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EAN : 9782260007807
243 pages
Éditeur : Editions Julliard (01/05/1991)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 165 notes)
Résumé :
Présentation de l'éditeur:
« La Chenard et Walcker resplendissait sous ce beau soleil de juin 40 et ce d'autant plus qu'elle était entourée d'engins poussiéreux et bruyants qui la précédaient ou la suivaient et, parfois, la doublaient sur une autre file. Tout ce convoi se traînait sur une nationale devenue trop étroite, ponctuée de quelques arbres maigrichons et grisâtres : une nationale déchiquetée de temps en temps par les rafales forcenées et rageuses des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
dancingbrave
  06 décembre 2018
Pour moi, il n'y a pas de doute, voici le roman des faux fuyants. Bien sûr le jeu de mot est très facile, mais je ne doute pas que Françoise Sagan le suggérait clairement.
Quatre amis mondains, et donc plus que superficiels, fuyant Paris occupé, sont emportés dans la tourmente des colonnes de réfugiés, sur les routes de juin 1940.
Contraints de trouver refuge dans une ferme de la Beauce, ils vont goûter aux valeurs et aux plaisirs saints et gratifiants de la rusticité. Ils vont se construire subrepticement et très temporairement.
L'écriture de l'auteure est fluide et sa lecture en est agréable, souvent amusante. Nous retrouvons le style de « bonjour tristesse » sans la profondeur. « Les faux-fuyants » fait partie de ces livres auxquels j'aime accoler l'étiquette « Bibliothèque verte pour adultes » tout y est simple, clair, un peu surprenant et sans prise de tête.
Je vois dans ce roman un message de Françoise Sagan, un appel au secours. Cette femme malmenée par la vie, mondaine désargentée, dont je revois clairement, dans mes souvenirs des entretiens télévisés des années 70 à 90, le mal-être, le regard biaisé, la souffrance.
Sans aucun doute aspirait-elle à une vie plus authentique mais ne pouvait la vivre coincée dans son personnage, comme le montre la fin qu'elle donne au présent opus.
Car après une intrusion de l'authentique dans la vie de nos quatre snobinards, la mondanité facile reprend le dessus et la fuite amorce un virage à 180 degrés mais pour échouer tragiquement. Comme une fin de non recevoir, la mort les frappe sans crier gare, comme une punition de ne pas avoir su saisir l'opportunité que la vie leur tendait.
Et comme dans « Bonjour tristesse » c'est un mensonge, oh pas terrible, un mensonge regretté mais trop tard, qui aura cette conséquence si terrible
Un bon roman qui n'a pas vieilli d'un iota.
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awoman
  16 août 2020
C'est tout à fait par hasard que je suis tombée sur ce roman, à la recherche d'un RIQUIQUI pour mon challenge.
Je recherchais une histoire légère et drôle.
Bingo! Françoise Sagan fait le portrait de quatre amis parisiens partis sur les routes pendant l'été 1940, en plein exode face à la débâcle contre l'Allemagne.
Ce n'est pas le passé le plus glorieux de la France, cette déculottée au bout de quelques mois de combat. Et c'est ce qui rend la description et l'histoire de ces quatre personnages encore plus drôle. Ils sont socialement élevés, oisifs et privilégiés et pourtant ils sont ramenés à leur état de simple humain. Pied de nez ultime: ils trouveront de l'aide auprès de paysans soucieux de leur moisson et peu sensibles aux bonnes manières.
C'est une belle leçon de vie que Françoise Sagan nous raconte. Elle a le mot subtil et fin, j'ai bien rit au récit des situations croquignolesques, amplifié par le décalage entre les citadins et les paysans. Les personnages sont impeccablement décrits et leurs psychologies soignées. Jamais l'auteur ne cède à la moquerie et aux clichés.
J'ai passé un agréable moment de lecture. Ce roman pourrait avoir été transcrit au théâtre ou au cinéma.
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Lune93
  20 octobre 2018
Des amis parisiens sur une route de campagne, une voiture qui flanche pour cause de tirs de la part des allemands puisque cela ce passe pendant la deuxième guerre mondiale. Un paysan bien de chez nous, passe par là et ramène les parigots à la ferme. Imaginez le choc culturel entre des snobs fréquentant le beau monde de Paris et autres endroits et des paysans qui sortiraient d'un autre siècle. Pour une fois, Sagan sort de ses romans habituels même s'il y a toujours le mari, la femme, l'amant et le pédéraste. On ne prévoit pas la fin du livre.
Mon avis : cocasse, cohabitation insolite, on à peine à imaginer toutes ces personnes vivant sous le même toi même provisoirement. En tout cas, c'est une histoire fort amusante.
Lu en octobre 2018.
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blandine5674
  17 août 2014
Il y a longtemps que je voulais relire du Sagan… et j'attendais, peur d'être déçue. Eh bien les faux-fuyants (le titre colle bien au roman) est un régal de drôlerie et d'autodérision.
Pendant la guerre (mais la guerre n'est qu'un prétexte) : un diplomate supposé pédéraste pour Loïc ; gigolo de 28 ans chez Bruno ; femme du monde trépidante chez Diane ; jeune femme riche et mal mariée pour Luce se retrouvent bloqués dans une ferme, suite au bombardement de leur voiture et chauffeur. Ces bourgeois parisiens vont tous vivre des situations cocasses, d'autant plus que c'est l' époque des moissons. Un régal.
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JeanLouisBOIS
  12 décembre 2019
Jubilatoire.
Il est toujours difficile pour des écrivains établis de se renouveler tout en restant eux-mêmes. Françoise Sagan réussit ce tour de force avec les Faux-fuyants, écrit en 1991, après bien des succès.
L'intrigue est simple et les personnages schématiques et caricaturaux: l'exode de juin 1940 précipite quatre bourgeois parisiens oisifs dans une ferme beauceronne au moment des moissons. Ce prétexte permet à l'auteure de mettre face-à-face deux mondes, deux classes de la société qui ne se rencontrent jamais et qui confrontent, grâce à une langue commune (à peu près !), leurs impressions et leur mode de vie sans chercher à se comprendre. En réalité, l'auteure connait bien mieux et bien plus intimement le milieu parisien et en fait une critique acerbe et impitoyable, le monde paysan lui servant surtout de faire-valoir pour cette critique, tout en sachant qu'il ne faut pas chercher ici un récit réaliste. Elle insiste sur l'immoralité, le manque de sentiments profonds, le rôle omniprésent de l'argent, l'hypocrisie comme mode de vie et les conventions à respecter pour être accepté dans cette "haute société". Elle en profite pour aborder le sujet toujours controversé du désir féminin (surtout sexuel). La narratrice le fait d'un ton neutre et détaché sans apporter ses propres jugements et souvent avec une pointe d'humour et de dérision. Toutes les caractéristiques habituelles et reconnues de Françoise Sagan.
Cependant, elle ajoute ici une verve particulière dans son récit en rendant les situations souvent désopilantes ou grotesques, ce qui rend la lecture réjouissante et légère. Ce dynamisme est renforcé par l'abondance des dialogues qui placent le lecteur au coeur de l'action. On a l'impression d'une sorte de Voltaire du 20ème siècle qui accumule de façon apparemment candide et ingénue les situations les plus loufoques et les plus désarmantes sur ses quatre héros pour bien nous faire comprendre le ridicule de cette grande bourgeoisie parisienne. A tel point que, comme souvent chez Voltaire, cette accumulation est tellement poussée et excessive qu'elle en devient prévisible et lassante.
Cet aspect voltairien de Françoise Sagan constitue indiscutablement l'originalité de cet opus que l'on pourrait qualifier de conte sociologique jubilatoire.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
dancingbravedancingbrave   07 janvier 2019
..Il y avait chez elle, Diane, une intuition toujours en éveil, une sorte de divination qui ne lui avait jamais fait défaut : elle remarquait tout. Le moindre petit détail qui clochait, hop ! Elle l’attrapait au vol. C’était même épuisant, parfois, cette perméabilité et cette sensibilité excessives et permanentes dont on la félicitait sans cesse. Elle aurait bien aimé, elle aussi, Diane, de temps en temps ne rien voir et ne rien entendre. Elle eût bien aimé rester impavide comme une grosse bête ruminante, les yeux écarquillés, à l’instar de tant d’autres.
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dancingbravedancingbrave   16 décembre 2018
Ces messieurs-dames ont-ils soif ? demanda Arlette (à qui ce prénom de fille légère allait aussi mal que possible avec son visage à la Memling, songea Diane). Car les visages austères étaient toujours des Memling, dans son monde, de même que Botticelli désignait de jolies femmes, Bosch les scènes d’horreur, Breughel les banquets et la neige, Renoir les femmes dodues, Modigliani les maigres et Van Gogh la géniale et malheureuse rencontre d’une oreille, d’un pont et d’une chaise….
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dancingbravedancingbrave   06 janvier 2019
C’est pour leurs amies que les femmes ont des amants, ce n’est pas pour elles-mêmes ! C’est parce que l’amour physique est à la mode et supposé nécessaire à l’équilibre du corps ou de l’ego….Que sais-je ? Non, je vous le demande : n’est-ce-pas grâce à Freud que les gigolos existent.
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dancingbravedancingbrave   24 décembre 2018
- Où est mon jambon ? Siffla-t-elle sévèrement.
- Mon Dieu ! Vous le vouliez ?... Je croyais que vous l’aviez laissé !... Je suis désolé ! dit l’Attaché d’ambassade, Chevalier de la Légion d’Honneur, abonné à l’Opéra et reçu partout comme le meilleur ami des Sévigné, entre autres.
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nelly76nelly76   20 août 2018
La Chenard et Walker resplendissait sous ce beau soleil de juin 40 et ce d'autant plus qu'elle était entourée d'une nuée d'engins poussiéreux et bruyants qui la prėcėdaient ou la suivaient et,parfois ,la doublaient sur une autre file.Tout ce convoi se traînait sur une nationale devenue trop étroite, ponctuée de quelques arbres maigrichons et grisâtres : une nationale déchiquetée de temps en temps par les rafales forcenėes et orageuses des Stukas et,d'une manière permanente,par celles tout aussi violentes d'un soleil de saison
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Julia Kerninon est écrivaine et docteure en lettres, spécialiste de littérature américaine. C'est en 2013 qu'est paru son premier roman, Buvard, qui a reçu de nombreux prix, dont le prix Françoise Sagan. Ont suivi le Dernier Amour d'Attila Kiss, lauréat en 2016 du prix de la Closerie des Lilas, Une activité respectable, texte personnel passionnant sur le métier d'écrire, et Ma Dévotion, inoubliable histoire d'amitié amoureuse entre une écrivaine et un artiste peintre. En 2020, elle publie aux éditions de l'Iconoclaste le roman Liv Maria, coup de coeur unanime des libraires de Dialogues.
Au cours de cette rencontre autour de Liv Maria, Julia Kerninon nous parle de son héroïne, résolument libre car fidèle à elle-même en toutes circonstances, de la notion d'enfance, de la fabrique d'un roman, et de l'importance des mots et des livres.
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/17096634-liv-maria-julia-kerninon-l-iconoclaste
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
À bientôt !
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