AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9780300238631
360 pages
Éditeur : Yale University Press (11/09/2018)
5/5   1 notes
Résumé :
Le musée du Louvre conserve la plus importante collection en France de pastels européens des XVIIe et XVIIIe siècles. Peintes pour l'essentiel sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, ces oeuvres d'une extrême fragilité, puisque créées au moyen d'une poudre colorée que l'on a souvent comparée à celle couvrant les ailes de papillon, permettent de rencontrer la société du siècle des Lumières et de mesurer le génie de ses artistes les plus célèbres : Rosalba Carrie... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
jvermeer
  15 décembre 2019
*****
« PASTELS du Musée du Louvre 17e et 18e siècles » est l'exposition phare du Louvre en 2018.
Le Louvre a la chance de posséder la plus importante collection mondiale de pastels des 17e et 18e siècles : 156 pastels du siècle des lumières. le magnifique catalogue montre des reproductions d'une qualité exceptionnelle.
Trois critiques me seraient nécessaires pour décrire les peintres pastellistes du 17e et 18e siècles… Je suis donc contraint de laisser de côté les pastels du 17e pour concentrer cette unique critique sur le 18e siècle, le siècle d'or du pastel en France, dans lequel les plus grands pastellistes évoluèrent.
Rosalba CARRIERA
La « Rosalba »... Lors de son passage à Paris en 1720 le tout Paris veut connaître cette femme pastelliste, une vénitienne, ancienne dentellière, dont la réputation a franchi les frontières. Elle enthousiasme les peintres français. Sa principale qualité de pastelliste : un style spontané qui lui permet de saisir la dominante de l'apparence de ses modèles directement sur le support, sans dessin préalable. Elle peint le jeune dauphin Louis XV et rencontre Watteau et François Boucher. Maurice Quentin de la Tour, admiratif, fait de cette technique son art, un moyen d'expression égal à la peinture à l'huile et le dépassant souvent.
Le 26 octobre 1720 elle devient une des peu nombreuses femmes admise à l'Académie royale de peinture et sculpture à Paris. Les nobles des cours européennes l'assiègent de commandes qu'elle a bien du mal à honorer.
La mode du pastel est lancée en France. Cette technique chatoyante, colorée, spontanée et fragile, au rendu vaporeux, sera très recherchée tout au long du 18e siècle.
Élisabeth Louise VIGÉE LE BRUN et Adélaïde LABILLE-GUIARD
« Admission de dames à l'Académie : madame le Brun et madame Labille-Guiard, ce qui remplit le nombre de quatre auquel Votre Majesté (le roi Louis XVI) a jugé à propos de fixer celui des femmes dans l'Académie. »
Le 31 mai 1783, le même jour, ses deux femmes sont reçues à l'Académie royale de peinture, confirmant ainsi leur appartenance officielle à l'élite artistique française.
Élisabeth Louise Vigée le Brun était devenue le peintre officiel de la reine de France Marie-Antoinette dont elle avait fait de nombreux portraits.
Le Louvre comportant peu de pastels de l'artiste, je la quitte, déçu, et continue ma visite.
Jean-Marc NATTIER
Qui peut être cette jolie jeune femme ? Il s'agit du seul pastel de Nattier possédé par le Louvre : un superbe « Buste de jeune femme, vue de trois quarts ». L'heureux contraste entre la carnation rosé et les rubans bleutés du visage légèrement incliné, le regard tourné vers nous, en font un des superbes portraits du musée.
François BOUCHER
Boucher est l'un des plus célèbres peintres du 18e siècle, essentiellement dans des peintures à l'huile aux coloris vifs et des scènes voluptueuses. Qui ne connaît pas ses « Odalisques » nues, couchées sur un divan ?… Peintre officiel de la marquise de Pompadour, celle-ci lui commanda des dessins représentants des enfants pour qu'ils servent de modèles à un ensemble de tapisseries tissées aux Gobelins. : « le petit dénicheur de merles » et « La Petite Oiselière ». On retrouve ces charmants bambins dans de nombreuses estampes.
Joseph BOZE
Cet artiste m'a intrigué. Je me suis longtemps interrogé devant un joli pastel de femme dans la trentaine…
Un autoportrait de Joseph Boze le montre dédaigneux, arrogant. Se pourrait-il qu'il déteste sa femme ou l'ignore au point de ne pas daigner donner les touches finales au pastel qu'il fit d'elle « le portrait de Madeleine Françoise Boze » ? Sur la toile cette belle femme semble regarder son mari amoureusement. Etonnement, l'artiste a peint le visage, sans terminer le bras gauche et la robe ? Portrait inachevé indique le cartel du Louvre… Je sentais qu'il s'était passé quelque chose entre cet homme et cette femme. Mais quoi ?
Jean-Baptiste PERRONNEAU
Un des pastellistes de grand talent les plus représentés au Louvre avec Maurice Quentin La Tour qu'il admirait. le portrait de « Marie Anne Huquier » est certainement une des oeuvres les plus populaires de l'artiste. La grâce de cette délicieuse jeune fille fardée et la délicatesse avec laquelle elle semble caresser son petit chat n'y sont sans doute pas étrangères.
Jean Siméon CHARDIN
Les pastels de l'artiste, plus particulièrement ses autoportraits du Louvre, sont parmi les plus beaux de l'exposition.
Marcel Proust, devant l'Autoportrait aux bésicles en 1895 : « Comme le vieil habit qui enveloppe son corps, sa peau elle aussi a durci et passé. Comme l'étoffe, elle a gardé, presque avivé ses tons roses et par endroits s'est enduite d'une sorte de nacre rosée. »
John RUSSELL
J'adore ce tableau. Sa « petite fille aux cerises » est un des pastels les plus appréciés au Louvre. Encore aujourd'hui, les visiteurs, admiratifs, restent plantés devant la frimousse de la fillette de cinq ans comme ils le feraient pour La Dentellière de Vermeer.
Maurice QUENTIN DE LA TOUR
« Que d'attentions, que de combinaisons, que de recherches pénibles pour conserver l'unité de mouvements malgré les changements que produit sur la physionomie et dans les formes la succession des pensées et des affections de l'âme ! »
Le plus célèbre des pastellistes français est très demandé par la noblesse et la bourgeoise de l'époque, dont Louis XV et sa femme Marie Leszcynska dont il fait les portraits.
J'ai gardé pour la fin de mon article l'oeuvre la plus célèbre des pastels du 18e en France peint par Maurice Quentin de la Tour : « Jeanne Antoinette Lenormant d'Étiolles, marquise de Pompadour ».
Restauré récemment, le grand tableau présent dans l'exposition est magnifique et semble avoir gardé sa fraicheur du jour de sa présentation au Salon de 1755 : l'oeuvre divisa les amateurs pour sa beauté ou peut-être pour la non-acceptation de l'Encyclopédie de Diderot figurant en bonne place derrière la marquise.
Ce tableau reste un des chefs-d'oeuvre du pastel et de l'art français.
https://www.wikiart.org/fr/quentin-de-la-tour/jeanne-antoinette-poisson-marquise-de-pompadour
Cette exposition restera un grand moment pour les amoureux, comme moi, de la luminosité et du velouté des couleurs du pastel que j'ai pratiqué longtemps.
***
Lien : http://www.httpsilartetaitco..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          163

Citations et extraits (2) Ajouter une citation
jvermeerjvermeer   09 décembre 2019
*****

Lettre du chevalier Noeufville de Brunaubois-Montador de septembre 1738 à une marquise :

« Quelque admiration qu’on ait donné à tout ce dont je viens de vous entretenir, Madame ; il faut en redoubler à la vue des Pastels de M. La Tour. Il en a produit cinq. C’est la nature même pour la vérité de la ressemblance. (…)
De même que celui de Melle La Boissière, à laquelle il a su conserver toutes les grâces qu’on lui connaît, et qui, sans la rendre belle, lui donnent le triomphe sur la beauté. Son attitude est aisée, naturelle, et artistement négligée. Elle est appuyée sur une fenêtre, les mains passées dans un de ces petits manchons, que vous avez pris en déplaisance, mais avec lesquels vous vous réconcilierez en faveur de celui-ci. Rien n’est plus léger et plus spacieux que sa Touche. On voit, on sent, on croit aller toucher tout ce qu’il peint. C’est du velours, c’est une pelisse, c’est de la gaze ; il n’est pas possible que ce ne soit qu’une imposture de couleurs. »

***
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
jvermeerjvermeer   09 décembre 2019
******

Eloge à Rosalba Carriera écrit dans le Mercure de France de février 1722 pour son pastel et morceau de réception "Nymphe de la suite d’Apollon" lors de son admission à l’Académie royale de peinture et sculpture à Paris le 26 octobre 1720.

" On peut dire en général que la Rosalba donne à tous ses sujets le caractère de son esprit, la vivacité de ses pensées et les grâces de ses expressions. Il faut convenir que cette Damoiselle a trouvé l’art de traiter ce genre de Peinture d’une manière où personne n’était arrivé avant elle, ce qui a fait dire aux plus habiles que cette sorte de pastel, avec la force et la vérité des couleurs, conserve de certaines fraîcheurs et légèretés dans les transparents qui sont au-dessus de la peinture à l’huile."

***
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

autres livres classés : louvreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Arts et littérature ...

Quelle romancière publie "Les Hauts de Hurle-vent" en 1847 ?

Charlotte Brontë
Anne Brontë
Emily Brontë

16 questions
808 lecteurs ont répondu
Thèmes : culture générale , littérature , art , musique , peinture , cinemaCréer un quiz sur ce livre