AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070494132
301 pages
Éditeur : Gallimard (15/03/1994)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Dans la hiérarchie céleste, Marche-à-terre n'est certes pas un ange de haut niveau.
Tout juste un fantassin. Mystérieusement resté sur terre après le suicide de l'homme dont il était le gardien, perché dans un châtaignier, il est aux premières loges pour assister à la série de meurtres qui s'abat soudain sur le clergé angevin déjà déboussolé par les consignes liturgiques de Vatican II. Les deux collégiennes et l'abbé africain qui se lancent à la rechercher de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
latina
  24 août 2019
Décidément, lorsque les romans déprimants me laissent sur le pavé, je me tourne vers les romans marrants, et ça ne va pas non plus ! J'en ai marre, marre, marre !
Ce livre m'a été prêté par une amie, il a été lu avant moi par une autre amie, elles ont adoré toutes les 2. Je me disais chouette, après la lecture d'Instruments des ténèbres, de Nancy Huston, qui m'avait vraiment fait plonger dans le noir le plus total, voilà que je vais aborder une histoire marrante sur les établissements catholiques du dernier quart du 20e siècle, encore confits de bondieuseries et d'hypocrisies, tout en étant pleine d'humour.
Effectivement, c'est rempli d'humour. Mais tellement à ras bord que j'en ai attrapé une indigestion. Mais qu'ont donc tous ces auteurs à s'efforcer de trouver LA phrase qui tue, grâce à laquelle on se pâme ? Ici, toutes les phrases essaient de se concurrencer pour faire rire. Au début, c'est agréable, après, c'est lourd. D'autant plus que l'histoire me parait franchement très décousue.
L'histoire ? Une deux-chevaux genre celle de la soeur dans un film de Louis de Funès (Le gendarme) a eu un accident, et les deux soeurs qui étaient à l'intérieur sont retrouvées emberlificotées l'une autour de l'autre. Soeur Marie-Claire a la tête qui sort du pare-brise telle un champignon monstrueux, tandis que soeur Adélaïde a pu être extraite encore vivante mais très mal en point. Un mystère plane sur cet accident car cela pourrait être un meurtre… Et nous voilà au pensionnat des demoiselles tenu par la congrégation religieuse.
J'arrête là, tellement ça m'a paru sans queue ni tête.
Je n'ai plus envie du tout de parler de quoi que ce soit. Tellement découragée par cette littérature qui se veut spirituelle mais qui ne l'est pas, je vais essayer de retrouver une lecture qui pourrait m'enthousiasmer, une lecture où la réflexion, la psychologie, la philosophie titillent les contours de l'humour. Rassurez-moi, cela existe encore ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4519
Woland
  09 juillet 2015
ISBN : 9782070406432
Roman policier, soit, puisqu'il y a des meurtres : la soeur Marie-Claire, l'archiprêtre, et Catherine Garraude, une pensionnaire de l'école tenue par les soeurs. Mais les meurtres ne sont que prétexte à nous décrire la société pompidolienne - eh ! oui, je sais, c'est bien vieux ! et certains de vous, lecteurs, ne l'ont pas connue - où s'amorçait la Grande Mutation dont l'aboutissement s'inscrit si sinistrement dans notre France actuelle. Mai 68, les suites de Vatican II, le catéchisme classique que l'on bouscule (là aussi, comme à l'Education nationale, on change toutes les appellations pour faire plus "in", plus "moderne", plus ce que vous voulez, en fait ... ), tout y est. C'est touchant, ridicule ... et inquiétant.
Mais l'opinion de l'auteur sur cette époque qu'elle ressuscite est des plus ambiguës, en particulier en ce qui concerne la religion.
Plus qu'un roman policier, je tiens donc "L'Ange & le Réservoir de Liquide A Freins" pour la critique acérée - mais qui n'a pas l'air d'y toucher - d'une mutation sociétale de très grande envergure qui ne dit pas son nom, critique d'adulte qu'Alix de Saint-André a la finesse de nous retransmettre par les yeux d'une fillette de 4ème, Stella, et de sa grande amie, Hélène, le tout sur descriptions joyeuses et lyriques de la Loire et du Pays d'Anjou. Seulement, entre toutes ces nonnes que ronge l'ambition d'occuper un poste conséquent et de voler surtout le sien à la terrible Soeur Adélaïde, avec ce prêtre béninois - Séraphin - dont on ne sait trop ce qu'il vient faire dans l'histoire sinon sauver l'héroïne à la dernière minute (mais comment peut-il se trouver là à temps, la question demeure irrésolue, à croire qu'il est lui-même un ange ), les familles locales, de la petite bourgeoisie à la plèbe plus classique, dont toutes les mères ne semblent avoir que deux objectifs : le passage du BEPC pour leurs aînées (en 3ème) et la profession de foi, ou communion solennelle, pour leurs benjamines (en 6ème), le lecteur ne sait plus très bien pour quel camp balance le coeur de l'auteur : pour les "progressistes modernistes" dont elle se moque de manière bouffonne (un peu comme Jean Yanne dans "Moi, Y'En A Vouloir des Sous") ou pour les "purs et les durs", adeptes de la messe en latin, etc, etc ...
L'assassin, certes, appartient à la dernière catégorie, et même si l'on peut expliquer ses actes par une sorte de folie religieuse - on connaît bien ça, hein ? de nos jours - il n'en reste pas moins que sa personnalité présente certains côtés attachants. le troisième assassinat d'ailleurs n'est-il pas une mesure de miséricorde envers un pauvre être que les "progressistes" complotaient de faire interner ?
Sur l'autre plateau de la balance, certains progressistes sont sympathiques (le père Séraphin, par exemple, s'il se veut moderne, n'en oublie en rien les bases de la chrétienté et ses citations latines) et quelques nonnes, plus âgées et plus faibles que d'autres, se voient accusées à tort d'erreurs qu'elles n'ont pas commises, ce qui, bien sûr, les peine profondément.
Durant toute la lecture, on a conscience de ne pas être dans un "vrai" roman policier. On perçoit bien que les meurtres sont ici comme autant d'alibis dont l'auteur se sert pour nous raconter une certaine enfance - la sienne, peut-être ? le style est vif, débridé, bien loin des lenteurs angevines tant vantées par ailleurs. On s'amuse bien plus qu'on ne tremble et si l'on pense à un tel ou une telle comme à l'assassin, on finit par ne plus vraiment savoir à quel démon se vouer.
Disons que nous sommes en présence d'un roman bien sympathique, qui n'est pas pour autant un chef-d'oeuvre ou même un policier dans le style de Pierre Magnan, mais auquel on se laisse prendre avec une certaine nonchalance parce qu'il ressuscite en nous les souvenirs d'une jeunesse que nous partageons plus ou moins avec l'auteur. Je pense ici aux lecteurs quinquagénaires, voire même quadragénaires, à qui ces paysages évoqués, ces coutumes revenues à la vie, ces pudeurs retrouvées et plus encore cette impression de charnière en mouvement, de plaque tournante entre deux mondes que furent les années Pompidou, parlent un langage qu'ils ont eux-mêmes parlé et qu'ils retrouvent instinctivement devant le clavier de leur ordinateur et dans la noirceur accablante de notre univers banalement "mondialisé." C'est en quelque sorte le Marché commun (vous vous rappelez tous nos rêves ?), tout simple et tout bête, tout sage aussi, face à cette pieuvre gloutonne et sans âme de l'Union européenne.
Les lecteurs plus jeunes n'aimeront peut-être pas ou ne saisiront pas tout le charme, fragile et aussi éthéré que l'Ange du titre, de cet ouvrage tout à fait particulier. Mais qu'ils prennent patience : un jour, eux aussi, avec l'âge, souriront devant un livre du même type qui leur rappellera leur enfance, leur jeunesse - et un monde fatalement meilleur. ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
clude_stas
  03 mars 2014
Un polar ? Vraiment ? J'ai de sérieux doutes. J'y vois plutôt une bonne satire de la société des années Pompidou (1969-1974), de la transition vers la modernité de l'Eglise catholique après Vatican II (1962-1965) et, bien entendu, de l'après Mai 68. Bien entendu, il y a au début de l'histoire un accident de voiture qui se révèle, après expertise, comme étant criminel (d'où le réservoir du titre). Mais ce n'est qu'un prétexte pour aborder la vie d'un collège catholique dont toutes les enseignantes sont des religieuses. Et, depuis Denis Diderot, nous savons bien ce dont sont capables des femmes entre elles. de plus, quand le fanatisme religieux s'en mêle …
Tout le monde en prend pour son grade : les nostalgiques de la France colonialiste, les fervents défenseurs du latin (cité à tort et à travers), Paul Claudel (pour qui je n'ai guère de sympathie), les prêtres perdus face à des rites désuets, les enseignants de dogmes incompréhensibles (et c'est, pour cette raison, qu'ils en sont, des dogmes). Pourtant, Stella (l'étoile, en latin. Mille excuses ! Je n'ai pas pu résister) n'a pas particulièrement la foi, elle, l'héroïne, elle qui voit un ange sur un arbre perché (oui, oui, celui du titre). Stella qui va chercher le saboteur, l'assassin, le meurtrier, le Pharisien… le Démon !!!
Bref, ce livre, tendrement drôle mais férocement critique, avec ses petits accents misogynes, est un excellent divertissement, passionnant par ses péripéties (oui, le muguet est un poison violent) et réconfortant par son épilogue salvateur.
Ite Missa Est.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
CelineCDI
  22 février 2013
J'ai lu ce livre il y a longtemps déjà et, bien que je ne me souvienne pas de l'histoire, j'en gardais un très bon souvenir. Alors, je l'ai relu!
Toujours aussi bien, dans la forme comme sur le fond. Un pensionnat de jeunes filles où les religieuses tombent comme des mouches, un ange bienveillant et un peu rasta qui dispense ses conseils, l'air de rien, et la Loire, personnage à part entière de l'histoire... J'aime aussi le style, assez poétique parfois, et très caustique, souvent! La religion en prend pour son grade, mais j'ai retrouvé dans ce livre des souvenirs d'enfance qui m'ont "parlé"...
Bref, un bon livre, à découvrir, si ce n'est déjà fait!
Commenter  J’apprécie          30
belledeschamps
  06 juin 2008
L'action se passe au début des années 1970, dans une école catholique du bord de Loire. Une première bonne soeur meurt dans un accident de voiture, l'archiprêtre est empoisonné avant d'être définitivement tué et une élève un peu simplette est écrasée par une cloche. Tout cela est bien inquiétant est deux collégiennes mènent l'enquête. Des personnages truculents (bien qu'irrévérencieux envers le clergé), une écriture recherchée et agréable, couronnée par une bonne enquête policière.
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (4) Ajouter une citation
WolandWoland   10 juillet 2015
[...] ... Tu trouves pas ça bizarre, cet accident ?

- Bizarre, bizarre, c'est surtout Adélaïde qui était bizarre ces derniers temps ... Surmenée, la petite mère. L'autre soir, elle est partie comme d'habitude à la gare poster son courrier à la dernière levée de neuf heures. Elle m'a embarquée avec les soeurs Gaillard, une petite promenade, ça vous fera prendre l'air, elle disait. Ca lui arrivait des fois depuis qu'elle avait sa nouvelle deux-chevaux. Nous voilà donc parties à la gare mais après, au lieu de monter tout droit, on a monté la côte du château, et de là elle nous a fait faire le tour du lycée à toute blinde : "Démocrates, sans-Dieu, Francs-Maçons, Protestants, vous ne nous aurez pas !" qu'elle criait. Et on repassait de plus en plus vite : "Vous n'avez pas encore gagné !" Et encore un tour, ça y allait, "Tremble, Jéricho !", la deux-chevaux était moitié couchée, on crevait de trouille. Elle s'est arrêtée en bas, devant le temple protestant, parce que la petite Gaillard pleurait : "Pitié, ma mère !", qu'elle hurlait. Adelaïde a serré le frein, elle a pris la petite dans ses bras, et elle nous a dit : "Il vous faudra du courage, mes enfants, préparez-vous à de très grands malheurs ..." Tel quel. Elle a parlé du troisième secret de Fatima, du cheval de Troie aussi, je ne sais pas trop quoi encore ... Quelle virée ! Rien que d'en parler, j'en ai encore les poils des bras qui rebiquent.

- Elle a des copines, Adélaïde ?

- Des copines ? C'est la chef ! Il y a Toutou qui lui cire les pompes ... La nunuche négrillaude, là, la retardée, mais si, tu sais, la costaude toute poilue, la fille au plombier de la grand-rue, Catherine Garraude, qui lui sert de bonniche ... En fait, la seule avec qui elle causait, c'était Marie-Claire, celle qui est morte.

- La cuisinière ?

- Halte là ! Avec les bonnes soeurs, faut pas s'y fier. Elle était pas vouée à demeurer derrière des fourneaux (il y a qu'à voir comment elle cuisinait !), c'était une qui avait fait des études, et des grandes. Une vocation tardive, ça s'appelle. Elle m'en avait parlé, un soir où j'étais de vaisselle, elle était entrée au couvent après ses diplômes, et elle en avait, des rouleaux !

- Pourquoi lui faire faire la tambouille, alors ?

- Va-t-en savoir, des histoires de bonnes soeurs," répondit Anne-la-Vache, fataliste. ... [...]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
WolandWoland   10 juillet 2015
[...] ... Le cadavre de la soeur aux joues roses et aux seins en pommes était recouvert d'une couverture. A son chevet, accroupi comme un soldat américain, Grégoire Marchand parlait d'un air soucieux avec le docteur sûrement, il avait une cravate, un stéthoscope et le nez pointu. Certes, le trou du front venait d'un éclat de verre, mais la poudre autour ...

Et encore Grégoire n'avait osé rapporter à personne les drôles de choses que lui avaient gargouillées Périgault ; que dans la descente, il les avait entendues crier "sabotage" et même des mots d'assassinat ... Chez le gendarme, la patience doit être à la hauteur de la discrétion, pas des qualités : de vraies vertus.

La mère Marchand tenta de retenir Stella du bras, ce n'était pas un spectacle pour les enfants, mais elle se débattait : "Puisque je vous dis que je la connais !" Le docteur leva les yeux vers elle et lui fit signe d'approcher. Il n'avait presque plus de cheveux, et debout, il était vraiment très grand. Quand il sourit de sa bouche sans lèvres, Stella se raidit. Nez pointu, lèvres minces, méfie-toi ma fille : le vieil adage des Toupies lui traversa la tête d'un coup de gong, et elle se hérissa comme un petit chat. ... [...]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
armand7000armand7000   17 janvier 2020
l ne faudrait jamais regarder couler la Loire, c'est une chose fatale ; après on ne sait plus faire que ça, et le reste est sans importance.

Elle dépose son sable dans vos veines, et grippe volonté, ambition, orgueil, tous les moteurs d'une virile agitation.

Dans le pays, la plupart de ceux qui commandent sont des gars venus d'ailleurs ; mais déjà leurs enfants sont en danger : s'ils ne les éloignent pas rapidement des rives, il n'y aura plus grand-chose à en tirer ; ils auront le rêve dans le sang; et rien ne pourra les distraire du lent flux du grand fleuve (...).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
clude_stasclude_stas   22 février 2014
Ses yeux, collés au bocal de ses gros verres, ressemblaient à ceux d'un crapaud placide.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Alix de Saint André (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alix de Saint André
Le 7 mars 2013, François Busnel reçoit :
Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges Alix de Saint-André, Garde tes larmes pour plus tard, à propos de Françoise Giroud, Histoire d'une femme libre : un manuscrit retrouvé par Alix de Saint-André à l'IMEC et publié par cet écrivaine à titre posthume. Andreï Makine, Une femme aimée Claude Pujade-Renaud, Dans l'ombre de la lumière
La Grande Librairie

France 5 #LGLf5
-- François Busnel propose en direct chaque jeudi à 20h35 sur France 5, un magazine qui suit de près l'actualité littéraire avec pour seul mot d'ordre, le plaisir.
Retrouvez toutes les informations sur les invités et leur actualité sur notre site : http://www.france5.fr/la-grande-librairie Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux pour suivre notre actualité : https://www.facebook.com/pages/La-Grande-Librairie/512305502130115 https://twitter.com/GrandeLibrairie Et réagissez en direct pendant l?émission avec le hashtag #LGLf5.
+ Lire la suite
autres livres classés : loireVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Jésus qui est-il ?

Jésus était-il vraiment Juif ?

Oui
Non
Plutôt Zen
Catholique

10 questions
1355 lecteurs ont répondu
Thèmes : christianisme , religion , bibleCréer un quiz sur ce livre

.. ..