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Jun'ichi Saga (Éditeur scientifique)Geneviève Navarre (Traducteur)
EAN : 9782877309530
362 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (22/06/2007)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 101 notes)
Résumé :
L'histoire véridique d'Ijichi Eiji ou la vie d'un gangster japonais, d'un yakuza, telle qu'il la confia à son médecin avant de mourir, à la fin des années 1970. Chef de gang spécialisé dans les " affaires de jeu " à Tokyo, il raconte avec sincérité son apprentissage, son ascension sociale, ses amours, les tripots de jeu, les assassinats, ou bien comment il se coupa un doigt en signe de repentir. Il confesse coups de main, interrogatoires, prison, nous dévoile les co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  02 décembre 2019
Quand le Docteur Saga reçoit Eiji Ichiri dans son cabinet, il ne sait rien de cet homme qui vient en consultation pour la première fois. Mais son auscultation lui donne quelques indices. L'homme va mourir et il le sait. Ses tatouages et l'absence de ses deux auriculaires ne laissent aucun doute sur ses activités passées. C'est bien la première fois que le médecin est en présence d'un yakuza et cela attise sa curiosité. Sentant sa fin proche, Ichiri accepte de lui faire des confidences et lui raconte comment un jeune provincial d'à peine 15 ans, débarqué à Tokyo par amour, est devenu un chef de gang reconnu et respecté.
Eiji Ichiri est de ces hommes dont le parcours atypique ne peut que susciter l'intérêt. Quelle mine d'informations sur le monde secret des yakuzas ! le jeune Eiji commence sa carrière, dans les années 20, dans l'entreprise de charbon de son oncle où il surveille les jeux clandestins des dockers. Discret et débrouillard, il attire l'attention d'un yakuza qui le fait travailler sur un bateau qui transporte nuitamment les joueurs désireux d'éviter les contrôles de police. Mais il semble voué à un plus grand destin. le chef d'une grande ''famille'' le repère et il entre alors de plain-pied dans le milieu, à Asakusa, le quartier des jeux et des plaisirs de l'époque. Son ascension connaît alors des hauts et des bas, il a la confiance du grand patron et de ses hommes mais c'est aussi un séducteur prêt à tout pour les femmes. Outre son expérience personnelle, c'est bien une immersion chez les yakuzas que nous propose le vieil homme. Relations compliquées entre gangs rivaux ou amis, code de l'honneur, jeux clandestins, tripots, bookmakers, joueurs professionnels, solidarité à toute épreuve, passages par la case prison, maisons closes...c'est tout un monde et une époque qu'il évoque sans détours. Les temps ont changé bien sûr mais à son époque les yakuzas ne se mêlaient que des affaires de jeux, les meurtres étaient rares, ils ne touchaient pas à la drogue. Ils étaient discrets, aimables avec les commerçants du quartier, préoccupés seulement par la bonne marche de leurs tripots.
Un livre passionnant, plein de péripéties. Une vie racontée sans honte ni pudeur par un personnage haut en couleurs auquel on s'attache malgré soi. Tout yakuza qu'il est, Eiji est un homme comme les autres, loyal envers sa famille, travailleur acharné et capable de commettre des folies pour les beaux yeux d'une femme. Un coup de coeur.
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kuroineko
  27 octobre 2018
Ijichi Eiji est un vieil homme malade et se sachant condamné lorsqu'il revient sur sa vie et sa carrière parmi les yakuzas.
Fils de la débrouille du début du XXème siècle, il raconte ses débuts, très jeunes, comme charbonnier. Avant de commencer à travailler pour un "oyabun" du coin, un chef mafieux.
Outre l'aspect autobiographique, ce livre revient sur la société japonaise de la première moitié du XXème siècle par le prisme d'une catégorie particulière, celle des yakuzas. Mainmise sur les maisons de jeu, prostitution, alcool, etc, ceux-ci ont repris à leur compte certains codes issus du bushidô des samouraïs. Gare à celui qui trahit le groupe et son honneur.
Eiji sait de quoi il en retourne puisqu'il y a laissé un doigt... et s'en est bien sorti.
Ce livre se lit avec grand intérêt, tél un témoignage d'un Japon éloigné de notre contemporanéité. Même si les yakuzas existent toujours et ont souvent pignon sur rue. Ichiji Eiji met beaucoup de verve à raconter sa vie, n'ayant plus rien à perdre compte tenu de sa maladie incurable. Un ouvrage que je recommande à tout passionné du Japon.
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Yanoune
  12 mai 2019
Mémoires d'un Yakuza... Mais du temps jadis devrait-on rajouter...
Oui, ce temps jadis est très très important à mon sens, si un lecteur ouvre ce livre en espérant apprendre, ou découvrir le yakuza de maintenant il va en être pour ses frais..
Parce que la première date donnée est 1923...
Pitch:
Donc nous avons Eiji Ijichi, un jeune de 15 ans qui part à Tokyo travailler chez son oncle un charbonnier, et qui de fil en aiguille va rencontrer le milieu, celui du jeu, et au fur et à mesure y faire sa place... mais ça commence dans les années 20...
et je pense qu'entres les années 1920 et les années 2000 y a comme qui dirait eu de grands changements de grandes bifurcations dans ce milieu (quoi que allez savoir)...
Un livre sociologique d'une époque je dirais plutôt... le témoignage d'une vie vécue, allant des amis, des amours des emmerdes et de ses découvertes....
Le témoignage d'une ville, des gens, des métiers, des coutumes et des règles...
Vachement intéressant de mon point de vue...
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christianebrody
  27 octobre 2011
Ijichi Eiji, affaibli par une maladie incurable, raconte à son médecin son long parcours fait de connaissances de hasard qui mèneront ce fils de bonne famille sur le chemin gangstérisme. Son père, propriétaire prospère d'un grand magasin est contraint de se séparer de son rejeton de quinze ans – pour cause de mauvaise conduite, et l'envoie travailler chez un oncle à Tokyo. Simple employé de bureau doté d'un caractère sympathique et affable, il va au fil de ses rencontres entrer dans un monde encore inconnu de lui : le monde du jeu, principale et seule occupation digne de tout yakuza. du moins jusqu'à la fin des années 70.
Ijichi Eiji accepte toutes les opportunités qui se présentent et grimpe dans l'estime de ses maitres jusqu'à posséder et diriger une maison de jeux. Les relations basées sur une confiance réciproque et une loyauté à toute épreuve aussi bien envers sa « famille » qu'envers les autres propriétaires de maisons de jeux, feront de lui un personnage important. Il raconte son ascension, ses amours et ses emmerdes; la prison, la caserne, son entrainement militaire, ses meurtres, le marché noir, les famines lors de la grande guerre, ses erreurs payées par le prélèvement de deux doigts. Son témoignage est fort éloigné de l'imaginaire que le cinéma nous a imposé depuis des décénies, imaginaire composé de bruits, de fureur, de règlements de comptes sanglants…… le bon yakuza est discret, civile, serviable, diplomate, ne tombe jamais dans l'ignominie et ne se préoccupe que de la bonne marche de son cercle de jeux. Depuis les années 70, il se pourrait que ce monde ait changé et se soit acclimaté aux nouveaux impératifs que la présente économie offre.
Une lecture enrichissante, instructive et agréable.
Lien : http://www.immobiletrips.com..
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JeromeJeanJacques
  09 mars 2020
En lisant ce livre, n'espérez pas découvrir les mafias au sens classique du terme ! Ne vous attendez pas à trouver une violence débridée entre gangs, ou d'une chasse permanente avec la police ! Ici, ce qui est intéressant, ce sont plus les traditions de l'Empire japonais et la vie des petites classes, régies par un puissant code d'honneur.
Les Yakuzas, avant la seconde guerre mondiale, ne sont pas des criminels au sens classique du terme ; ils occupent une activité marginale, mais tout en se préoccupant de leur intégrité morale — envers leur chef, leur famille, le voisinage… Ce qui est le plus frappant dans cette biographie, c'est que le personnage en question est quelqu'un de tout à admit dans la société, il en respecte les mêmes codes que les citoyens normaux.
En définitive, il s'agit plus d'un livre sur les moeurs du Japon ancien que de la criminalité.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
GanameraGanamera   29 avril 2012
La plupart des gens s'imaginent que les yakuzas sont des brutes, mais pour arriver en haut, il faut bien plus que du muscle et de la force. Autrement n'importe quel idiot pourrait y parvenir. Ce qui compte, c'est d'avoir les qualités qui font que les gars sous vos ordres sont loyaux, prêts à mourir pour vous si nécessaire.
C'est facile d'en parler comme ça, mais ce n'est pas si simple dans la pratique.
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MamechikuMamechiku   15 décembre 2015
Ce qui suit est une partie de ce qu'il m'a dit, tel qu'il me l'a dit. Mais maintenant que je me mets à la plume pour mettre tout cela par écrit, je regrette soudain de ne pas l'avoir questionné plus précisément sur toutes sortes de choses: mais il n'est plus là, et il est trop tard.
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Biche_Biche_   02 novembre 2018
- Tu sais je pouvais reconnaître tout de suite quel genre de nourriture les gens mangeaient , me dit-il. Dans une maison où on mangeait bien, la merde était différente - c'était plus riche, ça avait plus de corps. La couleur était différente, aussi. Ça se voyait tout de suite.
- Alors les riches et les pauvres chient pas pareil, hein ?
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AsakoAsako   19 novembre 2019
« Il y avait des règles précises pour pratiquement tout - de la façon dont on salue quelqu'un au-dessous ou au-dessus de soi, la façon de parler aux gens, la façon d'indiquer que vous les écoutez, tout. C'est un monde féodal, très différent de la vie ordinaire extérieure. Et ça va même jusqu'à influencer les relations que vous avez avec les femmes. »
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Biche_Biche_   02 novembre 2018
- Ecoutez, monsieur, avec tout le respect que je vous dois, fermez votre gueule.
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