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EAN : 9782070287246
308 pages
Gallimard (27/04/1979)
3.9/5   21 notes
Résumé :

« Singulier testament à laisser que ce livre ! Un pauvre livre qui raconte un bien misérable héros. J'aurais voulu pouvoir décrire un autre homme : exemple plutôt que repoussoir. [...] Ce petit ouvrage pouvait-il échapper à mon destin ? Échapperai-je, moi-même, au mauvais sort ? Je ne m'en vais peut-être que pour tenter une fois encore de m'arracher à la ronde infernale du sabbat. Car c'est mon p... >Voir plus
Que lire après Le sabbat / souvenirs d'une jeunesse orageuseVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
l'un des grands livres maudits de la littérature française par celui qui fut un ami de Picasso, de Cocteau , de Gide, Max Jacob, Coco Channel...
« le sabbat » est une confession qui dépasse la simple biographie de son auteur, le juif alsacien Maurice Sachs et se situe dans le genre de l'autobiographie romancée. Ce sont les mémoires d'un aventurier dans lesquelles le lecteur assistera au début de la fin d'une Europe qui commençait à saigner à mort et avec elle ses élites intellectuelles et artistiques. Maurice Sachs n'est rien d'autre que le plus grand représentant de cette débâcle : Juif, homosexuel, faux, filou et le plus épineux, aussi informateur. le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale empêcha la publication de "Le sabbat", qui vit finalement le jour en 1946, alors que Sachs était déjà décédé. le succès fut immédiat, en même temps il suscita une polémique sans fin...

Maurice Sachs est la dissidence sauvage transformée en littérature : un Juif collaborationniste, un homosexuel homophobe et un escroc pharisaïque. Contrairement aux "collabo utopistes », gens de prétendue bonne foi qui voyaient en Hitler l'incarnation d'un Nouvel Ordre Mondial au sein duquel la France pourrait retrouver la grandeur d'antan, il s'inscrit dans un collaborationniste « pratique » soutenu par ceux qui voyaient dans l'occupation l'opportunité de prospérer , pour acquérir une bonne situation personnelle et, accessoirement, rembourser les dettes contractées depuis l'époque de la Troisième République. Aucune des deux n'est excusable. La deuxième, celle de "Sachs" me semble encore pire.
Autoproclamé coupable de toutes les perversions, Le Parisien assume sa responsabilité presque avec indifférence, et au lieu d'écrire quelques aveux dans le plus pur style chrétien du terme, il rédige une sorte d'acte d'accusation sous la forme littéraire d'un faux aveu : le résultat se concrétise dans deux livres, le Sabbat ( le Sabbat. Souvenirs d'une jeunesse orageuse , écrit en 1939 et publié à titre posthume en 1946, un an après sa mort par exécution), et La Chasse ( La Chasse à courre ).
Le fait est que le sentiment précoce d'être différent - pauvre parmi les riches, Juif parmi les gentils - provoque chez Sachs, au lieu d'une recherche d'approbation de ses collègues, un rejet exacerbé de la majorité et une volonté ferme d'exagérer cette différence par une différenciation réactive qui soit une réponse pour la confirmer. Confronté au monde par des faits dont il n'est pas directement responsable, il accepte le défi et se bat pour accentuer sa défaite, se vautrant dans le bourbier de l'échec et espérant atteindre la libération par l'autopunition un peu comme les martyrs chrétiens, "ces masochistes que les châtiment porté à son maximum et, par conséquent, ne renonceraient jamais à leur foi, puisque la mortification était devenue leur nourriture spirituelle."
Le contrepoids pour équilibrer la balance, il le trouve dans la découverte de l'art, cette activité uniquement humaine qui élève le bipède en érection au sommet du règne animal, cette création inutile d'un point de vue évolutif mais fondamentale au développement de l'homo sapiens et qui est "la seule tentative réussie de contact entre l'humanité et la nature, la seule transcendance possible non conditionnée par la morale ou éthiquement répréhensible, le seul signe de pleine liberté de l'être humain." Comment concilier les deux tendances, l'autodestructrice et l'artistique, c'est à cela que Sachs a consacré sa vie et qu'il raconte dans cette première partie de ses mémoires.
A dix-huit ans, Sachs rencontre l'homme qui aura la plus grande influence sur sa vie, Jean Cocteau , et est immédiatement séduit par son mélange de localisme et de cosmopolitisme :
«Je serai toujours redevable à Jean Cocteau, car il fut le premier à me faire éprouver cette profonde volupté de l'âme où se mêlent amitié, sens religieux, dévotion à la beauté et vénération de la grandeur, qui sont une sorte d'amour qui peut ne s'épanouir en nous qu'à un certain âge, mais à cet âge-là elle est plus nécessaire que l'eau et le pain, une ferveur sans laquelle la jeunesse ne vaut pas la peine d'être vécue»;
Cocteau est au zénith de sa gloire et Maurice est en âge de ne pas y résister. . Il est vrai que plus tard il a bien perçu la part d'ombre de Cocteau,, mais l'effet était déjà produit et d'ailleurs cette empreinte été depuis longtemps estampée.
C'est aussi par la médiation de Cocteau, dont l'influence sur la jeunesse qui l'entoure fut incommensurable, que Sachs rencontre le Dieu chrétien. Fanatique presque inné, il a vécu une époque de ferveur religieuse, bien que peu croyante, éblouie par l'idée d'un être tout-puissant, par l'image du Christ et, surtout, par l'hagiographie chrétienne et l'histoire sacrée : la partie mythique du christianisme le conquiert car il trouve en elle la confirmation d'une partie de ses idées sur l'impureté et la rédemption. Mais aussi le sentiment d'appartenir à un groupe - bimillénaire ! - dans lequel dissoudre la responsabilité de ses actes et e ses idées individuellement discutables. Il intégra le séminaire (par vocation ou pour fuir ses nombreux créanciers?) mais finira par en être expulsé (surpris en plein acte sexuel avec un autre séminariste) et avec la ferme conviction de ne jamais revenir à la discipline chrétienne.
Il s'essaya sans plus de succès à l'armée. Dans ces organisations grégaires et masculines il apprécie d'être libéré de la responsabilité dans la prise de décision (qui incombe aux supérieurs) et de n'avoir autre tâche que celle d'obéir, mais en définitive, ce qui l'attire le plus c'est la possibilité d'y trouver des partenaires sexuels (C'est parce qu'il sera surpris en pleine activité sexuelle qu'on l'expulsera du séminaire...) , ainsi que la possibilité de ne pas être d'accord et de désobéir.
Dans ce livre Sachs parle beaucoup des trois hommes qui contèrent le plus pour lui. : Jean Cocteau, Max Jacob et André Gide pour lesquels y eut de l'admiration mais auprès desquels il recherchait surtout l' approbation car ils s'agissait de personnalités publiques notoires - auxquelles, à coup sûr, il aspirait à ressembler et avec lesquelles il partageait des prétentions plus personnelles que littéraires, une miroir dans lequel il aurait aimé se voir reflété.
Après avoir essayé de se rapprocher de ces hommes de lettres notables, il tentera la notoriété sociale en fréquentant le Faubourg Saint-Germain ( la plus grande concentration de beaux, riches et célèbres dans tout Paris).Mais ce sera encore un échec. Il abandonne donc la tentative, mais avec la nette volonté de réussir socialement par lui-même afin de pouvoir se venger plus tard d'une position qu'il aura atteinte sans avoir à renoncer à sa vanité. Et pour satisfaire cette aspiration, toute voie, détour ou raccourci est valable : vol, escroquerie, tromperie et abus légitimé au nom d'un bien supérieur.
Cette recherche le mènera en Amérique où il gère une exposition et donne une tournée de conférences sur des sujets sur lesquels sa compétence est plus que discutable - mais que les Nord-Américains surestiment parce qu'il vient de vieille Europe Après une malheureuse et trompeuse aventure matrimoniale mal planifiée et mal concrétisée il retourne à paris avec un amant américain ou ils vivent dans une très grande précarité.
André Gide qui l'aime bien lui offre du travail à la Nouvelle Revue Française. Mais Sachs peu bâti pour la stabilité s'enfonce dans la paresse, les dépenses constantes, et la rechute dans l'alcoolisme.

C'est de la grande littérature mais il faut avoir un estomac qui digère bien.

#henrimesquida #cinemaetlitteraturegay
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Vernon Subutex 1
Vernon Subutex 1
Despentes, Virginie
3.89
1 of 5 stars[ 2 of 5 stars ]3 of 5 stars4 of 5 stars5 of 5 stars
read, french-lit
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Dans ses personnages et le déroulement de l' intrigue "Vernon Subutex I" ressemble énormément à "La Tropique de Cancer" (1934) de l'américain qui décrit la les milieux culturels défavorisés parisiennes des années 1930. Même si le lecteur anglophone voit immédiatement la similitude entre els deux romans, il n'y a aucune raison de croire que Despentes a lu roman de Miller. Je crois plutôt que les deux auteurs ont trouvé indépendamment le véhicule idéal pour décrire la vie des marginaux dans la capitale française.
"Veron Subutex I" qui est sur et avant tout ordurier a quand même ses moments touchants. Despentes ne parle pas de la jeunesse rebelle. Ses personnages sont les gens dans la quarantaine ou la cinquantaine qui ont raté leur départ de la bohème. Leurs mauvais sorts font pitié. "Veron Subutex I" vous offre le revers de la médaille du ton triomphal des "Scènes de la vie de bohème" d'Henri Murger. C'est sa valeur s'il en est.
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Dec 24, 2020 [edit]
Dec 21, 2020
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All My Puny Sorrows
All My Puny Sorrows
Toews, Miriam
3.98
1 of 5 stars2 of 5 stars[ 3 of 5 stars ]4 of 5 stars5 of 5 stars
read, canadian-literature
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Four points on the Canadian scale.
"All my Puny Sorrows" is two things. First it appears to be the culminating point in Miriam Toews literary vocation ...more [edit]
Dec 20, 2020 [edit]
Dec 18, 2020
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On Writers and Writing
On Writers and Writing
Atwood, Margaret *
3.91
1 of 5 stars2 of 5 stars[ 3 of 5 stars ]4 of 5 stars5 of 5 stars
read, canadian-literature, criticism
[edit]
Begun as a series of six lectures delivered at Cambridge University in 2000, Margaret Atwood's "On Writers and Writing" does not appear to have made m ...more [edit]
Dec 18, 2020 [edit]
Dec 16, 2020
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Le sabbat
Le sabbat
Sachs, Maurice
3.55
[ 1 of 5 stars ]2 of 5 stars3 of 5 stars4 of 5 stars5 of 5 stars
read, french-lit
[edit]
J'ai lu ce livre parce que c'était écrit sur le dos que Sachs avait beaucoup fréquenté Violette Leduc pendant un certain temps. Enfin, Sachs avait connu beaucoup de gens de talent. Hélas, il avait lui-même très peu.
Mon passage préféré du « Sabbat » il raconte la fois où la maison d'édition lui avait confié la tâche d'évaluer « de l'ouest, Rien de Nouveau » d'Erich Maria Remarque. Sachs qui buvait beaucoup à l'époque l'a laissé moisir sur son bureau pendant plusieurs mois sans le lire. Alors, l'agent de Remarque l'a offert à une autre maison d'édition qui l'a publié. Comme partout ailleurs dans le monde, le succès du roman en France a été énorme.
La vie de Sachs était mouvementée, courte et tragique mais son livre est drôlement ennuyant. On y trouve des quelques passages intéressants mais on aurait souhaité beaucoup plus.
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Un sacré personnage ce Maurice Sachs !
Il aura brûlé la vie par les deux bouts, prêt à tout pour en jouir, au détriment des autres s'il le faut. Il n'aurait pas hésité à vendre son âme au diable, s'il avait existé. Et tout cela pour une vie ratée alors qu'il avait de nombreuses cartes dans les mains pour réussir.
Une autobiographie sur la première partie de sa vie, bien écrite, où il semble honnête avec lui même. Il y a bien quelques longueurs sur la fin mais cela ne va pas me décourager, de lire la deuxième partie, "La chasse à courre".
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Dans ces moments où tous les enfants se demandent: " Que feras-tu plus tard?" je répondais invariablement:: "Je serai écrivain"
Je ne voyais rien d'autre qui valût la peine de vivre. Et d'ailleurs, je ne vois aujourd'hui rien d'autre, en effet, qui puisse me faire vivre heureux.
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C’est extraordinaire comme cela vous vide de vos humeurs, la composition d’un roman ! On y sue ses amertumes exactement comme on transpire ses acidités en faisant de la culture physique. C’est sans doute pour cela que tout le monde écrit de nos jours : par hygiène, notre époque étant la plus hygiénique que notre civilisation ait connue […]
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Au fait, nous connaissons bien un peu aussi ce conformisme du non-conformisme.
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Il faut être son propre jardinier: arracher ses mauvaises herbes, faire côte à côte avec soi-même le terrible chemin et quand on se dégoûte trop, sur les odeurs mauvaises, travailler, travailler jusqu’à ce que l’âme soit nette. Car il ne faut se remettre à personne du nettoyage de son être, à Personne.
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Quand le rideau était tombé, nous allions tous souper au Boeuf sur le toit. Puis on allait coucher à regret, impatients que le lendemain nous apportât notre dose d'enchantement.

page 90
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Video de Maurice Sachs (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Sachs
http://www.passion-bouquins.com http://www.facebook.com/pages/Blog-Passion-Bouquins/327561607257926
34e Forum du livre Saint Louis 2017
Entretien avec Barbara Israe?l, lauréate du prix Nice Baie des Anges et prix des Hussards 2017 pour son roman Saint Salopard, le mystère Maurice Sachs
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