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EAN : 9782361321208
219 pages
Versilio (09/04/2015)
3.64/5   69 notes
Résumé :
Kanou est un petit prince choyé par tous, il grandit dans la douceur et les couleurs de Pondichéry. Mais sa mère, Galta, rêve de quitter l’Inde qui ne l’a jamais acceptée. Quand elle remonte le fil de son passé, Galta découvre les vestiges d’un secret de famille qui va mettre en péril le monde idyllique de son fils. Seule Angèle, à Paris, connaît l’histoire douloureuse qui les lie tous les trois, une vérité sombre qui changera leurs destinées.
Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
3,64

sur 69 notes

sandrine57
  03 mai 2015
A Pondichéry, Kanou grandit auprès d'un père violoniste, souvent absent, et de Galta, une mère aimante mais tourmentée. C'est Ahmma, vieille servante dévouée qui prend soin du garçon qui, à l'approche se sa dixième année, s'inquiète des changements à venir dans une vie bercée par la musique qu'écoute sa mère et rythmée par les départs et les retours de son père. Si Kanou connait ses premiers émois amoureux, il a aussi de plus en plus conscience du fossé qui se creuse entre ses parents. Galta réfléchit à sa condition d'épouse trop souvent délaissée et sa solitude est propice à une profonde réflexion sur sa vie, son enfance, ses origines et Angèle, la française qui l'a recueillie à la mort de ses parents et qu'elle a refusé de suivre quand elle a été rappelée dans son pays.
A Paris, Angèle a la nostalgie de la moiteur et des couleurs de l'Inde. Recroquevillée dans une vie terne et sans attaches, elle se languit d'un pays qu'elle a quitté malgré elle, de Galta et de Kanou qu'elle chérit sans le connaître.
Le temps des retrouvailles est peut-être arrivé et avec lui celui des secrets enfin révélés...
Le principal attrait de ce roman est la belle écriture de Fanny SAINTENOY qui, en peu de mots, sait camper un personnage et décrire une atmosphère. Elle sait aller droit à l'essentiel et recréer les rues de Pondichéry en quelques touches de couleurs et de senteurs. Cependant, ce décorum ne saurait faire oublier la minceur de son scénario... Un vague secret de famille, qu'on ne peut dévoiler ici mais qui semble assez absurde et n'aurait pas eu lieu d'être, fait le lien entre deux femmes et deux pays. L'histoire en elle-même n'est donc pas transcendante mais offre un exotique voyage en Inde où paraît tout l'amour de l'auteure pour ce pays même si elle en esquisse les failles en abordant les problèmes de castes et les préjugés raciaux.
Le problème tient surtout à la brièveté du propos. le roman est trop court pour s'en imprégner, trop court pour creuser les personnages, leurs personnalités, leurs liens. le tout reste donc superficiel et on n'a l'impression de ne faire que passer sans pouvoir s'attacher et sans connaître en profondeur, ni les personnages secondaires, ni même les principaux protagonistes. Un beau roman mais qui manque de consistance.
Merci à Babelio et aux éditions Versilio.
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Kittiwake
  12 mars 2015
Entre Pondichéry et Paris, un lien ténu, celui d'un fil de soie tissé par une filiation secrète, de celles qui doivent se dire un jour, au risque de tout briser.
Angèle colore sa vie parisienne des images du pays perdu, qu'elle avait pourtant découvert dans la violence et le deuil. Elle a laissé là-bas ses plus beaux souvenirs, mais aussi une fille adoptive. Galta ne sait pas tout : elle vit avec ce manque, et avec le souvenir d'un lien brisé aux portiques d'un aéroport, déçue par un mariage maudit qui n'en valait pas la chandelle, si ce n'était un bel enfant rêveur et amoureux d'une princesse en guenille.
La fatalité ruine les unions : séparation, mésalliance, deuils, accident (à moins que…)
Ce court récit fort bien écrit, est empreint de mélancolie. Les personnages sont en quête d'un ailleurs ou d'un autrement, puisant dans la nostalgie ou dans les projets de réparation pour un avenir meilleur. C'est autour du jeune Kanou que les liens brisés vont se renouer.
C'est court, trop court, bien des questions sont sans réponses, et c'est frustrant de tourner la dernière page d'un aussi beau récit que l'on ressent comme une ébauche. C'est une longue nouvelle ou un très court roman, qui donne envie d'en savoir plus, de s'y installer pour de longues heures, avec ces personnages, leur histoire, les événements qui les ont guidés, sur les circonstances du drame fondateur…
Il n'en reste pas moins que c'est une belle découverte : je vais m'empresser d'explorer l'univers littéraires de Fanny Saintenoy, dont l'écriture m'a séduite.
Merci aux éditions Versilio et à Babelio pour leur confiance.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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isabelleisapure
  10 avril 2015
Je repose ce livre, ma lecture achevée certes, mais mon esprit est toujours en Inde, dans cette ville fascinante qu'est Pondichéry.
Pour avoir eu la chance de la visiter il y a une dizaine d'année, j'ai aimé retrouver dans ce court roman de Fanny Saintenoy, les odeurs d'épices, et de jasmin qui enveloppent le visiteur et laissent dans sa mémoire, dans la mienne, en tout cas, une empreinte indélébile.
J'ai aimé suivre Galta dans cette ville si particulière. Pondichéry est en effet toujours fortement imprégnée de la présence Française dans ce que l'on appelle ici « la ville blanche » par opposition à la partie Indienne : « la ville noire ».
L'auteur nous propose une immersion totale dans un monde ô combien attachant par ce qu'il a d'envoûtant pour nos yeux d'occidentaux.
Et il y a l'histoire bien sûr. Une histoire simple et belle qui parle d'exil et de chagrin. Il y a Galta qui vit en Inde auprès de son mari et de son petit garçon et dont le coeur est à l'autre bout du monde, à Paris, auprès d'Angèle.
Et il y Angèle, institutrice à Paris, dont le coeur est en Inde.
Je n'en dis volontairement pas plus sur l'intrigue car j'aimerais vous inciter à vous plonger dans cette lecture.
Ce livre se lit en deux heures à peine, mais son souvenir va m'habiter longtemps.
Fanny Saintenoy a reçu pour son précédent ouvrage « Juste avant » le prix de la plume d'argent. Quel magnifique nom pour un prix littéraire ! Et comment mieux qualifier la plume simple et magnifique de l'auteure.
Un immense merci à Babelio et aux éditions Versilio grâce à qui j'ai refait un inoubliable voyage à travers une lecture magnifique.
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latina
  10 avril 2015
« La culpabilité gagne toujours la dernière manche ». Eh oui, on pourrait le croire, à la lecture de cette histoire si bien écrite, si bien décrite.
La culpabilité, le poids du silence dans ce cadre de touffeur extrême. L'humidité lourde, les matins poisseux, les explosions de fleurs, les senteurs orgiaques de la rue, les parfums riches de la cuisine, la musique entrainante : cette Inde tentante et révoltante, mêlant la beauté et la méchanceté, a attiré Sébastien, mais aussi Angèle, et soeur Elena. Et le drame se noue. Je dirais même : et LES drames se nouent.
A petites touches pleines de sensualité et tout en finesse, l'auteure nous emmène pas à pas dans la ville de Pondichéry et à Paris, aussi. Elle nous révèle peu à peu les secrets étouffants de ces familles française et indienne et le poids des conventions, par le biais de personnages et de points de vue différents, avec par moments la touche enfantine d'enfants attendrissants.
Léger, profond, voluptueux, triste, optimiste, désarmant : ce roman cumule tous les adjectifs, sauf ceux de banal et d'ennuyant. Merci à Babelio et aux éditions Versilio de m'avoir permis de voyager entre deux mondes pas si éloignés l'un de l'autre que cela, finalement.

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tynn
  05 mai 2015
"Un voyage pour ouvrir grandes les portes de son histoire"
Viens un jour où s'impose la nécessité de connaitre ou chérir ses origines, comprendre la vie ou le destin de ceux qui nous ont précédés. Evolution introspective accompagnant la maturité, ancrant un individu dans une continuité familiale.
Entre l'Inde et la France, une famille éclatée se manque, se cherche et se retrouve.
Dans l'ennui ou la vacuité d'un mariage qui tiédit, Galta va décortiquer des souvenirs d'enfance parcellaires, quand une jeune française, Angèle, lui servit de mère adoptive après la mort de ses parents. Elle va aussi chercher des réponses à cette impression de rejet que lui impose son entourage social. Car il est bien difficile de vivre "en double territoire de culture".
Le temps a passé avec la séparation. La vieille Angèle, concierge solitaire à Paris ressasse tristement les souvenirs d'un pays de couleurs, de touffeur et de bruits. Les liens se sont distendus mais le désir nostalgique de comprendre se fait impérieux. "..mille choses à se raconter, et à se pardonner".
Une amie Babeliote dont je lis les avis avec intérêt, avait été très déçue par cette lecture. J'avais donc quelques craintes ... mais le charme de cette lecture a opéré sans difficulté, d'autant que la qualité de l'écriture est au rendez vous.
Une jolie mais triste histoire sur le chagrin des départs, les non-dits, le décryptage difficile du monde des adultes et la sortie de l'enfance. Beaucoup de subtilité derrière une simplicité qui peut paraitre naïve. C'est néanmoins imprégné de morosité, pour évoquer le racisme, l'échec, la solitude, la perte des illusions et du sentiment amoureux.
(Merci à Babelio et Versilio)
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   02 mai 2015
« Sa chambre est posée sur le toit. Il suit les murs, comme le ferait une araignée, de son lit à la petite table de travail en rotin. Au milieu du tapis, Le Petit Prince est encore ouvert à la page du renard. Une porte donne sur un escalier extérieur qui descend vers sa famille, une autre, sur la terrasse. Kanou longe les dalles entourées de plantes et de fleurs, ce circuit de visions familières calme sa respiration. (…) Alors qu'il ne parvient toujours pas à se décider à bouger, Kanou perçoit les premiers bruits de la maison : les gamelles qui claquent, l'eau qui coule et celle qui bout en sifflant. Il reconnaît, un peu plus sourds, le refrain monotone des vendeurs de rue et les klaxons des rickshaws. Bientôt les odeurs de la cuisine fendront le plancher, idlis, sambar, tchaï. La voix douce de la vieille servante, Ahmma, le fantôme enchanté de cette maison, le parfum de la cardamome annonce toujours ses apparitions. Ahmma, celle qui tient toute son enfance dans sa main. Il a envie de la retrouver pour oublier ce réveil pénible. Kanou compte jusqu'à dix pour trouver le courage d'arracher son corps frêle à la moiteur des draps. Un, deux, trois... Il doit absolument gagner la fraîcheur du bas avant que sa chambre devienne un four. Sept, huit, neuf... Il a parfois cette impression inquiétante qu'il pourrait commencer à se consumer. »
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MurielTMurielT   01 mai 2015
Preeta découvrait la musique classique occidentale depuis peu, son mari était très doué pour la guider, délicatement. Elle riait parfois de gêne, cela la bouleversait un peu trop à son goût, mais ce soir là, il lui avait été doux de laisser filer quelques larmes d'émotion. Ils pensaient tous deux qu'il n'était finalement pas si compliqué de vivre en double territoire de culture, une touche par-ci, un soupçon par-là un millefeuille riche, une broderie de patchwork, minutieuse et fine. Il suffisait donc que le tissu commun ne soit pas le terrain d'une lutte de pouvoirs, c'était si simple.
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isanneisanne   17 mars 2020
Angèle est donc seule comme elle l'est dans la vie, dans la ville, depuis tant d'années. Son isolement dans cette fausse forteresse lui offre un sentiment de liberté absolue, dont elle ne fait rien de spécial mais qui lui ouvre des possibilités d'escapades minuscules.
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MahpeeMahpee   11 avril 2015
Si la plume tombe à droite de la plaque d'égout, ils viendront, si le nuage gris passe au-dessus du clocher avant la première goutte d'averse, ils annuleront. Sa nouvelle vie se passe à lire le monde de cette façon, Angèle a l'esprit et le cœur embrumés et la bouche cousue.
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pyrouettepyrouette   08 mai 2015
Elle n’avait plus l’âge de l’insolence, elle allait payer le prix fort : une solitude de plomb et une vie au ralenti. Elle était partie, revenue chez elle, là où elle se sentait une étrangère.
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