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Jean Goulemot (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080702149
Éditeur : Flammarion (15/07/1998)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 259 notes)
Résumé :

Qu'il existât encore, outre la copieuse Nouvelle Justine de 1797 (10/18, ne 1241/1242) et celle, plus ramassée, de 1791, Justine ou les malheurs de la vertu, un troisième ouvrage, de quatre ans antérieur au premier imprimé, au surplus composé comme un grand conte philosophique, voilà ce qu'on ignora jusqu'à ce qu'en 1909 Guillaume Apollinaire eût décrit le précieux manuscrit 4010 des Nouvelles Acquisi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  09 décembre 2015
Notre prof de philo avait mis Sade, et cette oeuvre en particulier, dans la liste d'auteurs à découvrir. Osé me direz-vous ? La portée d'une telle pensée n'étant pas des plus aisée à analyser en fin de comptes à 17 ans...
Roman dichotomique sur le bien et le mal, le péché et la vertu. Justine s'évertuera à suivre le "droit" chemin, mais en paiera le prix fort, subissant malheurs sur malheurs, tandis que sa soeur préférera suivre son instinct, ses propres intérêts, même si cela doit égratigner la morale. Certains passages sont extrêmement crus, malgré le langage raffiné du XVIIIème siècle, les scènes explicites et assez violentes.
L'innocence sacrifiée sur l'autel de l'immoralité, à l'image d'une société pervertie. Une morale chrétienne bien écorchée au passage, les moines représentés ici comme vils, cupides et concupiscents. Il s'agit bien de satire sociale, sur l'hypocrisie des bien pensants, dans un siècle des Lumières qui prône la liberté d'expression, mais aussi dénonce en filigrane la mainmise de l'Église sur la société.
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Slava
  15 mai 2015
Sade... Rien que ce nom qui a donné un mot pour désigner le plaisir à faire souffrir quelqu'un, le sadisme, un nom sulfureux, avec un parfum de scandale, de perversion, avec des romans très... dépravées. Donc, j'ai osé, osé je dis-je à lire les Infortunes de la vertu, avec ce mélange d'envie et de crainte, et... curieusement, et étonnamment, je n'ai pas été si heurtée que je le pensais.
L'histoire : deux jeunes soeurs orphelines quittent le couvent un peu trop tôt et prennent des chemins qui les séparent. L'une, Juliette, cède au vice et parvient à devenir une personne distinguée et mondaine tandis que sa soeur Justine décide de prendre la voie de la vertu. Quelques années plus tard, Juliette retrouve sa soeur justement (excusez-moi, c'est un spoiler vue qu'on ne l'apprend qu'à la fin qu'elle n'est que Justine mais bon, on s'en doute déjà au début ), bien désespéré et éprouvée. Justine lui raconte alors toutes ses horribles mésaventures...
Ecrit en quinze jours, ce récit se trouve en fait être une première de Justine, où les malheurs de l'infortune, qui sera suivit d'une troisième version, la nouvelle Justine (que là, j'ose pas vu que contrairement au premier et à la seconde version, celle-ci est hautement pornographique) et se trouve un peu soft et très philosophique.
En effet, tout au long du roman, il y a la réflexion autour du Mal et de la vertu qui y est posé et débattu, avec surtout une pensée de Sade qui est effroyablement vraie encore aujourd'hui : celui où la vertu est toujours punie et où le vice est récompensé... Il y est aussi réflexion de la religion, des rapports hommes-femmes mais surtout de la conception du Bien et du Mal, dont ce dernier remporte souvent.
Justine peut apparaître comme naïve, prude et écervelée mais elle nous touche parce que malgré les horreurs qui lui arrive, elle garde toujours tête; reprends courage et se voue toujours au Bien (ce qui est admirable tout de même). Et aussi parce qu'elle semble être la seule personnage véritablement voué au Bien vue que tout autour règne le vice.
Des vices, elle en rencontre ! Vol, meurtres... et abus sexuels aussi. Mais le miracle est que les viols qu'elle subit et autres perversions qu'elle assiste sont souvent suggérés où quand elles sont décrits, par une écriture et langue magnifique, splendide, précieuse, joliment prude et nous facilitant la vision des horreurs. Sade sait très bien écrire, quoi qu'on dit sur sa vie.
Bien que ce roman a l'aspect du conte philosophique avec ses paysages digne de conte de fées, il reste réaliste puisqu'on voit toutes les catégories sociaux : les moines, les marchands, les marquis...
En revanche, je l'ai trouvé un peu trop court, mais bon, il a été écrit en quinze jours donc...
Et que dire de la célèbre fin ? Tragique mais apportant aussi un curieux sentiment de soulagement. Qui porte un symbolisme...
Les infortunes de la vertu est en tout cas la version "soft" des mésaventures de Justine, je pense qu'elle peut être accessible à plein de gens puisque comme je le dit, les instants "sexys" sont souvent décrits avec suggestion et pudeur. Mais n'empêche, ses idées du Mal et du Bien nous restent en tête... Bien qu'évidemment, je n'oserais pas voir les autres oeuvres de Sade !
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Eve-Yeshe
  10 novembre 2013
je l'ai lu il y a très longtemps dans le cadre d'un séminaire de psychiatrie consacré aux "perversions sexuelles" en 1979 ou 1980.
Justine m'a plu par sa candeur initiale qui peu à peu se transforme mais la plume de Sade me touche peu.
certes, on ne nous demande pas d'éprouver du plaisir en lisant les frasques diverses du divin marquis mais j'avoue que je n'ai pas eu envie de lire autre chose, sauf peut-être "la philosophie dans le boudoir"....
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Sara2a
  24 novembre 2012
La plume de Sade est légère, sournoise et répétitive, mais assez agréable à lire, il va s'attaquer tout au long du roman à la religion, à la morale et à l'ensemble de la société en plaçant sa candide héroïne dans des situations qui s'avèrent « sadiques » mais le ton employé pour les conter les rend subtilement loufoques et parfois à la limite de la dérision. Tout au long de son périple Justine va devoir affronter ce qu'il y a de plus vicieux, de plus cruel et de plus hypocrite dans ce 18 ème siècle.
Sade n'épargne aucune classe sociale, tout le monde y passe du petit commerçant véreux aux hauts dignitaires ecclésiastiques.
Il n'épargne pas non plus son héroïne, Justine un modèle de vertu, elle a en elle un besoin presque insensé à ne céder à aucune tentation due t elle en mourir.
Une héroïne candide à qui l'expérience n'apporte rien, bien au contraire, à l'image d'une pieuse martyre elle continue à croire que seule la vertu peut triompher du mal et lui apporter le bonheur. Cette jeune fille n'est pas sans rappeler le Candide de Voltaire, la même innocence et une résistance presque surhumaine à surmonter toutes les catastrophes.
L'aventure de Justine est bien curieuse, elle aspire à une vie pure et pieuse et elle se retrouve sans cesse à fuir, dans des paysages et des lieux de contes de fées elle parcourt des chemins qui traversent des bois qui recèlent de vils personnages, d'autres fois elle se retrouve emprisonnée dans de sombres châteaux, donjons. Mais hélas pour notre Justine le conte de fée s'arrête là, aucun Prince à l'horizon pour la sauver.
Les infortunes de la vertu est un véritable conte philosophique à priori il pourrait sembler léger, mais au final Sade avec beaucoup de « miel » et de style mène le lecteur là où il voulait le mener.
En effet quoi de plus subtil que d'utiliser sa Justine pour nous conter toutes ces horreurs. Justine, une ingénue qui n'utilisera jamais de vocabulaire vulgaire, bien au contraire, son discours est empli de pudeur, de non-dits, elle suggère plus qu'elle ne dit. Elle nous expose pourtant des scènes de viols, de séquestrations, de sadisme, de mutilation mais sans jamais utiliser des mots explicites qui pourraient heurter le lecteur. du coup la lecture est rendue facile, on s'apitoie sur cette pauvre fille, mais elle nous exaspère aussi à toujours se retrouver dans des situations sordides. Et pourtant elle ne baisse jamais les bras, ne renie jamais cette vertu qui pourtant ne lui apporte jamais le moindre bénéfice.
Sade a réécrit ce texte deux fois, en le développant en lui donnant plus de noirceur. Une seconde version a été écrite en 1791 intitulée Justine ou les Malheurs de la vertu puis une troisième « La nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu » un texte encore interdit à la vente au moment de la publication de la présente édition.
Dans la version que je viens de lire, Sade n'épargne personne, sauf peut-être le lecteur , en effet sa prose dans la voix de son héroïne donne une légèreté étrange à ce conte où l'auteur s'exerce à prouver que les plus vertueux ne sont pas récompensés sur terre et qu'au contraire les plus cruels et immoraux triomphent grâce à leur force, leur habileté et leur intelligence.
J'ai beaucoup aimé cette lecture, la structure m'a énormément fait penser à « Candide » de Voltaire, j'ai été agréablement surprise et par le ton de l'auteur et son style très subtil.
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Liliealu
  03 février 2014
Ma première lecture de Sade, après la lecture de sa biographie par Gonzague Saint Bris...
La lecture du divin marquis m'a été vivement conseillé par une amie babélienne : Nathab19 que je remercie pour ses judicieux conseils. Je pensais me lancer dans Justine ou les malheurs de la vertu, mais la recherche de l'ouvrage en question fut infructueuse et ne pouvant pas attendre (la patience est une vertu mais ne compte pas parmi les miennes), j'ai donc commencé par les infortunes de la vertu, première version de Justine, mais néanmoins publiée à titre posthume.
Je pense que c'est un bon choix que d'avoir commencé par celui-ci... Quand je vois/lis tous les déboires de cette douce, gentille, vertueuse (et pénible !!) Justine, je suis curieuse de savoir quelles autres tortures l'imagination dépravée du marquis lui fera subir... Je voulais du plus piquant que fifty shades... me voilà servie !
Cerise sur le gateau : cette histoire sadique/sadienne est sublimement écrite : Au delà de ses moeurs douteuses (loin de moi l'audace de juger), l'auteur est un homme de finesse dans l'écriture, un philosophe et un militant qui dépeint une société qui, à bien des égards, est bien plus horrible et vicieuse que le marquis lui-même.
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Citations & extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Sabrina1988Sabrina1988   09 octobre 2017
le coupable nourrit au fond de son cœur un ver, qui, le rongeant sans cesse, l'empêche de jouir de cette lueur de félicité qui l'environne et ne lui laisse au lieu d'elle que le souvenir déchirant des crimes qui la lui ont acquise. A l'égard du malheur qui tourmente la vertu, l'infortuné que le sort persécute a pour consolation sa conscience, et les jouissances secrètes qu'il retire de sa pureté le dédommagent bientôt de l'injustice des hommes.
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Sabrina1988Sabrina1988   09 octobre 2017
Juliette [...] consentirait-elle à revoir une petite fille dont les inclinations vertueuses et basses allaient la déshonorer, et de son côté Justine voudrait-elle risquer ses mœurs dans la société d'une créature perverse qui allait devenir victime de la crapule et de la débauche publique ?
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Sabrina1988Sabrina1988   09 octobre 2017
mais l'amour est-il un mal dont on puisse guérir ? [...] le perfide Bressac ne me paraissait jamais plus aimable que quand j'avais réuni devant moi tout ce qui devait m'engager à le haïr
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Sabrina1988Sabrina1988   09 octobre 2017
une délicatesse déplacée t'a conduite au pied de l'échafaud, un crime affreux m'en sauve; regarde à quoi le bien sert dans le monde, et si c'est la peine de s'immoler pour lui.
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Sabrina1988Sabrina1988   09 octobre 2017
par la perversité des autres, quelque soit le bien qu'on pratique, nous n'ayons pourtant jamais rencontré que des épines, lorsque les méchants ne cueillaient que des roses
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Videos de Marquis de Sade (26) Voir plusAjouter une vidéo
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