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EAN : 9782203093478
131 pages
Éditeur : Casterman (20/09/2017)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 111 notes)
Résumé :
1941. Dans les salons feutrés d'un paquebot en route pour l'Argentine, le champion du monde d'échecs affronte lors d'une ultime partie un aristocrate viennois, dont l'incroyable maîtrise du jeu est née dans l'antre de la tyrannie.

Cette dénonciation poignante et désespérée de la barbarie nazie est le dernier texte écrit par Stefan Zweig avant son suicide.
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  13 juillet 2018
New-York, 1941. Sur un paquebot qui le mène vers l'Argentine, le narrateur croise le champion du monde d'échecs, Mirko Czentovic. Un homme froid, énigmatique, inculte mais extrêmement doué dans cette discipline. le narrateur espère le rencontrer mais on dit l'homme fuyant, restant cloîtré dans sa chambre la plupart du temps. Aussi, décide-t-il de le "piéger". Jouant aux échecs avec un certain Mc Connor, un riche ingénieur écossais, Czentovic finit par passer devant eux mais leur jette à peine un regard. L'ingénieur, aimant les défis, veut absolument jouer contre lui, moyennant 250 dollars la partie. le rendez-vous est pris pour le lendemain. Des parties qui vont attirer bon nombre de passagers. Dont un mystérieux M. B., particulièrement doué qui pourrait battre le champion du monde même s'il affirme ne pas avoir touché aux pièces depuis 25 ans...

Dans ce roman graphique, adapté de la nouvelle éponyme de Stefan Zweig, David Sala nous emmène à bord de ce paquebot, en route pour l'Argentine. À son bord, le narrateur, dont on ne connait pas le prénom, le champion du monde d'échecs, Mirko Czentovic et ce M.B., qui dirigeait un cabinet d'avocat jusqu'à ce qu'il se fasse arrêter par la S.S.. C'est au cours d'une discussion que l'on en apprend plus sur cette tragique période qui le marquera à tout jamais. Ce récit sombre, aussi mystérieux qu'envoûtant, nous plonge dans une atmosphère tendue et oppressante. C'est une véritable guerre psychologique qui se joue, d'une part lors des parties d'échecs où la tension est palpable et les silences assourdissants, d'autre part lors des interrogatoires de M.B. par la Gestapo. L'auteur réussit brillamment cette adaptation d'autant que les illustrations sont étonnantes et saisissantes : des planches à multiples petites cases, des superpositions de cases, de nombreux motifs parfois géométriques (notamment le plancher du salon avec un effet en trois dimensions ou encore le fauteuil), parfois psychédéliques ou encore des plans serrés... Ses aquarelles sont du plus bel effet : des couleurs froides et un rendu très nature.
Une très belle adaptation..
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Roggy
  31 août 2020
Ecrire permet parfois d'apprivoiser les souvenirs douloureux.
Cela permet également de dénoncer la barbarie qui choque, qui traumatise, qui hante les nuits.
Le joueur d'échecs, écrit par Stefan Zweig dans les 4 mois qui ont précédé son suicide, est sombre, à l'image de l'état d'esprit de l'auteur autrichien et dénonce les horreurs du nazisme.
Avec une colorisation et des traits qui collent à l'oeuvre et une adaptation sensible et intelligente, David Sala rend honneur à ce grand classique de la littérature. Il choisit justement de mettre de la lumière dans les dessins, en supprimant les ombres, pour jouer avec l'effet de contraste avec la noirceur du récit.
C'est un portrait lucide et subtil des ravages que le nazisme a laissé dans son sillon de folie.
Dans un décor quasi cinématographique, et en gros plans, David Sala retranscrit l'angoisse et la folie. Les dessins en bichromie nous plongent tête la première dans le monde des échecs.
Le bédéiste transpose l'histoire dans un style assez art nouveau qui évoque la nostalgie d'une époque passée, tant regrettée par Stefan Zweig.
L'omniprésence des visages en gros plan créent une atmosphère anxiogène qui fait écho à l'enfermement du personnage.
Magnifique hommage à l'oeuvre de Stefan Zweig, la nostalgie d'un monde passée est parfaitement illustrée !
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Crossroads
  10 octobre 2019
P'naise, se lancer dans l'adaptation du joueur d'échecs de Stefan Zweig, le mec doit être soit dangereusement barré, soit parfaitement inconscient, voire complètement fou. En C4, le Fou, pour être précis.
Ben non.
Cette magnifique gageure de David Sala n'appelle qu'un seul commentaire : royal !
En A6, le Roi, pour être précis.
Une colorisation et des personnages collant parfaitement à l'époque évoquée - pas que je sois à cheval (en F3, le Canasson, et je retiens un) sur le respect de l'oeuvre originale mais quand même – et c'est avec délice que l'on se plonge dans cet étrange récit, dernier de l'auteur avant qu'il ne décide de tirer sa révérence suicidaire.
Sala fascine, Sala hypnotise, Sala se rit de nous voir si magnétisé par ce miroir à bulles.
Un sacré tour de force au regard de la gravité du sujet initial.
En A5, la Tour, en vous remerciant.
Ce joueur d'échecs se lit autant qu'il se reluque, transformant le lecteur en misérable pion ballotté par le flot de l'histoire.
En A2, B2, C4 (hé, hé, les plus perspicaces d'entre vous auront facilement éventé cette célèbre ouverture d'un Bubendorff alors au sommet de son art), D2, E2, F2, G2 et H2, les pions, si c'est pas trop demander.
Bref, n'hésitez pas à rentrer dans la Rein...l'arène, vous serez forcément échec et mat...
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cicou45
  09 juin 2018
Au final, je fais un bon troc avec mon père, alors que lui me prête les bandes dessinées, je me charge moi de lui prêter les oeuvres originales lorsqu'il s'agit, comme ici, d'adaptations littéraires. J'ai toujours admiré Stefan Zweig, que j'avais étudié en terminale alors que je passais un Bac L, non seulement en tant qu'écrivain mais aussi en tant qu'homme. Il n'y a rien de plus admirable pour un homme vivant sous le régime nazi et n'étant pas du tout en accord avec les idées que prônait Adolf Hitler que de répudier sa langue natale qu'était l'allemand pour s'exiler e écrire dans une autre langue.
Bref, parlons ici de l'ouvrage qui nous intéresse, probablement l'un des plus beaux de Zweig à mon avis. Sous le régime nazi, il n'y avait pas que des camps de concentration mais également ce que je me plais à appeler des prisons dorées. C'est le cas de notre jeune ami qui, n'étant pas juif ni contre le régime, serait susceptible de posséder des informations que le régime en place aurait tout intérêt à récupérer. C'est ainsi que l'on pourrait penser que Monsieur B., comme tant d'autres comme lui, ont eu un traitement de faveur en étant enfermé dans des hôtels de luxe. Cependant, il n'en est rien car il n'y a pas pire enfermement que celui avec soi-même, sans âme humaine avec qui parler, sans distractions possible si ce n'est les quelques éléments que possède la chambre. Aussi Monsieur B. se croit-il sauvé lorsqu'il parvient à dérober à un SS un livre. Grosse surprise en arrivant dans sa cabine : celui-ci ne comporte que des lettres et des chiffres : il s'agit en réalité d'un manuel retraçant toutes les plus grandes parties d'échecs. Gros risque à cela, une fois qu'il les aura toutes mémorisées lorsqu'il se retrouvera à jouer contre lui-même, tombant ainsi dans un état semblable à la schizophrénie.
C'est à bord d'un bateau où se trouve embarqué le champion du monde d'échecs, Mirko Czentovic que la fragile santé mentale de notre protagoniste va être mise à rude épreuve. Parviendra-t-il à ne pas replonger dans la folie ?
Un ouvrage assez caricatural du point de vue graphisme selon moi mais qui est loin d'être déplaisant à regarder er à (re) découvrir !
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blandine5674
  10 novembre 2018
Belle retranscription du roman de Stefan Zweig en roman graphique. L'ambiance est bien palpable lors des parties d'échecs sur le bateau. La passion qui peut mener à la folie est bien présente. Les dessins sont travaillés, surtout dans les décors. Couleurs vives. Magnifique ! Quel talent !
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critiques presse (3)
ActuaBD   22 novembre 2017
Adaptation périlleuse d'un chef d'oeuvre de Stefan Zweig, et pourtant réussite incontestable : une atmosphère fiévreuse où la passion menace la raison, saisissante comme dans la nouvelle originale.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
LaLibreBelgique   31 octobre 2017
Le Français adapte la nouvelle de Stefan Zweig, "Le joueur d’échecs". Dessin maîtrisé, superbes couleurs directes, mise en page inspirée : de la très belle ouvrage.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   16 octobre 2017
David Sala signe une somptueuse adaptation d'une nouvelle crépusculaire de Stefan Zweig et laisse éclater son talent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   09 juin 2018
"Le plaisir de jouer s'était mué en délectation morbide et celle-ci en esclavage."
Commenter  J’apprécie          190
marina53marina53   13 juillet 2018
Comme disait Stendhal : "La beauté est une promesse de bonheur."
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   14 juillet 2018
- C'est assez surprenant, vous avez alors dû vous intéressé beaucoup à la théorie des échecs ?
- Beaucoup intéressé, oui... On peut le dire, je me suis beaucoup intéressé aux échecs, mais dans des circonstances très spéciales. Une histoire compliquée, révélatrice de notre charmante et grandiose époque. (p. 40)
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   14 juillet 2018
Comme on peut reconnaître un poète à ses vers, je pouvais distinguer le style et la tactique de chaque joueur. (p. 71)
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cicou45cicou45   09 juin 2018
"Une chambre particulière dans un hôtel, cela donne en soi une impression d'extrême humanité, n'est-ce pas ? En vérité, une torture bien plus raffinée m'attendait. Je fus placé dans cette chambre. On ne me faisait rien, f'étais simplement dans un néant radical et absolu."
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