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EAN : 9782260017660
108 pages
Editions Julliard (06/11/2008)
3.55/5   127 notes
Résumé :
Dans un château en Suède encerclé de neige, les Falsen, une famille légèrement psychopathe, reste prisonnière jusqu’au printemps en compagnie d’un hôte qui s’est invité à l’improviste. Entre vrais et faux cadavres, la châtelaine désoeuvrée s'amuse à séduire un cousin transi de froid et d'amour, sous le regard complice de son mari bourru et de son frère incestueux. À partir d’une intrigue classique de vaudeville, "Château en Suède" bascule vers la comédie de moeurs s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Cath_perrin
  03 décembre 2021
Dans un château isolé par la neige, la famille Falsen vit en costume d'époque. Agathe, parce qu'elle possède les deux tiers du domaine, impose cette habitude. Lorsqu'on annonce la visite d'un cousin, Frédéric, la famille s'agite, c'est qu'il faut être à la hauteur de la réputation d'hospitalité des Falsen. Première décision : enfermer Ophélie dans sa chambre. Tout le monde croyant la première femme d'Hugo morte et enterrée, il ne s'agit pas qu'elle rencontre Frédéric.
Dès la première scène, le lecteur (ou le spectateur) comprend que tout n'est pas clair dans cette famille, que ce soit à cause des costumes d'époque, d'Ophélie ou encore de certaines allusions, glissée là, l'air de rien.
Et le lecteur (ou le spectateur) n'est pas au bout de ses surprises.
Une pièce de théâtre très différente des romans de Françoise Sagan. La pièce est grinçante et l'humour est noir.
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elea2020
  16 novembre 2021
J'ai lu des romans de Françoise Sagan, mais je ne pensais pas lire un jour une pièce de théâtre écrite par elle. La pièce se développe sur quatre actes, ayant pour cadre un château en Suède, demeure surannée où vivent cinq personnes en permanence, ainsi qu'un invité, et quelques serviteurs. La majeure partie de l'hiver, le château est isolé du reste du monde par la neige, et on peut y goûter des joies rustiques (chasser, visiter les cultures ou réparer un tracteur), s'ennuyer (en costumes du 18ème siècle), ou marivauder, puisqu'on n'a que ça à faire - et bien sûr, nos personnages ne vont pas s'en priver.
Ainsi sont regroupés dans une famille pour le moins improbable Hugo et sa soeur Agathe, derniers tenants d'une famille noble suédoise, les Falsen, qui se souviennent de la grandeur passée, notamment Agathe, qui aime à évoquer les anecdotes liées aux membres de sa famille. Hugo a épousé en secondes noces (mais on découvrira vite que c'est plus compliqué que ça) Eléonore, laquelle ne se déplace jamais sans son frère Sébastien, parasite de charme. La demeure, dans les couloirs de laquelle on se perd, on erre la nuit, ou l'on grelotte, abrite encore d'autres surprises : la première femme d'Hugo, Ophélie, que l'on cache (elle a été officiellement enterrée), un serviteur lettré, Gunther, qui disparaît, apparaît, et parle à la troisième personne.
Tout cela se complique avec l'arrivée d'un jeune cousin de Stockholm, Frédéric, qui, pour apporter du sang frais, n'en bouleverse pas moins l'équilibre précaire des relations en tombant amoureux d'Eléanore, et se trouve bien malgré lui le centre de machinations et moqueries diverses.
L'action n'est pas absente de cette pièce, l'analyse psychologique non plus, l'humour, souvent noir, fait mouche, mais tout se passe comme si Françoise Sagan, somme toute, voulait avant tout déconstruire les codes, faire du plein avec du creux, mettre en exergue une génération fatiguée de vivre, mais sans désespoir, alanguie, refusant de "se prendre la tête", ce qu'ils diraient aujourd'hui. En-dehors d'Hugo, qui tient toute la maisonnée sur ses épaules, par son travail, sa personnalité carrée et volontaire, tous sont oisifs, plutôt mous, et les deux Français franchement immoraux, même s'ils se racontent que c'est leur vie qui les rend ainsi.
On suit avec plaisir, quoique peu d'attente, cette intrigue de moeurs, et j'ai été surprise par l'apparente facilité, légèreté à la première lecture, qui s'est teintée de gravité, d'ironie à la seconde. J'ai finalement plus apprécié cette pièce que je ne le pensais - ce serait une bonne idée de la jouer en l'actualisant.
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Bruidelo
  10 décembre 2018
C'est l'hiver, dans un château isolé, une famille un peu foutraque se trouve coupée du monde et de ses règles par la neige. Eléonore et Sébastien se livrent à leur habituel jeu hivernal au dépens du jeune et bel invité, le cousin Frédéric. On pourrait trouver leur jeu cruel, mais outre le fait que Frédéric ne soit pas particulièrement sympathique, ça ne se prend pas trop au sérieux dans le Château en Suède, rien de tragique ou de pesant, par exemple dans cette histoire où le mari, Hugo, a organisé un faux enterrement pour sa première femme parce qu'il voulait en épouser une autre, même la principale concernée, Ophélie, prend la chose relativement bien, du coup c'est plutôt insolite et drôle, plaisant, burlesque. Quant à Sébastien, c'est là qu'il a commencé à estimer Hugo:
« Séquestrer une femme, faire croire à sa mort pour en épouser une autre, c'est assez extraordinaire. Il faut avoir des sentiments. Ah! Si j'avais eu envers les femmes le tiers de ces sentiments. »
C'est joliment déconcertant, le mode de fonctionnement exotique de ces aristocrates décadents qui s'habillent en costume Louis XV parce qu'Agathe s'est entichée de l'ancien temps et qu'elle possède les deux tiers du domaine, plutôt réjouissant le naturel avec lequel la famille Falsen envoie balader sans cérémonie nos conceptions de ce qui se fait et ne se fait pas.
Ce qui rend la lecture assez agréable, c'est aussi le goût des bons mots, le sens de la réplique, l'humour - chez Sébastien surtout qui, comme le dit son beau-frère Hugo, aime « bien les phrases »:
« C'est tout ce qui me reste, mon cher. L'intelligence est devenue une chose terrible, à notre époque. Elle vous tourmente vous-même, elle irrite les autres, elle ne convainc ni eux ni vous... ».
Sébastien ne croit plus à la possibilité de se faire la moindre petite idée de ce que peut signifier l'existence, et dans la pièce tout a quelque chose d'un jeu - si la vie est dénuée de sens, autant la traverser en s'amusant.
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Ambages
  04 février 2018
« SEBASTIEN
Écoute, c'est vraiment étrange. Il enferme sa première femme, tue son jardinier, fait des sourires au soupirant de sa femme, quelque chose ne va plus. 
ELEONORE
Il est vrai qu'il se tient très mal. »
J'ai adoré cette pièce de Françoise Sagan. C'est plein d'humour, d'ironie et de beaux mots. Un vrai régal que je recommande.
Plus je lis Sagan plus elle me passionne.
« SEBASTIEN : Laisse moi penser... aimer, c'est ce que nous faisons quelquefois le soir. Plus quelques variantes chez les cérébraux. » « OPHELIE : C'est très bien. Je croyais que c'était bien plus compliqué... »
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Missbouquin
  22 mars 2012
Après un de ses romans, Un Sang d'aquarelle, qui avait été un coup de coeur, et une véritable révélation puisque c'est ainsi que j'ai découvert cette auteur; je l'aborde sous l'angle du théâtre et de sa première pièce. L'auteur reprendra d'ailleurs les personnages de Sébastien et d'Eléonore dans Des bleus à l'âme, roman-essai paru en 1972 (et je vais donc m'empresser de le lire ! :)
J'y ai immédiatement retrouvé un humour décapant, une maîtrise de la langue et de l'ironie qui m'a ravi à chaque réplique. le personnage de Sébastien, cynique, désoeuvré et désespéré, est particulièrement savoureux.
Au fil des répliques, on découvre les tensions d'une famille spéciale, dont les membres semblent forcés de se côtoyer, sans vraiment s'apprécier. Un jeu complexe de manipulations autour du jeune homme qui s'invite au milieu de ces hôtes étranges, qui cherchent tous les moyens possibles de se désennuyer, à ses dépens …
J'ai vu que cette pièce avait été adaptée en téléfilm en 2008 par Florian Zeller et Josée Dayan. Cette dernière explique son choix ainsi :
“J'aime Château en Suède car c'est pour moi un véritable thriller sentimental. Françoise Sagan dresse avec une redoutable adresse un portrait cruel et élégant de l'aristocratie décadente. La formidable adaptation de Florian Zeller est pour moi l'occasion de rendre compte d'un complexe jeu de sentiments, d'une petite musique de la douleur entre comédie de moeurs et bal des vampires.”
Je me trouve parfaitement d'accord avec cette citation et cette définition de l'oeuvre : un véritable thriller sentimental, avec à la fois de la cruauté et de l'élégance.
Difficile de vous en dire plus sans dévoiler les ressorts de cette courte pièce, qui sort des canons théâtraux classiques avec brio ! A découvrir : à voir ou à lire !
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   28 janvier 2018
FRÉDÉRIC
Quelle étrange maison... Il fait si noir ici. Que c'était long, Éléonore, que c'était long... Il y a eu minuit et une heure et une heure et demie. De quoi mourir... Toujours le temps entre soi et ce qu'on veut.

ÉLÉONORE
Avant ce n'est pas grave. Ce qu'il y a de terrible c'est le temps après. Entre soi et ce qu'on a voulu. Ça ne pardonne pas.
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YukoYuko   09 septembre 2011
OPHELIE. - Si jeune, quelle tristesse... ! quel sombre destin, comme dirait Agathe. Je peux vous embrasser, Frédéric ?
Il a l'air désemparé. Elle vient vers lui.
OPHELIE. - Alors ? Je voulais dire "sur la bouche".
FREDERIC. - Non.
OPHELIE. - Mais ce n'est pas amusant, autrement.
FREDERIC. - Non ! Pas sur la bouche.
OPHELIE. - Mais ce n'est pas amusant autrement.
FREDERIC. - Je n'ai pas envie de rire.
OPHELIE. - Ça, je vous comprends. Mais ne vous découragez pas. On peut y échapper parfois.
FREDERIC. - Que voulez-vous dire ?
OPHELIE. - Mon Dieu, si vous saviez...
FREDERIC. - Sii je savais quoi ?
OPHELIE. - Ce qu'ils vont vous faire... Mon Dieu...
FREDERIC. - Que voulez-vous qu'on me fasse ? Et qui ?
OPHELIE. - Les autres. Ils vont vous faire peur, d'avord, et puis vous tuer, peut-être. Mon Dieu...
FREDERIC, impatient. - Me tuer, mais on est au XXe siècle, ma petite, malgré ces dentelles. Et si Sébastien me cherche noise...
OPHELIE. - Il y a Hugo aussi. Il m'a bien tuée, moi.
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Jean-DanielJean-Daniel   20 mai 2020
Éléonore : [Il est] très beau, ça je dois le reconnaître, il est remarquablement bien fait.
Sébastien : C'est déjà ça. Quoique à mon sens, pour un homme... Comme disait Talleyrand, " la beauté fait gagner quinze jours ".
Éléonore : Comme au bout de quinze jours un homme me fatigue, je gagne du temps.
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Cath_perrinCath_perrin   03 décembre 2021
C’est là que j’ai commencé à l’estimer. Séquestrer une femme, faire croire à sa mort pour en épouser une seconde, c’est assez extraordinaire. Il faut avoir des sentiments. Ah, si j’avais eu envers les femmes le tiers de ces sentiments !
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Alexielle63Alexielle63   24 mai 2011
SEBASTIEN, gracieux - Vous trouvez que je minaude aussi ?
HUGO - Vous non. Vous grincez. Pourquoi avez-vous l'air si content ? Ça vous amuse, vous, ces petits cousins qui débarquent chaque hiver et nous encombrent ? Tout cela au nom de la fameuse hospitalité des Falsen !
SEBASTIEN – Je les trouve assez distrayants.
HUGO – Je sais. Ca vous amuse même rudement. Si vous n'aviez pas engrossé toutes les femmes de chambre, je me demanderais.. mais non, ça vous amuse simplement. Eléonore et vous passez l'hiver à ricaner dans leur dos, à jouer un jeu que je ne comprends pas. Quel plaisir prenez-vous à vous moquer d'un autre homme ?
SEBASTIEN – Le plaisir le plus bas, Hugo, donc un des plus profonds.
HUGO – Vous aimez bien les plhrases, hein ?
SEBASTIEN – C'est tout ce qui me reste, mon cher. L'intelligence est devenue une chose terrible, à notre époque. Elle vous tourmente vous-même, elle irrite les autres, elle ne convainc ni eux ni vous...
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Petits et grands, à vos stylos ! Pour cette dictée géante, Rachid Santaki vous propose un extrait de "Bonjour tristesse" de Françoise Sagan, un roman paru en 1954. Bonne chance à tous !
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