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EAN : 9782800149448
96 pages
Éditeur : Dupuis (14/01/2011)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 41 notes)
Résumé :

Tout ce que l on a toujours voulu savoir sur le fan de BD sans oser le demander enfin révélé par Libon et Salma. Depuis plus de quatre ans, ils livrent en effet dans les pages du Journal de Spirou tous les trucs à savoir pour repérer le fan de BD : ses manies, ses travers, ses obsessions, ses codes lexicaux... On rit beaucoup sur le dos de cet étrange animal qui peuple les rayons des librairies de BD, et ce d autant plus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  08 février 2018
Il s'agit du deuxième tome d'une série humoristique, constituant une compilation de gags en 1 bande verticale, chaque page comprenant 1 bande. Il n'est donc pas de besoin d'avoir lu le premier tome avant celui-ci, mais ce serait dommage de s'en priver. Il se présente sous un format original : demi A4 vertical, avec des bandes verticales (par opposition à l'habitude des strips qui se présentent sous la forme d'une bande dans laquelle les cases se suivent à l'horizontal). Il est initialement paru en 2011, écrit par Sergio Salma, dessiné par Libon. Ce tome comprend 92 strips.
Le personnage récurrent de ces strips est le Libraire. Son nom est prononcé par un animateur de débats télévisés : Bernard Doux, libraire à BD Boutik. Il travaille souvent seul, parfois avec un employé ou avec un stagiaire. Il reçoit régulièrement de nouveaux arrivages, et il doit gérer le retour des invendus. Bien sûr il voit défiler différents types de lecteurs, pas forcément assez à son goût, mais parfois trop d'un certain type. Il arrive que certains gags ne le mettent pas en scène, avec uniquement un lecteur, ou 2 en train de se parler, parfois un père et un fils, une femme et son mari, ou même 2 inconnus. C'est le cas du premier gag où un lecteur évoque l'année 1959, avec la première apparition des Schtroumpfs, d'Astérix, de Boule & Bill, et son chien évoque un autre événement de la même année.
Les gags sont bien sûr orientés sur la lecture et sur le métier de libraire. Cela commence par le titre qui évoque l'attente insupportable au lecteur qui guette la sortie du prochain album de sa série favorite, ou de son auteur préféré. le lecteur peut également y voir un double sens : tous les gens de l'autre côté de la vitrine se demandant quand le libraire va oser sortir à l'extérieur et qu'il sera à leur merci. Dans les différents gags, Bernard Doux doit souvent renseigner des lecteurs un peu perdus, essayer lui-même de se retrouver dans le classement thématique de plus en plus pointu, supporter les récriminations des clients s'adressant directement à lui, ou se parlant entre eux du bon vieux temps. Il y a plusieurs scènes d'extérieur (en tout cas extérieures à la boutique) que ce soit juste devant, ou dans un parc, dans une chambre, sur un plateau de télévision, et même à la plage.
Libon dessine des personnages caricaturaux, aux expressions exagérées pour mieux faire passer leur état d'esprit et donner plus de force à leurs ressentis, à leurs émotions. Ils ont des gros yeux, des gros nez, des morphologies un peu exagérées et des bouches beaucoup trop grandes pouvant s'ouvrir sur presque toute la largeur de la tête. La dentition est très approximative. Cette approche sert très bien un propos comique. le lecteur tombe d'ailleurs sur un gag en page 22 qui évoque cette approche graphique. Un monsieur expose ses réflexions sur les dénominations BD réaliste / BD humoristique. Il explique comment tout est enjolivé et idéalisé dans les BD réalistes, et comment la caricature croque les individus de manière juste et expressive dans les BD humoristiques, celles-ci contenant une part plus réaliste que les autres. L'analyse du trait de Libon est toute entière synthétisée dans ces 5 cases. Cela rappelle Pierre Desproges effectuant un résumé de son spectacle au début pour que les critiques le prennent en note pour écrire leur papier, et ne soient pas obligés de rester plus longtemps pour voir le spectacle.
Il y a une dizaine de gags qui reposent essentiellement sur la narration visuelle, soit sans aucun phylactère, soit uniquement pour la chute. le lecteur peut alors apprécier l'art de l'économie de l'artiste qui raconte une histoire en peu de cases et peu de traits, tout en sachant construire une histoire avec une chute comique. La majeure partie des gags se déroule sous la forme d'une discussion ou d'un monologue. Quelques-uns mélangent des éléments visuels tels que les gestes ou les actions des personnages avec leurs paroles pour arriver à la chute. Les strips comprennent en majorité 5 cases les unes au-dessus des autres. Sur les 92 gags contenus dans ce tome, il y en a aussi une partie qui est découpée en 4 cases.
Une quarantaine des strips se déroulent à l'intérieur de BD Boutik, le reste soit à l'extérieur, soit à des endroits variés. À chaque fois, Libon sait faire comprendre où se trouvent les personnages en un minimum de traits, sans qu'il n'y ait d'incompréhension possible. L'artiste représente souvent les individus en plan poitrine, en train de papoter entre eux. La tenue vestimentaire n'est que très vaguement esquissée : t-shirt, chemise, polo. L'accent est mis sur l'expression de leur visage, exagérée pour mieux faire passer l'émotion. S'il est un peu lent, il lui faut attendre de passer la page 22 pour que le lecteur comprenne le fonctionnement visuel des gags. Il peut alors observer que l'analyse effectuée en page 22 s'applique bien aux dessins de Libon et que ses dessins montrent l'état d'esprit du personnage en train de parler, ainsi que de celui qui l'écoute le cas échant. Les réactions peuvent à de rares reprises s'avérer trop exagérées, mais le reste du temps elles donnent vie au dialogue, elles font apparaître le ressenti des interlocuteurs. Elles suggèrent les intonations de leur phrase. Sergio Salma n'est pas toujours très prévenant avec son artiste, surtout quand il conçoit un gag où il n'y a qu'un seul personnage qui s'adresse au lecteur face caméra. Certes, il y a moins d'éléments à représenter pour Libon, mais c'est aussi plus difficile de rendre ce genre planche visuellement intéressante. La narration visuelle est donc entièrement inféodée à mettre le gag en images, débarrassée de tout enjolivement visuel.
Dans le premier tome, le lecteur a remarqué qu'une partie de l'humour repose sur la fréquentation d'une librairie, et les habitudes qui y sont associées, et une autre partie sur des blagues référentielles au monde la bande dessinée. Bien sûr il retrouve quelques gags sur des thèmes présents dans le premier tome, que ce soit la surproduction, le flux incessant de BD, ou la place grandissante des mangas dans les rayonnages. Mais Sergio Salma sait se renouveler dans ces thèmes avec des gags qui en abordent un autre aspect. En ce qui concerne les mangas, il évoque les habitudes de lecture des japonais, n'hésitant pas à jeter un manga après l'avoir lu, ou leur regard sur la BD franco-belge pour une inversion des stéréotypes, ou encore le libraire qui se résigne à accorder plus de place aux mangas parce que ça lui assure un meilleur chiffre de vente. le lecteur perçoit bien que l'auteur cherche d'autres angles d'attaque pour ces thèmes, et en même temps ces nouveaux points de vue dressent un panorama plus complet, en confrontant des perceptions et des a priori des différentes parties intéressées, et pas uniquement du libraire ou du vieux lecteur de BD franco-belge.
Le scénariste fait également régulièrement référence à des éléments culturels de la BD franco-belge, généralement facilement intelligibles pour un lecteur de BD. Il cite régulièrement le nom de Raoul Cauvin, considéré comme un des scénaristes les plus prolifiques de la bande dessinée franco-belge, sans le déprécier ou le tourner en dérision. Certains interlocuteurs citent leurs oeuvres favorites, soit sur le thème de C'était mieux avant, soit sur celui des vraies Oeuvres de BD, par comparaison à la production industrielle de masse. Il est également régulièrement question de la bande dessinée en tant qu'industrie, en particulier le volume de production (environ 5.000 BD / an) qui fait que les libraires n'arrivent pas toujours à se souvenir de tout, mais aussi qu'il s'agit d'une industrie de flux, et de la spécialisation incroyable et toujours plus pointue des séries, pourquoi pas sur les podologues spécialistes du pied gauche (non, ça n'existe pas). Cela amène à des réflexions sur les lecteurs considérés comme des moutons, et sur la BD artisanale ou produite dans des conditions dignes pour les auteurs. Il est bien sûr également question des lecteurs, que ce soit leur incroyable naïveté (celui qui cherche une BD dont il ne se souvient ni du titre, ni de l'auteur, ni l'histoire), des habitudes des collectionneurs (soit désabusés, soit accros à la nouveauté). Sergio Salma se montre un fin observateur des habitudes des lecteurs, sachant monter en épingle leurs travers, sans pour autant les déconsidérer. Au détour d'un gag le lecteur peut également percevoir son réel amour pour ce média : par exemple avec un interlocuteur soulignant que dans une bibliothèque remplie de BD, il est vraisemblable que son propriétaire les ait toutes lues, ce qui n'est pas forcément le cas dans une bibliothèque remplie de romans.
Ce deuxième tome de la série se révèle aussi drôle que le premier. Libon sait insuffler de la vie à tous les gags, même les moins visuels, dans lesquels il n'y a qu'une seule personne en train de parler, s'adressant directement au lecteur. Sergio Salma sait se renouveler, aussi bien pour les thèmes déjà abordés dans le premier tome, que dans de nouveaux. L'amour de la BD transpire dans chaque gag ; les auteurs savent de quoi ils parlent et ils s'amusent à en parler avec dérision mais sans méchanceté.
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jamiK
  16 octobre 2018
Une BD pour les fans de BD qui se moque des fans de BD : on se reconnait forcément à un moment ou un autre, et on rit de nos petits travers, de nos tares. J'étais seul quand je l'ai lu, seul mon chat a eu peur de mes bruyants éclats de rire. En plus, le format en hauteur est sympa et original. Cette série, bien que très private joke, est vraiment drôle et réussie.
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badpx
  22 août 2018
Ma réaction vis a vis de ce livre ressemble beaucoup à sa couverture : les lecteurs de BD scotchés à la vitrine de la librairie pour acheter enfin le nouveau volume tant attendu. Moi c'est à mon retour de la médiathèque que parfois, je ne peux pas me retenir de me jeter sur certaines BD, et c'est le cas avec celle ci.
Pourtant c'est assez répétitif, et il faudrait que je ne lise que quelques pages chaque jour, pour bien apprécier. Mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas me retenir de dévorer le livre en une seule lecture.
Alors comme pour le tome un, parfois je me suis reconnu, parfois beaucoup moins. J'ai souris, j'ai gloussé, j'ai levé les aux ciels, et il me tarde mon prochain passage à la médiathèque pour emprunter le tome suivant.
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Noctenbule
  20 septembre 2015
Sergio Salma et Libon ont débuté dans Spirou et fort de leur succès, ils ont pu édité des albums indépendants. Animal Lecteur raconte la difficile vie d'un vendeur de bandes dessinées. Il n'est pas toujours facile de satisfaire les demandes farfelus et les clients de plus en plus exigeants.
Le lecteur de bande dessinée est un être particulier. le patron de la boutique doit faire face à bien des énergumènes. Il rencontre le passionné qui attend avec impatience le nouveau tome de sa série qu'il aime tant. le lecteur qui pour lui, la vraie bande dessinée était celle des années 80 et que depuis, on ne fait rien de mieux. Ils y a ceux qui veulent bien découvrir des nouveautés mais ils sont tellement exigeants qu'ils ne trouvent rien. Et il y a aussi la quantité de publication qui noie souvent le patron qui doit trouver de la place pour laisser de la chance à chacune. Il va d'ailleurs même aller en mettre chez son voisin le pharmacien par manque de place.
Le hasard m'a porté sur cette bd au format bien particulier puisqu'elle est haute sans être large. Une page pour un strip. J'ai beaucoup rigolé en tournant les pages et beaucoup de situation m'ont parlé. Combien de fois ai-je entendu que la bd n'est pas de le lecture, qu'uniquement les vieux classiques ont de la valeur, que beaucoup de maisons d'éditions préférant se faire du bénéfice au lieu de la qualité, même si je partage en partie cette dernière phrase. le monde de la bd est très riche peut-être trop d'ailleurs, c'est ce que cette bd veut montrer et cela avec brio. J'ai hâte de lire une autre bd de cette série à défaut de lire Spirou.
Alors si vous cherchez une bd qui parle de la bd et de ses lecteurs, je vous invite d'aller à la rencontre d'Animal Lecteur. Rire et bonne humeur garanties à chaque page.
Lien : https://22h05ruedesdames.wor..
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holognec
  16 mars 2013
Relecture (?), rare, pour moi.
Il fallait cela sans doute pour que j'entre mieux dans l'humour des auteurs. Pour libraires et bibliothécaires,... En plus, cette fois, différemment de la précédente, j'ai loué les second et troisième tomes. Curieuse du suivant, donc!
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PresencePresence   08 février 2018
Moi, je fais du bio. Du bon produit bien de chez nous. Faut arrêter avec ces produits de grande distribution. C'est de l'élevage en batterie. Les auteurs pondent dans le stress, ça se sent, c'est pas bon. Les auteurs, ça doit vivre en liberté, sinon ça n'a plus de goût. En plus quand on fait venir du Japon, bonjour le réchauffement climatique.
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julienraynaudjulienraynaud   18 avril 2016
- Alors, il est arrivé? il est arrivé?
- L'éditeur a fait faillite. La sortie est reportée, le dessinateur est en procès, l'album est saisi.
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PresencePresence   08 février 2018
Je cherche un livre. Je connais pas le nom du dessinateur, ni le nom du personnage, ni le nom de l'éditeur. Je sais pas ce que ça raconte, si c'est pour les enfants ou pas, ancien ou nouveau. Vous avez ?
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PresencePresence   08 février 2018
Je me suis toujours demandé pourquoi on ne tolérait pas une mauvaise chute dans un gag. Alors qu'on peut rigoler comme un bossu à la 317ème d'un gag comme on aime bien. Mystère.
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PresencePresence   08 février 2018
Le lecteur fan et impatient se rue sur le livre sorti en version luxe. C'est du beau papier. Le fan pousse des cris d'admiration même si c'est parfois en noir et blanc. Puis il voit le prix, alors il tire la tête. Et c'est pour ça que ça s'appelle un tirage de tête.
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Video de Sergio Salma (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sergio Salma
Rencontre avec Libon, auteur de BD, créateur de Jacques le petit lézard géant, Tralaland, Hector Kanon, d' Animal Lecteur avec Sergio Salma et de Sophia avec Capucine. Entretien réalisé pour le 9e festival de la BD 2011 de Massillargues-Atuech par Zoom La Rue.
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