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joedi
  12 juin 2018
Merveilleux récit de l'histoire de trois générations de femmes, une saga familiale qui se déroule durant la période des années cinquante à l'an 2000.
Tout commence avec l'arrivée de Man'yô, une enfant d'à peine trois ans, déposée par ceux des montagnes pendant l'été de 1943. Ces gens qui vivent cachés au fin fond des montagnes descendent au village lorsque quelqu'un est mort hors de propos, terme pour désigner les suicidés ; alors, ils les emportent pendant la nuit dans des boîtes carrées en bois. Man'yô est recueillie et élevée par un jeune couple qui, ensuite aura d'autres enfants dont elle s'occupera.
En haut du village résident les Akakuchiba, la famille propriétaire des aciéries ; en bas, au bord de la mer, ce sont les Kurobishi, la famille propriétaire du chantier naval ; parmi les familles ouvrières, deux clans, les Rouges d'en haut et les Noirs d'en bas.
Kazuki Sakuraba est célèbre pour sa série de mangas, Gosik mais également pour ses romans récompensés par de nombreux prix.
Je constate que La légende Akakuchiba, à ce jour, est le seul roman traduit en français, dommage !
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Cannetille
  14 septembre 2021
Rien ne prédestinait Man'yô, abandonnée à sa naissance en 1953 dans la petite ville japonaise de Benimidori, à devenir un jour la Grande Dame du clan Akakuchiba qui règne sur l'industrie de l'acier dans le pays. C'est sa petite-fille Tôko qui entreprend la narration de l'histoire familiale, nous racontant le parcours de cette grand-mère au singulier don de voyance, puis celui de sa mère, chef d'un gang de motardes avant de connaître le succès comme auteur de mangas.


De la reconstruction après-guerre et du miracle économique du pays, à la bulle spéculative immobilière et à la crise économique des années quatre-vingt-dix, puis, enfin, au Japon d'aujourd'hui, c'est la transformation de la société nippone sur le dernier demi-siècle que retrace cette saga familiale au travers du destin de trois générations de femmes. Aux côtés de personnages attachants, souvent étonnants pour un esprit occidental tant le Japon possède de spécificités culturelles, qu'elles soient traditionnelles ou modernes, le lecteur franchement dépaysé se retrouve plongé dans une fresque passionnante, aussi bien pour les aventures vivantes et rythmées de ses protagonistes, que pour la découverte sociologique dont elles sont l'occasion.


Car, tandis que le sort des trois personnages principaux épouse celui de leur époque, nous menant de l'optimisme confiant de la grand-mère dans un contexte de croissance à tout crin du pays, à la désillusion rebelle, puis résignée, de la mère dans une nation en crise, enfin au désarroi de la fille, à l'image d'une jeunesse contemporaine tentée de fuir dans la virtualité un quotidien de plus en plus lourd et sans perspective, nous voilà amenés à vivre de l'intérieur l'évolution des conditions de vie et d'état d'esprit de la population japonaise. Système éducatif et travail, famille et lien social, modes et phénomènes culturels, croyances et aspirations, au final tout converge vers le sentiment diffus d'une société devenue dans son ensemble profondément violente et écrasante pour l'individu, confronté dès le plus jeune âge à une pression et à une compétition sans limite.


Cette passionnante saga familiale se lit avec autant de plaisir que d'intérêt, pour l'attachante histoire de ses trois générations de femmes, mais surtout pour son édifiante immersion sociologique dans un Japon décidément sans équivalent dans le monde.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Bruidelo
  24 septembre 2022
La première des légendaires filles rouges a une excellente vue, « Tellement excellente qu'elle voyait même des choses que l'oeil ne pouvait voir ». Man'yo a des visions de l'avenir - au moment où s'ouvre le roman, en 1953 « l'âge des mythes » ne s'est pas encore retiré du village, oublié des temps modernes, où vit la famille des Akakuchiba. Mais cette atmosphère de merveilleux va disparaître sans crier gare, avec « la sainte trinité de la nouvelle religion »: télévision, machine à laver et réfrigérateur.
Et c'est à la tête d'une bande de filles à moto que la deuxième des légendaires filles rouges, Kemari, la bagarreuse féroce, devient une loubarde de légende.
« Mais la jeunesse est belle justement parce qu'elle passe », et le feu sacré quitte Kemari. Elle abdique et finit par se reconvertir en mangaka.

Une double réussite donc: les personnages m'ont bien attachée par leurs caractéristiques souvent originales et à travers eux l'évolution du Japon est mise en relief de façon bien intéressante - l'engouement pour la modernisation et la croissance, le travail acharné, la pollution et les maladies qu'elle engendre, les révoltes de la jeunesse, la bulle économique et son explosion, le désenchantement …
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  15 octobre 2017
Sur les hauteurs célestes de Benimidori, petite ville au bord de la mer du Japon à quelques centaines de kilomètres à l'ouest de Tokyo, trône l'immense résidence de la famille Akakuchiba. Installés dans cette région du San'in depuis des temps immémoriaux, les ancêtres de cette dynastie mythique sont connus et reconnus pour leur savoir-faire de forgerons. Prenant leur essor après la deuxième guerre mondiale lorsque la sidérurgie se développe à une échelle industrielle, ces maîtres du feu et de l'acier renoncent alors aux bas-fourneaux artisanaux des origines pour construire une énorme usine équipée d'un haut-fourneau. Le développement technologique améliore la productivité et apporte la prospérité, non seulement au clan Akakuchiba, mais à toute la ville, et il n'y a pas de plus grande fierté en ce bas-monde que celle d'être ouvrier aux Aciéries. Et qu'importe si le ciel est plombé en permanence par les fumées noires, et les maisons et les poumons des métallurgistes tapissés de poussières toxiques.
C'est au milieu de cette époque dorée que nous entrons dans la famille Akakuchiba. Toko, la dernière de la lignée, âgée d'une petite trentaine d'années, nous raconte l'histoire de sa grand-mère, de sa mère, et la sienne. Trois femmes très différentes, dont la vie est indissociable de celle des Aciéries. le destin de la douce Manyo, la grand-mère, tient du conte de fées : abandonnée à l'âge de trois ans par « Ceux des Confins », une tribu montagnarde nomade, elle est adoptée par un brave couple d'ouvriers qui l'élèveront comme leur fille. Dotée d'un don de voyance, pauvre et illettrée (pour son plus grand malheur), elle est cependant choisie par la matriarche des Akakuchiba pour épouser l'héritier de l'empire familial. Celui de la flamboyante et rebelle Kemari, fille de Manyo et mère de Toko, n'est pas moins extraordinaire : cheffe d'un gang de loubardes à moto à l'adolescence, elle deviendra plus tard une célèbre auteure de mangas, dont la réussite financière permettra de maintenir les Aciéries à flot lors du déclin de l'industrie sidérurgique. Quant à Toko, un peu falote et apathique, elle incarne bien sa génération, paumée et désabusée, ne sachant que faire de sa vie, au moment où le haut-fourneau, éteint depuis des années, est sur le point d'être démoli.

Cette saga familiale, entre croyances rituelles et modernité, aux personnages attachants, raconte les difficultés d'adaptation de ceux-ci, tant dans leur vie personnelle et affective que professionnelle, à l'évolution des modes de pensée et de la situation économique du Japon, faites d'allers-retours de l'euphorie au pessimisme, au gré de l'essor industriel et de son déclin, de la bulle immobilière et de son éclatement, de la perception du rôle de la famille, de la femme, des études, du travail.
Malgré quelques longueurs et une troisième partie plus faible (celle sur la vie de Toko), voici une histoire agréable à lire, un brin nostalgique, non dénuée d'humour et teintée d'une sorte de réalisme magique à la japonaise, écrite dans un style fluide, parfois poétique, parfois plus terre à terre. Dépaysement assuré.
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sandrine57
  04 septembre 2022
Man'yô n'a que trois ans lorsque ‘'ceux de la montagne'' l'oublient ou l'abandonnent, un jour de 1943, dans la petite ville de Benimidori. Recueillie par un jeune couple, la fillette se distingue par sa peau mate, son incapacité à apprendre à lire et ses dons de voyance. Pauvre mais heureuse dans sa famille d'adoption, elle n'imagine pas un instant que Tatsu, la grande dame d'en haut, l'a choisie pour devenir l'épouse de son fils ainé. Et pourtant, contre toute attente, le mariage est célébré et Man'yô intègre la puissante famille Akakuchiba, les rois de la ville, à la tête des aciéries du même nom. Ils sont ‘'les rouges'' opposés aux Kurobishi, ‘'les noirs'' des chantiers navals.
Entre le riche héritier et l'étrange bru, l'union est harmonieuse. Il n'est certes pas l'homme qu'elle rêvait d'épouser enfant, celui qui lui était apparu borgne et volant alors qu'elle n'avait que dix ans, mais elle apprécie son nouveau mari. le couple aura trois enfants : le très sérieux Namida, appelé à diriger un jour les aciéries, la rebelle Kemari qui prendra la tête d'un gang de motardes et la petite dernière, Kaban, qui se rêvait star de la danse.
Et pendant que la famille Akakuchiba s'agrandit, pleure ses morts et règne sur Benimidori, la société japonaise évolue et les aciéries avec elle.
C'est Tôko, fille de Kemari et petite-fille de Man'yô qui entreprend de raconter l'histoire de sa famille et de la ville, et la sienne aussi.

Un roman très riche qui couvre une période allant de 1953 à 2000 et, outre une saga familiale, est aussi un fabuleux portrait sociologique de la société japonaise. de l'industrialisation à marche forcée d'après-guerre au désenchantement des nouvelles générations, c'est tout un pays que l'on voit courir après le progrès, au détriment de la planète. Tout un pays qui voit dans les usines la chance de sortir de la misère d'après la défaite. le travail paie. Les ouvriers quittent leurs masures pour des appartements plus fonctionnels, les patrons s'enrichissent. La désillusion viendra avec la modernisation des chaînes de production. Les fils d'ouvriers quittent les campagnes pour Tokyo et ses bureaux climatisés. Ceux qui restent ne veulent pas s'user la santé dans les aciéries. La jeunesse se révolte, se marginalise. Les bandes de voyous pullulent avec pour seul but que de crier leur mal-être à la face du monde. Les filles découvrent que leur corps est un moyen de gagner de l'argent. Quand ces jeunes rebelles rentrent dans le rang, leurs enfants peinent à prendre la relève. Libres de leurs choix, nés dans une société qui ne risque plus rien, ils ont du mal à trouver une cause à défendre, un but à poursuivre.
Entre croissance, bulle économique, choc pétrolier et spécificités de la mentalité japonaise, Kazuki Sakuraba nous promène dans un pays qui s'est jeté avec frénésie dans une course au progrès, abandonnant certaines de ses valeurs pour en créer d'autres, tout en conservant un fond de traditions bien ancrées dans les esprits.
Ces trois générations de femmes attachantes, adaptées chacune aux problèmes de leur époque, sont sublimées par l'écriture de l'autrice qui nous promène entre onirisme et réalité brute, prouvant que le réalisme magique n'est pas l'apanage des auteurs d'Amérique latine. A découvrir absolument.
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Witchblade
  29 octobre 2017
Je remercie Babelio et les éditions Piranha pour l'envoi de ce livre. J'ai été surprise en le recevant car il n'avait pas la même couverture que celle présentée lors de la Masse critique, il s'agissait d'épreuves non corrigées... La publication de ce roman ayant eu lieu le 5 Octobre, j'aurais préféré avoir la couverture rouge que celle monochrome.

La lecture de ce roman a été relativement longue du fait de mon emploi du temps et du récit en lui-même. L'histoire est intéressante mais avance très lentement. Il y a peu de rebondissements mais j'ai maintenu ma lecture car l'histoire était malgré tout intrigante et le style d'écriture ne me déplaisait pas. Je voulais également savoir si c'était basé sur une histoire réelle car si j'ai choisi de recevoir ce roman, c'est que je connaissais l'auteur de nom (grâce à sa fiche Babelio) en tant que mangaka, je possède le 1er tome de « Gosick ». Et le résumé de ce roman parlant de mangaka, j'ai été fortement intriguée. Ce n'est finalement pas basé sur une histoire vraie mais cela aura maintenu mon attention jusqu'au bout, d'autant que cette auteur est plus connue au Japon par ses romans, celui-ci a été édité en 2006, que par ses mangas.

C'est l'histoire du Japon vue au travers de 3 générations de femmes et vue par la dernière de cette fratrie, avec les souvenirs de sa grand-mère et agrémentée de notions sur la reconstruction du Japon après guerre, la vision des jeunes des différentes époques, des valeurs qui se sont transmises (ou non), les différentes maladies et problèmes de ces époques. J'ai beaucoup apprécié le personnage de Man'yô, j'ai aimé la suivre sur la quasi totalité de cette histoire. C'est le personnage qui a le plus de charisme en mon sens. Je regrette juste d'avoir mis autant de temps pour le lire (quasi 3 semaines) alors qu'il m'a intéressé dès le départ... le seul bémol de ce livre est qu'il m'a manqué un lexique pour tous les termes japonais inexpliqués dans le corps du texte.

Comme vous l'aurez compris, ce roman a été une chouette découverte par rapport à l'histoire du Japon vue de l'intérieur et pour ces 3 générations de femmes qui vivent différemment tout en ayant le même respect pour les anciens et les traditions. C'est juste dommage de ne pas avoir eu l'édition originale avec la couverture colorée et les coquilles en moins (des chiffres perdus dans le texte, des fautes de frappe (p15 « tatala » au lieu de « tatara » / p348 « Hozuki » pour « Hozumi » / p370 « porteplume ») et des erreurs d'impression (p311 : « s » « ortant » sur 2 lignes différentes, …), pour celles notées en cours de lecture...). Si vous êtes amateurs du Japon, de son histoire ou tout simplement curieux, je vous conseille fortement de découvrir ce roman. Pour ma part, j'espère que d'autres romans de cette auteur seront bientôt traduits en français et sinon, je lirais au moins sa série de mangas. Une nouvelle auteur à suivre !!

Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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saphoo
  26 octobre 2017
Une belle saga familiale sur trois générations qui nous permet de découvrir le début de l'industrialisation massive du Japon avec tous ses fastes et ses méfaits.

J'ai beaucoup aimé le début de l'histoire, je lui ai trouvé un petit côté mystérieux, mystique, avec un petit brin d'humour. Même si j'ai trouvé peu probable cette union étrange entre une fille d'en « bas » avec une famille noble du « haut », mais c'est justement cette partie de magie qui fait que les livres nous font rêver. C'est le personnage que j'ai préféré dans ce livre celui de la grand-mère de la narratrice.

On y apprend beaucoup par la lecture de ce livre, du moins su r le Japon, son industrialisation, les us et coutumes, on s'aperçoit que malgré nos différences de culture, l'évolution semble identique, et suit le cours de la modernisation pour ne pas dire de la mondialisation qui se dessine au fil des pages. Une belle part à la sociologie donc, ce qui m'a intéressée ne connaissant le Japon que par mes lectures.

Ce fut une lecture intéressante bien que j'ai ressenti un petit essoufflement par moments, je pense que ce livre aurait mérité d'être un peu plus court, pour lui donner plus d'intensité. Et j'ai été moins intéressée par l'histoire d e la mère de la narratrice, moins de magie je pense.

Dans l'ensemble c'est une lecture agréable et instructive, un peu longue mais riche.

Un grand merci aux éditions Piranha et à la plateforme Netgalley pour ce partage
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Sallyrose
  18 octobre 2017

Jolie saga familiale japonaise des lendemains de la Seconde guerre mondiale à nos jours.
La famille Akakuchiba est installée à Benimidori (que je n'ai pas retrouvé sur Maps), dans la province d'Osaka. Elle détient les aciéries de la région qui font d'elle la plus riche et donc la plus respectée.
Sous l'autorité d'un matriarcat bien établi, les aventures des différentes générations seront l'occasion de montrer la distance entre l'évolution du Japon et du reste du monde, le Japon restant très attaché à ses traditions.
Les descriptions sont très visuelles et les métaphores ne se cachent pas. La ville est en escalier, les riches en haut, les pauvres en bas. Et qu'il est pentu le chemin qui mène à la famille Akakuchiba !
Les personnages sont très bien développés, depuis l'origine de leur prénom jusqu'à leurs caractéristiques physiques en passant par leur tempérament parfois très surprenant.
Le lecteur navigue entre croyances et difficiles réalités de l'existence, destins étranges, contes et fléaux des aléas de l'économie mondiale.
Onirique, un peu enfantin, le style emmène doucement le lecteur au coeur des secrets de cette dynastie. On se sent bien, entre Kemari la mangaka et « gros yeux » qui prend des cours de Flamenco.
C'est le premier roman de l'auteur qui est connue au Japon pour ses mangas. Il est vrai que le style a une tonalité graphique, donnant des contours contrastés et détaillés des personnages et des lieux.
Belle surprise que ce roman que je vous conseille.
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sylvaine
  27 octobre 2017
La légende des Akakuchiba ou l'histoire de trois générations de femme narrée par Toko . S'appuyant sur ce que lui a raconté sa grand-mère Man Yö ,Toko nous retrace la saga familiale et féminine de la famille Akakuchiba, la famille des aciéries , la famille qui a assuré la prospérité de Bénimidori, petite ville portuaire à l'Ouest de Tokyo . A travers ce récit nous suivons le destin de cette enfant des confins abandonnée à l'âge de trois ans, recueillie par le jeune couple Tada . Une enfant qui restera hermétique au monde de l'école, qui ne saura ni lire ni écrire mais qui , choisie par Akakuchiba Tatsu, sera l'épouse du premier fils de la branche ainée. Man Yö s'inclinera devant son destin, accomplira son devoir et n'aura de cesse de remplir la mission qui lui a été assignée , seulement inspirée ou apeurée par ses visions. Car Man Yö est aussi voyante. ..
La mère de Toko,Kemari, fera une éblouissante carrière de mangaka et Toko se cherche paresseusement à bientôt trente ans.
Voilà pour la trame d'une histoire que j'ai trouvée longuette, trop de pages pour ne pas avancer d'un pouce ! Mais heureusement ,à côté de l'histoire de ces femmes, se déroulait celle du Japon! sa reconstruction après-guerre, sa conquête financière et économique du monde , la bulle qui explose et le Japon actuel avec ses difficultés inhérentes au monde d'aujourd'hui .
En résumé une lecture en demi-teinte, de belles pages malgré leur lenteur souvent insupportable mais n'est-ce pas simplement le ressenti d'une lectrice inculte ? A chacun donc de plonger dans ce roman et d'en tirer ses conclusions !
Un très grand merci aux éditions Piranha pour ce partenariat .
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Chestakova
  23 juin 2022
Le Japon est un pays que son histoire condamne aux mystères, ceux que peuvent susciter les transformations brutales, sur ce que la mémoire collective garde encore du passé.
« La légende des filles rouges » nous fait sillonner la deuxième moitié du vingtième siècle, des lendemains de la guerre au tournant du 21ème siècle, à travers la saga de trois générations de filles d'une même famille, comme autant de miroirs de l'évolution économique et sociale du pays, dans une fuite en avant sans retour possible sur le Japon ancestral des mythes et des légendes. Structuré en trois parties autour de ces trois figures, la narration traduit avec chacune d'elle, la permanence et la force du passé, les ruptures profondes, et l'acceptation finale du Japon contemporain dans ses failles et ses doutes.
Nous voilà donc transportés dans une plaine étroite, coincée entre les Monts Chugoku et la mer du Japon, dans le village de Benimidori, microcosme des transformations du pays tout entier. Many'o a dix ans quand commence le récit, sa présence au village est un premier mystère car le peuple des montagnes, l'y a déposé un matin. Ce peuple figure le Japon des légendes, invisible et pourtant présent, dans la prise en charge de la mémoire des morts que la société rejette, cette part de magie, Many'o la fait vivre à sa manière avec ses visions hallucinées qui lui laissent entrevoir des petits morceaux de l'avenir de ceux qui l'entourent. Ses visions d'avenir, toujours violentes, éclatent dans une société qui s'éloigne doucement des fondements du Japon d'hier. le village de Benimidori voit ainsi se développer les chantiers navals qui transforment la région côtière et l'aciérie, plus haut sur les pentes, qui petit à petit fait mourir les vieilles traditions de fabrication du fer. le beau personnage de l'ouvrier Toyo figure lui aussi ces transformations. Les grandes familles propriétaires des usines encadrent ainsi en rouge et noir le petit peuple des ouvriers qui va passer des maisons de bois aux cités de béton. C'est le poids de la magie et de la tradition qui fait entrer Many'o dans la puissante famille des Akakuchiba, maîtres des forges et de l'acier rouge. La lignée est lancée. Kemari la première fille de Many'o fait avancer l'histoire du Japon dans ses années de transformation brutale, industrialisation, croissance et mirage de la consommation, une violence sociale que réussit à traduire la littérature des mangas, bien connue par l'auteur elle-même et dans laquelle Kemari finira par se plonger. La violence de Kemari, hurlante sur sa moto à la tête de son gang de filles, est à la hauteur des transformations violentes que le pays connait. La mort de Kemari, celle de Many'o annoncent une troisième période, sous le signe de l'éclatement de la bulle financière, dans une nouvelle phase récente de la croissance japonaise. Toko, la petite dernière se replonge dans le passé de sa grand-mère et semble enfin symboliser le retour à une certaine sérénité.
Une belle découverte que ce récit très vivant où se mêlent le réel et l'imaginaire à la façon d'un Murakami. Je vous invite fortement à tenter l'aventure.
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