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EAN : 9782021461558
288 pages
Seuil (07/01/2022)
3.5/5   2 notes
Résumé :
Un quart du commerce mondial de bois serait illégal, le saviez-vous ? Sous l’influence des organisations internationales, l’existence d’une « délinquance écologique », d’une « criminalité environnementale » est désormais visible. Elle prend la forme du trafic d’espèces sauvages protégées, du déversement illicite de déchets toxiques ou de la contrebande de ressources naturelles. Mafias et autres réseaux clandestins opérant dans le Sud global en seraient les principau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Merci aux Éditions du Seuil et à Babelio pour la découverte de ce livre.
Pour un sujet aussi important que celui-ci, ce livre permet d'appréhender toute la difficulté à cerner la part des faits relevant de la criminalité, de celle de l'illégalité voire de la légalité.
Les frontières sont poreuses et une ouverture objective du sujet tend à nécessairement pointer une remise en cause des modèles de consommation de masse.
Bien que les crimes environnementaux soient très bien identifiés, l'extraction minière illégale, la déforestation sauvage et le trafic de bois, le trafic d'espèces sauvages, le trafic de déchets et la pêche illégale, la réalité des investigations montre clairement que les impacts ne relèvent pas uniquement de trafiquants mais aussi d'entreprises et de gouvernements parfois en toute légalité apparente.
La question posée est donc clairement de définir la notion de criminalité environnementale. Parle-t-on de légalité, de gravité, d'excès, tous les travaux de recherche interrogent cette notion et tentent de cerner le périmètre des pratiques à encadrer.
En revanche, l'ouvrage est une analyse juridique assez poussée et difficile à suivre.
La première partie m'a presque découragée car portant sur une analyse critique de rapports officiels sur le sujet, sans maîtriser la question. le postulat du livre est que le lecteur connaisse le sujet. Cela deconcerte un peu car on tend à chercher le cadre et un résumé de la situation pour rentrer dans le sujet du livre.
Quoiqu'il en soit on en ressort avec le sentiment que le sujet est bien plus large et grave que l'idée intuitive que l'on s'en faisait. Il est même dans notre vie de tous les jours par nos actes de consommation quotidiens qui créeent un marché de masse et attirent les pratiques deviantes voire les mafias.
On comprend enfin surtout que les dispositions et outils juridiques en place sont insuffisants, inadaptés et manquent de moyens malgré quelques affaires ayant défrayé la chronique.
Même Interpol ne dispose que d'une seule modeste équipe pour traiter l'ensemble des affaires dont ils sont saisis de par le monde.
On ressort de cette lecture largement sensibilisé, mais aussi quelque peu épuisé d'une lecture complexe et laborieuse pour suivre les différentes analyses de l'auteur.
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Chercheur au CNRS, Gregory Salle propose de décrypter la crise écologique par le biais des crimes environnementaux, terme très peu juridique à son grand regret. Car il est clair que les méfaits envers la nature sont rarement qualifiés de crimes, plutôt de délits envers l'environnement, de catastrophe environnementale et surtout d'illégalité que ce soit par le rejet de substances polluantes, de commerce …. le crime contre l'environnement, définition officielle, ne trouve pas son origine essentiellement dans la délinquance ou le crime organisé, on entend beaucoup parlé de trafics (animaux sauvages, défenses d'éléphants ou corne de rhinocéros) ou de déversement illégal de déchets principalement dans le sud du globe.

Gregory Salle démontre que de nombreuses activités ne répondant pas à la formulation juridique visant clairement l'illégalité passe dans les mailles du filet. En d'autres termes les actions polluantes ou allant à l'encontre de la sauvegarde de la nature des multinationales et autres activités capitalistes ou à fort potentiel rémunérateur ne sont que très rarement pointées du doigt et encore moins pénalisées. Prenons ainsi l'exemple de la déforestation qui rend plus vulnérable aux conditions climatiques (ouragans, cyclones…), l'extraction de matériaux modifiant des régions entières, la construction de barrage empêchant le processus de développement d'écosystèmes, la corruption et la loi du plu riche comme dans l'affaire Chevron/Texaco, j'en passe et des meilleures.

Cet ouvrage ouvre les yeux sur des points de détails qui finalement modifient complètement le sens du pouvoir, c'est révoltant mais tellement subtil. L'avantage de ce livre est qu'il traite du sujet en profondeur, l'inconvénient est qu'en tant que novice la lecture fut pour le moins ardue.
Lien : https://stemiloubooks.wordpr..
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Ce petit livre, comme son titre l'indique, pose la question du crime environnemental.
Une chose à noter avant tout est que ce livre prend parti, c'est clairement exprimé dès le début mais il faut savoir qu'une opinion politique est établie dans ce livre, il n'est pas neutre. Personnellement, je suis tout à fait en accord avec les idées défendues par l'auteur et ses explications tiennent tout à fait la route ! Je n'ai donc aucun problème avec ça. Tout est très bien documenté, chiffré, expliqué. C'est un livre qui m'a appris énormément de choses. J'ai trouvé les différents chapitres très bien renseignés, très clairs et plein d'informations très intéressantes. J'ai appris beaucoup sur le sujet. Travaillant actuellement sur l'écologie, cela m'a également apporté des informations pour mes rédactions ce qui n'est pas négligeable... le découpage du livre est également bien fait les chapitres sont suffisamment courts pour qu'on puisse apprécier les informations fournies à leurs justes valeurs. Ce livre remet les choses à leur place et n'hésite pas à prendre parti contre certaines actions. Ce n'est pas juste de l'information sans conviction, c'est plus que ça et ça fait du bien...
C'est donc un livre que j'ai lu avec énormément d'attention et qui m'a beaucoup appris sur le crime environnemental au niveau de ses formes comme de son traitement par les médias. Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas, foncez lire ce livre !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Même les inégalités, qui pourraient être invoquées comme l'une des causes profondes du développement d'activités illégales aux dépens de l'environnement, sont en tant que telles quasiment absentes des rapports. Tout juste y est-il question de «pauvreté" ,ce qui est très différent: on y perd le caractère relationnel de la notion d'inégalité, a fortiori toute inscription dans les rapports sociaux façonnés par le développement capitaliste. Du reste, c'est le capitalisme lui-même qui, dans ces rapports, est à la fois absent et omniprésent. Absent au sens où le mot n’apparaît pas, mais omniprésent parce qu'il constitue implicitement indépassable cadre général.
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Au moment de résumer les causes du désastre écologique, Edwin Zaccaï ne désigne rien d'autre que le business as usual : "énergie bon marché, recherche d'augmentation de bénéfices économiques en négligeant les externalités (impacts dont le marché ne tient pas compte), culture d'une consommation excessive, le tout dans un contexte de profonde inégalité entre les nantis et les populations plus démunies de la planète". p233
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C'est le critère de gravité, parfois celui de la finalité, qui l'emporte. De ce point de vue, bien des institutions légitimes, publiques comme privées, sont susceptibles de tomber dans l'escarcelle du criminologue. L'armée américaine, au hasard, dont il est estimé, à partir de sa consommation d'hydrocarbures et de son volume d'émissions de gaz à effet de serre, qu'elle pollue davantage que 140 pays réunis. p118
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Sitôt que l'on s'affranchit des définitions officielles et des représentations conventionnelles pour envisager l'ensemble des atteintes à l'environnement, sans préjuger de ce qui est criminel ou non, le champ potentiel s'ouvre à perte de vue, jusqu'à deboucher sur l'organisation capitaliste de la production et, conséquemment, de la distribution et de la consommation. p233
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Les estimations chiffrées incitent à penser que l'empreinte carbone issue de l'utilisation de biens dispendieux [marchandises de luxe, bolides, jets ou yachts] dans le seul périmètre états-unien est supérieure à celle de certains pays, alors même que l'empreinte carbone n'est qu'un critère partiel, induisant une sous-estimation de la pollution engendrée. p120
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