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EAN : 9782264000811
Éditeur : 10-18 (09/09/1998)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 51 notes)
Résumé :
  Dans la nudité de Juliette, ainsi qu'en un vase de myrrhe, sont encloses toutes les femmes que l'histoire et la fiction livrent à nos étreintes magiques : Isabeau de Bavière, Béatrix Cenci, Catherine Howard, Luisa Sigea, la marquise de Merteuil, Pauline Borghèse... Plus haute que Sodome, plus haute que les jours, elle rend dérisoire la grâce des créatures à venir.
Juliette, sous l'arc des sèves stridentes, une jeune femme ivre, cambrée, d'un doigt de nacre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Maldor
  16 mai 2016
Malheureusement cet ouvrage, tout comme La Nouvelle Justine, n'est disponible que dans l'édition de la Pléiade. Il est pourtant extraordinaire. Sade est inexorablement et absolument libre. Il y a certes des longueurs (on distingue trois types de textes, comme souvent dans les romans de Sade : narration, dialogues philosophiques, scènes de coïts parfois très violentes), mais on est souvent surpris par l'imagination - qualité nécessaire à tout libertin - de l'auteur (ici une messe noire avec le pape ; là une exécution depuis le sommet du Vésuve ; ici une sorcière douée de pouvoirs presque magiques, capable de faire apparaître d'étranges personnages, des cadavres, et de prévoir l'avenir de Juliette et de Clairwil ; là un géant sanguinaire vivant dans un château isolé, relique des 120 Journées ; et une floppée d'intrigues criminelles expertement ficelées). Ce roman est unique. Qui d'autre écrivit de si sordides horreurs avec tant de poésie ? Un personnage est prêt à se "distiller en foutre".
Pour des raisons plus ou moins évidentes (il fut l'un des premiers à exhiber avec un art immense la part la plus immonde de l'homme), Sade est peut-être l'auteur du 18ème siècle qui demeure le plus moderne. Il ne faut tout de même pas oublier de se méfier, et surtout ne pas trop céder à l'admiration. Sade est encore dangereux, notamment par son relativisme qui peut être attrayant.
Mais il faut lire Juliette. Pour le style, pour le romanesque, pour les réflexions précieuses, très précieuses sur l'homme et la société. Et pour ses personnages. Pour la première fois chez Sade, les libertins semblent un tantinet plus fragiles, et sont presque attachants. Certes ils demeurent des hommes-machines, en ce qui concerne les libertins. Et que dire de Juliette ? Non seulement le personnage est intéressant, mais c'est surtout le personnage féminin le plus autonome, et le plus intelligent de la littérature du 18ème. Il donne son nom à l'oeuvre. Et pourtant, Sade n'était pas connu pour son féminisme.
Lisez-le. Vous serez surpris, horrifiés, fascinés et surtout, vous penserez.
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magdala
  25 mai 2012
Noirceur de l'écrivain pour les uns, humour monstrueux pour les autres. le divin Marquis est au sommet dans cet ouvrage. A lire et surtout à relire. Pour le fun.
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olivberne
  20 février 2012
C'est le contraire de Justine qui souffre du vice des autres en voulant défendre sa vertu. Ici Juliette utilise le vice pour arriver à ses fins et tout lui réussit! Comme souvent chez Sade, la morale n'est pas celle qu'on nous a apprise dans notre enfance...
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Henriette5896
  20 juillet 2020
L'Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice fait suite à la publication un an auparavant de la Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu, Justine étant la soeur de Juliette. La publication, sans nom d'auteur, de ces deux ouvrages a valu à leur auteur son arrestation sur ordre par Napoléon et son incarcération sans procès à l'asile de Charenton durant les treize dernières années de sa vie.
Alors que, dans les Malheurs de la vertu, Justine n'obtient que des injustices et des sévices répétés, Juliette est au contraire une nymphomane et criminelle amorale dont les entreprises lui valent le succès et le bonheur.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
eliott18eliott18   05 novembre 2020
Les premiers principes de ma philosophie, Juliette, continua Mme Delbène, qui s’attachait plus particulièrement à moi depuis la perte d’Euphrosine, sont de braver l’opinion publique ; tu n’imagines pas à quel point, ma chère, je me moque de tout ce qu’on peut dire de moi. Et que peut faire au bonheur, je t’en prie, cette opinion de l’imbécile vulgaire ? Elle ne nous affecte qu’en raison de notre sensibilité ; mais si, à force de sagesse et de réflexion, nous sommes parvenues à émousser cette sensibilité au point de ne plus sentir ses effets, même dans les choses qui nous touchent le plus, il deviendra parfaitement impossible que l’opinion bonne ou mauvaise des autres puisse rien faire à notre félicité. Ce n’est qu’en nous seules que doit consister cette félicité ; elle ne dépend que de notre conscience, et peut-être encore un peu plus de nos opinions, sur lesquelles seules doivent être étayées les plus sûres inspirations de la conscience. Car la conscience, poursuivait cette femme remplie d’esprit, n’est pas une chose uniforme ; elle est presque toujours le résultat des mœurs et de l’influence des climats, puisqu’il est de fait que les Chinois, par exemple, ne répugnent nullement à des actions qui nous feraient frémir en France. Si donc cet organe flexible peut se prêter à des extrêmes, seulement en raison du degré de latitude, il est donc de la vraie sagesse d’adopter un milieu raisonnable entre des extravagances et des chimères, et de se faire des opinions compatibles à la fois aux penchants qu’on a reçus de la nature et aux lois du gouvernement qu’on habite ; et ces opinions doivent créer notre conscience. Voilà pourquoi l’on ne saurait travailler trop jeune à adopter la philosophie qu’on veut suivre, puisqu’elle seule forme notre conscience, et que c’est à notre conscience de régler toutes les actions de notre vie.
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SlySly   27 juillet 2015
La véritable sagesse, ma chère Juliette, ne consiste pas à réprimer ses vices, parce que les vices constituant presque l'unique bonheur de notre vie, ce serait devenir soi-même son bourreau que de les vouloir réprimer ;
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SlySly   27 juillet 2015
Le remords n'est donc, d'après cela, qu'une faiblesse pusillanime que nous devons vaincre, autant que cela peut dépendre de nous, par la réflexion, le raisonnement et l'habitude. Quel changement, d'ailleurs, le remords peut-il apporter à ce que l'on a fait ? Il n'en peut diminuer le mal, puisqu'il ne vient jamais qu’après l'action commise ; il empêche bien rarement de la commettre encore, et n'est donc par conséquent, bon à rien.
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SlySly   27 juillet 2015
On appelle conscience, ma chère Juliette, cette espèce de voix intérieure qui s'élève en nous à l'infraction d'une chose défendue, de quelque nature qu'elle puisse être ; définition bien simple, et qui fait voir du premier coup d’œil que cette conscience n'est l'ouvrage que du préjugé reçu par l'éducation, tellement que tout ce qu'on interdit à l'enfant lui cause des remords dès qu'il l'enfreint, et qu'il conserve ses remords jusqu'à ce que le préjugé vaincu lui ait démontré qu'il n'y avait aucun mal réel dans la chose défendue.
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SlySly   27 juillet 2015
Qu'est-ce que la raison ? C'est cette faculté qui m'est donnée par la nature de me déterminer pour tel objet et de fuir tel autre, en proportion de la dose de plaisir ou de peine reçue de ces objets
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Videos de Marquis de Sade (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marquis de Sade
#Sade #littérature #CulturePrime Ce livre maudit, inachevé, volé, écrit sur un rouleau dans une prison, détaille “600 perversions” sexuelles lors d'une orgie dans un château. Il fut adapté au cinéma par Pier Paolo Pasolini avec "Salò", une allégorie du fascisme qui scandalise encore 45 ans après sa sortie. Et le nom de son auteur a donné le mot "sadique". Mais en réalité, avec "Les 120 Journées de Sodome", Sade ne fait pas l'apologie des agresseurs. Au contraire...
Stéphanie Genand, professeure de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Bourgogne, a écrit une biographie du marquis, Sade (Folio-Gallimard, 2018) : "On a longtemps pensé que Sade pensait ce qu'il écrivait ; qu'il adhérait aux propos des libertins. On a fait une espèce d'amalgame : Sade pense ce que ses personnages disent. C'est l'inverse en réalité. Il nous fait entendre tout ce dont un homme est capable. Et si vous ouvrez la boîte des passions sexuelles de l'humanité, on n'y trouve que des choses peu réjouissantes. Donc finalement l'intérêt des 120 Journées, c'est de nous montrer le fond de la boîte. Et du coup c'est toujours utile, et plus que jamais d'actualité."
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