le sujet, le rapport initial à la nature qui a été mis à mal par la colonisation, les pensionnats qui ont été créés pour que les enfants acquièrent une culture canadienne commune, le problème de l'alcool, de la pauvreté et de communautés actuelles qui vivent souvent à partir d'aides sociales.
Le grand intérêt de cette BD par rapport à mes autres lectures sur le sujet est triple. Elle s'attarde bien les enjeux économiques qui se cachaient derrière cette volonté de récupérer les terres de ces populations qui les occupaient de manière ancestrale : il existe beaucoup de ressources naturelles en gaz et pétrole dans ces territoires. Joe Sacco a su ensuite expliquer les instances politiques, les rapports entre les communautés, comment ont été dessinées les frontières… Enfin il montre les différences de perception entre les trois dernières générations : les grands-parents vivaient encore dans la forêt, les parents ont connu les pensionnats avec la perte d'une partie de leur culture et un caractère endurci par les épreuves subies, la génération actuelle veut trouver des solutions pour tenter de concilier leurs différents apprentissages.
Ce reportage, commandé initialement par la revue XXI et édité avec le concours de Futuropolis, est donc très riche et sa lecture vous fera peut-être découvrir ou redécouvrir Joe Sacco qui reste une référence de ce type de BD (même s'il n'appartient pas à mes auteurs préférés).

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Bdotaku
  19 mars 2021
Je connaissais Joe Sacco pour avoir lu deux de ses ouvrages (pas ses plus célèbres) : « La grande guerre, le premier jour de la bataille de la Somme » et « Jours de destruction, jours de révolte ». Je retrouve dans ce gros pavé de 270 pages ce qui m'avait séduite dans les précédents : un dessin précis, documenté et minutieux ainsi qu'une multiplication des témoignages et des points de vue pour éviter le dogmatisme. J'ai même l'impression que, même si cela se passe au Canada (dans les Territoires du Nord-Ouest quelque part entre la Colombie britannique et le Yukon), « Payer la terre » est comme un long prolongement de la première enquête de « Jours de destruction » qui avait pour cadre les dernières réserves indiennes des USA où les populations dépossédées de leurs terres étaient gangrenées par la violence et la drogue. Sacco y montre pareillement les méfaits d'un système qui détruit l'homme et l'environnement.
Ceci se retrouve d'emblée sur la couverture : Joe Sacco la sépare en deux parties : en haut, couleur sépia, couleur des vieilles photos d'autrefois et du passé, on aperçoit trois générations des peuples autochtones, dans la forêt coupant du bois pour faire du feu pendant qu'un enfant joue surveillé par les chiens de traineau. En bas, grisé noir, comme les ressources exploitées, on trouve du matériel d'extraction et aucune trace humaine. On a ainsi d'emblée l'opposition entre un passé présenté comme simple et en harmonie avec la nature et un présent complexe et inquiétant (avec un cadrage en légère contreplongée) et l'on va donc devoir se demander comment les deux sont conciliables.
Le titre assez énigmatique est expliqué à la fois par un sur-titre : « A la rencontre des premières nations des territoires du Nord-Ouest canadien » et un sous-titre « redonner à la nature ce que la nature nous a donné » qui est en fait extrait du témoignage de Frederick Andrew qu'on trouve dans l'album. Mais l'utilisation de la première personne du pluriel permet d'inclure le lecteur : on dépasse ainsi la simple enquête anthropologique annoncée dans le surtitre pour arriver à une réflexion écologique qui nous interpelle tous à la forme interrogative.
Un livre de témoignages
L'album est divisé en six chapitres introduits par des pages de garde sur lesquelles trône une gravure carrée sur fond gris et chacun de ces chapitres est divisé en sous-chapitres titrés par une phrase d'interview mise en exergue. La mise en page est variée mais dense … parfois un peu trop. Ce sera l'un de mes reproches principaux à l'album. Comme indiqué sur la couverture il s'agit d'une collaboration entre Futuropolis et la revue XXI puisqu'à l'origine de « Payer la terre » on trouve « Les Temps fracturés » un reportage commandé par la revue et paru en deux parties de deux fois 30p en 2016. Mais Joe Sacco avait un sentiment d'inachevé et est reparti compléter son enquête et la développer. Il a peut-être souffert ici d'une trop grande volonté d'exhaustivité.
Les témoignages sont intéressants mais peut-être trop nombreux. J'ai trouvé passionnant celui de Frederick Andrew qui explique fort bien la différence de la conception des Dénés et des Occidentaux dans leurs rapports à la Nature. Celui de Paul Andrew qui raconte comment enfant il a été emmené de force dans un pensionnat où on les dépossédait de leur culture , de leur langue et même de leur identité (on séparait les fratries et les appelait par un numéro) était bouleversant. Enfin le témoignage de l'ancien instituteur Dudley Johnson qui montre que cette politique d'acculturation délétère cause encore de nos jours des ravages est très édifiant. A un moment, l'un des témoins parle de « génocide culturel » et c'est vraiment le cas. J'ai apprécié aussi le témoignage d‘Eugène Boulanger, l'un des jeunes de la nouvelle génération qui, à la toute fin de l'album, apporte une note d'espoir dans ce consta d'échec global. Mais j'ai nettement moins apprécié les témoignages redondants (une reprise sous forme féminine de l'acculturation forcée qui n'apporte rien de plus ; une multiplication de témoignages de la nouvelle génération aussi quand celui de Boulanger était suffisant) ainsi que ceux qui mettent en scène les revendications politiques et les difficultés parfois un peu trop obscures à créer un parti politique indigène. Il y a trop d'aspects abordés qui noient la force du propos. J'aurais souhaité que Sacco concentre son récit sur les 4 témoignages que je viens d'évoquer et le « dégraisse » un peu.
Une variété graphique
On peut remarquer quatre types de dessins dans l'album.
Le premier, plus anecdotique, s'apparente à la caricature et est utilisé pour le récit cadre : pour raconter le périple de Shauna et Joe Sacco. L'auteur y apparaît avec de grosses lèvres, un gros nez et des lunettes rondes blanches qui cachent ses yeux. Il ressemble à un personnage de cartoon (et sa guide aussi) alors que les autres protagonistes ont les traits fins. C'est dans ces pages que l'album se rapproche le plus d'une bande dessinée traditionnelle avec l'usage de cases.
Le deuxième plus réaliste s'apparente à l'art du portrait. Il est utilisé pour mettre en scène les différents témoins (d'après photos), se détache du récit en étant sur fond noir et inséré dans les pages. Souvent la même case est reprise. Cela permet de mettre en évidence le temps de l'énonciation.
Le troisième type concerne les vignettes d'ouverture de chapitres et ressemble à des polaroids ou à des instantanés avec leur format carré sur fond gris et leur aspect réaliste et en même temps à des gravures anciennes par la technique.
Et le quatrième, le plus impressionnant est celui des récits encadrés des différents témoins qui retrace leur vie, leurs souvenirs et ceux de leurs peuples. C'est là qu'on observe le plus de variété avec parfois des pleines pages ou des doubles plages sur fond blanc construites en de véritables plans séquences de toute beauté de paysages enneigés, de campagne de pêche, de naissance (comme la première page époustouflante) mais aussi d'explorations minières.
Mais là encore souvent les 4 styles de dessin se chevauchent sur une même page et on a alors une impression de trop plein…

Dans cette bd reportage, Joe Sacco donne la parole aux invisibles, aux opprimés, à ceux qui vivent dans la précarité. Il met également en scène la version des puissants et des officiels, des pragmatiques aussi et toute la complexité du problème apparaît dans la juxtaposition de ces points de vue. Cette histoire effrayante est transmise sans pathos. Les interviewés sont factuels, résignés, pour certains. Tous les récits sont à hauteur d'homme et on a l'impression souvent qu'ils nous sont directement adressés parce que les personnages sont « face caméra » et semblent se confier à nous. Cela permet de donner un visage aux problèmes abordés : on connaît tous le gaz de schiste mais voir les déchirements que cette exploitation provoque en éradiquant la terre, la culture et même l'existence de personnages attachants dans leurs combats, leurs faiblesses et leurs contradictions c'est nettement plus marquant.
L'auteur documente le drame d'un peuple et d'une région (surtitre) mais aussi de toute une planète (sous-titre) qui par avidité ne parvient pas à respecter la nature et à « payer la terre ». C'est donc un ouvrage salutaire indispensable même s'il est -du fait de sa densité- pas toujours abordable.
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le_chartreux
  04 décembre 2020
Joe Sacco se fait ici l'avocat de la Terre et des Dene, ces populations amérindiennes vivant sur les Territoires du Nord-Ouest dans la partie septentrionale du Canada. Grâce à son travail journalistique considérable, il nous offre un précieux document d'archive combinant une recherche documentaire poussée couplée à son coup de crayon magistral.
La clef de voûte de cette histoire repose sur l'exploitation autrefois raisonnée des ressources naturelles par les autochtones (pêche, chasse, bois) et celle déraisonnée des pilleurs venu d'Europe (chasse en nombre, déforestation, extraction de l'or, des métaux, des diamants puis des gaz de schiste).
Son dessin en noir & blanc est constitué de milliers – non, plutôt de millions – de traits, de motifs, de points tracés à l'encre de chine, plus ou moins épais, plus ou moins denses, capables de restituer précisément la neige, les traces, les paysages, la forêt, les habits traditionnels des indiens ou ceux des colons !
Ici comme ailleurs, les hommes blancs sont arrivés avec armes et bagages pour imposer leur vision du monde : religion, exploitation, destruction et sauvagerie.
Et notre vision du monde consiste à prendre sans demander et sans murmurer en contrepartie ni remerciements, ni prières.
Prendre, arracher, profiter honteusement de la terre et de nos semblables et ne payer nos dettes qu'avec du mauvais alcool et du trioxyde de diarsenic, substance mortelle même à très faible dose.
Une seule mine, la mine Giant à Yellowknife, en a générée 237'000 tonnes.
Que l'on se rassure ! le génie de l'homme occidental a imaginé une technique infaillible pour piéger ce redoutable poison au fond de la mine elle-même en congelant la roche tout autour. Cette solution est garantie pour « 100 ans ». Ainsi, les générations futures auront la tâche de trouver ensuite une parade au risque de polluer irrémédiablement les nappes phréatiques de la région…
Une BD reportage incontournable.
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Gruizzli
  15 mars 2021
Le dernier Joe Sacco est arrivé, et avec lui un nouveau sujet documentaire que je n'aurais jamais connu sans cela. C'est déjà cela qui me fait apprécier chaque nouveauté de l'auteur : la découverte du sujet, bien souvent trop méconnu. Et en l'occurrence, je suis obligé de le dire, il fait fort, le bougre.
Le style de Sacco ne change absolument pas ! Il a toujours ce don pour faire des portraits qui sont proches de la caricature et pourtant très précis, comme s'il tentait de représenter les visages sans parfaitement y parvenir. Mais il a aussi une précision dans la représentation des décors, et dans le cadre d'un récit se déroulant dans le Grand Nord Canadien, je n'en attendais pas moins !
Ce fameux Grand Nord, j'en suis friand depuis mes lectures d'enfance des récits de Jack London, mes lectures d'adolescence de Bernard Clavel ou mes lectures adultes de tous les auteurs que j'ai pu trouver parlant de cette région sévère, difficile et rude, mais ô combien belle et grande, vide et froide. Un rêve pour moi, qui aime les grands espaces, le calme et le froid. J'ai donc un intérêt déjà certain pour la thématique, et je suis d'autant plus intéressé que les récits concernant les peuplades premières de ces lieux ne sont pas les plus nombreux, les seuls que j'ai lus jusqu'à présent étant ceux de Nicolas Vanier (pas très objectif ou documenté sur le sujet, avouons-le). Un documentaire complet, foisonnant et renseigné m'a donc beaucoup intéressé.
Grand bien m'en a pris, puisque Sacco a toujours cette précision du documentaire, sa volonté de transmettre en toute transparence et sans jamais dédaigner de donner son avis, ce qui peut étonner pour un documentaire mais ajoute, selon moi, le côté humain qui manque souvent dans des simples documentaires se tenant à distance de leurs sujets. Et en l'occurrence, l'humain va avoir une place centrale dans le récit.
Joe Sacco livre un témoignage de la situation des Dene, natifs canadiens en proie aux habituels soucis de ces nations : perte de leurs terres, problème d'argent, d'alcool, de violence, de drogue, d'extractions de ressources, de manipulation politique ou encore d'intérêts de groupes financiers immoraux. L'auteur va parcourir le territoire à la rencontre de ses habitants, les interrogeant sur leur vie. Et quelle vie ... Quelle vie ?
Les témoignages sont nombreux, et l'abondance de texte peut réellement rebuter (prévoir quelques jours pour le lire et le digérer tranquillement, tout de même), mais c'est le meilleur moyen de réellement représenter l'état de ce territoire en proie à toutes sortes de conflit. Bien que construit d'une manière désordonnée, le récit essaye tout de même de garder un fil de narration allant du passé vers le présent, exposant la vie en forêt des ancêtres, les valeurs et les traditions de ce peuple, pour ensuite arriver aux soucis majeurs qu'ils connurent (l'acculturation forcée dans les bagnes ... pardon, les pensionnats religieux), les répercussions de tout ceci sur leurs vies et leur culture, et l'arrivée des nouveaux soucis politiques (forage pétrolier, indemnisation, alcoolisme, désertion des lieux, cours de la bourse, pollution ...) qui se sont profilés avec les nouvelles générations. C'est riche en événements, mais aussi en points de vue et en avis. Rien n'est simple en ce bas-monde, et surtout pas lorsque cela concerne un aussi grand nombre de personnes sur un aussi grand nombre de sujets. Rien que l'affrontement sur la question de l'indemnité des populations indiennes pour la perte de leurs cultures, leurs terres, leur langue est sujette à débat. Et il est souvent triste de voir les anciens parler de tout ce qu'ils ont perdu pour arriver à la constatation qu'ils n'ont plus rien maintenant.
Si vous voulez le lire, attendez-vous à des cruautés et des horreurs, mais aussi à beaucoup de résignation et d'abattement. La situation semble noire pour ce peuple qui navigue entre deux mondes, en voie de disparition. Et pourtant Joe Sacco arrive à en tirer une BD qui flirte avec l'optimisme et tente de redonner confiance. L'espoir est permis, et tout n'est pas encore joué. Peut-être arriverons-nous finalement à prendre conscience de ce qui se joue, de la vie de ces humains et de leurs combats.
Ce genre de documentaire est à réserver aux passionnés, aux lecteurs assidus et j'ajouterai même aux personnes ayant déjà lu du Joe Sacco. C'est dense et lourd, pas toujours très dynamique dans la narration. Mais c'est passionnant et édifiant sur la société que nous avons bâtie. En un sens, je lui trouve beaucoup de points communs avec le Petit traité d'écologie sauvage dans les thématiques et les réflexions sur la place de l'homme dans la nature. Une découverte que j'ai aimé faire, même si maintenant elle va trotter un petit moment dans ma tête avec ses nombreuses réflexions et piques envers notre société bien ancrée dans un monde qu'elle détruit trop vite.
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critiques presse (3)
Telerama   24 février 2020
Dans “Payer la terre”, le journaliste Joe Sacco revient sur le déracinement des Dénés, ethnie brutalisée par l’État canadien. Un récit douloureux qui explore deux conceptions opposées du rapport à la nature.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   20 janvier 2020
Poursuivant son travail d’enquête, le grand BD-reporter revient sur le «génocide culturel» infligé au peuple déné dans le Nord-Ouest canadien, leur drame écologique et la perte de leurs territoires. Brillant.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   17 janvier 2020
Un reportage engagé du journaliste dessinateur dans le Grand Nord canadien.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Blandine54Blandine54   02 novembre 2020
-Dans le camp, on est un individu, on est unique, on est important, on a un rôle...
Dans les pensionnats autochtones, il n'y a pas d'individualité...On vous donne un numéro, et vous êtes ce numéro.
-Vous vous rappelez votre numéro ?
-263
-A quoi ce nombre servait-il ?
-Tous vos vêtements sont numérotés...Vos draps...Presque tout. L'équipement de hockey. Les affaires de sport. Si vous aviez reçu du courrier, par exemple, au lieu de "Paul", c'était : 263 !
C'était un moyen d'effacer votre personnalité...Vous n'êtes rien ni personne. Donc ils vont devoir vous remodeler. C'est le processus.
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NievaNieva   25 juillet 2020
La séparation de l'or et du minerai génère de la poussière de trioxyde de diarsenic, une substance mortelle, même à très faibles doses.

La mine Giant en a produit 237 000 tonnes.
Où les mettre ?

Dans la mine bien sûr !
On nous emmène en profondeur, Shauna et moi, pour nous montrer l'une des 15 chambres — dont certaines font le volume d'un bâtiment de dix étages — contenant le trioxyde de diarsenic.

Le projet consiste à congeler la roche des chambres et à la maintenir ainsi par convection naturelle, grâce à un système de thermosiphons.

Les braves gens du projet d'assainissement de la mine Giant nous assurent que des pompes empêcheront les poussières toxiques d'entrer en contact avec la nappe phréatique.

On s'émerveille du génie de l'homme occidental, qui semble trouver des solutions à tous les problèmes, même les plus critiques.

Cette solution est valable pour une période de "100 ans" m'a-t-on dit. Les générations futures devront "décider ou non de continuer".
+ Lire la suite
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Blandine54Blandine54   01 novembre 2020
Marie estime qu'environ 90% des personnes qui ont témoigné à la Commission de vérité et réconciliation ont admis avoir consommé des drogues et/ou de l'alcool après avoir regagné leurs communautés. Mais la plupart n'utilisaient pas le mot "addiction" signale-t-elle. Ils en parlent comme d'un médicament : "c'était le seul remède que j'avais contre toute cette souffrance".
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Blandine54Blandine54   04 novembre 2020
Peter Redvers, qui a encadré des recherches ethnographiques dans la région de Dehcho, me dit que la sédentarisation a entraîné "un véritable changement culturel, une transformation radicale des rôles hommes-femmes chez les Dene.
A partir de ce moment là, les femmes sont restées avec les enfants dans la communauté et ce sont les hommes qui sont sortis faire la récolte. C'était le début de la rupture de l'implication familiale sur le terrain.
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wivinwivin   16 février 2020
Environ 150 000 enfants indigènes sont passés par les pensionnats autochtones du Canada. Plus de 6000 personnes (soit 4%) sont mortes des suites de maladie, de négligence, de mauvais traitements ou de blessures variées alors qu'elles étaient livrées au système. Mais les corps brisés et les enfants traumatisés faisaient partie d'un panorama plus large mis en évidence par la Commission de vérité et de réconciliation. Son rapport final de 2015 concluait que le gouvernement canadien et les Églises s'étaient rendus coupables de "génocide culturel".
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Videos de Joe Sacco (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joe Sacco
C'est un genre à part entière, qui naît grâce à un carnet, un crayon et un regard.
Depuis quelques décennies, elle touche un public de plus en plus large et explore sans cesse de nouveaux modes de narration et de nouveaux formats. Elle a une grande capacité à créer des univers de toute pièce et nous y embarquer, mais elle nous raconte aussi notre propre monde, en n'hésitant pas à arpenter le réel. Et c'est à ce type de bande dessinée, puisqu'il s'agit d'elle, que nous allons nous intéresser dans ce nouvel épisode des Éclaireurs de Dialogues. Celle que l'on appelle la bande dessinée du réel, de non-fiction ou de reportage.
Pour nous en parler, nous avons eu la chance de rencontrer l'un des maîtres du genre en France, Étienne Davodeau, qui est venu nous rendre visite à la librairie, à l'occasion de la parution du Droit du sol.
Et pour compléter cet entretien, notre libraire Adeline nous confiera sa liste de BD du réel à avoir absolument dans sa bibliothèque.
Pour retrouver les livres d'Étienne Davodeau, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/personne/personne/etienne-davodeau/305517/
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairie.dialogues/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues LINKEDIN : https://www.linkedin.com/company/dialogues-brest/
Bibliographie :
- Rural !, d'Étienne Davodeau (éd. Delcourt) https://www.librairiedialogues.fr/livre/14377380-rural-nouvelle-edition-etienne-davodeau-delcourt
- Les Ignorants, d'Étienne Davodeau (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1906853-les-ignorants-recit-d-une-initiation-croisee-etienne-davodeau-futuropolis
- le Droit du sol, d'Étienne Davodeau (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19099529-le-droit-du-sol-journal-d-un-vertige-etienne-davodeau-futuropolis
- Les Mauvaises Gens, d'Étienne Davodeau (éd. Delcourt) https://www.librairiedialogues.fr/livre/14374834-les-mauvaises-gens-etienne-davodeau-delcourt
- Chroniques de Jérusalem, de Guy Delisle (éd. Delcourt) https://www.librairiedialogues.fr/livre/2023827-chroniques-de-jerusalem-guy-delisle-delcourt
- Palestine, de Joe Sacco (éd. Rackham) https://www.librairiedialogues.fr/livre/8908848-palestine-joe-sacco-rackham
- Gaza 1956, de Joe Sacco (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1191680-gaza-1956-en-marge-de-l-histoire-en-marge-de--joe-sacco-futuropolis
- Persepolis, de Marjane Strapi (éd. L'Association) https://www.librairiedialogues.fr/livre/11778537-persepolis-monovolume-nouvelle-edition--marjane-satrapi-l-association
- le Photographe, d'Emmanuel Guibert, Frédéric Lemercier et Didier Lefèvre (éd. Dupuis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1759118-le-photographe-l-integrale-tome-1-le-phot--didier-lefevre-dupuis
- Voyage aux îles de la Désolation, d'Emmanuel Lepage (éd. Futuropolis) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1829407-voyage-aux-iles-de-la-desolation-emmanuel-lepage-futuropolis
- Algues vertes, l'histoire interdite, d'Inès Léraud et Pierre van Hove (éd. Delcourt/La Revue Dessinée) https://www.librairiedialogues.fr/livre/15460416-algues-vertes-l-histoire-interdite-ines-leraud-delcourt
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