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EAN : 9782253156765
96 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (05/01/2011)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 110 notes)
Résumé :
" En été 1957, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédané de la morphine appelé le " 875 " (palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxiquée pour qu'un séjour dans une clinique spécialisée s'imposât. Ce fut un séjour rapide, mais au cours duquel j'écrivis ce journal que j'ai retrouvé l'autre jour. "

Françoise Sagan rac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Tampopo
  19 février 2011
Françoise Sagan écrit "Toxique" en 1957, alors qu'elle n'a que 22 ans et déjà deux succès éditoriaux à son actif dont "Bonjour Tristesse", publié en 1953. Avec "Toxique", la jeune Françoise Sagan lève un tabou, celui de la toxicomanie.
Considéré comme subversif, le manuscrit restera dans les tiroirs de son éditeur jusqu'en 1964. L'auteur y raconte sans détour et avec une lucidité déconcertante pour son jeune âge, les affres de l'addiction médicamenteuse.
À la manière d'un journal intime, l'auteur décrit le processus lent et douloureux qui la conduit jour après jour sur le chemin de la désintoxication.
Par son sujet, la toxicomanie, et par son style, à la fois poétique et incisif, ce texte reste d'une grande modernité. "Toxique" est un texte prodigieusement bien écrit dans lequel l'auteur parvient à éviter deux écueils : la moralisation et l'autoflagellation.
Il ne s'agit ni un déballage intime ni d'un acte de contrition mais bien d'un témoignage littéraire et pudique sur une parenthèse douloureuse dans la vie de l'écrivain. Il serait tentant d'y voir, a posteriori, les prémices d'une tendance lourde à l'addiction chez Sagan. Je suis trop jeune pour me rappeler de « Sagan l'icône people » et c'est tant mieux !
J'ai lu ce texte court d'une seule traite, émue par ce que "Toxique" nous dit de ce "pays" de l'adolescence, si proche et si loin, entre appétit de vivre et mélancolie profonde.
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brigittelascombe
  17 août 2011
"Je me suis habituée peu à peu à l'idée de la mort comme à une idée plate,une solution comme une autre si cette maladie ne s'arrange pas".
Voici les mots qu'écrit Françoise Sagan, intoxiquée au palfium en1957, dans Toxique,le journal écrit durant sa cure de ...désintoxication.
Droguée,elle est droguée, en état de manque et pour émerger de cette déchéance elle attend chaque jour la douleur de "la bête en elle" qui réclame son du, une ampoule salvatrice pour tenir le coup.
Des mots s'alignent au jour le jour, dépendance,dépression,angoisse,demande d'aide,sacrifices,souffrance alors que le personnel soignant curieux s'affaire et que sa bande de joyeux drilles, compagnons de bringues alcoolisées l'entoure de signes amicaux.
Un témoignage poignant utile aux drogués, un portrait émouvant de cette écrivain à l'oeuvre abondante entre romans(Bonjour tristesse prix des critiques 1954),essais et pièces qui plongée dans d'innombrables lectures au fond de son lit, pioche l'espérance violente chez Appolinaire, le merveilleux de la pluie chez Carco et les enfants en deuil chez Rimbaud pour quêter une possible guérison et écriture personnelle.
Ce que j'ai vraiment aimé dans ce livre c'est la symbiose parfaite entre les émotions ressenties par Françoise Sagan hospitalisée et les illustrations de Bernard Buffet (sur la maladie personnifiée) en lame de couteau,hachures,griffures en noir et blanc, la schizophrénie latente fort bien rendue par de maigres femmes en souffrance ou des décors de chambre d'hopital austère, le tout accompagné des mots de Sagan que le peintre écrit lui même de son écriture anguleuse,agressive,dure,pâteuse, à moins que ce ne soit le numéro de la chambre 815 qui exprime sa propre sensibilité perdue momentanément à travers l'artiste qu'il est lui !
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Yuko
  19 mars 2014
Françoise Sagan, convalescente, écrit sur son état, sa dépendance, les réactions de son corps, ses avancées et ses reculs. Une oeuvre intime et percutante qui nous livre les pensées d'une femme qui tente d'apprivoiser son corps et de revivre à elle-même. Une réflexion sur l'état d'immobilité, la dépendance et l'attente.
Et toujours cette écriture ciselée et percutante qui fait revivre aux lecteurs cet écrivain de talent. Une recette qui fonctionne toujours pour moi. Un très bon moment, intimiste, livré aux lecteurs.
Lien : http://art-enciel.over-blog...
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Zazette97
  04 février 2011
Publié en 1964 et réédité en 2009, "Toxique" est, comme son titre le laisse deviner, le journal tenu par Françoise Sagan lors d'une cure de désintoxication.
En 1957, l'écrivaine alors âgée de 22 ans a le vent en poupe. Ses deux premiers romans, "Bonjour Tristesse" et "Un certain sourire", connaissent un succès retentissant.
Mais un tragique événement vient noircir ce joli tableau. Victime d'un grave accident de voiture qui la force à rester alitée durant plusieurs mois, Françoise Sagan a recours au Palfium 875, un dérivé de la morphine administré par les médecins pour diminuer les douleurs.
L'accoutumance au produit est telle que l'écrivaine est transférée dans une clinique de désintoxication où elle séjournera une semaine, le temps de rédiger ce journal.
Françoise Sagan avait seulement 22 ans lorsqu'elle rédigea ce journal. Savait-elle déjà, à ce moment-là, que sa dépendance à la drogue la poursuivrait toute sa vie?
Une chose est sûre, la femme qui tient ce journal a peur. Peur d'elle-même, peur de ne pas pouvoir tenir le coup, peur de la solitude.
Durant une semaine, elle déambule dans les couloirs de la clinique à l'image d'un animal en cage, regrettant sa liberté passée.
Elle sait que les nuits parisiennes, l'alcool, la drogue, les excès de vitesse lui sont aussi nécessaires que dangereux. Avait-elle besoin de se sentir au plus près de la mort, de se mettre constamment en danger pour pouvoir apprécier la vie?
Pour échapper à l'ennui comme à cette sensation prégnante d'étouffement, elle lit Apollinaire, Céline, Chateaubriand, Rimbaud, Proust, Michelet.
En proie aux insomnies comme au manque de concentration induits par le manque, elle détaille la nature, les autres patients et s'observe à travers eux.
"Toxique" n'est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un ouvrage exhaustif sur les affres de la dépendance mais il apparaît surtout comme un témoignage qui permet de mieux saisir la personnalité torturée de Françoise Sagan et l'univers tumultueux dans lequel s'inscrivent à la fois sa vie et son oeuvre.
A la fois fragile, déraisonnable mais extrêmement lucide, Sagan ne tient pas en place. Si chacune de ses pensées se veut concise, s'envolant rapidement pour céder la place à une autre, les illustrations de Bernard Buffet caractérisées par un trait de crayon appuyé et des formes rudes ajoutent à la détresse de cette femme confrontée à elle-même.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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Mamzelle
  01 février 2011
Dans la liste proposée par la dernière édition de Masse Critique, j'ai tourné, viré et tergiversé avant de me dire que je ferais bien une pause dans la littérature actuelle, dans les rentrées litté et autres actus chaudes. Repartir dans les écrits de mes premiers coups de coeur, voilà de quoi j'avais envie.
Ma lecture de "Bonjour tristesse" date un peu mais c'est avec un vrai plaisir que j'ai retrouvé Françoise Sagan dans "Toxique", très efficacement illustré par Bernard Buffet.

"Toxique" est le journal qu'a tenu Françoise Sagan à l'été 1957, alors qu'elle venait d'avoir un accident de voiture dont les séquelles l'obligeaient à prendre quotidiennement un dérivé de morphine, le palfium, appelé "875". Devenue dépendante, l'écrivain a fait un séjour dans une clinique spécialisée.
C'est durant le laps de temps qu'elle a écrit "Toxique", même si elle serait restée sous influence du 875 encore quelques années après.
Ce petit livre, qui se lit très vite, est un vrai journal: Françoise Sagan y jette des mots, des phrases, ses pensées, son quotidien, ses lectures, les visites qu'elle reçoit et sa frustration d'être enfermée. le tout sous morphine, ce 875 dont elle parle avec affection en évoquant "ces petites ampoules écrites en bleu, ces petites ampoules qui avaient l'air si sage et qui l'étaient si peu".
C'est de désintoxication que "Toxique" est sensé nous parler, c'est de sa vie dont Françoise Sagan nous parle.
De son amour de la littérature, de ses envies d'écrire mais de son incapacité à réfléchir plus loin qu'un début, de ses nuits alcoolisées dans le Paris de la fin des années 50, de sa lutte contre son propre corps, de cette hérésie qui fait qu'elle doit souffrir si elle veut être libre, de la simplicité avec laquelle toutes ses douleurs s'en vont en un appel à l'infirmière, de la honte de sa lâcheté, de ses envies d'après, de ses petites victoires "Une demi-ampoule. Nous arrivons. Je ne me sens pas trop mal.", de sa lucidité sur son état "Ses monstres ne sont pas les miens, ainsi se justifie à mes yeux l'Océan Atlantique. Je ne comprend pas grand-chose à cette dernière phrase".
Les illustrations de Bernard Buffet sont un complément efficace. A coup de grands traits vifs, épais, noirs, il met en exergue l'état et les pensées de Sagan, dessinant certains passages, écrivant certains mots du même trait nerveux, faisant émerger sur les pages des corps nus allongés, alités, lassés, des croquis parfois dérangeants.
Petit livre sans prétention donc, à ne pas lire sans avoir quelques connaissances de la vie de Sagan (sous peine de ne pas tout resituer dans son contexte) mais qui, comme les autres livres de l'auteur, a le mérite de figurer au palmarès de la littérature française.
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"Toxique", Françoise Sagan
Paru le 5 Janvier 2011 au Livre de Poche
Lien : http://lesplumesdaudrey.fr/2..
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Zazette97Zazette97   04 février 2011
Mais il me semble que, désormais, mes seuls rapports heureux avec moi-même, en dehors des autres êtres et des quelques moments d'exaltation ou de bien-être physique que la nature procure, ne pourront être que littéraires.
Ainsi donc les écrivains tomberaient dans le même piège que les comptables, les industriels et autres abrutis de travail.
Pour se retrouver plus tard en proie à quelle solitude inactive : ça donne le frisson.
Je comprends que M. et autres s'obstinent à bégayer dans les revues de tourisme.
Car enfin, quand on a plus personne à embrasser, et que la solitude équivaut à un travail que personne ne vous demande plus, la vie doit être triste.
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LaeticiaRouveyrolLaeticiaRouveyrol   15 avril 2012
'Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre du temps, perdre son temps, vivre à contre-temps."
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claraetlesmotsclaraetlesmots   25 mars 2010
En été 1957, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédané de la morphine appelé "875" (palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxiquée pour qu'un séjour dans une clinique spécialisée s'imposât. Ce fut un séjour rapide, mais au cours duquel j'écrivis ce journal que j'ai retrouvé l'autre jour
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HebephrenieHebephrenie   05 juillet 2010
Première position "à l'aise" sans doute depuis que je suis dans cette chambre où toutes mes attitudes sont de fuite, ou bien, sur mon lit, de refuge.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   29 mai 2015
Il y a autre chose qu'il me faut signaler sans doute si ce journal veut être complet. C'est que je me suis habituée peu à peu à l'idée de la mort comme à une idée plate, une solution comme une autre si cette maladie ne s'arrange pas.
Cela m'effraye et me dégoûte mais c'est devenu une pensée quotidienne et que je pense être à même de mettre à exécution si jamais... Ce serait triste mais nécessaire, je suis incapable de le tricher longtemps avec mon corps. Me tuer ; Dieu que l'on peut être seule parfois.
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