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EAN : 9782253005698
180 pages
Le Livre de Poche (01/01/1964)
3.27/5   224 notes
Résumé :
Les Maligrasse, éditeurs parisiens, reçoivent beaucoup à Saint-Germain-des-Prés. Alain, le maître de maison, aime en secret une comédienne en quête de gloire. Bernard, romancier velléitaire, tente en vain de séduire une fille insaisissable. Le jeune Édouard, conquérant provincial et désarmé, perd son amour aussitôt qu'entrevu. Et tous, dans l'ivresse des plaisirs mondains, de poursuivre des rêves illusoires tout en faisant le malheur de leurs proches. L'oeuvre de Fr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Tout d'abord, parlons personnages : ils sont neuf en tout, à commencer par les Maligrasse, Fanny et Alain éditeurs parisiens, reçoivent beaucoup à Saint-Germain des Prés. En fait, ils tiennent salon une fois la semaine; et Alain aime Béatrice, une actrice de théâtre.
Un autre couple : Nicole et Bernard, un écrivaillon hanté par Josée qui vient de s'amouracher d'un étudiant un peu frustre, Jacques.
Enfin, Edouard, le neveu d'Alain semble avoir réussi à séduire Béatrice… alors qu'en actrice soucieuse de se garantir un avenir sur les planches, celle-ci préférera accéder aux avances du théâtreux Jolyau qui lui promet le premier rôle dans son prochain spectacle.
Une gageure de faire tenir tout ce petit monde dans un roman aussi court.

On l'aura compris, ce « dans un mois dans un an » n'est pas mon préféré, même si on retrouve ici des thèmes chers à Françoise Sagan : on aime, on soupire, on joue un personnage, on s'ennuie… le style y est, également… nonchalant, comme en dehors du coup, avec un brin de méchanceté. Mais pour ma part, ça n'a pas pris. Et puis cette ambiance germanopratine… Hum !
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J'ai lu ce roman en période de coupe du monde de football et je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle entre l'écriture de Françoise Sagan et ce sport. Elle me fait penser à un champion du dribble, qui ne ferait jamais une passe décisive, ne marquant aucun but. Elle fait une multitude d'arabesques, une démonstration de sa haute capacité à manier la langue française, mais cela me laisse froid, ne mène à rien. Il ne me faudra ni un an, ni un mois pour oublier ce livre. 


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Une musique omniprésente, traversant les temps et les lieux, les sociétés.
Une, deux, trois…

Valsons au gré des amours, des amitiés, des pensées de quelques personnages dont les vies s'entrecroisent le temps d'un bal de sentiments.
Doux à lire, une pause voluptueuse entre deux autres livres.

La gentillesse de Françoise Sagan, l'attention qu'elle porte aux autres exsudent dans les mots qu'elle emploie, dans les phrases qu'elle semble susurrer.

Futile pour son histoire inexistante, pour le désintérêt de l'activité professionnelle des personnages ou de leur ancrage dans la société… mais quelle acuité dans la perception des états d'âme…

Et c'est peut-être l'universalité de ces sentiments qui donne une telle profondeur à un si léger roman, à déguster à tout moment, maintenant, ou dans un mois, ou d'un an.





Ambiance légère sans être totalement superficielle, ce qu'il me fallait pour la critique :

« […]
Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
Pour des cons alors qu'on est
Des

Foules sentimentales
Avec soif d'idéal
Attirées par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle
[…] »

Extrait de « foule sentimentale », Alain Souchon :
https://www.youtube.com/watch?v=V_SNDGwwGFM
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Dans un mois, dans un an est un court roman de 180 pages qui se lisent à toute vitesse malgré une certaine désuétude de l'expression et de la construction. On passe outre, parce que Sagan est incisive, toujours, qu'elle sent d'instinct là ou ça fait mal et que le fond, lui, n'a pas vieilli : on aime, on trompe, on boit, on vit.

Huis clos à sept personnages principaux construit comme une pièce de théâtre où les gens entrent en scène d'un chapitre à l'autre, doucement ou violemment.
Et la violence de la passion, impossible bien sûr, s'incarne dans le couple défait, retrouvé, redéfait par Josée, jeune fille oisive et riche qui dort « par curiosité » aux côtés d'un étudiant en médecine plutôt « bourrin » de prime abord et Bernard, trop marié à la trop fade et fidèle Nicole, qu'il n'aime plus, obsédé par Josée et son livre qu'il n'arrive plus à écrire.

Le couple-pivot du livre, Fanny et Alain Maligrasse qui tiennent salon tous les mercredis après-midi dans leur appartement germanopratin, ne sera pas épargné non plus. A cause de la passion dévorante que voue Alain à « la belle et violente » Béatrice, jeune starlette inconnue et dont les dents restent accrochées aux mollets de ceux qui peuvent servir son ambition. La cocasserie voudra que le neveu d'Alain, Edouard, archétype du provincial naïf, tombe lui aussi amoureux de la belle. Edouard y goûtera jusqu'à l'extase pendant que l'oncle sombrera dans l'alcool et ce, dans l'indifférence générale. Pendant que Fanny, sa douce épouse, blessée, humiliée, préfèrera le laisser se perdre plutôt que de le perdre complètement…

On s'attend, (on espère) à ce que Josée et Bernard finissent enfin ensemble, eux qui se savent « pareils », « il me ressemble, pensa-t-elle, il est de la même espèce que moi. J'aurais dû l'aimer » même si, comme ils le disent, ils sont « des exemples de vie mal faite », « de lâcheté honnête » et qu'ils s'octroient « de petites bassesses » pour se dédouaner de la médiocrité générale qui flotte sur la marmite des couples qui s'éternisent.
En conclusion, ce qui ressemble à un gentil marivaudage mondain devient, sous la plume de Sagan, le jeu cruel des amours éphémères et du hasard capricieux.

Un an plus tard, un mercredi de plus chez les Maligrasse, Bernard et Josée, debout dos au mur, conclueront le livre ainsi :
"Et dans l'ombre, elle lui prit la main et la serra un instant sans détourner les yeux vers lui.
- Josée, dit-il, ce n'est pas possible. Qu'avons-nous fait tous… ?… Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que tout cela veut dire ?
- Il ne faut pas commencer à penser de cette manière, dit-elle tendrement, c'est à devenir fou."
Ainsi va la vie des héros de Françoise Sagan dans ce livre que j'ai beaucoup aimé. Ces héros sont attachants, légers, élégants, nous offrant un cocktail pétillant qui nous fait monter le rose au coeur… malgré un certain désenchantement propre à l'auteure.
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Le temps de quelques semaines, quelques mois, Françoise Sagannous entraîne dans les vies de Bernard, Josée, Nicole, Fanny, Alain, Edouard et Jacques, et au coeur de leurs aventures amoureuses. Il s'agit d'ailleurs d'une sorte de quiproquo romantique qui n'a rien à envié aux feuilletons télévisés actuels : Bernard est marié avec Nicole mais aime Josée. Josée « passe le temps » avec Jacques. Alain est marié avec Fanny, et a pour point commun avec son neveu Edouard une passion dévorante pour Béatrice, une comédienne. Celle dernière jettera finalement son dévolu sur Edouard avant de s'en lasser et de s'amouracher de Jolyau. Vous suivez ?

La première chose qui m'a marquée dans ce livre est sa construction. En le lisant, j'ai eu l'impression d'être catapultée, sans raison et sans but précis, au milieu d'un espace spatio-temporel choisi au hasard : l'action commence in medias res puisque nous sommes propulsés dès la première page aux côtés de Bernard, qui ne peut pas résister à l'envie d'appeler Josée à quatre heures du matin. le roman se termine de la même manière, au milieu d'une conversation et d'une soirée donnée par les Maligrasse. Entre les deux, la trame classique de la narration n'est pas du tout respectée : pas de schéma type « situation initiale, élément perturbateur, péripéties, résolution du conflit, situation finale ». Les événements s'enchaînent et se succèdent sans qu'aucun fil rouge ne semble leur donner du sens ou une direction. 

C'est à ce moment là qu'il faut se souvenir que c'est de l'amour que nous parle Françoise Sagandans ce roman. En effet, elle explore la façon donc le sentiment amoureux peut naître, s'exprimer, évoluer puis mourir afin d'essayer de le comprendre et de l'expliquer.

L'écriture apparemment décousue qu'elle utilise n'est donc pas choisie au hasard. Je pense qu'on peut d'ailleurs l'interpréter de deux manières. 

La première manière de comprendre comment cette écriture décousue et le thème de l'amour se mêlent est de penser que Saganécrit afin de comprendre l'amour. Comme un sociologue observerait des comportements, Saganobserve ses personnages et retranscrit en tant que romancière leurs gestes, leurs attitudes, leurs paroles et leurs sentiments afin d'essayer d'en tirer un sens. le roman n'est donc pas construit de manière rigoureuse puisque Saganne sait pas, avant de l'écrire, dans quelle direction elle va. Elle espèrerait ainsi que l'écriture de ce roman l'éclaire sur l'amour. L'écriture sans trame narrative et sans finalité symbolise ainsi une véritable quête de sens par rapport au sentiment amoureux. Avec elle, on est tentés de se demander à quoi ça rime, pourquoi l'amour, pourquoi eux, pourquoi à ce moment-là, pourquoi comme ça, etc.

L'écriture peut donc apparaître comme un moyen de comprendre l'amour. Dans cette vision des choses, l'écriture ne serait donc pas uniquement un moyen de retranscrire ses pensées, mais surtout de les comprendre.

La seconde de manière de voir la façon dont ces deux éléments s'entremêlent est de penser que Sagannous livre, grâce à l'écriture, sa propre vision de l'amour. Selon cette vision des choses, Sagana déjà sa propre idée et sa propre conception de l'amour, elle n'attend pas que le processus d'écriture l'aide à comprendre ce sentiment.

L'écriture vient alors l'aider à expliquer sa propre vision de l'amour. En écrivant de manière décousue, Françoise Saganpourrait ainsi vouloir nous expliquer que l'amour n'est pas logique : il ne s'explique pas, ne se prévoit pas et ne se construit pas de manière réfléchie. Elle nous proposerait ainsi une vision de l'amour comme un sentiment complètement opposé à la raison et à la logique, imprévisible et finalement presque incompréhensible. La relation entre Josée et Jacques en est, je pense, un parfait exemple : « Puis il était venu vers elle et, pendant qu'il faisait les trois pas qui les séparaient, elle avait su qu'elle l'aimait. » Qu'est-ce qui dans ces trois pas a convaincu Josée des sentiments qu'elle éprouvait pour Jacques ? Cette prise de conscience est inexplicable, et c'est ce que veut nous faire comprendre Sagan.

L'auteure de ce roman a donc un point de vue assez paradoxal : d'un côté, elle n'arrive pas à comprendre ce qu'est l'amour et utilise le processus d'écriture pour le comprendre, et de l'autre elle utilise l'écriture pour nous montrer que l'amour est justement incompréhensible.

Les personnages de ce roman sont quant à eux hauts en couleurs et en sentiments. Les caractères ne sont pas ultra développés dans la mesure où Saganne nous livre pas une multitude de détails à leur propos. On a plutôt l'impression de les attraper à un moment de leur vie, de les suivre pour quelques temps puis de les abandonner. Ce sont comme des fragments de vie que nous livre Sagan, à propos de personnages choisis au hasard.
Lien : http://ulostcontrol.blogspot..
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
Quand il lui parlait de leur amour, elle parlait, elle, de la briéveté des amours. "Dans un an ou deux mois, tu ne m'aimeras plus". Seule, parmi les gens qu'il connaissait, Josée avait le complet sentiment du temps. Les autres, poussés par un profond instinct, essayaient de croire à la durée, à l'arrêt définitif de leur solitude; et il était comme eux.
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Elle partit seule donc au volant de sa voiture, un matin de bonne heure, et roula lentement dans la campagne dénudée de l'hiver. Il faisait très froid et un soleil pâle, étincelant, luisait sur les champs rasés. Elle avait baissé la capote de sa voiture, remonté le col du chandail qu'elle avait emprunté à Jacques et le froid lui durcissait le visage. La route était déserte".
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A cinquante ans, il était mince jusqu'à la sécheresse, avec une expression sarcastique un peu rebutante, et de faux gestes de jeune homme qui lui avaient valu un moment une réputation de pédéraste, à demi usurpée, le sens de l'esthétique conduisant parfois, on le sait, à de regrettables écarts.
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[Alain] lui envoya quelques conseils : regarder autour de soi, se détourner de soi-même, etc. Conseils stupides, Bernard le savait. Personne n'a jamais le temps de se regarder vraiment et la plupart ne cherchent chez les autres que les yeux, pour s'y voir.
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Elle lui sourit; il prit sa main et elle qui détestait toute démonstration en public le laissa faire.
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