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EAN : 9782075189125
368 pages
Gallimard Jeunesse (25/05/2023)
4.04/5   94 notes
Résumé :
Amal, lycéen noir américain, ne vit que pour le dessin, la peinture et la poésie. Il suffira d'une bagarre. Juste une embrouille entre garçons pour que son existence bascule...et c'est la prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Ce n'aurait pas dû être son histoire. Pourra-t-il la changer ?
Que lire après Mes coups seront mes motsVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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Amal veut dire espoir
Tel un cri
DE RAGE OU DE HAINE
Tu le hurles dans le noir

La révolution ne sera pas télévisée
écran noir et blanc on sait qui est
qui, du blanc et du noir
le noir est toujours le coupable
le blanc est le juge, l'avocat ou la victime

Une histoire de couleur finalement
Tu cries dans ta tenue orange
De ta cage grise
que le bleu du ciel n'arrive pas
à s'infiltrer à travers ses barreaux

Le coeur haut
et la bite basse
le regard noir
et les poings serrés
tu penses
à quoi à toi à qui

Le poing serré
Tu as donné le premier coup négro
le mal est fait tu es coupable
le poing serré il est devenu micro

Tes rimes collent à ton âme
Tes pleurs sonnent comme des regrets
Tes mots sont tes maux
mais

tu chantes, tu cries, tu slames
coupable
j'écoute, j'écoute, j'entends,
coupable
les pages se tournent
coupable
et la musique continue
coupable
je lis et c'est comme si un disque
de Gil Scott-Heron habitait ma platine
pendant que ce roman va longtemps habiter mon esprit

et je reçois ton coup de poing
dans la gueule
tel un crochet de Tyson
dans le bide
tel un uppercut de Balboa
dans l'âme, Adrian
tel un direct de Ali
je sombre dans les cordes, des étoiles dans la tête, de la rage dans le coeur, de l'émotion dans le corps

Extinction des feux
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Lire un roman en vers libres fut une première pour moi et s'est aussi transformé en une belle surprise, car je ne suis vraiment pas une adepte de poésie.
"Mes coups seront mes mots" s'inspire de la vie de l'un de ses auteurs, Yusef Salam, et évoque le parcours d'un jeune lycéen américain noir de New York, qui était présent au mauvais endroit, au mauvais moment lors d'une bagarre et qui sera envoyé en prison, avant d'être innocenté ultérieurement.
Dans une langue claire et précise, le personnage d'Amal raconte ses souvenirs d'enfance, puis le procès et enfin son quotidien dans la prison.
C'est justement cette dernière partie que j'ai particulièrement apprécié, sans doute tout d'abord parce qu'à ce stade de la lecture, je m'étais habituée au verbe et au rythme du phrasé, mais aussi car on y découvre ce qui permet à Amal de rester humain et vivant, sa passion pour l'art que ce soit sous la forme de la poésie ou de la peinture. Ces activités ont eu un impact thérapeutique non négligeable pour l'aider à accepter l'innaceptable et à tenter de garder un sens à sa vie.
Livre édité aux éditions jeunesse, mais que tout adulte peut lire sans aucune difficulté et avec beaucoup de plaisir et d'intérêt.
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Ce roman raconte l'histoire d'Amal, un lycéen noir qui se fait impliquer dans une ‘'guerre de quartier'' contre des jeunes blancs. Sauf que ça dégénère et part beaucoup plus loin qu'une simple bagarre. Il finit par se retrouver au tribunal, jugé pour un crime qu'il n'a pas commis. Il est envoyé en prison mais refuse de se laisser détruire, il reste plein d'espoir car son nom est Amal et Amal veut dire espoir. Jonglant entre les mots, le dessin et la poésie, le jeune homme réinvente un monde, réécrit son histoire, s'évade de ces murs, passe les barreaux de fers pour crier haut et fort cette injustice, cette condamnation pour une chose qu'il n'a jamais faite.

Quand j'ai vu ce bouquin pour la première fois sur une étagère d'une librairie, il m'a tout de suite attiré l'oeil parce que faut bien admettre que l'objet en lui même est magnifique. La couverture est super belle, les couleurs vives m'ont vite attirées, ce qui compense le fait que c'est un sacré pavé :)
Et puis je l'ai ouvert et je me suis dit ‘'ça par exemple, encore un roman en vers libre!'' (bon, ok, peut être pas mot pour mot, je ne dis pas ‘'ça par exemple'' à tout bout de champ^^). En effet, je venais de finir Un Garçon C'est Presque Rien de Lisa Balavoine (va lire ma critique dessus pour savoir ce que j'en ai pensé ^w^) et comme ce livre en vers libre m'avait beaucoup plu, je me suis laissé tenté et je l'ai acheté.
Par contre, l'erreur que j'ai fait a été de le lire juste après avoir fini le livre de Lisa Balavoine… On m'a toujours dit de ne pas lire deux livres de même catégorie à suivre pour ne pas me lasser et, surtout, pour ne pas les comparer. Sauf que Mes coups seront mes mots me donnait trop envie du coup je l'ai lu juste après Un Garçon C'est Presque Rien.
Et, bien sûr, je n'ai pas pu m'empêcher de les comparer, ce qu'il ne fallait absolument pas faire surtout qu'ils parlaient de choses complètement différentes! de plus, comme le roman de Lisa Balavoine était un gros coup de coeur, celui de Ibi Zoboi et de Yusef Salaam serait moins bien que lui.
Tout ça pour dire j'ai été un peu déçue, je ne sais pas si c'est parce que j'en attendais plus de ce bouquin ou si, comme je te l'ai dit plus haut, je l'ai trop comparé avec le précédent roman en vers que j'avais lu…
Effectivement, c'est vrai que si on l'oppose avec Un Garçon C'est Presque Rien, j'ai trouvé Mes coups seront mes mots moins poétique, moins beau mais il faut aussi prendre en compte que ce roman ne parle pas du tout de la même chose. Il parle de racisme, ah oui, il y en a plein dans cette histoire, ce racisme envers les noirs, les ‘'négros'', ce traitement de faveur pour les gens ayant la peau blanche… Je te jure qu'à certains moments j'ai du fermer le livre et respirer un bon coup pour me calmer et continuer ma lecture parce que sinon, j'aurais déjà balancé mon livre à travers la pièce (je suis légèrement impulsive…^^').
Et personne n'a le droit de dire que ce n'est qu'une histoire et pas la réalité car elle a été inspirée d'un récit réel, de quelque chose qui s'est vraiment passé, de l'histoire de Yusef Salaam (l'affaire de ‘'la joggeuse de Central Park'', je te laisse aller te renseigner).
Je trouve que savoir ça rend le livre encore plus impactant qu'il ne l'est déjà, savoir que c'est vraiment arrivé, que ça arrive à pas mal de personnes accusées à tort dans le monde…
Ce roman est vraiment beau et bien écrit, les textes en vers libres soulignent sa ‘'vérité'', il délivre un message d'espoir et de courage malgré le sujet qu'il traite.
Ce fut donc une belle lecture, pas un coup de coeur malheureusement mais elle fut marquante et juste.
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Amal était au mauvais endroit au mauvais moment. Une embrouille qui dégénère et le voilà dans un centre de détention pour mineurs.

Ce roman nous plonge dans la vie d'Amal, lycéen noir américain, à un moment difficile de sa vie. Il sait qu'il ne doit rien dire ou faire qui puisse menacer son avenir. Ce qui peut le sauver ? La peinture et les mots. C'est comme cela qu'Amal s'exprime. le résultat ? 400 pages en vers libres qui vont droit au coeur. Tristesse, colère, joie, espoir … Amal et sa poésie vous feront passer par toutes les émotions possibles. Un prénom qui n'a pas été choisi au hasard car Amal signifie « espoir » en arabe…

A travers ce récit, les auteurs dénoncent les violences raciales qui continuent de sévir aux Etats-Unis, mais, ils ont aussi voulu montrer le pouvoir de l'art dans des situations comme celle que vit Amal. Ils ont souhaité s'adresser à un public adolescent en partageant cette histoire et c'est un pari réussi. Selon moi, il est important de lire ce livre qu'importe l'âge.

Je vous invite à lire les notes et remerciements en fin de roman. Si vous avez l'habitude de ne jamais les lire, je vous promets que ça en vaut la peine. Cela nous permet de mieux comprendre les intentions des auteurs et l'émotion y est très forte également.

Le roman se termine sur une fin ouverte qui m'a laissé sur ma faim, mais, qui est totalement en adéquation avec le reste de l'histoire.

Inspirée de la véritable histoire de Yusef Salaam, un des auteurs, ce récit m'a énormément touchée. C'est un roman qui me marquera pendant longtemps. Je retiendrais la puissance des mots et la force que nous donnent nos passions et nos convictions dans des moments critiques de nos vies.
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Au programme : un roman inspiré de l'histoire vraie d'un de l'un des Central Park Five, un lycéen poète et artiste dont le destin bascule du jour au lendemain à cause d'un crime qu'il n'a pas commis et un écriture en vers libres poignante, bienvenue dans l'univers percutant de Mes coups seront mes mots !

Il y a des romans qui vous marquent, peu importe l'âge que vous avez en les découvrant ou la période que vous traversez : Mes coups seront mes mots est définitivement l'un d'eux. Tout d'abord, parce qu'il aborde des sujets graves et sérieux : racisme, univers carcéral, violence, injustice... mais qu'il arrive également à amener une pointe d'espoir à travers l'art, que ce soit dans les dessins, peintures ou poésies d'Amal, le personnage principal que l'on suit au fil des pages (et dont le nom signifie justement Espoir !)

En plus de l'intrigue, j'ai été marquée par l'écriture en vers libres et la mise en page complètement unique de cette histoire. Je ne savais pas si j'allais accrocher en commençant ma lecture mais le pari est définitivement réussi ! le style est percutant et vibrant, et m'a toujours plus plongé dans cet univers, à tel point que j'ai lu les 400 et quelques pages d'une traite.

Autre détail ayant son importance, les notes des auteurs qui donnent encore plus de sens à ce récit et notamment sa fin qui pourrait désarçonner le lecteur, mais qui fait au final complètement sens. En résumé donc, un roman unique et bouleversant que je ne peux que recommander !
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
COSTUME GRIS

Umi m'a dit de mettre un costume gris
parce que les apparences

Mais en gris je n'étais pas moins noir
Avec mon avocat blanc je n'étais pas moins noir

Les mots peuvent peindre des tableaux en noir et blanc, aussi

Peut-être que les idées ont des yeux
qui séparent le noir du blanc comme si le monde
était une vieille, très vieille émission de télé

Peut-être que les idées, c'est la ségrégation
comme au temps
du révérend King et peu importe les marches,
les hashtags, les Justice pour Untel

les yeux de notre esprit et l'esprit de nos yeux
voient le monde comme ils l'ont décidé
Tout est déjà illustré
en noir et blanc
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La rage est un sentiment implacable, a dit Umi
Elle ne fait rien bouger Elle donne juste envie
de cogner un mur ou un visage Elle se tient là,
masse pesante et sombre devant tes yeux, qui fait
que tu ne sens rien d'autre que la faim qui pulse
dans ton ventre vide Alors tu es obligé de l'affronter
et d'ouvrir la bouche toute grande pour l'avaler
d'un coup, en pensant que ça coulera
comme du lait chaud Mais la rage est un magma
d'os et de sang et de cris qui se transforment en
flammes, donc tu dois bien mâcher Avaler
cette amertume tranchante qui engourdit
ta langue, ta bouche et tes mots
Tu ne la sens même pas dans
ta gorge qu'elle est déjà
dans ton ventre Lourde
immobile comme
un cœur arrêté
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SALLE D'AUDIENCE

Je sais qu'une salle d'audience c'est pas
un décor de clip, c'est pas
Coachella ou les BET Awards, c'est pas
MTV, VH1 ou les Grammys

Mais quand même

y a un public
de fans, d'experts et de juges

Les regards scrutent à travers des écrans
voient chaque mensonge, décryptent chaque mot inventé
un sweat à capuche noir direct c'est un masque
un truc chelou que je fais avec mes doigts
direct c'est le code d'un gang
quelques bagarres et direct t'es un enragé
trois redoublements et direct t'es un teubé
genre tout ce que je suis, ce que j'ai été
direct ça veut dire

coupable
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MICROPHONE

Au lieu de ça j'ai bricolé un rythme
fait de la porte un tambour

fait de mon poing un micro
fait de mes mots un mégaphone
fait de ma vérité l'air

Arrête de tuer, mon frère
tu es déjà désigné
à cause de ta couleur
Pourquoi ne pas tous nous mettre en prison alors ?
Y a une chance qu'on devienne des escargots
Y a une chance qu'on ne se rebelle pas
Sur moi, ils ont laissé des cicatrices indélébiles
Je suis ici à envoyer des rimes derrières des barreaux
Ils pensaient que le mitard me mettrait
en captivité comme Kunta
mais je suis toujours libre
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REFRAIN

J'étais censé dire quoi ?
Que je n'ai pas fait ça, encore et encore
comme si c'était un tube ?
Disque de platine de l'été
par un DJ avec un bête de beat ?

Que les petits enfants font des vidéos virales en dansant sur...
Je n'ai pas fait ça
Que des filles blanches jouent de la guitare sur YouTube sur...
Je n'ai pas fait ça
Que des chorales d'églises chantent des remix de gospel sur...
Je n'ai pas fait ça
Qu'Ellen fait son numéro de 2-step sur...
Je n'ai pas fait ça

Et je suis là
à crier à la juge, aux jurés, aux flics, aux journalistes,
à sa mère, à ma mère, que
j'ai donné le premier coup mais pas le dernier...
Je n'ai pas fait ça
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