AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Danielle Schramm (Traducteur)
EAN : 9782742793136
300 pages
Actes Sud (02/10/2010)
3.5/5   73 notes
Résumé :
"Une musique mélo, fade et fausse, s'égrenait mollement, une voix rachitique chantait El dia que me quieras comme s'il s'était agi d'une chanson insignifiante sans nom et sans histoire. J'enlevai le casque et Charly me demanda :

-Vous comprenez maintenant pourquoi je dois le tuer? Vous me comprenez, Octavio?

Je hochai la tête. Je ne comprenais toujours pas ce qui le poussait, le soupçon d'une possible folie traversa à cloche-pied la cou... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
3,5

sur 73 notes
5
4 avis
4
3 avis
3
3 avis
2
2 avis
1
2 avis

Une histoire dingue et déjantée, premier roman d'un argentin installé en Espagne.

Octavio, brave homme, qui s'ennuie ferme avec sa femme, un peu trop grosse, un peu trop convenue, un peu trop triste. Un boulot tout aussi triste. Une vie sans passion, sans plaisir. Des vacances formatées au Maroc. Coup de théâtre ou coup de chance, sa femme meurt dans cet hôtel. Manquait plus que ça : trépasser en milieu étranger. Même dans sa mort, sa femme le fait chier encore ! Vacances gâchées.

Cette mort, un enchantement, va basculer sa vie. le voici enfin libre, ce brave Octavio qui prendra quand même la fuite et croisera la route d'un escroc argentin, le genre à vendre des glaces en plein désert dans sa fourgonnette, et Carlos Gardel que tu croyais mort (et pourtant, non ! il a survécu à cet accident d'avion à Medellín) et qui n'a qu'un but, celui de tuer Julio Iglésias pour la simple raison qu'il ne sait pas chanter les tangos de Carlos Gardel. Ce trio improbable se forme au gré de multiples péripéties. Poursuivi à travers le Maroc jusqu'en Espagne, ces pieds nickelés hispaniques subiront des aventures les plus rocambolesques et drolatiques qui soient.

Un roman loufoque fait de rencontres et de profondes vérités, sur la passion, sur le sens à donner à sa vie, tout en gardant un oeil amusé sur son propre regard. Et parmi ces rencontres, des hippies, des trafiquants de cocaïne colombiens – ou boliviens, une équipe de cinéma, un chat arrogant, un Prix Nobel de Littérature et Ingrid. Ah ! Ingrid, délicieuse Ingrid. Une grande blonde suédoise aux atouts indéniables et aux charmes proéminents. le pauvre Octavio ne va pas s'en remettre, mais depuis sa libération – comprendre depuis la mort de sa femme – le sexe d'Octavio semble lui aussi s'être libéré jusqu'à doubler de volume… Ingrid, quel effet tu me fais…

Un roman de Carlos Salem, premier du nom à la fois drôle et tendre, totalement jubilatoire et désabusée. Une première partie complètement époustouflante, rythmée au son du tango et de sexe libre. Et puis comme toute vie, le roman s'essouffle un peu sur sa fin. Mais sans bouder le grand plaisir qu'Ingrid m'a procuré ou que de perverses teutonnes se sont frottées à mon corps. Au fait, je ne t'ai pas encore parlé de la légende de Carlos Gardel...

Qui peut dire pourquoi Quand ils entendent sa voix Dans un océan de pleurs Ils se noient…

Et parce que la vie n'est qu'un aller sans retour, telle une étoile filante, pourquoi tergiverser encore et ne pas se jeter dans ce que doit être vraiment la vie, ce mélange de passion et de fragrance amoureuse qui réunit les âmes.

« - Je ne sais toujours pas pourquoi on est parti, objectai-je.

- Parce qu'il y a toujours un moment où il faut partir Octavio. Vous ne savez toujours pas, à votre âge, que la vie est un aller simple ? »

« Aller Simple », un billet à composter.


Lien : http://leranchsansnom.free.f..
Commenter  J’apprécie          340

J'avais déjà pu apprécier le style et le talent de Carlos Salem avec l'excellent " Nager sans se mouiller".

J'ai donc renouvelé l'expérience avec une autre de ses oeuvres et je n'ai pas été déçue!

Aller simple est encore plus déjanté que Nager sans se mouiller ! On ne s'ennuie pas une seconde avec les aventures rocambolesques de Octavio Rincon que rien ne destinait à être autre chose qu'un petit fonctionnaire englué dans un mariage avec une peste !

Il va faire des rencontres qui vont l'aider à se révéler et se découvrir dans une histoire échevelée pleine d'humour et de dérision sur fond de tango ....

Commenter  J’apprécie          180

Aller Simple est un bijou de roman rocambolesque et démesuré dans la grande tradition des romans sud-américains, mêlant humour, dérision, aventure, fraternité et rêve éveillé.

Octavio Rincon, jusque-là terne fonctionnaire espagnol, est miraculeusement débarrassé d'une épouse castratrice au cours de vacances trop organisées au Maroc. C'est le début d'une glissade sans fin au cours de laquelle Octavio va notamment se lier avec Soldati, escroc argentin et maladroit dont il prendra vite de la graine, un revenant nommé Carlos Gardel qui, comme vous l'apprendrez n'est pas mort dans un accident d'avion à Medellin, est bien vivant et n'a pas vieilli, va être poursuivi par le Bolivien qui veut à tout prix récupérer son agenda électronique volé par Soldati, mais va aussi rencontrer l'amour en la personne d'Ingrid, jeune hippie suédoise dont les seules paroles sont « Je baiser bon ».

Aller simple enchaîne avec brio les situations les plus farfelues avec récupération in extremis, les P. 38 rouillés, les voitures qui tombent en panne ou les balles qui frôlent la tempe.

Mais ce roman n'est pas simplement burlesque, il a aussi du sens.

C'est d'abord une histoire de fraternité entre Octavio, Soldati et Carlitos et les innombrables personnages croisés au cours du roman. Nombreuses sont les occasions de trahir ou de voler de ses propres ailes, mais Soldati se repentira et Octavio pardonnera.

C'est ensuite une histoire de la liberté et de l'aventure comme état d'esprit ; Octavio élimine les contraintes, vit selon son instinct, fait des rencontres formidables et se dépatouille toujours des situations les plus périlleuses.

C'est enfin et surtout un livre du rêve, incarné notamment par Carlos Gardel, revenu d'entre les morts pour faire la peau à Julio Iglesias qui massacre les tangos.

Cette fable au sein d'une fiction, outre qu'elle est fort bien amenée et documentée, apporte une dimension onirique au roman, nous invite à regarder en arrière (l'histoire de Carlos Gardel) mais aussi à faire un pas de côté, à rêver l'impossible, et ça fait du bien...


Lien : http://occasionlivres.canalb..
Commenter  J’apprécie          141

Octavio est en vacances dans une station balnéaire marocaine quand, soudain, sa tyrannique femme Dorita meurt. Aussitôt, un vaste champ de possibles, s'ouvre, vertigineux, devant lui, sans qu'il sache bien quoi en faire.

C'est sans compter la rencontre avec Soldati, un Argentin haut en couleurs, débrouillard en diable ("Il n'y a rien qu'un Argentin ne puisse réparer avec un bout de fil de fer"), désargenté mais flambeur, car, comme dirait l'autre, "s'il y a de la misère, qu'elle ne se fasse pas remarquer". Ce gentil escroc débarque dans la vie bien rangée d'Octavio, qui se retrouve bientôt poursuivi par un Bolivien très en colère et ses sbires tout droit sortis d'un film d'action pour un butin qu'il ne possède pas.

"Je me demandais si je pouvais me fier à un type qui avait tout abandonné pour aller vendre des glaces dans le désert."

De bordel chic en club de vacances, en passant par des villages désolés et des campements hippies, s'engage alors une poursuite dans l'Atlas marocain, avec la Coupe du monde de football en stéréo.

Carlos Salem balade son lecteur dans une aventure rocambolesque et pleine de délicieux rebondissements. Avec un certain panache et surtout une grande tendresse envers ses personnages (un prix Nobel qui n'a jamais écrit, un baba cool brutalement métamorphosé en légende du tango décidée à tuer Julio Iglesias, toute une panoplie de loosers qui retrouvent une dignité), avec une drôlerie inégalée, Carlos Salem mène cette course-poursuite à train d'enfer.

A lire avec un tango de Gardel en arrière-plan, pour l'ambiance.

"- Je ne sais toujours pas pourquoi on est partis, objectai-je.

- Parce qu'il y a toujours un moment où il faut partir, Octavio. Vous ne savez toujours pas, à votre âge, que la vie est un aller simple ?"


Lien : http://le-mange-livres.blogs..
Commenter  J’apprécie          110

Carlos Salem est un écrivain argentin dont le premier roman "Aller simple" (Camino de ida en version originale) est publié en 2009.

Pour un premier roman c'est un coup de maître, roman jubilatoire qui mêle humour et émotions à travers des personnages cocasses qui vivent une aventure des plus rocambolesque.

Octavio Rincon est un modeste employé de l'état civil près de Barcelone, en vacances avec sa femme dans un hôtel de Marrakech. Lorsque sa femme meurt subitement pendant la sieste, Octavio est à la fois meurtri et soulagé d'être enfin débarrassé d'une épouse envahissante.

Il décide de ne rien dire et de ramener discrètement le corps de sa femme chez lui ... il fera alors des rencontres des plus étonnantes et les aventures s'enchaineront. On croise un vendeur de glaces dans le désert, moitié escroc, un espion colombien, un chanteur de tango, un prix Nobel de littérature, un groupe de hippie, et la réincarnation de Carlos Gardel ...

Tout le roman est ponctué de la vie et de l'oeuvre de Carlos Gardel qui constituent le fil rouge de toute cette aventure. Au fil de cette épopée Octavio va se révéler un autre homme.

La vie n'est qu'un aller simple, et les décisions que nous prenons à chaque croisement de route nous conduisent toujours plus avant, sans retour possible.

Un roman frais et délirant.


Lien : http://animallecteur.canalbl..
Commenter  J’apprécie          103

Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation

J'ai un cousin qui travaille à la NASA, vous voyez ? Il n'est ni ingénieur, ni technicien, mais quand ils ont un problème avec une fusée, ils font appel à lui. Des tenailles, un bout de fil de fer, et voilà. Les Yankees étaient si épatés qu'ils l'ont installé dans un bureau avec une secrétaire et tout le bazar. Ils lui ont acheté des tonnes de fil de fer de toutes sortes et de toutes qualités. Tout était enregistré dans un ordinateur et il suffisait d'appuyer sur un bouton pour qu'un robot aille chercher le rouleau de fil de fer flambant neuf que désirait mon cousin. Un jour, il y a eu un problème avec un lanceur. Il leur a dit que ces fils de fer n'étaient plus efficaces, que les bons étaient ceux qu'on trouve par petits bouts, dans des recoins quelconques, et que, s'ils étaient rouillés, c'était encore mieux. Mais, les Yankees insistaient, leur technologie et tout ça, donc mon cousin a réparé la fusée avec ce fil de fer américanochose et neuf. Une catastrophe, Octavio, une catastrophe. Vous vous souvenez de la navette spatiale qui s'est écrasée ?

Commenter  J’apprécie          120

Quand nous recommençâmes à nous dire des choses avec la peau, j'eus la certitude que je n'étais plus un pauvre type vieillissant, j'étais un autre, qui pouvait, pendant ces quelques minutes à l'intérieur d'Ingrid, retrouver les années perdues dans des bureaux poussiéreux. Ingrid gémissait comme si elle chantait et j'étais heureux, au centre de son chant, sans autre mission que de rentrer et de sortir sans jamais la quitter, sans jamais rester. Après toutes ces années, oui, c'était du sexe, mais beaucoup plus que du sexe, parce que c'était enfin moi.

Commenter  J’apprécie          230

L'important c'est d'aller, de faire, de rire, de pleurer, de vivre. Ce sont des verbes, de l'action. Si tu te trompes, tant pis. Mais si tu ne décides pas par toi-même, la chance, bonne ou mauvaise, te sera toujours étrangère. Tu comprends ? On ne peut pas vivre en accusant toujours les autres de son malheur, parce qu'être malheureux, c'est aussi un choix, mais un choix de merde.

Commenter  J’apprécie          300

L’Argentin était appuyé contre un lavabo et il chantait à voix basse quelque chose qui ressemblait à une berceuse, pendant que l’Allemande, agenouillée devant lui, tenait son pénis dans ses mains et le léchait au rythme lent de la chanson. Soldati changea pour une mélodie plus rapide, sans doute une chuleria faubourienne, et la femme se mit à le sucer en suivant la mesure de la chanson. La main de l’Argentin caressait les cheveux de l’Allemande, mais quand l’intensité musicale se fit plus vigoureuse, il les saisit avec force en poussant sa tête contre lui. Il attaqua le final avec quelque chose comme une marche ou un hymne. Et il explosa dans la bouche de la femme et marqua les derniers accords en chantant à pleine voix :

- Oooooo jureeeemos con glo-ria mo-rir !

Commenter  J’apprécie          144

Je pris conscience de mon pénis en le secouant et je constatai que ce changement-là était bien permanent et glorieux. Je revoyais le regard malicieux d'Ingrid lorsqu'elle avait dit à Charly que je l'avais comme celle d'un âne, ou l'étonnement envieux de Soldati dans le bordel, et je me sentis fier, bêtement fier, comme si ce sexe démesuré était un témoignage tardif de la personnalité qui m'avait jusqu’alors fait défaut. Je le rentrai dans mon pantalon en me disant que cela n'avait rien à voir, mais que les petites bites aillent se faire foutre.

Commenter  J’apprécie          190

Videos de Carlos Salem (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Salem
"1692. Salem, État du Massachusetts aux États-Unis. Accusées de pratiques magiques, de nombreuses personnes sont alors mises à mort. Innocentes ou coupables ? Qui méritait réellement la potence ? de nos jours, alors que Max évite de peu la mort, la voilà sous l'emprise de songes qui semblent tous venir d'une époque lointaine où la sorcellerie et les démons hantaient l'imaginaire du commun des mortels. Quel lien peut alors unir Max à un procès vieux de plusieurs siècles ?"
Sortie le 10 novembre 2015 aux Éditions Plume Blanche Musique crée et composée par Rémi Said pour les éditions Plume Blanche
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature argentineVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus





Quiz Voir plus

Les classiques de la littérature sud-américaine

Quel est l'écrivain colombien associé au "réalisme magique"

Gabriel Garcia Marquez
Luis Sepulveda
Alvaro Mutis
Santiago Gamboa

10 questions
342 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature sud-américaine , latino-américain , amérique du sudCréer un quiz sur ce livre