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Micha Venaille (Traducteur)
ISBN : 2253126284
Éditeur : Le Livre de Poche (04/11/2009)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 42 notes)
Résumé :
"Ils avaient si longtemps mené des vies séparées, se rencontrant seulement à la surface des choses, qu'il fut stupéfait de surprendre ce regard si tendre, si inquiet. Elle avait essayé de capter son attention par un sourire, pour lui montrer qu'elle était avec lui, mais il s'était détourné pour échanger quelques mots avec Juliet. Il pouvait faire confiance à Rose pour qu'elle le protège, mais il n'était pas question de la laisser pénétrer dans son intimité." A l'ins... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bigmammy
  29 avril 2012
D'abord un hommage à l'excellente émission littéraire de LCI, « le choix des libraires », et notamment à Gérard Collard, libraire à Saint Maur (« la Griffe noire »), qui m'a mis sur la piste de Vita Sackville-West.
Cette femme de lettres britannique du siècle dernier (1892-1962) semble vivre dans un délicat parfum de thé et de fleurs de serre. Un style infiniment convenable (« suitable »), des personnages du West End, un ronronnement débilitant. Mais ne vous méprenez pas. Au milieu de comparses dignes de personnages de Noël Coward, les deux frères partagent un très lourd secret, dont je ne vous dis pas s'il sera dévoilé. Dans ce bal des faux-semblants (le majordome est un militant communiste, le maître et la maîtresse de maison…non, je ne le dis pas…), la violence des sentiments affleure, faite de frustrations sexuelles, de haine sociale et familiale.
A l'issue d'un beau week-end de Pâques, les deux choses auxquelles le maître de maison tient le plus, son chien et sa maison de campagne, vont basculer dans le néant.
Et, au passage, ce livre aimablement destructeur vous livre une stupéfiante citation de Chateaubriand : « Après le malheur de naître, je n'en connais pas de plus grand que de donner le jour à un homme ». Ainsi, l'auteur du Génie du Christianisme était en fait un nihiliste désespéré…Il faut souvent traverser le Channel pour en apprendre sur la France.
Il ne s'agit pas d'un polar et pourtant tout en rapelle le décor : une maison somptueuse, des personnages typés, liés par des secrets, des envies ressassées, des affrontements étouffés. La règle des tragédies classiques presque respectée : un seul lieu, un seul temps....Une description d'enthomologiste des sentiments féminins d'amour sans contrepartie, de renoncement et d'acceptation du bien-être social, la description des sentiments pervers qui peuvent exister entre frères et entre soeurs, une sorte de règlement de comptes dans les règles de la bienséance. Et un héros tout à fait remarquable de beauté, d'intelligence, d'élégance et de douceur : le superbe Svend.
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Junie
  22 juillet 2012
Vita Sackville West n'aime pas les hommes, surtout ceux qui n'aiment pas les femmes et préfèrent aller se coucher avec un berger allemand.
Son bavardage nous amène à partager l'intimité d'un couple et de leurs invités le temps d'un week-end dans leur somptueuse propriété.
Madame, fille de pasteur de campagne, névrosée jusqu'au trognon, a épousé Sir Walter, pervers narcissique amoureux de son chien.
Les autres personnages ne méritent pas le détour, jusqu'au vieux majordome agaçant de servilité et dont Agatha Christie aurait su faire un meilleur usage!
En conclusion, il ne suffit pas d'être la copine de Virginia Woolf pour faire un bon roman, ni d'être Anglaise pour ficeler une intrigue cruelle et suave.
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mfrance
  09 mars 2018
Un week-end pascal à la campagne dans la somptueuse demeure de lord Walter, avocat célèbre, et de son épouse frustrée lady Rose, fille de prêtre anglican.
Une maisonnée impeccablement tenue, dans le plus pur style de la haute société anglaise et menée à la baguette par l'infaillible et fidèle majordome.
Lady Rose, dans son désir de fuir la médiocrité de son environnement, a épousé honneur et fortune, en acceptant une clause inacceptable... qui l'oblige depuis une vingtaine d'années à mener une existence faite de faux-semblants.
Lord Walter, dans son incapacité à s'attacher à un être humain en particulier, réserve toute son affection à son chien Svend.
Ce week-end va bouleverser la donne de façon définitive et redessiner la relation étrange de ces deux êtres. Et ceci, grâce à leurs invités, le frère de lord Walter, éminent médecin, la soeur de lady Rose, accompagnée de sa famille et une lady fantasque, apparemment fofolle et frivole qui va, au cours de ces trois jours laisser tomber le masque et manifester de façon éclatante ses profondes qualités de coeur, d'intelligence intuitive et de finesse d'esprit.
Avec grâce, légèreté, détachement ironique et une bonne dose d'humour Vita Sackville-West va épingler les travers de ses personnages et faire exploser les apparences. Principal artisan d'un jeu cruel, le frère de lord Walter sera le détonateur des événements qui vont forcer les personnages à se mettre à nu et se montrer sous leur véritable jour.
Ce roman, de facture légère, petit, vu l'épaisseur de la tranche, va se révéler au fil des pages beaucoup plus profond qu'il n'y paraît.
A découvrir !
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fanfan50
  20 mars 2018
J'aime bien cette écrivaine et la façon dont elle écrit. Son style me semble d'une élégance simple, raffinée quoiqu'un peu surannée. Qui écrit comme cela de nos jours ?
Malgré tout, sa description d'un monde disparu : un avocat riche et célèbre se partageant entre ses deux demeures : l'une à Londres et l'autre à Anstey - un superbe manoir dans son écrin de verdure. Il se cherche une compagne et la trouve au fond du Yorkshire, Rose, fille de pasteur. Il profite de sa candeur et de son innocence pour lui poser ses conditions : pas de relations charnelles et encore moins d'enfant. Tombée sous son charme, elle accepte et mène une vie en apparence riche et comblée.
J'ai été un peu écoeurée par ce qui viendra ruiner cette belle harmonie de façade. Peut-être une sensiblerie mais jusqu'à la fin, je m'y suis laissée prendre et me suis dit : il l'a fait !
Cela a des couleurs du roman "Rebecca" écrit par Daphné du Maurier. Il y avait un Monsieur de Winter très sombre et sa seconde épouse si vulnérable et puis, le superbe incendie de Manderley. Ce livre date de 1939. Et celui de Vita Sackeville-West a vu le jour en 1953. Il n'y a pas photo, je préfère de beaucoup la plume romantique de Daphné du Maurier. Ce roman n'est pas l'un des plus connus que Vita Sackeville-West ait écrit. Il semble assez peu réaliste : d'abord ce contrat de mariage et puis cette demande ridicule de Gilbert à son frère Walter Mortibois.
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Marsepe
  12 mars 2016
Rose et Walter décident, pour le week-end de Pâques, de recevoir des invités : la soeur de Rose, Lucy, accompagnée de son mari Dick et de son fils Robin tout juste revenu du service militaire ; Lady Juliet Quarles, une mondaine aux moeurs débridées ; Gilbert, un éminent médecin, frère de Walter.
Tout ce monde se réunit à Anstey, le superbe domaine de Walter.
Le livre est organisé selon le rythme des journées : vendredi soir, samedi matin... jusqu'au mardi où les invités vont partir.
Dès le début, et vu le titre, on se doute bien que le vernis social risque de craquer vite... Lucy ne peut s'empêcher d'être envieuse de sa soeur bien mariée alors qu'elle vit de façon plutôt modeste à Londres. On apprend assez vite comment Rose a rencontré Walter et, le plus étonnant est que cet homme n'a jamais consommé son mariage avec elle. C'était sa condition : pas de rapports physiques, pas d'enfants. A part Gilbert, personne n'est au courant de la virginité de Rose, femme qui a désormais une quarantaine d'années.
Walter, le maître du domaine, est un grand avocat : il est froid, rien ne le perturbe jamais. Sa grande passion, c'est son chien Svend, un berger allemand qu'il aime comme son fils. Cet amour entre eux se ressent très bien dans le livre.
Sans trop en dévoiler, le moment critique du roman est le suivant, et il a bien failli me faire arrêter ma lecture. Je n'arrivais pas à supporter l'idée : Gilbert, le frère de Walter, sent la souffrance et la frustration de Rose. Il décide de donner une leçon à son frère. Alors, il se rend dans son bureau et il exige de lui qu'il lui donne son chien. Walter, homme de raison, doit le laisser partir avec Svend car Gilbert en aura besoin pour ses expériences. Il veut pratiquer sur lui la vivisection et il lui faut un chien intelligent et bien élevé! Dans cette scène, on éprouve parfaitement la torture infligée à Walter quand on lui demande de se séparer, dans ces conditions, de l'être qu'il aime le plus au monde. On se dit : "Impossible qu'il cède à ce chantage." Et pourtant... Je n'en dis pas plus mais c'est l'une des rares fois où j'ai dû aller lire les dernières pages du livre si je voulais avoir la force de continuer.
Vita Sackville-West peint à merveille les caractères et crée une atmosphère mondaine où l'on sent que quelque chose cloche... Elle ne satisfait pas toujours le lecteur, préférant lancer quelques pistes, quelques idées sur certains personnages dont le mystère reste presque entier (pour Robin, par exemple, personnage de second plan, on se dit qu'il pourrait aisément le réutiliser dans un roman qui tournerait autour de lui ; idem pour Juliet) Dans Plus jamais d'invités!, on ne sait pas par qui le drame va se produire, et on se méfie de ce que chacun peut cacher.
Lien : http://edencash.forumactif.o..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
neLLieneLLie   03 mars 2011
Heureux? Ce mot a-t-il un sens? Dès qu'un homme pense, tout bonheur lui devient impossible, tout juste peut-il essayer de traverser la vie sans trop de souffrances.Chacun dans son tunnel avance en tâtonnant, une faible torche à la main pour éclairer ses pas. Et tout cela pour quoi? Pour que la petite tâche de lumière qui nous guide nous fasse déboucher dans une obscurité plus profonde encore.
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fanfan50fanfan50   20 mars 2018
Le plaisir physique est sans valeur, dit le poète :

Cette fête de l'esprit, un gaspillage, une honte. Pas plus tôt goûtée, la voilà méprisée... D'abord, une joie promise ; autrefois juste un rêve.

Gilbert lui avait donné un exemplaire des Sonnets, un jour, comme cadeau de Noël. Il ne lui avait pas indiqué cette page mais il avait brisé le dos du livre afin qu'elle tombe toujours sur elle.
Est-ce qu'il l'avait fait exprès ? Dans ses heures d'angoisse, elle se l'était souvent demandé.

D'abord, une joie promise ; autrefois, juste un rêve.

Elle n'avait jamais connu la joie promise. Elle avait connu seulement le rêve, et il avait été brisé, flétri à peine en bourgeon. Elle connaissait de l'amour ce que ses amis voulaient bien lui en dire. Ils lui prêtaient une connaissance qu'elle n'avait pas. Elle avait appris à faire semblant. La révélation de son ignorance aurait trahi Walter. Ses amis l'auraient blâmée, auraient ri d'elle. Cela ne pouvait en aucun cas se concevoir. Les gens pouvaient bien expliquer son côté enfantin comme ils le voulaient, elle emporterait dans la tombe le secret de sa virginité.
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fanfan50fanfan50   19 mars 2018
Il avait réfléchi pendant des longues années avant d'arriver à cette conclusion qui lui paraissait d'une logique absolue. Ce n'était pas un cynique professionnel, amateur de ces petites phrases à la Voltaire, piquantes et faciles, que l'on attendrait volontiers de la part d'une vedette du barreau. Au contraire, on était souvent surpris de déceler de la tendresse dans ses propos. Venant d'un homme moins dur, elle aurait pu révéler une certaine sentimentalité. Mais la profonde humanité de Walter Mortibois était aussi célèbre que sa cruauté. Parfois, au cours d'une discussion, un mot, une petite phrase pouvaient révéler qu'il avait saisi au plus profond de lui-même la souffrance et la folie de la race humaine. On avait un jour entendu son frère Gilbert remarquer que Walter était à ce point tourmenté et bouleversé par son amour pour l'humanité en général qu'il ne lui restait plus aucune compassion à dispenser à son pauvre prochain ! "Si vous observez l'horizon lointain", avait dit Gilbert, "vous ignorez le brin d'herbe qui se trouve à vos pieds".
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mfrancemfrance   09 mars 2018
C'était sa femme, elle lui faisait face, à l'autre extrémité de la table. Il avait senti son regard courir le long de la rangée de candélabres. Ses yeux n'interrogeaient pas, mais exprimaient simplement sa compréhension. Elle se préoccupait donc tellement de ce qui pouvait lui arriver ? Ils avaient si longtemps mené des vies séparées, se rencontrant seulement à la surface de choses, qu'il fut stupéfait de surprendre ce regard si tendre, si inquiet.
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JunieJunie   22 juillet 2012
"Pauvres de nous!" Cette pensée lui sembla bien résumer son week-end de Pâques. "Pauvres de nous!"
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Videos de Vita Sackville-West (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vita Sackville-West
Je te dois tout le bonheur de ma vie: Virginia & Leonard de Carole D'Yvoire aux éditions Livre de Poche
« Bloomsbury m?enchante, il est la vie même. » Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d?Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l?union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d?édition Hogarth Press. Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l?affirmation de la vie, d?une « vie intense et triomphante ». Inclus : des extraits de lettres, une nouvelle de Virginia Woolf et une nouvelle inédite de Leonard Woolf.
https://www.lagriffenoire.com/98459-divers-litterature-je-te-dois-tout-le-bonheur-de-ma-vie.html

Virginia et Vita de Christine Orban aux éditions Livre de Poche
1927. Virginia Woolf vient de publier La Promenade au phare. Elle vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West dont le célèbre château paternel de Knole se situe tout près de Monk's House, la modeste demeure de Virginia et de son époux, l'éditeur Léonard Woolf. La fascination qu?elle ressent pour Vita, l'abîme entre sa vie bohème et le faste de l'excentrique aristocrate vont donner naissance à l?une de ses ?uvres maîtresses, Orlando. Dans Virginia et Vita, où tout est dit de la passion et de la jalousie, Virginia Woolf est à son tour transformée en personnage de roman. Christine Orban évoque avec subtilité la complicité de deux femmes exceptionnelles, puissantes et fragiles qui conjuguent à leur manière amour et création littéraire.
https://www.lagriffenoire.com/6842-divers-litterature-virginia-et-vita.html
Vous pouvez commander Je te dois tout le bonheur de ma vie: Virginia & Leonard et Virginia et Vita sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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