AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Bernard Delvaille (Traducteur)
ISBN : 2746712113
Éditeur : Autrement (15/09/2008)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Plusieurs lettres venaient de Londres - il était donc à Londres au mois d'août ? Pourquoi ? Etait-il malheureux à ce point ? [...] Le contenu de ces lettres la tourmentait et pourtant elle aurait bien voulu le connaître. Elle hésita encore, le coupe-papier à la main. Elle avait eu le courage de n'en ouvrir aucune. Tout d'abord elle s'y était refusée de peur que ses supplications ne fissent fléchir sa résolution. A présent, elle craignait de les ouvrir, de peur d'y t... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Missbouquin
  29 mars 2014
J'ai de suite été emportée dans le monde de Vita Sackville-West qui décortique ses personnages et le monde dans lequel ils évoluent. Evelyn Jarrold est une bourgeoise parfaite : parfaitement oisive, parfaitement au courant de ses devoirs envers la famille de son mari, envers son fils, envers la société en entier, et en partie parfaitement insignifiante. "Une Evelyn qui semblait le parangon des vertus domestiques avec, de surcroît, tout le choc de Vogue et toutes les passions de Shakespeare." Pourtant tout cela est mis à mal par sa rencontre avec un réformiste, Miles Vane-Merrick, de 15 ans plus jeune qu'elle. Ce dernier ne se lasse pas d'observer ses semblables, critiquant le type de l'Anglais de souche qui "conserve ses airs de supériorité et son respect du savoir-vivre, mais c'est là tout ce qu'il a hérité de ses ancêtres et c'est tout ce que toi et tes semblables avez su conserver. C'est une marionnette."
L'histoire d'amour entre Evelyn et Miles s'inscrit dans cette société, ils ne peuvent s'en défaire, c'est une sorte de duel à mort entre bourgeois, dans cette opposition entre deux mondes contraires : celui de l'apparence et celui de l'esprit. L'auteur associe clairement chacun de ces mondes à un de ces personnages, les faisant interférer dans leurs sentiments les plus intimes.
"Un homme d'action tel que lui ne pouvait se contenter uniquement de l'amour d'une femme. L'amour d'un homme, en revanche, était bien suffisant pour un coeur désolé et un esprit vide."
Il n'est pas difficile de comprendre que cette liaison ne peut rien amener de bon …
C'était la première fois que je lisais un roman de Vita Sackville-West, autour que j'assimile à des écrivains comme Virginia Woolf ou Edith Wharton, et j'avoue que j'ai été très agréablement surprise ! Si j'avais écrit cet article avant de terminer les 50 dernières pages, je l'aurais mis en coup de coeur. Malheureusement la fin m'a extrêmement déçue, remettant en doute mon appréciation du texte dans son ensemble – sans que je puisse cependant nier la grande maîtrise de style, très fluide, très précis. Ce n'est pas tant la fin triste que la longueur de cette fin, qui n'apporte finalement pas grand chose au texte.
Mais je ne veux pas vous laisser sur une telle impression car Vita Sackville-West est un auteur à découvrir et pourquoi pas ce roman qui est malgré tout une brillante critique de cette société post-victorienne encore engoncée dans ses traditions, dans ses bienséances, bien loin de toute passion amoureuse …
Terminons donc plutôt sur des vers tirés de T. S. Eliot, qui est cité à plusieurs reprises dans le texte :
"Viens t'abriter à l'ombre de ce rocher rouge
Et je te montrerai quelque chose qui n'est
Ni ton ombre au matin marchant derrière toi,
Ni ton ombre le soir surgie à ta rencontre ;
Je te montrerai ton effroi dans une poignée de poussière*
T.S. Eliot, extrait de "La terre vaine"
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
letitbe
  04 février 2012
Le lieu : l'Angleterre, la période : les années 30, le milieu : la grande bourgeoisie, les protagonistes : Evelyn Jarrold, veuve de 40 ans et Miles Vane-Merrick, jeune député de 25 ans. Evelyn et Miles deviennent amants. Miles, fougueux et amoureux, souhaite épouser Evelyn qui, bien qu'amoureuse, se montre soucieuse des convenances et du quand-dira-t-on et cache sa liaison.
Je découvre Vita Sackville-West par le biais de ce roman qui m'a charmée par son style élégant, son sens aigü de la psychologie et sa description affutée de la haute-société.
Ce livre m'a donné envie lire les autres ouvrages de cette romancière.
Commenter  J’apprécie          170
Titine75
  01 février 2011
Evelyn Jarrold est une veuve de 40 ans évoluant dans la haute société anglaise. Son mari est décédé au front en 1916 la laissant, avec leur fils, aux bons soins de la famille Jarrold. Evelyn reste très attachée à la famille de son mari qui lui permet de vivre dans le luxe et l'oisiveté. C'est une femme belle, légère et sophistiquée. Elle se sent libre de vivre au gré de ses envies, de ses fantaisies frivoles. Lors d'une soirée, elle fait la connaissance de Miles Vane-Merrick. C'est un jeune homme de 25 ans, député réformiste et extrêmement ambitieux. Evelyn et Miles vivent dans des mondes, des conventions opposés. Malgré cela ils tombent amoureux l'un de l'autre.
Vita Sackville-West, l'“Orlando” de Viginia Woolf, jette un oeil critique sur l'aristocratie et la bourgeoisie anglaises. Cette haute société semble vouée aux loisirs, à l'oisiveté totale. Elle a des préoccupations bien éloignées de la réalité : les bals, les toilettes, les intérieurs luxueux, les héritages, l'étiquette … Vita Sackville-West nous en donne une description très ironique par la voix de Ruth Jarrold, la nièce d'Evelyn : “A coup sûr, pensa-t-elle, la haute société anglaise (une expression horrible, mais il fallait bien l'utiliser !) était la plus décorative de la terre. On eût dit que, depuis des générations, ils avaient été bien nourris, bien protégés, bien entraînés aux sports et persuadés qu'ils n'avaient pas d'égaux. Les regarder était fascinant. Ils avaient la beauté et la distinction des animaux de pure race. Les jeunes gens possédaient l'élégance des lévriers, les jeunes femmes étaient semblables à des parterres de fleurs. Peu importait, se disait Ruth, que leur cervelle ne fût pas plus grosse que celle d'un lévrier du moment que leur corps en évoquait la grâce !” Un monde brillant, étincelant mais parfaitement vain.
Evelyn évolue dans ce monde comme un poisson dans l'eau. Son mode de vie, ses aspirations, ses goûts correspondent totalement à la luxueuse insouciance de cette classe sociale. Mais son mode de vie est remis en cause par son amour pour Miles Vane-Merrick. Ce dernier n'est en rien futile. Il veut réformer la société, aider les classes ouvrières à améliorer leur vie, il préfère la campagne à la clinquante ville. Son ambition le pousse à travailler sans relâche, peu de place est disponible pour les sentiments. Malgré la différence d'âge, d'intérêt et de mode de vie, Evelyn et Miles s'aiment passionnément. Mais ce n'est pas une histoire à l'eau de rose que nous conte Vita Sackville-West. Evelyn est déchirée entre sa fidélité à la famille Jarrold et son amour pour Miles. Une telle liaison n'est pas acceptable pour les Jarrold : Miles est trop jeune, trop réformateur. Evelyn doit choisir de s'émanciper de la coupe des Jarrold ou de quitter Miles. Un choix bien cruel pour une femme qui se croyait libre. Evelyn réalise alors ce qu'est sa vie : une cage dorée de laquelle il est difficile de partir. Les femmes, même de la haute société, sont encore bien contraintes par leur milieu et Evelyn en fait l'amère découverte. Au fur et à mesure des pages, j'ai été touchée par cette femme qui ouvre les yeux sur le monde qui l'entoure. L'histoire d'Evelyn est douloureuse, cruelle. La sincérité de ses sentiments lui coûtera très cher.
Vita Sackville-West nous présente avec beaucoup de lucidité un monde creux n'existant que pour l'apparence. Mais c'est aussi un monde sans pitié : jugeant, condamnant ceux qui ont le malheur de vouloir s'en émanciper. “Haute société” est à la fois une critique sociétale et une tragique histoire d'amour. C'est avec un style élégant et une grande finesse que Vita Sackville-West nous entraîne dans le monde d'Evelyn Jarrold. L'admiration de Virginia Woolf pour Vita n'était pas usurpée.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Vermeer
  27 mars 2017
En 1932, Evelyn, veuve de guerre et parfaite représentante de la bourgeoisie élégante et oisive anglaise aux idées étriquées tombe amoureuse d'un député réformiste de quinze ans plus jeune qu'elle. Elle connaît avec lui une passion amoureuse qu'elle voudrait exclusive. Pour Miles, son amant, Evelyn est certes séduisante, délicieuse, "décorative" mais elle n'est qu'une partie de sa vie. Il a besoin de s'investir ailleurs, en politique, affaires, littérature. Deux caractères, deux conceptions de la vie et de l'amour s'opposent. Miles séduit également (intellectuellement) le fils d'Evelyn par ses idées anticonformistes si différentes de celles de son milieu. Evelyn, en revanche, bien que follement amoureuse a du mal à se détacher de son monde élégant et traditionnel fait de conventions et de respect des coutumes.
Roman psychologique sur des caractères et des univers qui ont du mal à se rencontrer.
Commenter  J’apprécie          80
sassenach
  13 décembre 2012
Aux débuts des années 1930, Evelyn Jarrolds, une veuve d'une quarantaine d'années, représente parfaitement bien la haute bourgeoise anglaise. Vivant de rentes, sans travailler, elle se contente de se promener, d'aller à des soirées et de fréquenter le même genre de personnes qu'elle. Mais elle rencontre Miles Vane-Merrick, politicien soucieux des problèmes de société et plus jeune qu'elle d'une quinzaine d'années. Elle tombe amoureuse folle de lui mais n'ose afficher cette liaison en public, surtout qu'elle ne pense pas que l'amour de Miles pour elle soit de la même intensité ...
Connaissant cette romancière de nom, j'ai enfin pu découvrir son style et son oeuvre avec ce roman sur l'amour, les convenances en vigueur dans certaines couches de la société et le style de vie bourgeois de cette époque. le problème, c'est que le genre de société décrite ici n'est pas forcément très attachante, même si l'histoire est très bien racontée et il m'a été assez difficile de ressentir quelque sentiment envers Evelyn ou son entourage. Certains personnages sont plus intéressants mais ne sont que secondaires et ils n'apparaissent que vers le milieu du livre, ce qui a été néanmoins bénéfique pour ma lecture qui commençait à s'essouffler car je n'arrivais décidément pas à me passionner pour la relation entre Miles et Evelyn. J'ai pourtant essayé de me replacer dans le contexte et l'époque de l'écriture de ce roman mais rien à faire, la magie avait du mal à opérer malgré un style d'écriture plutôt facile à lire, même s'il reste assez typique des années 1930. La seconde moitié du roman a un peu plus de souffle car elle apporte plus de rebondissements et fut pour moi comme une bouffée d'air frais après un début plutôt difficile et lent. Cependant, les évènements restent prévisibles, avec un côté un peu trop théâtral à mon goût. J'ai donc trouvé la description de la haute bourgeoisie et ses petits côtés mesquins assez intéressante mais j'ai été nettement moins convaincue par l'histoire d'amour qui venait souligner toutes les différences qui peuvent exister entre des êtres aux vues opposées mais cela ne m'a pas empêché de noter deux autres titres de cette auteure pour voir si mon impression restera la même ou si j'apprécierai plus une autre de ses oeuvres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
MissbouquinMissbouquin   29 mars 2014
"Une Evelyn qui semblait le parangon des vertus domestiques avec, de surcroît, tout le choc de Vogue et toutes les passions de Shakespeare."
Commenter  J’apprécie          80
letitbeletitbe   04 février 2012
Personne ne semble se soucier de ce que vous êtes, mais seulement de ce que vous faites ; et c'est ce que vous faites de plus stupide qui les intéresse le plus. Ils se fichent complètement de ce que vous êtes au fond de vous-même ; d'ailleurs, ce que vous êtes au fond de vous-même leur paraît plutôt honteux.
Commenter  J’apprécie          20
letitbeletitbe   04 février 2012
(...) elle redoutait ces heures durant lesquelles toutes les blessures de la vie prennent la dimension d'une montagne, et elle s'enfonçait dans son oreiller.
Commenter  J’apprécie          30
MissbouquinMissbouquin   29 mars 2014
"Un homme d’action tel que lui ne pouvait se contenter uniquement de l’amour d’une femme. L’amour d’un homme, en revanche, était bien suffisant pour un cœur désolé et un esprit vide."
Commenter  J’apprécie          20
letitbeletitbe   04 février 2012
Elle avait une certaine expérience des hommes. La seule expérience qu'elle ne possédait pas était celle de son propre coeur, dont la violence pouvait à tout instant la trahir.
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Vita Sackville-West (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vita Sackville-West
Je te dois tout le bonheur de ma vie: Virginia & Leonard de Carole D'Yvoire aux éditions Livre de Poche
« Bloomsbury m?enchante, il est la vie même. » Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d?Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l?union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d?édition Hogarth Press. Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l?affirmation de la vie, d?une « vie intense et triomphante ». Inclus : des extraits de lettres, une nouvelle de Virginia Woolf et une nouvelle inédite de Leonard Woolf.
https://www.lagriffenoire.com/98459-divers-litterature-je-te-dois-tout-le-bonheur-de-ma-vie.html

Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Livre de Poche
1927. Virginia Woolf vient de publier La Promenade au phare. Elle vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West dont le célèbre château paternel de Knole se situe tout près de Monk's House, la modeste demeure de Virginia et de son époux, l'éditeur Léonard Woolf. La fascination qu?elle ressent pour Vita, l'abîme entre sa vie bohème et le faste de l'excentrique aristocrate vont donner naissance à l?une de ses ?uvres maîtresses, Orlando. Dans Virginia et Vita, où tout est dit de la passion et de la jalousie, Virginia Woolf est à son tour transformée en personnage de roman. Christine Orban évoque avec subtilité la complicité de deux femmes exceptionnelles, puissantes et fragiles qui conjuguent à leur manière amour et création littéraire.
https://www.lagriffenoire.com/6842-divers-litterature-virginia-et-vita.html
Vous pouvez commander Je te dois tout le bonheur de ma vie: Virginia & Leonard et Virginia et Vita sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature anglaiseVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Londres et la littérature

Dans quelle rue de Londres vit Sherlock Holmes, le célèbre détective ?

Oxford Street
Baker Street
Margaret Street
Glasshouse Street

10 questions
625 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature anglaise , londresCréer un quiz sur ce livre
.. ..