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Alain Gresh (Préfacier, etc.)
ISBN : 284924225X
Éditeur : Editions du Cygne (01/03/2011)
Résumé :
Septembre 1993 : l’image de la poignée de main entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin fait le tour du monde. C’est le début du processus d’Oslo. Septembre 2000 : la Cisjordanie et Gaza s’embrasent. Le caractère illusoire de la rhétorique du « processus de paix » est révélé au grand jour. Janvier 2006 : le Hamas, organisation hostile aux accords signés depuis 1993, remporte les élections législatives. Les Palestiniens réaffirment leur rejet de la prétendue paix d’Oslo. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  30 janvier 2012
Le « processus de paix » est une fiction
Contre la vague déferlante des soutiens acritiques à l'État d'Israël, les honteuses assimilations de l'anti-sionisme à l'antisémitisme et les actions d'autodéfense des palestinien-ne-s à du terrorisme, peu de voix s'élèvent en Occident pour rétablir les faits et soutenir les droits bafoués, depuis plus d'un demi-siècle, des palestinien-ne-s.
Mais faire cela, ne devrait pas interdire de regarder de l'intérieur, d'analyser la société palestinienne et les politiques menées par les organisations comme l'OLP ou le Hamas, sans oublier la critique de certaines actions militarisées.
Il ne s'agit pas de donner des leçons, d'ici à l'abri, mais premièrement de relayer des analyses déjà portées par des palestinien-ne-s et deuxièmement de refuser de fermer les yeux sur les écarts entre les mots et les pratiques (acceptation de politiques néolibérales, compromissions difficilement déguisées en compromis, manque de démocratie, etc.).
Le livre de Julien Salingue composé de textes et d'entretiens permet justement de regarder derrière le « mirage d'Oslo », les contraintes gigantesques qui pèsent sur les palestinien-ne-s et les entraves internes, qui ne peuvent être simplement réduites à l'étranglement permanent par la politique de colonisation israélienne. « Écrits entre 2007 et 2011, souvent au cours de séjours dans les territoires occupés, ces articles n'ont pas vocation à aborder l'ensemble de ces contradictions, mais plutôt à les illustrer en mêlant tranches de vie, entretiens avec des acteurs significatifs et analyses des tendances socio-politiques à l'oeuvre en Cisjordanie et à Gaza. »
1948 et les réfugié-e-s, car il faut remonter le fils du temps, plus de 60 ans pour comprendre que « la question des réfugiés n'est pas une question humanitaire mais une question politique ». Ce qui implique réparation et droit au retour pour ce que l'on nommerait aujourd'hui une « épuration ethnique »
Julien Salingue analyse particulièrement la place du privé et de l'idéologie néolibérale. Il prend comme exemple la Palestinne Investment Conférence (PIC) organisée à l'initiative de plusieurs grandes entreprises palestiniennes. Il met en relation les politiques développées par l'OLP et la « normalisation » des relations avec l'État d'Israël. « Il s'agit d'imposer ce que j'appelle un plan ‘silence contre nourriture', dont l'objectif est de stabiliser les territoires de Cisjordanie en tentant d'améliorer les conditions de vie d'une partie de la population sans pour autant satisfaire les revendications nationales des Palestiniens. » Et il nous rappelle « le principe de la soumission toujours plus forte aux ‘règles' du capitalisme néo-libéral d'une économie déstructurée par soixante année d'occupation et de dépendante d'Israël peut laisser sceptique, surtout si l'on intègre à la réflexion le bilan désastreux des Plans d'Ajustement Structurel, qui prônaient le même type de ‘réformes'. »
L'auteur analyse ce qu'il nomme « La longue agonie du Fatah » et revient sur l'appréciation médiatique « Un putsch à Gaza ? ».
Contre une approche mettant sur le même plan la violence d'État (Israël et son armée, une des plus puissantes au monde) et la résistance d'un peuple en lutte pour son indépendance, Julien Salingue nous invite à interroger « les angles morts, les points aveugles d'une telle approche, et de se demander dans quelle mesure le discours dominant sur ‘la' violence dans les territoires occupés reconfigure, à l'extérieur, la perception de la lutte nationale du peuple palestinien et, à l'intérieur, la résistance palestinienne elle-même. ». Il souligne de plus « Effet de miroir, la résistance palestinienne est appréhendée en étant amputée de l'essentiel : le combat quotidien contre l'arbitraire de l'administration coloniale. »
Il discute aussi des notions de violence et de non-violence. J'ai particulièrement été intéressé par sa partie sur la première conférence de Bil'in en 2006 puis à ses développements ultérieurs. Quelques points me semblent importants :
« il n'y a pas de ‘guerre' entre Israël et les Palestiniens mais un peuple en lutte pour défendre sa terre »
« la question de la stratégie dans la lutte contre l'occupation israélienne »
« le clivage violence / non-violence n'était pas une grille de lecture pertinente quant à la résistance palestinienne »
Plus discutable me semble la position sur « La fin du mythe de ‘l'État palestinien indépendant' » et sa défense d'un État plurinational. Si je partage les arguments sous-jacents, rien ne permet aujourd'hui d'affirmer qu'elle sera la stratégie la plus à même de mobiliser la majorité des palestinien-e-s, de fissurer l'unité nationale des israélien-e-s (non-palestinien-e-s) et les impacts des modifications sociales encours dans cette région du monde.
Je regrette que l'auteur n'ai pas plus insisté sur les conséquences de la mise sous-tutelle (sous silence) des questions sociales par la question nationale. Car les leçons de multiples luttes de libération nationale du siècle dernier éclairent les conditions d'auto-organisation, de participation de la majorité des femmes et des hommes, au delà de la révolte contre les conditions imposées. C'est aussi sur la question sociale que peut se fendiller le consensus interne de la société juive israélienne.
Quoiqu'il en soit un livre utile, ouvrant des débats souvent omis.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
dede   14 mai 2012
Combien de temps es-tu resté là-bas et dans quelles conditions étais-tu détenu ?

J’ai passé trois mois et demi dans cette prison. J’ai été détenu, seul, pendant quatre semaines, dans une cellule minuscule, dans laquelle je ne pouvais même pas m’allonger, ou alors en pliant les jambes. Puis j’ai passé trois semaines, toujours seul, dans une cellule de la même taille, mais avec des murs moins épais, ce qui me permettait d’entendre les détenus des cellules d’à côté et de communiquer avec eux. Enfin je suis resté près de deux mois dans une cellule d’environ 9 m2, dans laquelle nous étions en général 5 ou 6 prisonniers. Dans les cellules il n’y avait rien. Les toilettes, c’était un trou dans le sol avec une arrivée d’eau au-dessus pour nettoyer. C’est tout. Et ce sont des cellules hermétiquement fermées. Il n’y a pas de barreaux, juste une porte avec deux trappes, une pour observer à l'intérieur et l’autre pour faire passer la nourriture.

Durant ces trois mois et demi je ne suis pas sorti une seule fois, même pour une « promenade ». Et comme il n’y avait pas de fenêtre aux cellules, je n’ai pas vu la lumière du soleil pendant toute cette longue période. Je n’ai en fait rien vu d’autre que les cellules, la douche et la salle d’interrogatoire. En effet à chaque fois qu’ils me déplaçaient j’étais menotté et il me bandaient les yeux. En revanche j’ai vu beaucoup de lumière artificielle ! Les lampes sont en effet allumées 24/24h. Parfois j’en avais tellement marre que je mettais du papier toilette imbibé d’eau sur l’ampoule afin de réduire l’intensité de l’éclairage… Mais à chaque fois, très vite, ils me disaient de l’enlever.

Quand je suis arrivé ils m’ont laissé plus d’une semaine sans prendre de douche. Après j’avais le droit à une douche chaque jour, mais en général vers 1 ou 2 heures du matin, quand je dormais. Et pas plus de 5 minutes ! Ils ne m’ont pas donné de vêtements de rechange pendant 3 semaines. Et lorsqu’ils m’en ont apporté, je me suis vite aperçu qu’ils n’étaient pas propres et qu’ils avaient été portés par quelqu’un d’autre : ils sentaient mauvais ! Les serviettes, pour la douche, sentaient très mauvais elles aussi : il y en avait trois ou quatre, par terre, à côté de la douche, qui servaient à tous les détenus de la prison, soit près d’une centaine. Et le savon, lui aussi, sentait horriblement mauvais… Alors je préférais garder les morceaux de savon qu’ils nous distribuaient pour sculpter des petits objets, comme des dominos ou des pièces de jeu d’échecs, et me laver à l’eau.
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dede   21 décembre 2011
il n’y a pas de ‘guerre’ entre Israël et les Palestiniens mais un peuple en lutte pour défendre sa terre
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dede   21 décembre 2011
Écrits entre 2007 et 2011, souvent au cours de séjours dans les territoires occupés, ces articles n’ont pas vocation à aborder l’ensemble de ces contradictions, mais plutôt à les illustrer en mêlant tranches de vie, entretiens avec des acteurs significatifs et analyses des tendances socio-politiques à l’œuvre en Cisjordanie et à Gaza.
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dede   21 décembre 2011
Le principe de la soumission toujours plus forte aux ‘règles’ du capitalisme néo-libéral d’une économie déstructurée par soixante année d’occupation et de dépendante d’Israël peut laisser sceptique, surtout si l’on intègre à la réflexion le bilan désastreux des Plans d’Ajustement Structurel, qui prônaient le même type de ‘réformes’.
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dede   21 décembre 2011
l s’agit d’imposer ce que j’appelle un plan ‘silence contre nourriture’, dont l’objectif est de stabiliser les territoires de Cisjordanie en tentant d’améliorer les conditions de vie d’une partie de la population sans pour autant satisfaire les revendications nationales des Palestiniens.
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Videos de Julien Salingue (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Salingue
Elias Sanbar "Nous avons été doublés" .Mercredi 18 septembre, Mediapart et l'agence photo VU' ont convié Elias Sanbar (ambassadeur de la Palestine à l'Unesco), Julien Salingue (doctorant en science politique à l'Université Paris 8), Cédric Gerbehaye et Eve Sabbagh (photoreporter et journaliste, auteurs du webdocumentaire Broken Hopes, toujours visible sur Mediapart) et Pierre Puchot (journaliste à Mediapart) à discuter des résultats des accords d'Oslo, 20 ans après la poignée de main historique entre Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l?OLP et Ytzhak Rabin, Premier ministre israélien, à Washington. Extraits de l'intervention d'Elias Sanbar.
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