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ISBN : 2234076366
Éditeur : Stock (02/01/2015)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 124 notes)
Résumé :
4° de couverture (et rabat intérieur) :
(Edition source : Stock - 02/2015)


Karen Blixen, roman. La baronne a eu en effet la vie la plus romanesque qui puisse être. On serait tenté de dire : les vies. Chasseresse africaine au Kenya, hôtesse mondaine dans sa demeure maritime de Rungstedlund au Danemark, conteuse au profil acéré d’oiseau de proie, amoureuse et amante, de Denys Finch Hatton à sa dernière passion nordique, Thorkild BjØrnvig... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
Macha_Loubrun
  03 mars 2015
Mais qui était vraiment la Baronne Blixen ? En 1985, lorsque Out of Africa de Sidney Pollak est sorti au cinéma, j'ai découvert l'étonnante histoire de Karen Blixen, une danoise au caractère bien trempé, partie vivre au Kenya durant quelques années d'extraordinaires aventures. J'ai ensuite dévoré son livre de souvenirs, La ferme africaine, et j'ai adoré le festin de Babeth, un film magnifique inspiré par l'une de ses nouvelles. L'idée d'aller gratter derrière l'histoire romantique qui m'avait subjuguée à l'époque n'était pas faite pour me déplaire et je tiens à remercier les Editions Stock et Babelio de m'avoir permis de découvrir Baronne Blixen de Dominique de Saint Pern, une biographie déguisée en roman, absolument passionnante, fouillée et tout en nuances…
Karen Blixen avait sa part d'ombre et de lumière, séductrice, amoureuse, conteuse, tour à tour courageuse et perverse, elle s'est complètement révélée en Afrique. Tout a commencé par des chagrins d'amour, le décès de son père lorsqu'elle était enfant et le désintérêt total pour elle d'un homme dont elle était follement amoureuse. Elle épousa finalement son frère jumeau, Bror qui l'entraina au Kenya pour s'occuper d'une ferme. Monsieur était très volage et lui laissa comme seuls cadeaux de mariage, le titre de Baronne et la syphilis.
Elle aima de toute son âme les terres qu'elle cultivait avec obstination mais aussi Denys Finch Hatton, un guide de safari cultivé. Cette double passion la dévora toute entière, la laissant exsangue et ruinée après le décès accidentel de Denys qui s'éloignait d'elle et la faillite économique de sa ferme.
L'indomptable Tania rentra alors au Danemark et se mit à écrire sous le nom de plume d'Isak Dinesen. C'est alors qu'elle engagea Clara Svendsen, la narratrice du roman devenue plus tard son exécutrice testamentaire. On découvre alors une Karen Blixen blessante et parfois méprisante avec cette jeune femme qui mit toute sa vie au service de son oeuvre, se laissant vampiriser par une femme au charme électrique.
Adulée par les écrivains danois, La Baronne entama une relation malsaine et passionnée avec Thorkild Bjornvig, un jeune poète qui accepta de signer un pacte avec elle, devenant son jouet et elle, sa muse. Cette histoire machiavélique assombrit considérablement le portrait de cette femme troublante qui s'est accrochée à la vie jusqu'au bout en éblouissant les dîners mondains new-yorkais malgré les souffrances et la maladie.
La Baronne Blixen était assurément une lionne et Dominique de Saint Pern, en conteuse tout aussi talentueuse qu'elle, m'a donnée envie de relire La ferme Africaine et de découvrir Sept Contes gothiques et Les Contes d'hiver...

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Sando
  11 mai 2015
« Il existe un dieu pour veiller sur les légendes en perdition. Pour sauver les étoiles un peu oubliées. » C'est ainsi que débute « Baronne Blixen », le roman de Dominique de Saint Pern, décidée à jouer le rôle de ce dieu des grands hommes (et des grandes femmes en l'occurrence!) et à rendre à Karen Blixen tout son éclat, toute l'intensité d'une vie riche en émotions, en aventures mais aussi en désillusions…
En se basant sur l'autobiographie de Karen Blixen : « La ferme africaine » ainsi que sur les nombreux témoignages recueillis, Dominique de Saint Pern imagine, à travers la voix de Clara Svendsen (ou Selborn), la dame de compagnie de cette femme fantasque pendant plus de vingt ans mais aussi son exécutrice littéraire, ce que fût sa vie depuis son arrivée à Nairobi en 1914 jusqu'à son retour au Danemark en 1931. Elle raconte le coup de foudre de Karen Blixen pour l'Afrique, cette terre aride qui recèle mille dangers mais dont la beauté et la richesse vous subjuguent à jamais. Elle nous ouvre les portes de son intimité, revenant sur son mariage avec Bror, un homme volage qui lui transmettra la syphilis mais pour lequel elle éprouvera toujours une profonde tendresse. On y découvre une femme passionnée qui se consumera pour Denys Finch Hatton, grand aventurier épris de liberté et amis des deux époux. Un triangle amoureux qui n'aurait été possible nulle part ailleurs mais qui prendra tout son sens sur ces terres sauvages et exotiques.
Mbogani et Nairobi deviendront la raison d'être de Karen. Elle n'aura de cesse de se battre pour ses terres, pour son exploitation de café, pour « ses gens » et leur culture fascinante. Ce n'est que le coeur brisé qu'elle abandonnera tout ce qu'elle a construit, faute de rendements suffisants, pour retourner au Danemark, la tête pleine d'odeurs, de couleurs et d'images qu'elle ne reverra plus. Naîtra alors la Karen Blixen écrivain, auteur de contes et de mémoires qui la rendront célèbre. de chasseuse de lions elle devient démiurge, consacrant son temps à l'écriture et à la vie artistique de son pays, encourageant les jeunes créateurs, jouant avec les coeurs et faisant naître des passions au gré de ses envies.
Femme du monde, aventurière, conteuse hors pair, amoureuse exaltée, Karen Blixen donne l'impression d'avoir vécu plusieurs vies en une seule. Dominique de Saint Pern nous offre un portrait passionnant et foisonnant de cette femme remarquable, aux multiples facettes. Une rencontre riche et marquante qui donne envie d'en apprendre encore plus, de revoir « Out of Africa » et de lire, enfin, « La ferme africaine ». Un roman aux airs de biographie, mais sans les contraintes qui vont avec et qui permet de rendre justice à l'un des plus beaux portrait de femme que j'ai pu lire !
Difficile dans ces conditions de ne pas tomber sous le charme de cette baronne hors normes, au caractère bien trempé, qui masque ses faiblesses par un esprit vif et impétueux. L'écriture soignée et fluide sert à merveille la rencontre entre le lecteur et Karen Blixen, développant pour son sujet une empathie croissante et durable. Un roman bien rythmé, à la fois tendre, fort et passionnant, qui rend un magnifique hommage à la femme de lettres et à l'éternelle amoureuse que fût la baronne Blixen.

Un énorme merci à Babelio et aux organisateurs du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs pour cette très belle découverte !
Challenge Variétés : Un livre avec un triangle amoureux
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Myriam3
  20 avril 2015
Quel délice de passer ainsi du Kenya au Danemark en suivant les traces d'une grande dame excentrique!
Baronne, aventurière, propriétaire d'une plantation en Afrique, puis écrivain, Karen Blixen ne pouvait qu'inspirer les biographes. Dominique de Saint-Pern prend le parti de commencer cette biographie lorsque Karen Blixen a déjà une quarantaine d'années et s'apprête à quitter le Kenya contre son gré, alors qu'elle y a vécu dix-neuf ans.
Elle choisit également Clara Selborn, exécutrice littéraire de l'écrivain, comme narratrice réinventée de ce roman qui la voit rencontrer Meryl Streep à l'occasion du tournage de Out Of Africa. Les deux femmes, selon la volonté de la biographe, passent ainsi des moments d'échanges et de rencontres autour de la vie que Blixen a menée au Kenya une cinquantaine d'années plus tôt. Sa ferme, les gens de sa plantation, puis ses luttes, son attachement à ses terres, son amour pour Denys Finch Hatton, ses exubérances frivoles, tout cet univers se dessine sous nos yeux, empli de senteurs et des couleurs flamboyantes de la savane.
Au-delà de cette histoire personnelle, on y lit cette faune d'enfants d'aristocrates danois, anglais, norvégiens, enfants terribles d'un vieux monde dans lequel ils étouffent et vivant sur cette terre sauvage comme sur un terrain de jeu: drogues, sexe, safaris, un monde incestueux dans lequel tout le monde est lié d'une manière ou d'une autre; on peut y deviner enfin la voix distante mais présente de Dominique Saint-Pern, qui, sans condamner le comportement de ces colons, n'hésite pas à montrer, parfois, leur paternalisme révoltant.
Clara Selborn ne connaît le passé de Karen Blixen en Afrique que par ce que celle-ci lui en a dit, car la jeune femme, à l'époque, ne rencontrera celle qui l'envoûtera, au point de lui faire quitter des études prometteuses pour se mettre à son service, qu'au Danemark.
Deuxième partie du livre. Seule, séparée de son mari qui au passage lui aura transmis la Syphilis, la plantation en faillite, la voilà donc contrainte de rentrer vivre auprès de sa mère et d'être traitée, alors qu'elle a quarante-huit ans, comme une jeune fille sans expérience. En 1933, le poids de la société sur les femmes célibataires est encore très lourd. Cependant, grâce à ses frère et soeur, elle se plonge dans l'écriture et une nouvelle étape de sa vie commence, remplie de rencontres littéraires et d'élans furtifs jusqu'à cette rencontre avec Thorkild Bjornvig, jeune poète danois qu'elle envoûte comme elle seule sait le faire. La Karen Blixen machiavélique, sorcière, se dessine peu à peu sous des dehors de plus en plus méprisables, et pourtant, on continue à s'attacher à elle.
La lecture de ce roman a été un vrai bonheur, notamment par toutes ces images d'Out Of Africa de Sydney Pollack, qui me revenaient régulièrement. la deuxième partie, au Danemark, m'a plus semblé être une succession de petits événements, parfois maladroitement assemblés, et j'aurais aimé avoir plus de références à son travail d'écrivain, mais ce livre m'a donné envie de me plonger dans l'oeuvre de la baronne.
Je remercie vivement Babelio, le Prix Relay et les éditions Stock pour cette belle découverte!
Lien : http://pourunmot.blogspot.fr..
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KRISS45
  18 juin 2015
Pas vraiment sympathique la baronne : paternaliste avec les uns mais autoritaire et dominatrice avec les autres. Son portrait réalisé par Dominique de Saint Pern est assez éloigné de l'image glamour incarnée par Meryl Streep au cinéma.
Après l'épopée africaine qui représente la meilleure partie de sa vie, le retour forcé au Danemark auprès de sa famille est une rude épreuve qui l'a probablement aigrie même si elle s'interdit l'auto-apitoiement.
Je ne saurais expliquer pourquoi mais j'ai des doutes sur la façon dont l'auteure interprète l'étrange relation qui la liera dans sa vieillesse avec le poète Thorkild Bjornvig, trente ans de moins qu'elle. Il est totalement sous sa coupe et à ses ordres et pas seulement sur le plan artistique, de la même façon que sa dévouée secrétaire et exécutrice littéraire Clara Selborn dont les souvenirs ont été précieux pour la biographe.
Un bon moment passé avec une sacrée bonne femme aussi admirable qu'exécrable.
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martinouche
  29 janvier 2015
La journaliste Dominique de Saint-Pern narre la vie tourbillonnante de Karen Blixen et fait le portrait d'une femme courageuse, indomptable, féministe et envoûtante qui vécut deux existences totalement différentes, une en Afrique comme fermière, et l'autre au Danemark, où elle devint écrivain à succès.
Cette biographie déguisée en roman est divisée en quatre parties (Nairobi 1984, Kenya 1930-1931,Danmark 1931, Rungstedlund 1942-1954)
Karen Dinesen est née en 1885 au sein d'une famille bourgeoise de Rungstedlund au Danemark. Elle épouse en 1914 à Mombasa, au Kenya, le baron Bror von Blixen-Finecke, frère jumeau de celui qui était son grand amour. Volage, son mari lui transmettra la syphilis.
« La Ferme africaine », roman autobiographique et adapté au cinéma en 1985 par Sydney Pollack avec Robert Redford et Meryl Streep, relate cette découverte émerveillée des grands espaces africains.
Affaiblie par la syphilis, perturbée par le divorce d'avec son mari Bror en 1925, Karen Blixen vit sa plus grande histoire d'amour avec Denys Finch Hatton. Aventurier, guide de safari, charismatique et érudit, celui-ci l'encourage à écrire. Mais ce dernier meurt lors d'un accident d'avion. Seule et ruinée par l'engloutissement de son capital dans l'achat puis la gestion hasardeuse de sa ferme, elle doit regagner le Danemark en 1931.
Elle écrit alors sous le pseudonyme d'Isak Dinesen.
Ses « Sept contes gothiques » sont édités en 1934. « La Ferme africaine » sort en 1937. Confinée au Danemark occupé pendant la guerre, elle publie « Les contes d'Hiver » en 1942.
Elle engage Clara Svendsen comme secrétaire après la Seconde Guerre mondiale qui deviendra peu à peu sa dame de compagnie jusqu'à son dernier souffle, ce qui fera d'elle son exécutrice testamentaire littéraire. ( Dominique de Saint Pern en fait son héroïne pour éclairer le caractère et la vie de la Baronne Blixen).
A la fin de sa vie, elle règne en souveraine adulée sur une cour de jeunes écrivains et intellectuels danois dont un jeune poète, Thorkild Bjornvig, de trente ans son cadet, avec lequel elle entretient une relation passionnée et machiavélique et signe « un pacte » où le jeune poète deviendra la marionnette, la proie, de sa muse tyrannique. Cette histoire est racontée par Bjornvig dans le Pacte.
Elle entreprend un voyage de quelques mois aux États-Unis en 1959. Elle meurt le 7 septembre 1962 à Rungstedlund.
Aidée par une documentation maîtrisée, des voyages au Danemark et en Afrique, en immersion dans l'oeuvre de la baronne, Dominique de Saint-Pern mélange fiction et réalité et nous offre ici un voyage extraordinaire et plusieurs facettes de Karen Blixen tantôt magnétique, tantôt perverse.
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critiques presse (2)
LePoint   02 mars 2015
La vie turbulente de Karen Blixen, l'auteur de "Out of Africa" et de "Sept Contes gothiques", racontée dans un roman de Dominique de Saint Pern. Étourdissant.
Lire la critique sur le site : LePoint
Telerama   11 février 2015
Tout cela n'est pas inédit, mais le portrait d'une troublante complexité que trace Dominique de Saint Pern d'une Blixen tout ensemble douce et hautement manipulatrice, séductrice et fragile, est plus que réussi.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
frenchbookloverfrenchbooklover   18 mars 2015


"Il existe un dieu pour veiller sur les légendes en perdition. Pour sauver les étoiles un peu oubliées. Un ange gardien capable de quitter la table du banquet où les dieux festoient. Il existe, sinon comment expliquer.

Blixen. Karen Blixen. Ce nom n'évoque plus grand chose de nos jours. Pas davantage Isak Dinesen, son nom de plume. "Celui qui rit" en hébreu. Isak, la perpétuelle promise à un prix Nobel de littérature qui n'est jamais venu. Quant à la baronne Blixen...de son vivant déjà, ses jeunes compatriotes danois la croyaient morte. Sa vie et ses contes appartenaient à une époque périmée."

Clara Svendsen a vécu plus de vingt ans en compagnie de Karen Blixen. Jusqu'à sa mort à l'automne 1962.

En 1983, elle est contactée par la production d'Out of Africa. En effet, Meryl Streep qui doit incarner l'écrivain dans ce biopic souhaiterait en apprendre plus sur elle.

"Qui la connaît mieux que vous?

La connaître...Je l'ai vue, telle une bougie sur le point de brûler la dernière fibre de sa mèche, puis flamboyer à nouveau. Ou courbée par la souffrance, écrivant ses contes pour continuer d'avancer dans une nuit vivante. Je l'ai surprise à créer des romances avec des êtres de chair, brisant des couples pour en former d'autres avec les débris des premiers. Je l'ai connue tourbillon de foudre, cri de joie, incisive ou vulnérable, joyeuse, jamais la même, toujours poussée par son goût immodéré du jeu. Car elle jouait, comme les enfants dans leur toute-puissance s'inventent un monde malléable, comme les dieux s'amusent des mortels, à leur manière désinvolte et cruelle."

Après quelques hésitations, Clara s'envole pour Nairobi. L'occasion de découvrir les lieux qui ont hanté Karen Blixen tout au long de son existence...L'occasion aussi de parler d'elle, son "Honorable Lionne"...

Quand j'avais 12 ans, je me souviens avoir pris par hasard une vidéocassette dans la collection de ma grand-mère. Le titre Out of Africa m'avait plu. Je me souviens l'avoir lancée. Je me souviens être restée scotchée devant pendant deux heures. Et une fois fini, avoir immédiatement ré-entamé le visionnage.

On ne sait jamais quand on va tomber sous le charme d'un film. Et ce soir-là, la magie a opéré. Le pays, l'intrigue, Meryl Streep, Robert Redford, Mozart dans la nuit, un vol en avion...Autant d'ingrédients qui m'ont plu et qui continuent à me plaire quand je regarde de nouveau ce long métrage.

J'ai tenté de lire ensuite La ferme africaine. Mais je n'ai jamais réussi à poursuivre l'ouvrage. Avec cette sensation de passer à côté de quelque chose. Aussi, quand Baronne Blixen a été proposé dans la dernière Masse critique Babelio, je me suis dit que ce serait l'occasion d'en apprendre plus sur cette femme fascinante.

Elle est née en 1885 dans une riche famille danoise. A 9 ans, son père se suicide par pendaison.

Après avoir éprouvé une passion non réciproque pour son cousin, elle se marie avec son frère jumeau le baron Bror Blixen-von Finecke. Tous deux partent pour le Kenya où ils doivent gérer une plantation de café.

Bien vite, cette affaire périclite. Tout comme le couple de Karen et de Bror. Karen ne pardonne pas à Bror ses infidélités à répétition et la syphilis qu'il lui a transmise. Tous deux se séparent.

Entrée en scène de Denys Finch-Hatton. Treize ans de passion. Et puis, la ruine. Et la mort qui frappe Denys en avion.

Retour définitif de Karen au Danemark. A Copenhague, dans la maison familiale de Rungstedlund, elle se met à écrire sous le nom de plume d'Isak Dinesen. Succès fulgurant.

Et début d'une nouvelle existence? Ou début du déclin plutôt? Loin de cette Afrique qui lui manque tant. Quelques fulgurances de vie cependant, lors de ses voyages aux États-Unis ou lors de ce "pacte" avec Thorkild Bjornvig

Pour raconter ce destin extraordinaire, Dominique de Saint-Pern n'as pas choisi une structure linéaire. Au début, on suit Clara dans sa découverte de Nairobi et des anciens acteurs de la vie de Karen. Rencontres. Discussions. Et une vision de Karen toujours réinventée.

Puis, lors d'une conversation de nuit avec Meryl Streep près de la maison refuge de Karen, Clara dévide le fil des souvenirs.

Cette construction m'a semblé très intéressante. Non seulement elle dynamise le récit mais elle reflète plus le mécanisme de la mémoire et les méandres des réminiscences.

Au fil des pages, nous faisons donc connaissance avec la baronne Blixen. Une femme fascinante qui a marqué tous ceux qui ont croisé son chemin. Une femme cruelle, aussi. Tyrannique. Manipulatrice. Possessive. Amoureuse. Passionnée. Volontaire. Têtue. Machiavélique.

Je dois avouer que j'ai eu du mal à complètement adhérer à ce personnage. Autant j'ai ressenti de l'admiration pour cette noble danoise partie à l'aventure en Afrique et passionnément éprise d'un homme toujours en fuite, autant j'ai été choquée par son comportement à son retour au Danemark et sa façon de vampiriser tout son entourage. Et que dire de ce pacte avec le poète Thorkild?

Bref, vous l'aurez compris: un portrait féminin hors norme, une vie habitée par un souffle romanesque...et un ouvrage qui se lit d'une traite tant on ne peut rester indifférents aux événements qui nous sont contés. Grâce à Baronne Blixen, j'ai d'ailleurs retrouvé l'envie de me plonger dans les œuvres d'Isak Dinesen.
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fanfanouche24fanfanouche24   02 mai 2017
Cette femme [Meryl Streep] est pure émotion. Elle réagit comme une plante à la lumière. Pourtant, on m'avait dit " c'est une cérébrale". Elle a fait des recherches extrêmement poussées pour ce rôle, comme pour tous ceux qu'elle a habités, elle a ingurgité l'oeuvre, épluché les biographies, les documents et les témoignages. (...)
"Clara...je ne me sens pas à la hauteur pour l'incarner. Je ne sais pas comment donner vie à cette femme qui est allée au plus profond d'elle-même pour y chercher le plus noir et l'a transformé en lumière. Elle n'est pas entrée en moi, or le tournage commence demain !" (p. 34)
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Myriam3Myriam3   15 avril 2015
Au matin, en miettes, elle avait repoussé les persiennes su wagon. Une vague brûlante avait frappé son visage. La brousse à perte de vue, des troupeaux d'animaux qui, jusque là, n'existaient que sur les planches de dessins. Gnous, zèbres, antilopes... quelle ménagerie invraisemblable! Le train les frôlait sans les déranger. L'Afrique, l'immense et somptueuse Afrique, lui ouvrait les bras.
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IkebukuroIkebukuro   20 février 2015
Si les Sept contes gothiques avaient été écrits à l'aide d'une flûte, un livre sur l'Afrique exigeait tout un orchestre. Il y aurait tant de voix à faire entendre. La voix ample des pionniers flamboyants, les glapissements des petits colons, celles tantôt criardes, tantôt pleines de sagesse des Somalis, des Kikuyus, le mutisme hautain des Massaïs. Il y aurait le tapotement léger des sabots de Lullu l'antilope sur le parquet ciré de Mbogani, les chuchotements de la forêt du Ngong, le souffle mystérieux de la plaine, les mille bruits du monde animal, et du vent, et les silences de la lune... Ca lui parut insurmontable.
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sandraboopsandraboop   05 mai 2015
Perdue dans un fauteuil démesuré, ses petits pieds chaussés d'escarpins battant le vide, la baronne avait esquissé le geste de se lever pour le saluer, mais elle en avait été incapable. Smith découvrait une vieille femme d'une extrême fragilité, si frêle qu'elle lui paraissait bricolée dans du bois flotté. Deux yeux perplexes le fixaient comme si leur propriétaire s'était réveillée en sursaut, un peu perdue. Il s'approcha, la vit mieux. Sous le bibi de lutin, une face étroite et blanche striée d'un enchevêtrement de fines rides, puis le nez aquilin, les pommettes hautes et l'expression ironique de la longue bouche. Les yeux d'un noir profond, eux, étaient bien vivants. Imlenses, cerclés de khôl, ils brûlaient d'une énergie extraordinaire. Smith vit une étincelle de gaieté danser au fond de la pupille. La voix de contralto qui sortit de la fragile carcasse l'étonnant. Mais très vite, ses gracieusetés faites, Karen retourna à sa légère apathie.
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