AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2841563391
Éditeur : Editions du Rouergue (15/02/2002)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Elle ne dit jamais " les détenus ", elle dit " les lecteurs ". Depuis des années, elle parcourt des centaines de kilomètres, d'une prison à l'autre, dans cet engagement qui est le sien à faire ici aussi vivre le livre, cette rencontre, infime ou gigantesque, avec les mots d'un autre. En dépit de l'enfermement, de la méfiance, de l'illettrisme, de l'indifférence, elle passe les portiques de détection, chargée de cartons de livres et de rien d'autre, seulement les lum... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   24 décembre 2011
Les fêtes sont difficiles à passer dans les prisons, et parmi ces fêtes, Noël est la plus dure. Même les plus endurcis ont une mémoire, et dans la mémoire une enfance, une famille, le sentiment d'avoir ici encore quelque chose à faire, quelque chose de différent des jours ordinaires. Pourtant ce jour-là le personnel aussi fête Noël, c'est le service minimum. Il y a juste l'aumônier qui vient dire la messe, et bien sûr il fait salle comble, tous confondus, chrétiens, athées, musulmans.
A Noël, en prison, on a envie de mourir, ou de dormir pour tout oublier, effacer de la mémoire la moindre trace. A Noël, en prison, on n'exige pas des prisonniers qu'ils se lèvent. [...]
Il y a ceux qui ont gardé depuis longtemps les médicaments pour dormir. Ils vont les avaler tous à la fois ce soir. Il y a ceux dont l'amie a réussi à faire passer le petit sachet blanc, et qui font des envieux. Il y a les durs, qui se lèvent, vont à la messe pour critiquer, et faire comme si jusqu'au soir. Il y a ceux qui relisent une vieille lettre connue par cœur, et la commentent infiniment avec leur compagnon de cellule.
Mais le mot d'ordre, pour tous, détenus, surveillants, éducateurs, intervenants, est de ne pas en parler, faire comme si ça n'existait pas, tourner les calendriers face aux murs, passer directement du 24 au 26 décembre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
mandarine43mandarine43   04 janvier 2012
Quand on lui a demandé si elle voulait aller dans une prison faire son métier, elle n’a pas hésité. Toute sa science, toute son âme, pour faire vivre ici aussi les livres dans les mains des lecteurs. Jamais elle ne dit les détenus, elle dit les lecteurs.

Elle rage contre les lenteurs, les obstacles, les portes.

Elle vient tous les jeudis, s’indigne si dans la semaine le travail n’a pas été bien fait, se dispute avec l’éducateur, hausse le ton avec le bibliothécaire de la prison, et oublie tout quand on vient lui demander un livre rare, une biographie, un classique qu’on n’avait pas fini de lire en quatrième.

Ce jour là, elle arrive à la porte avec un gros carton de livres nouveaux, rien de plus lourd que le papier. Sous le portique il sonne. Ouvrir le carton, passer un à un les livres, les secouer, le gardien est intraitable. Ce qui sonne ce sont les couvertures aluminium des livres de science-fiction. Elle est déjà en sueur, en colère, vraiment on ne facilite pas les choses. On referme le carton, elle le soulève, et repart vers la grille de la détention. Elle appuie le carton contre le mur, le maintien avec la hanche, pousse la porte de l’épaule et du pied, reprend le carton dans les bras. Derrière la porte il y a deux surveillants qui la regardent faire, bras ballants. Elle est au courant des usages : en prison il est essentiel de serrer toutes les mains à l’aller et au retour, n’oublier personne, tout signe d’indifférence est interprété comme du mépris. Bonjour, dit-elle. L’un des surveillants lui tend ostensiblement la main, avec un sourire moqueur. Quand elle raconte cette histoire elle dit qu’elle a hésité. Lâcher tout au milieu du couloir, leur mettre la caisse dans les bras, détourner la tête, les injurier ?

Elle a souri, et plaisanté sur le poids de la culture, a pris le chemin de la bibliothèque un étage plus haut, et s’est effondrée sur la première chaise venue.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
fanfanouche24fanfanouche24   10 août 2014
Dans les mots il y a des rencontres, infimes ou gigantesques, de celles qui peuvent éclairer un instant, ou changer toute une vie. (p.31)
Commenter  J’apprécie          220
fanfanouche24fanfanouche24   02 août 2015
Elle ne se pose pas de questions, lire lui est aussi vital que manger, relire souvent une solution qui lui procure autant de plaisir que la découverte.
Commenter  J’apprécie          150
bibliothequedebracieuxbibliothequedebracieux   10 mars 2015
Dans sa carrière, elle a vu les yeux brillants et avides des enfants à qui on raconte une histoire, ceux qui emmènent le livre trouvé comme un trésor, ceux qui cherchent et qui découvrent, ceux qui reviennent encore et encore, une faim jamais satisfaite.
Commenter  J’apprécie          60
autres livres classés : prisonsVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1539 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre