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EAN : 9782352210139
61 pages
Editions Guérin (23/01/2007)
4.5/5   2 notes
Résumé :

El Capitan raconte l'ascension du Nose dans le Yosemite.

Né en 1955, Olivier Salon passe son enfance entre Paris et Fontainebleau où il se découvre une passion pour l'escalade. Il explore de nombreux sites comme les Dolomites, le massif de Loisans, les Calanques, les Pyrénées, Chamonix, le Sajama en Bolivie et le Huascaran au Pérou.

Sa dernière aventure, l'ascension de la falaise El Capitan en Californie, donne naissance à cet... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Nastie92
  17 octobre 2021
Grimpeur de haut niveau, Olivier Salon est comédien, poète, écrivain, membre de l'Oulipo, pianiste... un touche-à-tout.
Mais pas un de ceux qui se dispersent et ne font pas grand-chose de bien. Olivier Salon, lui, excelle dans tout. Les fées ont été visiblement nombreuses à se pencher sur son berceau, et l'ont doté de multiples talents.
Oh, j'allais oublier : cet homme complètement hors norme est également agrégé de mathématiques et titulaire d'un doctorat !
Un auteur aussi peu banal et possédant de nombreuses facultés rarement associées ne pouvait que donner naissance à quelque chose d'original.
Et c'est bien le cas : ce petit opuscule de soixante-et-une pages est totalement atypique.
Olivier Salon y raconte l'ascension d'El Capitan, impressionnante formation rocheuse verticale de neuf cents mètres de haut située en Californie dans la vallée de Yosemite. Une paroi mythique.
Pour ceux qui ne connaissent pas, voici un lien vers une photo. Cela peut donner une idée, même si cela ne remplace pas la fascination mêlée d'effroi que provoque certainement la vue réelle :
https://fr.wikipedia.org/wiki/El_Capitan#/media/Fichier:Yosemite_El_Capitan.jpg)
Plusieurs grimpeurs ont raconté leurs aventures sur El Capitan ; j'ai déjà lu certains de ces récits, mais ce que j'ai ici en mains n'a rien à voir.
Ce n'est pas une narration classique : le fond, la forme, tout est différent dans ce texte singulier, et c'est éblouissant !
Olivier Salon a choisi la poésie pour écrire et transmettre ses émotions, et le résultat est bluffant.
Allez, j'ose : c'est vertigineux !
La préparation, l'approche, l'ascension proprement dite, la redescente, le retour : chaque étape est décrite sous forme d'un poème.
C'est inventif, sensible, bourré d'humour, original en diable. Unique.
L'auteur joue avec le rythme, avec le vocabulaire, avec les mots à double sens ; il nous offre de petits morceaux enjoués et pleins de surprises, dont la succession raconte l'aventure d'El Capitan bien mieux que n'aurait pu le faire un long récit conventionnel.
Certains poèmes sont joyeux et légers, d'autres utilisent un ton bien plus grave pour traduire la tension d'un passage difficile. Certains mélangent avec bonheur les deux, collant au plus près du vécu du grimpeur qui, dans la paroi, alterne mouvements "simples" (tout est relatif !) et terribles difficultés.
J'ai dévoré d'une traite ce petit ouvrage, fascinée par le réalisme et la puissance de ce que je lisais.
Par moments, j'ai eu l'impression d'être sur la paroi ; j'ai ri, j'ai tremblé, parfois j'ai même retenu mon souffle.
Rares sont les livres qui vous font vivre ce genre d'émotions, alors si l'aventure vous tente, n'hésitez pas !
Au-delà du récit d'escalade, vous découvrirez un excellent texte littéraire.
+ Lire la suite
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   12 novembre 2021
Chaque pas exige une réflexion.
Poser le point.
Le tester. S'assurer qu'il ne va pas lâcher sous son poids.
Se hisser dessus. Calmement.
Ne pas montrer sa fébrilité au point.
C'est un jeu de patience entre la montagne et moi.
Un jeu d'apparence : rester impassible.
Une partie de poker.
La montagne excelle à ce jeu-là.

Je m'éloigne au-dessus de mes compagnons.
Très lentement : dix mètres à l'heure.
Est-ce plus ou moins que l'escargot ? Je gage que moins.
Ils s'amenuisent et je les oublie.
Ils sont à leur somnolente tâche et ne se préoccupent pas de moi non plus.
En cas de chute, le matériel fait son office tout seul.
Je suis seul.
Inexorablement seul.
Seul sur la paroi lisse et glacée.
Je dois trouver une solution à chaque mètre.
À chaque pas.

La montagne est un sphinx permanent.
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Nastie92Nastie92   21 octobre 2021
Me voici en tête.
Je sais que je suis parti pour trois ou quatre heures.
Il y a quelque chose de grisant à cela.
Je suis bardé comme un baudet,
Ficelé dans mes sangles comme un rôti,
Harnaché comme un percheron.
Harnaché de plomb, de cuivre, de ficelle, de sangle, de ferraille.
Je me sens bien, comme protégé par tant de matériau.
Dans sa diversité, il me rassure, comme si j'étais prêt à affronter toutes les ruses de la paroi.
+ Lire la suite
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Nastie92Nastie92   30 novembre 2021
C'est un drôle de grain,
Polyèdre épais aux arrêtes irrégulières.
Un gros grain.
[...]
Ce n'est pas le granit de Chamonix,
Compact, rose et soudé, presque infrangible.
Ici, la roche semble friable, ses gros grains se détachent,
Surtout dans les encoignures et les fissures,
Glissent sous les ongles où ils trouvent parfois un refuge inespéré,
Véritables bernard-l'ermite des hauteurs.
Sur le coup, ce grain gris me paraît moins beau,
Moins noble que son confrère alpin.
Ce n'est qu'avec le temps que j'apprends à l'apprécier,
À sentir sa puissance tout autant que ses faiblesses.
Et aussi ses pièges.
Gros grain gris grège.
+ Lire la suite
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Nastie92Nastie92   04 novembre 2021
La rencontre de ceux qui ont vu l'ours est plus courante que celle de l'ours lui-même.
Pour ma part, j'ai hâte de me retrouver museau contre museau.
Me faudra-t-il badigeonner le mien de miel ?
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Nastie92Nastie92   17 décembre 2021
Quand il pleut, nous mettons une bâche sur nos têtes.
Nous sommes sous la tente.
Et sous l'attente,
Nous plaignons le combattant qui ruisselle.
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