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EAN : 9782743646080
Payot et Rivages (13/02/2019)
3.5/5   49 notes
Résumé :
Dans la petite ville de Willnot, des corps ont été découverts dans une ancienne carrière. Qui les a enterrés là ?
Le shérif Hobbes fait part de sa perplexité à Lamar, le médecin du coin qui voit défiler toutes sortes de gens dans son dispensaire. Un jour, ce dernier a la visite surprise de Bobby Lowndes, un vétéran d’Irak originaire de la ville, qui était porté disparu. La réapparition de Bobby est-elle liée à ces cadavres ?
Une agente du FB... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Déroutant, atypique, fourre-tout... et à la fois subtil, mélodieux et profond...
Difficile - c'est rare - de me faire un avis tranché sur Willnot de James Sallis - traduit par Hubert Tézenas - une fois ma lecture achevée.

Amateur d'intrigue polardeuse ou noire, passez votre chemin. le vieux shérif et la séduisante agent fédérale n'ont pas vocation à identifier les raisons qui ont conduit plusieurs cadavres à se retrouver enterrés au fond d'une fosse aux abords de Willnot.

Ils ne sont, au même titre que d'autres, que des personnages traversant cette histoire un brin métaphorique, option digression philosophique. Car à Willnot et pour ses habitants, la vie passe, s'écoule, se remémore, s'arrête parfois. Elle se partage aussi et s'interroge beaucoup.

Peut-être un peu trop pour moi puisque le livre m'a parfois perdu mais à chaque fois repris. Heureusement, il reste une belle langue à l'identité forte et où l'humour débarque régulièrement de manière imprévue mais élégante. Et c'est déjà beaucoup !
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J'ai grande envie de vous parler de ce roman, mais je me trouve bien ennuyée au moment de le résumer, ce qui semble à peu près impossible à faire de manière claire. Essayons de citer au moins quelques faits : des cadavres sont découverts dans la petite ville de Willnot, et le médecin du coin est appelé à la rescousse pour donner son avis sur cette trouvaille. On suit ensuite Lamar, le médecin, dans sa vie quotidienne, parmi ses patients se trouve un vétéran passablement déboussolé qui disparaît aussi vite qu'il était apparu. Quant au lycée local, on suit aussi ce qui s'y passe grâce à Richard, le compagnon de Lamar, qui y enseigne.

L'auteur était aux Quais du Polar et j'ai eu le plaisir de l'écouter dans une table ronde avec Ron Rash et Chris Offutt, à parler tous trois, non sans humour, de l'Amérique dans tous ses états et d'écriture.
Voici une excellente surprise glanée sur l'étagère des nouveautés à la bibliothèque. Après un début qui évoque un polar, l'aspect chronique de petite ville prend le dessus, et de quelle façon : avec malice, tendresse, et une énorme dose d'humanité. S'il faut au début prendre un peu ses marques, s'habituer à l'humour de l'auteur qu'on rencontre pour la première fois, la suite est juste un régal. Mélangeant avec dextérité les thèmes de la vie difficile dans les petites villes, du stress post-traumatique, du vieillissement, qui peuvent sembler sombres, le roman convainc par sa sincérité. Au début, le texte reste un peu hermétique, fermé sur lui-même, et sur les questions qu'il pose, mais grâce à cela, il devient difficile à lâcher.

Imaginez lorsque l'humour se mêle de philosophie, de réflexions sur la vie, sur la foi en l'humanité, sur le sens de l'histoire, sur la mort, parsemées de citations pertinentes, de dialogues réjouissants, et d'anecdotes sur la vie à Willnot, moitié ville réelle, moitié ville-fantôme…
Ce mélange des genres, qui pourrait sembler un peu désordonné, marche particulièrement bien, un peu à la manière de Richard Russo quand il décrit la ville imaginaire de Mohawk. Parfait pour les adeptes de chroniques américaines de la vie rurale, ce roman séduira aussi de nombreux autres lecteurs, pourvu qu'ils ne s'attendent pas à un polar classique ou à un thriller. On en est loin !
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Willnot, petite ville américaine, a des airs de havre de paix pour ses habitants qui, sans être complètement versés dans la contre-culture ni le libertarianisme, cultivent un mode de vie simple et des relations qui le sont tout autant. On s'entraide, on évite de juger ses voisins et parfois, comme Lamar, le narrateur, et son compagnon Richard, on coupe télévision, radio et internet pour ne pas se sentir agressé par l'état du monde. La découverte d'un charnier à l'écart de la ville, le retour de Brandon Lowndes, qui a grandi là avant de partir faire la guerre en Irak, l'arrivée d'une agent du FBI, viennent sensiblement perturber le quotidien de cette ville idéale et en particulier celle de Lamar.
Faux roman noir, mais véritable oeuvre qui s'emploie à saisir en creux l'esprit du temps à travers la description d'une communauté qui s'en tient éloignée autant que possible, Willnot est un récit totalement dépouillé dans lequel James Sallis ne cherche à donner aucune réponse aux débuts d'intrigues qu'il a semés.
Par contre, à travers les yeux de Lamar, médecin et, à ce titre, connaisseur de tous les habitants et d'une grande part de leur intimité, il dévoile toute une galerie de vies certainement sans importance pour d'autres que ceux qui les vivent et leurs proches. Mais, il le montre aussi, ce sont ces vies insignifiantes qui forment une société et en tissent l'âme. Lamar, lui, comme il le dit « rafistole les gens » et fait ce qu'il peut « pour les remettre en état de marche ». Sans doute essaie-t-il en même temps, maladroitement, de se réparer lui-même en réparant les autres.
Rempli de non-dits, d'impressions fugaces, de portraits dont la concision n'interdit pas la profondeur, Willnot est écrit avec la même apparente économie de moyens. James Sallis évite autant les intrigues alambiquées qu'une écriture trop clinquante. Et derrière cette simplicité de façade, il y a des mots littéralement mis en musique – on saluera au passage Hubert Tézenas à la traduction –, une orchestration ou une chorégraphie des destins qui se croisent à Willnot et en révèlent la vie telle qu'elle est : complexe sous son évidente simplicité – on naît, on meurt et, entre temps on essaie de se débrouiller avec ça, avec la perte de ceux qu'on aime, avec ce que l'on voudrait accomplir pour se réaliser soi-même. Difficile d'ailleurs de ne pas voir derrière Lamar et son père, qui hante ses souvenirs, des parcelles de James Sallis lui-même et du regard qu'il porte sans doute aussi sur sa vie.
Récit intime mais sans pathos, polar dont la résolution des intrigues importe moins que celles et ceux qu'elle permet de découvrir, portrait d'une Amérique idéale sous la menace d'une intrusion de la triste réalité mais qui se défend plutôt bien, Willnot est un roman doux-amer, émouvant et néanmoins optimiste.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Le dernier roman de James Sallis, féru de jazz et de littérature, auteur du cultissime « Drive », notamment remarqué pour son adaptation très réussie au cinéma et de la série « noire » dont Lew Griffin est l'improbable héros, est un livre déconcertant. Il commence comme un bon vieux polar par la macabre découverte d'un charnier dans une ancienne carrière proche de la ville qui donne son nom au roman, le retour d'Irak de Bobby Lowndes un enfant du coin devenu sniper chez les Marines et l'arrivée d'une agent du FBI attachante et un peu étrange. le héros Lamar, médecin depuis plusieurs décennies à Willnot, partage son quotidien avec Richard professeur de littérature au lycée de la ville et son chat Dickens à l'humeur fluctuante. Il est appelé sur les lieux du crime par le shérif vieillissant qui souhaite avoir son avis sur les cadavres découverts à côté de la ville et reçoit la visite clandestine de Bobby, qu'il a perdu de vue mais connaît bien pour l'avoir soigné lorsqu'il était adolescent.

Dans son style toujours aussi fluide et détaché, James Sallis met en place les éléments de l'intrigue, puis le roman digresse en douceur en se focalisant sur le quotidien harassant de Lamar qui oscille entre le traitement des affections légères à son cabinet de docteur de ville et les interventions plus graves à l'hôpital. le lecteur plonge progressivement dans les pensées parfois nostalgiques, souvent troublantes de Lamar sujet à de terribles cauchemars récurrents. Ce dernier est traversé par une citation de Kierkegaard, regarde le monde avec un oeil à la fois bienveillant, détaché et ironique, replonge régulièrement dans l'univers des romans de science-fiction qu'écrivait son paternel à la pelle, se perd dans les intrigues des livres de son enfance, ne s'émeut pas des visites inquiétantes que lui rend Bobby, et devise tranquillement avec l'agent du FBI qui a pris racine dans la petite ville hors du temps qu'est Willnot.

On comprend assez vite que James Sallis se fiche totalement de l'intrigue et se paie notre tête, qu'il ne cherchera même pas à esquisser un semblant de résolution de l'énigme qui était pourtant posée avec délicatesse en début d'ouvrage. Il semble préférer écrire sur la littérature et les fameux romans du père du héros qui font évidemment écho aux romans de science-fiction qu'écrivait Sallis lui-même au début de sa carrière. Reste Lamar qui contemple le monde avec le regard d'un gosse de dix ans partagé entre émerveillement et désenchantement et doit faire face à des démons intérieurs bien plus effrayants que la parodie de roman noir que James Sallis fait semblant d'écrire...
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Certains romans noirs ont le même don qu'une belle mélodie. On en relit certains passages, comme on réécouterait ceux d'une musique, on en retient des phrases comme s'ils étaient des refrains, et ils ont la capacité de nous rendre rêveurs ou mélancoliques, en fonction du moment de le journée où l'on se les remémore.

Willnot fait partie de ces romans.
Ou plutôt devrais-je dire que c'est James Sallis qui a le talent de le rendre ainsi.

En racontant une histoire.
En modelant un contexte.
En jouant avec ses personnages.
En étudiant la psyché des hommes face au désoeuvrement, à l'isolement, à l'oubli.
Et surtout face à eux-mêmes.

Alors, oui, bien sûr, c'est un roman policier. Avec force de l'ordre, corps, mystères, suspicions et questionnements.
Et oui, bien entendu, c'est un bon polar, pas du doute là-dessus.

Mais c'est également bien plus que cela.
Car même si l'enquête est là, même si l'envie de savoir est dévorante, elle pousse surtout le lecteur à s'interroger sur tous ceux qui l'entourent.

Et si la mélodie est belle, les paroles ne le sont pas moins.
La forme choisie est d'une simplicité élégante. L'auteur a une maitrise des mots qui met le lecteur à l'aise.
Une certaine poésie qui pousse à la confiance.
Forcément.

Pourtant, ne vous y fiez pas trop. Derrière ses mots simples, ses phrases élégantes et ses références plus que plaisantes, l'auteur ne nous fait aucun cadeau.

Son roman analyse le monde, comme Lamar ses patients.
Et le résultat est aussi complexe que fascinant.

Quand une petite ville perdue, dans laquelle il ne se passe pas grand chose et dont personne ne se soucie, fait face à la découverte de plusieurs corps, le réveil est brutal.

En particulier pour Lamar.
Après tout il est le médecin.
Celui qui soigne. Celui qui connaît. Celui à qui l'on se confie. Celui qui sait presque tout sur quasiment tout le monde.

Parce que petite ville perdue ne veut pas dire sans secrets. Sûrement pas.
Il est plus facile de cacher ses failles dans une multitude que dans une rue déserte.

James Sallis se sert de Lamar pour nous conter cette histoire. Son histoire. Et il le fait si bien qu'on en redemande toujours plus.

Merci Mr Sallis.

À lire, si ce n'est pas déjà fait.
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critiques presse (2)
Liberation
12 avril 2019
Au total, Willnot est à la fois trivial et sophistiqué, terre à terre et perché, mélancolique et gai, fataliste et plein de vie(s). Un drôle d’hybride déposé tranquillement sur notre seuil, par un affranchi qui n’a plus rien à perdre.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro
22 mars 2019
La semaine chaotique d’un médecin d’une petite ville d’Amérique confrontée à la découverte d’ossements humains.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Nous étions dans une de nos périodes de repli, ce que Richard appelle le jeûne, pendant lesquelles nous tenons à distance les nouvelles du monde, la perpétuelle course à l'échalote des politiciens, les catastrophes à la une, le suivi heure par heure des guerres récentes, anciennes ou sans fin. [...]
Alors, pendant un temps, nous ne regardions plus la télé, ne lisions plus aucun journal, restions confortablement hors d'atteinte. A cultiver notre jardin. Les gouvernements se répandaient en mensonges éhontés, utilisaient des lois et des canons à eau contre leurs concitoyens, des villes se transformaient en montagnes d'ordures comme sous l'effet de bombes à retardement, des gosses de douze ans apprenaient les subtilités de l'embuscade armée.
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Quelqu'un a dit de Hemingway que, pour chaque nouveau roman, il lui fallait une nouvelle femme. Joseph M. Hale, lui, devait avoir besoin de nouvelles portes moustiquaires.
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Les jours s'écoulaient avec lenteur, fidèles à leur habitude. Des miracles se produisirent à la lisière de nos vies, des désirs restèrent endormis dans nos cœurs. Le mercredi soir, Richard m'annonça qu'il en avait marre des politiciens qui se conchiaient les uns les autres et des PDG qui touchaient des millions en retraites chapeaux pendant que les ouvriers n'arrivaient plus à nourrir leurs enfants ou à se payer une assurance santé, et qu'il était donc temps de décréter un nouvel embargo sur les informations. Dangereusement temps: il commençait à mépriser le genre humain.
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John Updike a écrit que, même si nous restons tous tragiquement seuls, il est impératif de continuer à faire des signes aux autres à travers vers la vitre. (...)
Continuer est la seule chose qui compte.
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– Bouffées d’angoisse classiques, Stephen. C’est pareil avec la douleur, le deuil, la tristesse, la peur. Ton corps se défend si tu lui en demandes trop. Ton esprit aussi.
– Il y a des nuits où je me sens partir, j’entends mon corps se vider comme un ballon crevé. Mes dents qui claquent comme des dés dans un gobelet. »
Angoisse. Dissociation. Les mots me venaient facilement. Nous les associons à des processus, ils migrent vers les personnes elles-mêmes et nous pensons : là, je comprends. Sauf que nous ne comprenons pas et que ce sont les mots eux-mêmes qui nous empêchent d’y parvenir.
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Videos de James Sallis (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Sallis
Dans cet épisode, c'est Annaïk, libraire au rayon polar de Dialogues, qui nous partage ses coups de coeur du moment.
Bibliographie :
- Les Survivants de Jane Harper (éd. Calmann-Lévy) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18784055-les-survivants-jane-harper-calmann-levy
- Trompe-l'oeil d'Anne Mette Hancock (éd. Albin Michel) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19502072-trompe-l-il-roman-anne-mette-hancock-albin-michel
- Sarah Jane de James Sallis (éd. Rivages) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18909747-sarah-jane-james-sallis-rivages
- La Consule assassinée de Pierre Pouchairet (éd. Filatures) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19623734-la-consule-assassinee-pierre-pouchairet-filatures
- L'Espion français de Cédric Bannel (éd. Robert Laffont) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18782115-l-espion-francais-cedric-bannel-robert-laffont
+ Lire la suite
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