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EAN : 9782070376575
160 pages
Éditeur : Gallimard (14/06/1985)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 157 notes)
Résumé :
Françoise Sagan n'a voulu se souvenir que des moments heureux et que des gens qu'elle a aimés.
C'est ce qui rend ce livre si sympathique et ce qui a fait son succès auprès du public et de la critique. Billie Holiday, Orson Welles, Jean-Paul Sartre, Carson Mc Cullers, Marie Bell, Rudolf Noureev, Tennessee Williams... Autant de portraits et d'histoires inoubliables.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Laccrocheplume
  13 juillet 2020
Voici typiquement le genre de livre que j'adore lire en été, attablée à une terrasse ou allongée sur l'herbe, quand d'autres livres me font relever la tête sans que je ne puisse dépasser la première page, pour suivre des yeux je ne sais quelle réjouissance ou distraction ! Mais après tout cette désinvolture est-elle condamnable quand l'astre soleil nous réchauffe le coeur ?
Inutile de présenter Sagan dont les affres ont autant défrayé la chronique que ses livres à succès. Cette écrivaine dont Angelo Rinaldi avait écrit que « le succès commercial de Madame Sagan est à ce point automatique désormais que la critique en vient à ne plus examiner ce qu'elle publie. Elle jouit d'une rente de situation. »
A ce titre, ce livre autobiographique nous raconte les belles rencontres que son succès a semées sur sa route. Et elle s'attache à nous raconter les liens qu'elle a entretenus justement avec ceux extrêmement doués de sa génération dont elle admirait profondément le talent, et qui n'ont pas eu le succès mérité, et pour beaucoup fini dans une misère totale : la fragile, éclatante et géniale Carson McCullers, Tennessee Williams avec qui elle partageait l'amour de la littérature à corps perdu, l'oeil alourdi par la bouteille, le coeur embrasé par le sentiment de perte et d'isolement que l'écriture exhale. La peur de la solitude. Et bien sûr la chaleur de la douce flamme destructrice que deux poètes qui se comprennent aiment voir se consumer dans des nuits sans fin. Sartre, bien sûr, dont elle admirait la droiture et l'honnêteté intellectuelle. le colosse Orson Welles également fait partie de ce grand théâtre des géants du XXème siècle, lui qui la soulevait des pieds pour la sauver de la clameur hostile d'un tapis rouge à Cannes ou du trafic automobile à Paris. Elle dépeint admirablement bien la jeunesse dorée qui filait sur la nationale 7 pour rejoindre le Saint Tropez des années 60 avant que Wadim et Bardot ne convertissent le village en un temple de l'argent ostentatoire où l'avidité, l'habilité et l'opportunisme organisent depuis le paysage. Quelques pages auparavant, elle qui a toujours affectionné les bolides, raconte comment la vitesse a toujours été pour elle, ni une provocation ni un défi, mais un élan de bonheur car elle rejoint, le jeu, le hasard et le « bonheur de vivre ».
C'est délicieusement léger et outrageusement généreux au regard de l'agitation, de la mesquinerie et du cynisme du microcosme parisien qu'elle a côtoyés, avec cet apparent détachement et la désinvolture qui la caractérisent, riche de son expérience de la fréquentation des salons bourgeois parisiens. Mais c'est aussi d'une élégante lucidité, entendez par là qu'elle n'écrit pas de façon explicite qu'elle a bâclé telle ou telle écriture, mais le laisse entendre par exemple quand elle raconte son parcours dans l'écriture de ses pièces théâtrales.
Un petit délice que cette plume élégante et subtilement désenchantée. Elle nous touche même quand elle nous raconte ses déboires et évoque « ses crises d'inspiration subites et suspectes. »
4.25/5
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JeanPierreV
  25 février 2018
L'image de Françoise Sagan, image bobo, bohème, drogue, alcool, jeu, images véhiculées par les médias ...images superficielles ne m'incitait pas trop à mieux la connaître. J'avoue humblement et avec honte que je n'avais lu aucun de ses titres.
Par hasard, j'ai découvert "Avec mon meilleur souvenir".
140 pages pour une dizaine de textes ou de portraits de personnages connus croisés par Françoise Sagan
Un livre qui est nullement une biographie. Non seulement - et c'est beaucoup ! - un livre de coups de coups de coeur pour des personnes célèbres rencontrées, de passions irrépressibles et intemporelles lui apportant le bonheur, de passion, voire d'addiction pour la vitesse, le jeu, la lecture, le théâtre...des images un peu bohème parfois, collant à la personnalité de Françoise Sagan, images d'une période révolue, rouler à 160 km/h, stationner en bord de plage à Saint-Tropez...les plus âgés, comme moi retrouveront des images, des sensations, des personnages qui ont fait notre jeunesse.
Un petit coté superficiel, "Paris-Mach" parfois quand elle nous parle du festival de Cannes, de Juliette Greco, du Saint-Tropez qu'elle a connu, et dont elle a contribué à assurer la perte, mais de ça, elle n'en parle pas...
Elle évoque quelques bon moments, quelques belles rencontres, mais occulte en partie cet accident qui faillit lui coûter la vie, la rendit dépendante de la drogue, de l'alcool, de la cigarette, toutes ces images qui viennent malheureusement à l'esprit quand on évoque son nom
Si ce livre parle aux plus anciens et rallume leur nostalgie pour ces personnes disparues, je ne suis pas certain qu'il passionne les plus jeunes en quête de nouveauté...Sauf s'ils veulent découvrir un peu plus la vie de leurs parents, les années 60, 70 et cette auteure.
Par contre certains textes raviront tous ceux qui aiment les livres et la lecture
Pour ma part, je vais tenter de rattraper mon retard de lecteur, et je reparlerai sans doute de Françoise Sagan

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Nayac
  21 novembre 2016
Souvent présenté comme une forme d'autobiographie, ce livre permet effectivement d'approcher une Françoise Sagan sincère, mais aussi plus complexe que le portrait superficiel habituel.
Certes le jeu, la vitesse (" de même qu'elle rejoint le jeu , le hasard, la vitesse rejoint le bonheur de vivre et par conséquent, le confus espoir de mourir qui traîne toujours dans ledit bonheur de vivre").
Un portait via des portraits. Souvent admiratifs, leur seule liste évoque l'éclectisme des intérêts multifacettes de F Sagan: Billie Holiday, Tenesse Williams, Orson Wells, Rudolf Noureev, Jean Paul Sartre.
Bien sur on retrouve un chapitre sur Saint Tropez.
Mais le chapitre le plus attachant est le dernier:"lectures".
" Les Nourritures terrestres fut la première de ces bibles écrites de toute évidence pour moi, le premier livre qui m'indiquât ce que j'étais profondément et ce que je voulais être: ce qu'il m'était possible d'être".
Et peu après l'homme révolté: "à défaut de Dieu, il y avait l'Homme, me disait ce doux rêveur, et l'un remplaçait l'autre".
Je vais finir par citer tout le chapitre!.
Juste pour conclure: "je découvris que cet être humain était mon seul gibier, le seul qui m'intéressât, le seul que je n'arriverais jamais à rattraper, mais que je croirais frôler, peut être, parfois, dans un de ces grands moments de bonheur que donne la faculté d'écrire"
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Marti94
  12 janvier 2019
Quel plaisir de lire que Françoise Sagan était amie avec Tennessee Williams, Orson Welles, Billie Holiday, Rudolf Noureev et qu'elle avait une grande admiration pour Jean-Paul Sartre. Elle en parle tellement bien !
Ces chroniques thématiques regroupées au sein du livre publié en 1984 intitulé "Avec mon meilleur souvenir" est bien mieux qu'une autobiographie. Avec intelligence et souvent avec humour Françoise Sagan témoigne de rencontres avec des personnes qu'elle a appréciées et avec qui elle a partagé de bons moments. Elle évoque aussi ses addictions au jeu ou à la vitesse que je ne partage pas. Pourtant elle sait être convaincante et j'ai compris son point de vue. Et puis elle parle aussi de son oeuvre notamment théâtrale que je découvre.
J'ajoute que j'ai fait une expérience particulière avec ce livre. Je l'ai emprunté en version papier à la bibliothèque mais je l'ai également écouté en version audio, lu par Françoise Sagan elle-même dans un enregistrement qui date de 1986 dans l'excellente collection Des femmes Antoinette Fouque. Elle est rayonnante et attachante avec ses défauts de diction qui deviennent des qualités; j'en garderai un excellent souvenir.
Lu en janvier 2019
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chroniquesassidues
  16 novembre 2011
En 1984, Françoise Sagan publie Avec mon meilleur souvenir, composé de dix textes sur des rencontres et souvenirs marquants de sa vie.
Billie Holiday, Tennesse Williams, Orson Welles, Rudolf Noureev, Jean-Paul Sartre, voilà des noms connus que Sagan a pu rencontrer au cours de sa vie et dont elle fait ici un portrait édifiant, un hommage à ces personnalités qu'elle a admirées et aimées. Elle a su saisir dans ces textes leur caractère profondément humain, au-delà de leur talent évident. Mais en lisant ces récits de rencontre, on en apprend également sur Françoise Sagan elle-même, sur sa vie et sur sa remarquable humilité, sa capacité à aimer les gens pour ce qu'ils sont et à les admirer en toute modestie.
Dans d'autres textes, c'est avec beaucoup d'humour et d'autodérision que Sagan fait l'éloge des fâcheuses tendances qu'on lui a souvent reprochées : le jeu, la vitesse et la vie de nuit (à Saint-Tropez). Elle se plaît ici à raconter ses anecdotes de parties dangereuses au casino, à partager ses émotions quand elle est lancée à pleine vitesse sur une route de campagne et à revenir avec nostalgie sur ce qu'était Saint-Tropez avant et ce que la ville est devenue.
Sagan évoque également son histoire avec le théâtre, son travail avec les acteurs, ses réussites et ses échecs. Elle admet avec sincérité être un piètre metteur-en-scène et nous offre des anecdotes toutes plus drôles les unes que les autres.
Enfin, dans un dernier chapitre, Françoise Sagan présente les lectures marquantes de son adolescence et ensuite de sa vie et écrit alors, à propos des Illuminations de Rimbaud, ce bel hommage à la littérature : "Quelqu'un avait écrit cela, quelqu'un avait eu le génie, le bonheur d'écrire cela, cela qui était la beauté sur la terre, qui était la preuve par neuf, la démonstration finale de ce que je soupçonnais depuis mon premier livre illustré, à savoir que la littérature était tout. Qu'elle était tout en soi, et que même si quelque aveugle, égaré dans les affaires ou les autres beaux-arts, l'ignorait encore, moi du moins, à présent, je le savais. Elle était tout : la plus, la pire, la fatale, et il n'y avait rien d'autre à faire, une fois qu'on le savait, rien d'autre que de se colleter avec elle et avec les mots, ses esclaves et nos maîtres. Il fallait courir avec elle, se hisser vers elle et cela à n'importe quelle hauteur : et cela, même après avoir lu ce que je venais de lire, que je ne pourrais jamais écrire mais qui m'obligeait, de par sa beauté même, à courir dans le même sens.".
J'ai lu Avec mon meilleur souvenir avec beaucoup de plaisir, et je le conseille à tous ceux qui veulent découvrir une Françoise Sagan attachante, humble et drôle, passionnée et aimante, et dont l'écriture est toujours à mes yeux simplement belle.
Lien : http://leschroniquesassidues..
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
JeanPierreVJeanPierreV   25 février 2018
Quelqu’un avait écrit cela, quelqu’un avait eu le génie, le bonheur d’écrire cela, cela qui était la beauté sur la terre, qui était la preuve par neuf, la démonstration finale de ce que je soupçonnais depuis mon premier livre non illustré, à savoir que la littérature était tout. Qu’elle était tout en soi, et que même si quelque aveugle, égaré dans les affaires ou les autres beaux-arts, l’ignorait encore, moi du moins, à présent, je le savais. Elle était tout : la plus, la pire, la fatale, et il n’y avait rien d’autre à faire, une fois qu’on le savait, rien d’autre que de se colleter avec elle et avec les mots, ses esclaves et nos maîtres. Il fallait courir avec elle, se hisser vers elle et cela à n’importe quelle hauteur : et cela, même après avoir lu ce que je venais de lire, que je ne pourrais jamais écrire mais qui m’obligeait, de par sa beauté même, à courir dans le même sens. (P. 145)
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KittiwakeKittiwake   19 mai 2014
Je découvris ainsi en lisant Proust, en découvrant cette superbe folie d'écrire, cette passion incontrôlable et toujours contrôlée, je découvris qu'écrire n'est pas un vain mot, que ces n'était pas facile
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mimozacmimozac   06 août 2012
"Quelqu'un avait écrit cela, quelqu'un avait eu le génie, le bonheur d'écrire cela, cela qui était la beauté sur la terre, qui était la preuve par neuf, la démonstration finale de ce que je soupçonnais depuis mon premier livre illustré, à savoir que la littérature était tout. Qu'elle était tout en soi, et que même si quelque aveugle, égaré dans les affaires ou les autres beaux-arts, l'ignorait encore, moi du moins, à présent, je le savais. Elle était tout : la plus, la pire, la fatale, et il n'y avait rien d'autre à faire, une fois qu'on le savait, rien d'autre que de se colleter avec elle et avec les mots, ses esclaves et nos maîtres. Il fallait courir avec elle, se hisser vers elle et cela à n'importe quelle hauteur : et cela, même après avoir lu ce que je venais de lire, que je ne pourrais jamais écrire mais qui m'obligeait, de par sa beauté même, à courir dans le même sens." Quel joli hommage a la littérature !!!
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MissbouquinMissbouquin   14 juillet 2012
"Les parents reprochant aux enfants d'être jeunes, les enfants reprochant aux parents de ne plus l'être et de vouloir faire comme s'ils l'étaient encore."
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YukoYuko   09 mai 2011
Parlant de Jean-Paul Sartre :
Ce qu'il aimait entre nous, me disait-il, c'est que nous ne parlions jamais des autres et de nos relations communes : nous nous parlions, disait-il, comme des voyageurs sur un quai de gare... Il me manque. J'aimais le tenir par la main et qu'il me tînt par l'esprit. J'aimais faire ce qu'il me disait, je me fichais de ses maladresses d'aveugle, d'admirais qu'il ait pu survivre à sa passion de la littérature.
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Julia Kerninon est écrivaine et docteure en lettres, spécialiste de littérature américaine. C'est en 2013 qu'est paru son premier roman, Buvard, qui a reçu de nombreux prix, dont le prix Françoise Sagan. Ont suivi le Dernier Amour d'Attila Kiss, lauréat en 2016 du prix de la Closerie des Lilas, Une activité respectable, texte personnel passionnant sur le métier d'écrire, et Ma Dévotion, inoubliable histoire d'amitié amoureuse entre une écrivaine et un artiste peintre. En 2020, elle publie aux éditions de l'Iconoclaste le roman Liv Maria, coup de coeur unanime des libraires de Dialogues.
Au cours de cette rencontre autour de Liv Maria, Julia Kerninon nous parle de son héroïne, résolument libre car fidèle à elle-même en toutes circonstances, de la notion d'enfance, de la fabrique d'un roman, et de l'importance des mots et des livres.
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/17096634-liv-maria-julia-kerninon-l-iconoclaste
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
À bientôt !
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