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EAN : 9782260007807
243 pages
Editions Julliard (01/05/1991)
3.74/5   199 notes
Résumé :
Présentation de l'éditeur:
« La Chenard et Walcker resplendissait sous ce beau soleil de juin 40 et ce d'autant plus qu'elle était entourée d'engins poussiéreux et bruyants qui la précédaient ou la suivaient et, parfois, la doublaient sur une autre file. Tout ce convoi se traînait sur une nationale devenue trop étroite, ponctuée de quelques arbres maigrichons et grisâtres : une nationale déchiquetée de temps en temps par les rafales forcenées et rageuses des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 199 notes
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dancingbrave
  06 décembre 2018
Pour moi, il n'y a pas de doute, voici le roman des faux fuyants. Bien sûr le jeu de mot est très facile, mais je ne doute pas que Françoise Sagan le suggérait clairement.
Quatre amis mondains, et donc plus que superficiels, fuyant Paris occupé, sont emportés dans la tourmente des colonnes de réfugiés, sur les routes de juin 1940.
Contraints de trouver refuge dans une ferme de la Beauce, ils vont goûter aux valeurs et aux plaisirs saints et gratifiants de la rusticité. Ils vont se construire subrepticement et très temporairement.
L'écriture de l'auteure est fluide et sa lecture en est agréable, souvent amusante. Nous retrouvons le style de « bonjour tristesse » sans la profondeur. « Les faux-fuyants » fait partie de ces livres auxquels j'aime accoler l'étiquette « Bibliothèque verte pour adultes » tout y est simple, clair, un peu surprenant et sans prise de tête.
Je vois dans ce roman un message de Françoise Sagan, un appel au secours. Cette femme malmenée par la vie, mondaine désargentée, dont je revois clairement, dans mes souvenirs des entretiens télévisés des années 70 à 90, le mal-être, le regard biaisé, la souffrance.
Sans aucun doute aspirait-elle à une vie plus authentique mais ne pouvait la vivre coincée dans son personnage, comme le montre la fin qu'elle donne au présent opus.
Car après une intrusion de l'authentique dans la vie de nos quatre snobinards, la mondanité facile reprend le dessus
Et comme dans « Bonjour tristesse » c'est un mensonge, oh pas terrible, un mensonge regretté mais trop tard, qui aura cette conséquence si terrible
Un bon roman qui n'a pas vieilli d'un iota.
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Levant
  14 août 2021
Ma curiosité a fini par avoir raison de ma réticence. J'ai finalement mis un pied dans l'univers de Françoise Sagan. Ce n'est pas avec Bonjour tristesse que je l'ai fait, mais avec cet ouvrage, Les faux-fuyants.
Alors que je ne m'y attendais pas, je découvre un ouvrage empreint d'un humour de ma prédilection. Un humour subtil, piquant à souhait, autant pour ceux qui en sont la cible que pour son auteure. Car on sent bien qu'avec sa fronde bourgeoise Françoise Sagan veut se défaire de quelque chose qui lui colle à la peau et l'insupporte. Une étiquette, une réputation, une classification dans un courant de pensée lui donnant l'impression de n'être nulle part à sa place, de jouir d'un succès à la fois flatteur et encombrant. Comme lorsqu'elle fit irruption dans une assemblée d'étudiants en mai 68 au volant de sa Maserati. Il est des notoriétés qui sont lourdes à porter. le succès peut être écorcheur, c'est une affaire d'estime de soi.
Le titre de l'ouvrage lui-même est un condensé de cette ironie qui me paraît être une marque de fabrique chez l'auteure. Autant que dérobade, échappatoire, subterfuge et autres synonymes que le lexique affecte à l'expression, ce titre pourrait se concevoir - avec le sarcasme que Françoise Sagan applique volontiers à ses personnages dont elle se plaît à brocarder la suffisance et la vanité - se concevoir donc sans le trait d'union, tant lui semblent factices ces couards bien nantis fuyant la capitale sous l'avancée des troupes allemandes en 1940.
La débâcle étant un contexte particulièrement propice au brassage des classes, Françoise Sagan se fait une délectation de projeter ces Parisiens méprisant de tout ce qui n'est pas eux-mêmes dans le monde repoussant de la cambrousse. Ils y sont recueillis dans une ferme beauceronne après la destruction de leur limousine par l'aviation ennemie. Leur chauffeur a été tué par le mitraillage. Son cadavre leur est encombrant. Ils n'ont pas l'habitude de traiter des convenances envers le petit personnel, encore moins celle de prendre l'outil pour gratifier le défunt d'une sépulture décente.
Le décor est planté. Il ouvre à tous les clichés de la répugnance citadine à l'égard de ces attardés de péquenauds. Françoise Sagan ne se prive de rien pour lancer ses flèches empoisonnées contre cette bourgeoisie qui l'a vu naître. Sa naissance dans ce milieu ne lui donnait-elle pas des semelles de plomb pour afficher l'humanisme désintéressé de bon ton pour faire carrière en littérature. Suffisance, mépris, égoïsme se confrontent à la spontanéité paysanne. Les Parisiens sont mis à contribution dans les travaux de la ferme par la marâtre du lieu. Une forme d'imposition pour dédommager leurs hôtes de circonstance de leur pension. Françoise Sagan se complaît à passer nos rescapés sur le grill de la nécessité faisant loi pour leur faire rendre gorge de leur complexe de supériorité, leur absence de patriotisme à l'égard d'un pays qu'ils s'empressent de quitter dans l'adversité.
C'est avec une truculence sournoise que l'auteure rehausse l'intrigue d'une idylle bucolique. Une façon de restituer une part d'humanité à ces protagonistes imbus de leur personne. L'empire des sens n'a pas perdu de ses prérogatives dans la défaite. le fils de la marâtre a la rusticité séduisante et la jeune Luce n'y est pas insensible. Mais l'expérience campagnarde de nos parisiens sera de courte durée et leur sort tôt remis aux hasards de la guerre dans ce périple qu'ils espèrent salvateur.
Je ne suis pas déçu de ma découverte. J'ai apprécié le style badin avec lequel l'auteure au visage ennuagé de la fumée de son éternelle cigarette égratigne ces bourgeois sans scrupules quand il s'agit de préserver leurs intérêts, à commencer par leur intérêt à survivre à l'épreuve.
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awoman
  16 août 2020
C'est tout à fait par hasard que je suis tombée sur ce roman, à la recherche d'un RIQUIQUI pour mon challenge.
Je recherchais une histoire légère et drôle.
Bingo! Françoise Sagan fait le portrait de quatre amis parisiens partis sur les routes pendant l'été 1940, en plein exode face à la débâcle contre l'Allemagne.
Ce n'est pas le passé le plus glorieux de la France, cette déculottée au bout de quelques mois de combat. Et c'est ce qui rend la description et l'histoire de ces quatre personnages encore plus drôle. Ils sont socialement élevés, oisifs et privilégiés et pourtant ils sont ramenés à leur état de simple humain. Pied de nez ultime: ils trouveront de l'aide auprès de paysans soucieux de leur moisson et peu sensibles aux bonnes manières.
C'est une belle leçon de vie que Françoise Sagan nous raconte. Elle a le mot subtil et fin, j'ai bien rit au récit des situations croquignolesques, amplifié par le décalage entre les citadins et les paysans. Les personnages sont impeccablement décrits et leurs psychologies soignées. Jamais l'auteur ne cède à la moquerie et aux clichés.
J'ai passé un agréable moment de lecture. Ce roman pourrait avoir été transcrit au théâtre ou au cinéma.
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Generationdisco
  20 octobre 2018
Des amis parisiens sur une route de campagne, une voiture qui flanche pour cause de tirs de la part des allemands puisque cela ce passe pendant la deuxième guerre mondiale. Un paysan bien de chez nous, passe par là et ramène les parigots à la ferme. Imaginez le choc culturel entre des snobs fréquentant le beau monde de Paris et autres endroits et des paysans qui sortiraient d'un autre siècle. Pour une fois, Sagan sort de ses romans habituels même s'il y a toujours le mari, la femme, l'amant et le pédéraste. On ne prévoit pas la fin du livre.
Mon avis : cocasse, cohabitation insolite, on à peine à imaginer toutes ces personnes vivant sous le même toi même provisoirement. En tout cas, c'est une histoire fort amusante.
Lu en octobre 2018.
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tristantristan
  04 juin 2022
Françoise Sagan a voulu écrire une histoire où le lecteur se plie de rire. ("Beaucoup de livres m'ont émue, bien sûr, et conduite au bord des larmes. Mais il en est peu, très peu, qui m'aient fait rire aux éclats (...) C'est donc l'ambition tout autant que l'envie de rire qui m'a menée à ces "Faux-fuyants". Je suis comblée des rires qu'ils provoquent")
Mission très largement accomplie pour cet ouvrage dans lequel la confrontation entre des hyper bourgeois et des paysans bien rustiques m'a fait me plier en huit à la plage en ce mois de mai 2022.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
dancingbravedancingbrave   07 janvier 2019
..Il y avait chez elle, Diane, une intuition toujours en éveil, une sorte de divination qui ne lui avait jamais fait défaut : elle remarquait tout. Le moindre petit détail qui clochait, hop ! Elle l’attrapait au vol. C’était même épuisant, parfois, cette perméabilité et cette sensibilité excessives et permanentes dont on la félicitait sans cesse. Elle aurait bien aimé, elle aussi, Diane, de temps en temps ne rien voir et ne rien entendre. Elle eût bien aimé rester impavide comme une grosse bête ruminante, les yeux écarquillés, à l’instar de tant d’autres.
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dancingbravedancingbrave   16 décembre 2018
Ces messieurs-dames ont-ils soif ? demanda Arlette (à qui ce prénom de fille légère allait aussi mal que possible avec son visage à la Memling, songea Diane). Car les visages austères étaient toujours des Memling, dans son monde, de même que Botticelli désignait de jolies femmes, Bosch les scènes d’horreur, Breughel les banquets et la neige, Renoir les femmes dodues, Modigliani les maigres et Van Gogh la géniale et malheureuse rencontre d’une oreille, d’un pont et d’une chaise….
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dancingbravedancingbrave   06 janvier 2019
C’est pour leurs amies que les femmes ont des amants, ce n’est pas pour elles-mêmes ! C’est parce que l’amour physique est à la mode et supposé nécessaire à l’équilibre du corps ou de l’ego….Que sais-je ? Non, je vous le demande : n’est-ce-pas grâce à Freud que les gigolos existent.
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dancingbravedancingbrave   24 décembre 2018
- Où est mon jambon ? Siffla-t-elle sévèrement.
- Mon Dieu ! Vous le vouliez ?... Je croyais que vous l’aviez laissé !... Je suis désolé ! dit l’Attaché d’ambassade, Chevalier de la Légion d’Honneur, abonné à l’Opéra et reçu partout comme le meilleur ami des Sévigné, entre autres.
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nelly76nelly76   20 août 2018
La Chenard et Walker resplendissait sous ce beau soleil de juin 40 et ce d'autant plus qu'elle était entourée d'une nuée d'engins poussiéreux et bruyants qui la prėcėdaient ou la suivaient et,parfois ,la doublaient sur une autre file.Tout ce convoi se traînait sur une nationale devenue trop étroite, ponctuée de quelques arbres maigrichons et grisâtres : une nationale déchiquetée de temps en temps par les rafales forcenėes et orageuses des Stukas et,d'une manière permanente,par celles tout aussi violentes d'un soleil de saison
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En 1979, une romancière a été nommée présidente du jury. Une première dans l'histoire du Festival de Cannes qui convie les littéraires à siéger dans ce comité exclusivement composé d'hommes et de femmes de cinéma. Françoise Sagan ouvre le bal des délibérations. Pourquoi inviter des romanciers à présider ? Une cérémonie particulièrement symbolique qui a sacré deux films arrivés ex aequo avec "Apocalypse Now" et "Le Tambour" adapté du roman de Günter Grass, grâce à Françoise Sagan. Laurent Delmas et Christine Masson nous révèlent quelques anecdotes peu reluisantes de cette 32ème édition du Festival, théâtre d'une polémique entre la romancière et l'institution du cinéma. 
Georges Simenon, le père des "Maigret", Henry Miller, l'auteur américain le plus impertinents et insolents qui soit… Qui sont ces membres du jury qui ont marqué le Festival de Cannes ? 
François Busnel et ses invités remontent le temps, quand les écrivains et grands noms de la littérature se sont retrouvés au Festival de Cannes.

Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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