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Jean-Louis De la couronne (Traducteur)
EAN : 9782072917417
480 pages
Gallimard (11/03/2021)
3.87/5   128 notes
Résumé :
Lorsqu'une fillette est retrouvée abandonnée dans la petite ville japonaise de Benimidori en cet été 1943, les villageois sont loin de s'imaginer qu'elle intégrera un jour l'illustre clan Akakuchiba et règnera en matriarche sur cette dynastie d'industriels de l'acier.

C'est sa petite-fille, Toko, qui entreprend bien plus tard de nous raconter le destin hors du commun de sa famille. L'histoire de sa grand-mère, femme dotée d'étonnants dons de voyance, ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
3,87

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joedi
  12 juin 2018
Merveilleux récit de l'histoire de trois générations de femmes, une saga familiale qui se déroule durant la période des années cinquante à l'an 2000.
Tout commence avec l'arrivée de Man'yô, une enfant d'à peine trois ans, déposée par ceux des montagnes pendant l'été de 1943. Ces gens qui vivent cachés au fin fond des montagnes descendent au village lorsque quelqu'un est mort hors de propos, terme pour désigner les suicidés ; alors, ils les emportent pendant la nuit dans des boîtes carrées en bois. Man'yô est recueillie et élevée par un jeune couple qui, ensuite aura d'autres enfants dont elle s'occupera.
En haut du village résident les Akakuchiba, la famille propriétaire des aciéries ; en bas, au bord de la mer, ce sont les Kurobishi, la famille propriétaire du chantier naval ; parmi les familles ouvrières, deux clans, les Rouges d'en haut et les Noirs d'en bas.
Kazuki Sakuraba est célèbre pour sa série de mangas, Gosik mais également pour ses romans récompensés par de nombreux prix.
Je constate que La légende Akakuchiba, à ce jour, est le seul roman traduit en français, dommage !
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Cannetille
  14 septembre 2021
Rien ne prédestinait Man'yô, abandonnée à sa naissance en 1953 dans la petite ville japonaise de Benimidori, à devenir un jour la Grande Dame du clan Akakuchiba qui règne sur l'industrie de l'acier dans le pays. C'est sa petite-fille Tôko qui entreprend la narration de l'histoire familiale, nous racontant le parcours de cette grand-mère au singulier don de voyance, puis celui de sa mère, chef d'un gang de motardes avant de connaître le succès comme auteur de mangas.

De la reconstruction après-guerre et du miracle économique du pays, à la bulle spéculative immobilière et à la crise économique des années quatre-vingt-dix, puis, enfin, au Japon d'aujourd'hui, c'est la transformation de la société nippone sur le dernier demi-siècle que retrace cette saga familiale au travers du destin de trois générations de femmes. Aux côtés de personnages attachants, souvent étonnants pour un esprit occidental tant le Japon possède de spécificités culturelles, qu'elles soient traditionnelles ou modernes, le lecteur franchement dépaysé se retrouve plongé dans une fresque passionnante, aussi bien pour les aventures vivantes et rythmées de ses protagonistes, que pour la découverte sociologique dont elles sont l'occasion.

Car, tandis que le sort des trois personnages principaux épouse celui de leur époque, nous menant de l'optimisme confiant de la grand-mère dans un contexte de croissance à tout crin du pays, à la désillusion rebelle, puis résignée, de la mère dans une nation en crise, enfin au désarroi de la fille, à l'image d'une jeunesse contemporaine tentée de fuir dans la virtualité un quotidien de plus en plus lourd et sans perspective, nous voilà amenés à vivre de l'intérieur l'évolution des conditions de vie et d'état d'esprit de la population japonaise. Système éducatif et travail, famille et lien social, modes et phénomènes culturels, croyances et aspirations, au final tout converge vers le sentiment diffus d'une société devenue dans son ensemble profondément violente et écrasante pour l'individu, confronté dès le plus jeune âge à une pression et à une compétition sans limite.

Cette passionnante saga familiale se lit avec autant de plaisir que d'intérêt, pour l'attachante histoire de ses trois générations de femmes, mais surtout pour son édifiante immersion sociologique dans un Japon décidément sans équivalent dans le monde.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Bruidelo
  24 septembre 2022
La première des légendaires filles rouges a une excellente vue, « Tellement excellente qu'elle voyait même des choses que l'oeil ne pouvait voir ». Man'yo a des visions de l'avenir - au moment où s'ouvre le roman, en 1953 « l'âge des mythes » ne s'est pas encore retiré du village, oublié des temps modernes, où vit la famille des Akakuchiba. Mais cette atmosphère de merveilleux va disparaître sans crier gare, avec « la sainte trinité de la nouvelle religion »: télévision, machine à laver et réfrigérateur.
Et c'est à la tête d'une bande de filles à moto que la deuxième des légendaires filles rouges, Kemari, la bagarreuse féroce, devient une loubarde de légende.
« Mais la jeunesse est belle justement parce qu'elle passe », et le feu sacré quitte Kemari. Elle abdique et finit par se reconvertir en mangaka.
Une double réussite donc: les personnages m'ont bien attachée par leurs caractéristiques souvent originales et à travers eux l'évolution du Japon est mise en relief de façon bien intéressante - l'engouement pour la modernisation et la croissance, le travail acharné, la pollution et les maladies qu'elle engendre, les révoltes de la jeunesse, la bulle économique et son explosion, le désenchantement …
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  15 octobre 2017
Sur les hauteurs célestes de Benimidori, petite ville au bord de la mer du Japon à quelques centaines de kilomètres à l'ouest de Tokyo, trône l'immense résidence de la famille Akakuchiba. Installés dans cette région du San'in depuis des temps immémoriaux, les ancêtres de cette dynastie mythique sont connus et reconnus pour leur savoir-faire de forgerons. Prenant leur essor après la deuxième guerre mondiale lorsque la sidérurgie se développe à une échelle industrielle, ces maîtres du feu et de l'acier renoncent alors aux bas-fourneaux artisanaux des origines pour construire une énorme usine équipée d'un haut-fourneau. Le développement technologique améliore la productivité et apporte la prospérité, non seulement au clan Akakuchiba, mais à toute la ville, et il n'y a pas de plus grande fierté en ce bas-monde que celle d'être ouvrier aux Aciéries. Et qu'importe si le ciel est plombé en permanence par les fumées noires, et les maisons et les poumons des métallurgistes tapissés de poussières toxiques.
C'est au milieu de cette époque dorée que nous entrons dans la famille Akakuchiba. Toko, la dernière de la lignée, âgée d'une petite trentaine d'années, nous raconte l'histoire de sa grand-mère, de sa mère, et la sienne. Trois femmes très différentes, dont la vie est indissociable de celle des Aciéries. le destin de la douce Manyo, la grand-mère, tient du conte de fées : abandonnée à l'âge de trois ans par « Ceux des Confins », une tribu montagnarde nomade, elle est adoptée par un brave couple d'ouvriers qui l'élèveront comme leur fille. Dotée d'un don de voyance, pauvre et illettrée (pour son plus grand malheur), elle est cependant choisie par la matriarche des Akakuchiba pour épouser l'héritier de l'empire familial. Celui de la flamboyante et rebelle Kemari, fille de Manyo et mère de Toko, n'est pas moins extraordinaire : cheffe d'un gang de loubardes à moto à l'adolescence, elle deviendra plus tard une célèbre auteure de mangas, dont la réussite financière permettra de maintenir les Aciéries à flot lors du déclin de l'industrie sidérurgique. Quant à Toko, un peu falote et apathique, elle incarne bien sa génération, paumée et désabusée, ne sachant que faire de sa vie, au moment où le haut-fourneau, éteint depuis des années, est sur le point d'être démoli.
Cette saga familiale, entre croyances rituelles et modernité, aux personnages attachants, raconte les difficultés d'adaptation de ceux-ci, tant dans leur vie personnelle et affective que professionnelle, à l'évolution des modes de pensée et de la situation économique du Japon, faites d'allers-retours de l'euphorie au pessimisme, au gré de l'essor industriel et de son déclin, de la bulle immobilière et de son éclatement, de la perception du rôle de la famille, de la femme, des études, du travail.
Malgré quelques longueurs et une troisième partie plus faible (celle sur la vie de Toko), voici une histoire agréable à lire, un brin nostalgique, non dénuée d'humour et teintée d'une sorte de réalisme magique à la japonaise, écrite dans un style fluide, parfois poétique, parfois plus terre à terre. Dépaysement assuré.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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sandrine57
  04 septembre 2022
Man'yô n'a que trois ans lorsque ‘'ceux de la montagne'' l'oublient ou l'abandonnent, un jour de 1943, dans la petite ville de Benimidori. Recueillie par un jeune couple, la fillette se distingue par sa peau mate, son incapacité à apprendre à lire et ses dons de voyance. Pauvre mais heureuse dans sa famille d'adoption, elle n'imagine pas un instant que Tatsu, la grande dame d'en haut, l'a choisie pour devenir l'épouse de son fils ainé. Et pourtant, contre toute attente, le mariage est célébré et Man'yô intègre la puissante famille Akakuchiba, les rois de la ville, à la tête des aciéries du même nom. Ils sont ‘'les rouges'' opposés aux Kurobishi, ‘'les noirs'' des chantiers navals.
Entre le riche héritier et l'étrange bru, l'union est harmonieuse. Il n'est certes pas l'homme qu'elle rêvait d'épouser enfant, celui qui lui était apparu borgne et volant alors qu'elle n'avait que dix ans, mais elle apprécie son nouveau mari. le couple aura trois enfants : le très sérieux Namida, appelé à diriger un jour les aciéries, la rebelle Kemari qui prendra la tête d'un gang de motardes et la petite dernière, Kaban, qui se rêvait star de la danse.
Et pendant que la famille Akakuchiba s'agrandit, pleure ses morts et règne sur Benimidori, la société japonaise évolue et les aciéries avec elle.
C'est Tôko, fille de Kemari et petite-fille de Man'yô qui entreprend de raconter l'histoire de sa famille et de la ville, et la sienne aussi.
Un roman très riche qui couvre une période allant de 1953 à 2000 et, outre une saga familiale, est aussi un fabuleux portrait sociologique de la société japonaise. de l'industrialisation à marche forcée d'après-guerre au désenchantement des nouvelles générations, c'est tout un pays que l'on voit courir après le progrès, au détriment de la planète. Tout un pays qui voit dans les usines la chance de sortir de la misère d'après la défaite. le travail paie. Les ouvriers quittent leurs masures pour des appartements plus fonctionnels, les patrons s'enrichissent. La désillusion viendra avec la modernisation des chaînes de production. Les fils d'ouvriers quittent les campagnes pour Tokyo et ses bureaux climatisés. Ceux qui restent ne veulent pas s'user la santé dans les aciéries. La jeunesse se révolte, se marginalise. Les bandes de voyous pullulent avec pour seul but que de crier leur mal-être à la face du monde. Les filles découvrent que leur corps est un moyen de gagner de l'argent. Quand ces jeunes rebelles rentrent dans le rang, leurs enfants peinent à prendre la relève. Libres de leurs choix, nés dans une société qui ne risque plus rien, ils ont du mal à trouver une cause à défendre, un but à poursuivre.
Entre croissance, bulle économique, choc pétrolier et spécificités de la mentalité japonaise, Kazuki Sakuraba nous promène dans un pays qui s'est jeté avec frénésie dans une course au progrès, abandonnant certaines de ses valeurs pour en créer d'autres, tout en conservant un fond de traditions bien ancrées dans les esprits.
Ces trois générations de femmes attachantes, adaptées chacune aux problèmes de leur époque, sont sublimées par l'écriture de l'autrice qui nous promène entre onirisme et réalité brute, prouvant que le réalisme magique n'est pas l'apanage des auteurs d'Amérique latine. A découvrir absolument.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   14 septembre 2021
— Qu’est-ce qui t’arrive ?
— Rien, a-t-il répondu en secouant la tête.
— Ah bon.
— Pourquoi il faut travailler ?
— Pour manger ?
— Dans tout le Japon, combien y a-t-il de gens de notre génération qui éprouvent une fierté de faire le travail qu’ils font, d’après toi ? On est tous à continuer de travailler alors qu’on déteste notre boulot, non ? Il faut absolument continuer à faire un truc qu’on déteste ? C’est ça être un homme ? C’est ça un homme fort ? Parce que si c’est ça, alors moi, je ne suis pas du tout un homme fort.
—  Tu en as pourtant marqué un tas, de home runs…
— C’est vieux, ça.
Il a encore lancé un caillou.
— À l’époque… Purée, quand je dis ça j’ai l’impression de parler comme un vieux. À cette époque, je faisais juste ce que j’étais capable de faire. Enfin, je croyais. Je ne me cassais pas la tête ; oui, d’accord, j’aurais pu en avoir marre de suivre l’entraînement hyper pénible et je n’ai pas arrêté, mais quand je repense à cette époque, j’aimais le baseball, au moins. J’aimais le baseball plus que tout, c’est pour ça que je pouvais regarder objectivement mes capacités et m’enflammer, me passionner pour exploiter la totalité de mon potentiel. Ça, c’est depuis que je suis adulte que je l’ai compris.
— Yutaka…
— Maintenant, au boulot, je n’ai même pas envie de faire ce que je serais capable de faire. Parce que j’aime pas ça. Sauf que j’ai pas le choix, pas vrai ? Puisque je suis adulte, maintenant…
— Hum.
Il parlait à voix basse, comme s’il me disait un secret.
— En fait, être fort socialement, est-ce vraiment la même chose qu’être un homme fort ?
— Mais non ! Ça n’a rien à voir !
Pour une fois, j’étais catégorique. J’aurais bien aimé pouvoir lui dire quelque chose d’utile pour lui, l’aider, mais je n’étais pas comme lui qui faisait des efforts, au moins ; moi j’étais totalement inutile à la société, que pouvais-je lui dire d’autre que du creux ? L’ex-héros du home run, Tada Yutaka, qui brillait dans la lumière autrefois, était en train de sangloter et de renifler. Je ne savais pas quoi faire d’autre, alors je lui ai pris la main.
— Démissionne de ton boulot, si c’est si dur.
— Mais je ne peux pas. Ough… Je ne peux pas. Humf… Je… je dois devenir un homme fort.
— Tu veux dire socialement ? Mais ça n’a aucune importance, ça. Du moment que tu es toi-même, c’est ça qui compte. Les gens qui t’aiment pour toi-même resteront toujours auprès de toi. Pas vrai ?
— Je ne peux même pas ! Ce n’est pas ça, Tôko ! Ough…
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joedijoedi   07 juin 2018
À ton baiser comme un soupir
Jeune fille virginale rêve d'amour
«Sur le sable brûlant, scintillant comme de l'or
Vivons d'amour, nus, comme les sirènes

Ah, plaisir de l'amour, jours couleur de rose
De l'instant où je t'ai vu
Amour de vacances» (1)

[...]

La radio passait en boucle Amour de vacances, la chanson à succès de cette année-là, interprétée par deux jeunes sœurs jumelles.

1. Koi no bakansu, parloles de Tokiko Iwatani, musique de Yasushi Miyagawa, succès du duo The Peanuts de 1963.
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WitchbladeWitchblade   05 décembre 2017
- Et puis aussi, en Afrique, il y a une tribu où les femmes peuvent se marier entre elles. Elles se font faire leurs enfants par un proche parent de leur partenaire, et elles vivent entre femmes. Étonnant, non ? Ça fait tout de même du bien de savoir que le sens commun du monde dans lequel on vit n'est pas le même partout, tu ne trouves pas ?
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CannetilleCannetille   14 septembre 2021
Je n’avais aucune… – non, aucun d’entre nous, les élèves moyens – n’avait d’ambition particulière. Notre professeur principal nous le reprochait et nous faisait la morale assez souvent sur le sujet. Et que nous devrions brûler d’enthousiasme pour devenir ce que nous voulions devenir, et qu’on dirait même pas que vous êtes jeunes, bon sang… Et c’est quoi, avoir l’air jeune ? Apathie et dépression, ça ne suffit pas pour poser le diagnostic de cette maladie ? Le champ à couvrir était si vaste, et nos emplois du temps tellement chargés. Une saison angoissante, voilà le sentiment que j’ai gardé de mon adolescence, comme si nous étions à bord de petits bateaux au milieu de la brume. Et c’est ce qui me portait à être gentille avec mes camarades, sachant qu’ils étaient exactement comme moi dans leur petit bateau. Nous étions gentils les uns avec les autres, nous efforçant de passer au moins l’instant présent le plus agréablement possible. Avoir la bonne disposition d’esprit, voilà ce qui était le plus important. Quand nous entrions dans un champ de relations humaines, nous nous efforcions de saisir correctement l’atmosphère, pour ne pas être surpris à flotter. Nous nous motivions mutuellement pour que les conversations s’engagent, et quand la sauce prenait, l’effort nécessaire pour maintenir la tension un moment avec nos amis pouvait nous laisser assez fatigués. Les sentiments pesants et vagues, dont nous aurions eu envie de parler mais que nous ne savions pas dire, étaient en permanence refoulés au fond de nos cœurs où nous les entendions gémir.
Il y avait bien une chose pour laquelle nous étions prêts à nous enflammer. Une seule. L’amour. Pour l’amour seulement il était autorisé de se consumer sans limites, un accord tacite était passé entre camarades sur ce chapitre.
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joedijoedi   06 juin 2018
Par la vertu de la culture moderne introduite via la télévision, le vaste archipel nippon se rétrécit à toute vitesse, et se mit à respirer la même culture partout au même moment.
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