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EAN : 9782070360802
153 pages
Éditeur : Gallimard (09/05/1972)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 371 notes)
Résumé :
- Jacques, Jacques emmenez-moi ! Bernis est pâle et la prend dans ses bras et la berce. Geneviève ferme les yeux : - Vous allez m'emporter... Le temps fuit sur cette épaule sans faire de mal. C'est presque une joie de renoncer à tout : on s'abandonne, on est emportée par le courant, il semble que sa propre vie s'écoule... s'écoule. Elle rêve tout haut : « Sans me faire de mal. » Bernis lui caresse le visage... - Jacques !... Jacques... Mon fils est mort...
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
aouatef79
  03 février 2016
C' est en l' année 1929 que fut publié " Courrier sud ", le premier
roman d' Antoine de Saint-Exupery .Avec la parution de ce livre, le
destin de Saint-Exupert en sera changé. le jeune homme qui doutait de sa vocation, entre de plein pied dans le monde des
Lettres . Parlant de l' auteur, un critique disait de lui : il est desor-
-mais difficile de savoir " S' il volait pour écrire ou il écrivait pour voler ".
le personnage principal du livre , Jacques Bernis est pilote des lignes Latocoère. IL achemine le courrier vers l' Amérique du Sud où la compagnie Latocoère assure une partie du courrier aérien à destination de l' Europe.
Ce livre se laisse lire avec beaucoup plaisir . En fin de compte, il loue le courage et l' audace des pilotes qui à chaque vol,risquaient leur vie .
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pompimpon
  27 octobre 2020
"Un enfant perdu remplit le désert…"
On attend le courrier France-Amérique.
Il a décollé de Toulouse à 5h45, il a passé Alicante à 11h10, il doit se poser au Cap Juby à 21h30 pour une escale mais voilà, plus de nouvelle.
Antoine de Saint-Exupéry raconte : "Un moteur grondait quelque part. de Toulouse jusqu'au Sénégal, on cherchait à l'entendre."
A Cap Juby, un homme guette l'avion du courrier parce que c'est son travail, mais il attend surtout le pilote, Jacques Bernis, parce qu'il est son ami.
Son ami d'enfance.
Antoine de Saint-Exupéry raconte : "Dès ta première permission tu m'avais entraîné vers le collège : du Sahara, Bernis, où j'attends ton passage, je me souviens avec mélancolie de cette visite à notre enfance."
Antoine de Saint-Exupéry raconte…
Et dès ce premier roman, il est déjà tout entier à nouer d'une phrase à l'autre des mots simples en apparence mais qui ont une telle puissance d'évocation, pour nous dire cette amitié, la petite fée Geneviève qui a illuminé leurs treize ans, le coeur blessé de Bernis, et cette passion du vol, de ce qui se déroule dans la carlingue, du bruit que l'on surprend, soupape, moteur, niveaux…
Il raconte : "Le chef de piste fait demi-tour vers les manoeuvres :
"Qui a goupillé ce capot ?
- Moi.
- Vingt francs d'amende."
Le métier est dangereux, les avions peu fiables malgré tous les efforts des aviateurs et des mécaniciens.
Dangereux aussi ces déserts survolés, où le crash n'est jamais loin.
Le taire aurait été d'une coquetterie qui ne lui ressemble pas, Saint-Exupéry le dit donc en quelques mots.
Mais l'essentiel, c'est voler.
Et c'est une passion que partagent les deux amis, dont Saint-Exupéry parle avec bonheur, détaillant ce qui est vu de là-haut, ce que ressent le pilote, sans oublier les petits agacements, les gênes : "Attentif à l'indicateur de pente, à l'altimètre, il se laissa descendre pour se dégager du nuage. La faible rougeur d'une ampoule l'éblouissait : il l'éteignit."
Qu'il évoque la solitude dans la brume, les vols rasants pour se repérer, l'amitié des deux hommes, l'aventure de l'Aéropostale, le Sahara ou le malentendu d'une histoire qui ne peut être d'amour, les mots touchent juste.
Ils avancent tout droit, nets, laissent dans l'ombre ce qui n'a pas besoin de lumière, mais ramènent aussi à la vie de précieux moments, dont on sent l'importance qu'ils ont eue pour l'écrivain qui les a glissés dans ces pages.
Quant à cette attente qui distille son anxiété dans tout l'ouvrage, Saint-Exupéry nous la fait sentir de l'intérieur, allant de la préoccupation d'un appel à l'escale précédente qui n'aboutit pas, à ces souhaits qu'on fait lorsqu'on veut repousser l'inéluctable.
Cette façon qu'il a de dire "Mon Camarade…"
"Le fil de la vierge de mon amitié te liait à peine : berger infidèle, j'ai dû m'endormir."
Et le claquement des derniers mots comme un cristal qui se brise au sol nous laisse un peu blessés nous aussi de la blessure de l'auteur.
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PiertyM
  22 juin 2018
Dès ce premier roman de Saint-Exupery, la poésie est au rendez-vous, on voit déjà comment elle va éclater dans le petit prince. L'amour de l'auteur pour la vue du ciel est aussi marquant, que parfois, on essaie de s'incruster dans la peau d'un pilote pour percevoir cet univers de l'aviation, à la fois magique et fabuleux, un monde où l'exactitude est une règle de survie, le temps, le lieu, la distance, tout est à préciser avec rigueur. Puis il y a cette histoire d'amour avec Geneviève, assez passive, sans intérêt à la limite, ça fait un break désagréable comme de grain de sable dans la bouche, ou peut-être que l'auteur, sciemment, a voulu juste nous présenter l'ombre de Geneviève....Enfin, pour un premier St-Ex, je me suis perdu un peu, je suis , peut-être, moins savante pour pouvoir apprécier Courrier sud!
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A_fleur_de_mots
  07 août 2019
Relecture en août 19 après une première lecture adolescente.
————————————————————-
Premier roman de Saint-Exupery publié en 1929, ce roman signa l'entrée du jeune et timide Saint-Exupery dans le monde des Lettres. Avec la bienveillance d'André Gide, fondateur de la NRF, qui écrit une lettre sésame à son rédacteur en chef, Jean Paulhan, pour une publication de certains extraits dans sa revue littéraire et de retenir le roman pour une publication en volume. Jean Paulhan etait proche collaborateur de Gaston Gallimard, suiva les conseils avisés d'André Gide et propulsa Antoine de Saint-Exupery dans le monde des Lettres, qu'il ne quitta jamais plus. Après cette publication, on dit que l'on ne savait pas si Antoine de Saint-Exupery écrivait pour piloter ou pilotait pour écrire.
Livre largement auto-biographique, inspirée de son expérience dans la compagnie Latécoère sur la route Toulouse-Dakar pour acheminer le précieux courrier- plus précieux que la vie des pilotes, l'amour ainsi transporté ne peut attendre-, et de son histoire d'amour avortée avec Loulou, Louise de Vilmorin. D'ailleurs, Antoine de Saint-Exupery voulut lui dédier ce premier roman mais se ravisa par convention et le dédia à son grand ami, Henri Guillaumet, qui fut son premier professeur.
Si vous vous attendez à un roman d'aventure remplit d'adrénaline sur la vie de ces pilotes, vous pouvez passer votre chemin. Comme toujours avec Saint-Exupery, ce roman est un roman de la vie et de l'amour, d'espoir et de désespoir, de grandeur et de petitesses.
Ce roman a les défauts de la jeunesse: une écriture que l'on note nerveuse du jeune écrivain craignant d'oublier un détail, une trame historique qui se perd dans des considérations poétiques, certains passages confus qui n'apportent rien à l'histoire.
Il est cependant lumineux car emprunt d'une grande sensibilité à fleur de peau, d'une prose poétique si caractéristique de Saint-Exupery et enfin, on y retrouve déjà des thèmes de prédilection de l'auteur: le désert, les étoiles, la fragilité de la vie au contact permanent de la mort, la solitude de l'homme et sa contemplation philosophique sur le sens de la vie.
Une très agréable lecture pour ceux curieux de découvrir l'homme et ses angoisses derrière la légende.
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Asterios
  16 mai 2018
Un peu perdu dans l'écriture je dois avouer que j'ai eu du mal à me concentrer pour le lire.
On ressent toutefois déjà la poésie qui émane de la plume de Saint-Ex et on l'apprécie cette plume toute particulière qui est aussi déjà présente dans ce premier ouvrage.
J'avoue que j'attendais un peu plus d'aventure en vol et c'est ce qui m'a déçu. En effet, une grande partie du roman est consacrée à la description d'une aventure, amoureuse celle-ci, fugace avec une femme mariée.
On perçoit toutefois que courrier sud permet de couver les ouvrages qui suivront.
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Citations et extraits (132) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   27 septembre 2014
Nous revenions solides, appuyés sur des muscles d'homme. Nous avions lutté, nous avions souffert, nous avions traversé des terres sans limite, nous avions aimé quelques femmes, joué parfois à pile ou face avec la mort, pour simplement dépouiller cette crainte qui avait dominé notre enfance, des pensums et des retenues, pour assister invulnérables aux lectures des notes du samedi soir.
Ce fut dans le vestibule un chuchotement, puis des appels, puis toute une hâte de vieillards. Ils venaient, habillés de la lumière dorée des lampes, les joues de parchemin, mais les yeux si clairs : égayés, charmants. Et, tout de suite, nous comprîmes qu'ils nous savaient déjà d'une autre chair.
Ils coururent chercher une bouteille de vieux Samos dont ils ne nous avaient jamais rien dit.
On s'installa pour le repas du soir. Ils se resserraient sous l'abat-jour comme les paysans autour du feu et nous apprîmes qu'ils étaient faibles.
Ils étaient faibles car ils devenaient indulgents, car notre paresse d'autrefois, qui devait nous conduire au vice, à la misère, n'était plus qu'un défaut d'enfant, ils en souriaient ; car notre orgueil, qu'ils nous menaient vaincre avec tant de fougue, ils le flattaient, ce soir, le disaient noble.
Alors ils nous interrogèrent. Nous étions sortis de cette maison tiède dans la grande tempête de la vie, il nous fallait leur raconter le vrai temps qu'il fait sur la terre. Si vraiment l'homme qui aime une femme devient son esclave comme Pyrrhus ou son bourreau comme Néron. Si vraiment l'Afrique et ses solitudes et son ciel bleu répondent à l'enseignement du maître de géographie.
Ils voulurent savoir l'ivresse de l'action, le grondement du moteur et qu'il ne nous suffisait plus, pour être heureux de tailler comme eux des rosiers, le soir.
Et voici qu'ils hochaient la tête, encore inquiets, déjà rassurés et fiers aussi d'avoir lâché par le monde ces forces neuves.
Mais, de peur de les attrister, nous leur dîmes les déceptions et le goût amer du repos après l'action inutile. Et, comme le plus vieux rêvait, ce qui nous fit mal, combien la seule vérité est peut-être la paix des livres. Mais les professeurs le savaient déjà. Leur expérience était cruelle puisqu'ils enseignaient l'histoire aux hommes.
+ Lire la suite
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lafilledepassagelafilledepassage   01 juin 2019
- Parle-moi de ton pays.
- Là-bas …
Bernis sait que c’est impossible. Villes, mers, patries : toutes les mêmes. Parfois un aspect fugitif que l’on devine sans comprendre, qui ne se traduit pas.
De la main, il touche le flanc de cette femme, là où la chair est sans défense. Femme : la plus nue des chairs vivantes et celle qui luit du plus doux éclat. Il pense à cette vie mystérieuse qui l’anime, qui la réchauffe comme un soleil, comme un climat intérieur. Bernis ne se dit pas qu’elle est tendre ni qu’elle est belle, mais qu’elle est tiède. Tiède comme une bête. Vivante. Et ce cœur toujours qui bat, source différente de la sienne et fermée dans ce corps.
Il songe à cette volupté qui a, en lui, quelques secondes battu des ailes : cet oiseau fou qui bat des ailes et meurt. Et maintenant …
Maintenant, dans la fenêtre, tremble le ciel. O femme après l’amour démantelée et découronnée du désir de l’homme. Rejetée parmi les étoiles froides. Les paysages du cœur changent si vite … Traversé le désir, traversée la tendresse, traversé le fleuve de feu. Maintenant pur, froid, dégagé du corps, on est à la proue d’un navire, le cap en mer.
+ Lire la suite
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lafilledepassagelafilledepassage   05 avril 2019
- Parle-moi de ton pays.
- Là-bas …
Bernis sait que c’est impossible. Villes, mers, patries : toutes les mêmes. Parfois un aspect fugitif que l’on devine sans comprendre, qui ne se traduit pas.
De la main, il touche le flanc de cette femme, là où la chair est sans défense. Femme : la plus nue des chairs vivantes et celle qui luit du plus doux éclat. Il pense à cette vie mystérieuse qui l’anime, qui la réchauffe comme un soleil, comme un climat intérieur. Bernis ne se dit pas qu’elle est tendre ni qu’elle est belle, mais qu’elle est tiède. Tiède comme une bête. Vivante. Et ce cœur toujours qui bat, source différente de la sienne et fermée dans ce corps.
Il songe à cette volupté qui a, en lui, quelques secondes battu des ailes : cet oiseau fou qui bat des ailes et meurt. Et maintenant …
Maintenant, dans la fenêtre, tremble le ciel. O femme après l’amour démantelée et découronnée du désir de l’homme. Rejetée parmi les étoiles froides. Les paysages du cœur changent si vite … Traversé le désir, traversée la tendresse, traversé le fleuve de feu. Maintenant pur, froid, dégagé du corps, on est à la proue d’un navire, le cap en mer.
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aleatoirealeatoire   28 septembre 2014
On rangeait le monde pour la nuit.
"Lis-nous des vers..."
Tu lisais, et, pour nous, c'étaient des enseignements sur le monde, sur la vie, qui nous venaient non du poète, mais de ta sagesse. Et les détresses des amants et les pleurs des reines devenaient de grandes choses tranquilles. On mourait d'amour avec tant de calme dans ta voix.
"Geneviève, est-ce vrai que l'on meurt d'amour ?"
Tu suspendais les vers, tu réfléchissais gravement. Tu cherchais sans doute la réponse chez les fougères, les grillons, les abeilles et tu répondais "oui" puisque les abeilles en meurent. C'était nécessaire et paisible.
"Geneviève, qu'est-ce qu'un amant ?"
Nous désirions te faire rougir. Tu ne rougissais pas. A peine moins légère tu regardais de face l'étang tremblant de lune. Nous pensions qu'un amant, c'était pour toi cette lumière.
"Geneviève, as-tu un amant ?"
Cette fois-ci tu rougirais ! Mais non. Tu souriais sans gêne. Tu secouais la tête. Dans ton royaume, une saison apporte les fleurs, l'automne les fruits, une saison apporte l'amour : la vie est simple.
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lafilledepassagelafilledepassage   01 mars 2019
• Ils étaient faibles car ils devenaient indulgents, car notre paresse d’autrefois, qui devait nous conduire au vice, à la misère, n’était plus qu’un défaut d’enfant, ils en souriaient ; car notre orgueil, qu’ils nous menaient vaincre avec tant de fougue, ils le flattaient, ce soir, le disant noble. […] Alors ils nous interrogent. Nous étions sortis de cette maison tiède dans la grande tempête de la vie, il nous fallait leur raconter le vrai temps qu’il fait sur la terre. […] Ils voulurent savoir de lui l’ivresse de l’action, le grondement de son moteur et qu’il ne nous suffisait plus, pour être heureux, de tailler comme eux des rosiers, le soir. […] Et, comme le plus vieux rêvait, ce qui nous fit mal, combien la seule vérité est peut-être la paix des livres. Mais les professeurs le savaient déjà. Leur expérience était cruelle puisqu’ils enseignaient l’histoire aux hommes.
« Pourquoi êtes-vous revenu au pays ? » Bernis ne leur répondait pas, mais les vieux professeurs connaissaient les âmes et, clignant de l’œil, pensaient à l’amour …
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Videos de Antoine de Saint-Exupéry (146) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine de Saint-Exupéry
Le rôle de la France durant le génocide des Tutsis au Rwanda avec Antoine de Saint-Exupéry, la soif de justice des familles des victimes du bombardement de Bouaké, les Ouïghours en Chine, un grand entretien avec Agnès Callamard, présidente d'Amnesty International : dans « À l'air libre », les voix de celles et ceux qui demandent des comptes face aux raisons d'État.
Vous connaissez notre émission À l'air libre ?
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