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Lisa Rosenbaum (Traducteur)
EAN : 9782757819500
206 pages
Éditeur : Points (26/08/2010)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Onze variations sur le passage. Le passage du jour à la nuit, de l’enfance à l'âge adulte, de la vie à la mort. Un accident de cheval, un oiseau mort, la couleur du Rhin à Bâle, une chambre d'hôtel à Vérone, une fille au pair un peu trop provocante : tels sont les motifs à partir desquels James Salter développe sa mélodie ? ce mélange de mélancolie, d'émotion et de sécheresse, qui n'appartient qu'à lui.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  01 septembre 2014
N°797 – Septembre 2014.
AMERICAN EXPRESS- James Salter – Éditions de l'olivier.
Traduit de l'américain par Lisa Rosenbaum.
Les nouvelles de James Salter ont un goût de nostalgie, celle du temps qui passe inexorablement et sans que nous y puissions rien, ce même temps qui impose à chacun son rythme et sa marque. Les choses se font et se défont malgré nous ainsi dans « vingt minutes » le drame que connaît Jane Vare ou le mystère qui entoure la baby-sitter d' « Autres rivages », l'escapade nocturne de Fenn dans « Akhnilo » ou encore la solitude de Mrs Chandler face à un ancien amant. C'est une atmosphère de passage inexorable qui s'impose à travers ces textes, la nuit succède au jour, l'âge adulte à l'adolescence, la mort à la vie... L'ambiance qui gouverne ce recueil est plutôt mélancolique et tient à peu de choses, des situations en demi-teinte, des détails, une image furtive vite remplacée par une autre qui va combler le vide laissé par la précédente, des traces de sueur sous les aisselles, des relents du cuisine, une odeur de transpiration un peu forte, les vêtements négligés d'un homme, les seins d'une femme, des détails d'un visage ou la certitude d'une absence d'avenir dans la vie. C'est la solitude qui prédomine dans ces nouvelles. Pour souligner ce vide, les chutes sont étonnantes, déconcertantes même et pour le moins inattendues. « Am stende von Tanger » se termine par la mort d'un canari, « vingt minutes » par celle d'une cavalière, « Via negativa » par une appréciation portée sur les seins d'une femme rencontrée par hasard, « Akhnilo » par l'évocation d'une douloureuse insomnie solitaire que les mots ne parviennent pas à soulager, autant d'échecs, d'espoirs déçus.[« En fait pour lui l'échec était romantique. Il en avait presque fait son but »] qu'on perçoit aussi dans « La destruction du Goeotheanum ». 
Dans « Fils perdu », il se souvient avec nostalgie qu'il a été officier de l'armée de l'air et c'est sans doute un peu de son expérience personnelles qu'il livre à son lecteur de même qu'il note ses observations sur les écrivains dans « Via negativa ». de toute manière et malgré une prose fluide, il reste une sorte de silence pesant qui peu à peu s'installe entre poésie et mysticisme. [« Couché dans son lit tel un étudiant pauvre - combien la vie changeait peu depuis le début jusqu'à la fin - il s'endormit, agrippé à ses rêves. Les fenêtres étaient ouvertes. L'air froid se déversait sur lui comme la mer sur un marin aveugle, le trempant jusqu'aux os, inondant la pièce. Il était allongé, les chevilles croisées comme un martyr, le visage tourné vers Dieu ».] Il a aussi été scénariste, en évoque le métier, l'ambiance qui règne sur les plateaux de tournage et au sein de la profession, la vie des acteurs dans « le cinéma » et à cette occasion il se révèle un peu voyeur. de Mrs Chandler il dit « C'était une femme... qui avait de belles jambes ». Il y a souvent des figures de femmes qui elles aussi passent et qui sont évoquées à travers une image érotique « Elle a de petits seins et de grands mamelons. Et aussi, comme elle le dit elle-même un assez gros postérieur ».

Il n'a pas de lieu privilégié pour l'auteur et il place ses « actions » (je devrais dire ses inactions tant les scènes qu'il évoque semblent banales) dans des villes emblématiques comme Barcelone ou Paris, des contrées d'Italie, d'Amérique du nord ou les bords du Rhin.
De toute cela résulte une atmosphère un peu dérangeante.
©Hervé GAUTIER – Septembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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lozere
  05 octobre 2014
American Express de James Salter est une lecture qui laisse une impression étrange, comme d'être passé à côté de quelque chose, d'un élément secret qui aurait permis de comprendre... mais quoi ?
A moins que ce ne soient les personnages qui, tous montrés à une période précise de leur vie, dont on découvre par ellipses le parcours qui les y a menés, semblent avoir raté quelque chose, de l'ordre de l'émotion, ou de la présence, de l'aura. Ils sentent, la chaleur, le froid, des odeurs, des couleurs, mais cela ne suscite rien chez eux. Quel que soit le chemin, ou le personnage, ou les lieux, riches avocats new-yorkais voyageant en Italie, jeune fille au pair hollandaise, vieux redneck consolidant des soutènements de maisons, femme dans la quarantaine abandonnée par son mari puis son amant, scénariste de cinéma, écrivains célèbre ou raté, à Barcelone, Paris, Dornach, tous arrivent dans la même impasse, le même non-lieu.
A moins que ce ne soit le genre de la nouvelle, dont on a peu l'habitude en littérature française, qui laisse perplexe et un peu sur sa faim : on aurait aimé en savoir plus, pour apprivoiser les personnages et les situations, ou moins, pour ne pas être déçu et qu'un mystère persiste.
A moins que ce ne soit la vie même, qui peut être ramenée à une suite de faits, de gestes, plus ou moins liés et qui nous échappent, dont la fin est la même pour chacun : "Il y avait des photos de lui à vingt ans : le même nez crochu, le même visage dur de campagnard. Dans le dépôt mortuaire, il ressemblait à un pharaon. Ils lui avaient croisé les mains. Ses joues étaient creuses, ses paupières pareilles à du papier."
Reste l'écriture de James Salter, qui vaut à elle seule le détour.
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paulmaugendre
  16 septembre 2020
Pratiquement inconnu en France, James Salter, soixante dix ans, s'inscrit dans la lignée des auteurs américains attirés par la vieille Europe, et ses nouvelles font indéniablement penser à Hemingway. Ce recueil dont les nouvelles sont de petites tranches de vie puisées à Barcelone, ou encore en Italie, ou tout simplement dans son pays d'origine permettent à Salter de faire une entrée discrète mais réussie chez nous.
Des polaroïds qui fixent des voyages empreints d'amour, d'amitié mais également d'échecs, d'espoirs déçus.
Malcolm aime Barcelone parce qu'il est né le jour où Gaudi est mort, renversé par un autobus; parce que Paul Morand a su magnifier cette ville dans une de ses nouvelles. Malcolm et Nico, son amie, partent pour la plage en compagnie d'Inge dont les amours sont contrariées. Un après-midi et une soirée qui s'étiolent comme l'oiseau de Nico qui a perdu son compagnon de cage une semaine auparavant. Telle est le trame de Am Strande von Tanger.
Dans American Express, nouvelle titre du recueil, deux amis, avocats new-yorkais, visitent l'Italie, partageant la même chambre et les mêmes filles, tout en se souvenant de Brenda, un de leurs amours, mariée et divorcée.
Autres rivages met en scène une jeune hollandaise, jeune fille au pair chargée de l'éducation d'un bambin et qui reçoit de son amant, parti en Europe, des lettres dont la teneur est trop explicite aux yeux de la mère de l'enfant. Mais la nouvelle peut-être la plus poignante de cet ouvrage est la mort solitaire d'une écuyère à la suite d'un accident de cheval.

Le recueil terminé, le lecteur ne peut s'empêcher de ressasser certaines des phrases qui parsèment l'ouvrage de Salter et de les méditer.
Ainsi celle-ci extraite de Américan Express :
Les femmes tombent amoureuses quand elles commencent à vous connaître. Pour les hommes, c'est exactement l'inverse : quand ils finissent par vous connaître, ils sont prêts à vous quitter."

Sommaire :
Am Strande von Tanger
Vingt minutes
American express
Autres rivages
Le cinéma
Fils perdus
Akhnilo
Crépuscule
Via Negativa
La destruction d Goethanum
Terre

James SALTER : American Express (Dusk and other stories –1988. Traduction de Lisa Rosenbaum). Editions de l'Olivier. Parution janvier 1995. 210 pages.
ISBN : 9782879290232

Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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liratouva2
  10 décembre 2010
Onze nouvelles, onze variations sur des moments de transition, des petites histoires sur pas grand chose mais que le style de l'auteur magnifie!
Ce sont le plus souvent des histoires avec peu d'intrigues, mais dans lesquelles les personnages sont sur le point de terminer un épisode de leur vie sans s'impliquer vraiment dans ce qui leur arrive, sauf exception, comme la femme qui fait une chute de cheval et qui reste dans le fossé, ignorée de tous, jusqu'à ce qu'elle commence à hurler à en mourir.
D'autres semblent errer sans but comme ces deux amis avocats qui ont réussi leur vie mais divorcés, loin de leurs enfants, ils n'espèrent plus grand-chose de leur réussite sociale. Ils n'ont sauvé que leur amitié. Pourquoi donc partent-ils en Italie, sans but, au gré de leur fantaisie?...
Ai-je aimé? Moyennement! J'aurais voulu pouvoir m'attacher aux personnages mais eux-mêmes s'intéressent si peu à ce qu'ils sont!
Lien : http://liratouva2.blogspot.c..
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profdoc72
  07 juin 2013
Onze nouvelles sur le passage, sur ces moments avant les grands bouleversements. Une lecture sympathique, un style maîtrisé, probablement trop distancié mais qui laisse néanmoins peu de souvenirs. Les personnages ne sont pas attachants et l'imaginaire est absent.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel   31 août 2014
Les femmes tombent amoureuses quand elles commencent à vous connaître. Pour les hommes, c’est exactement l'inverse : quand ils finissent par vous connaître, ils sont prêts à vous quitter.
Commenter  J’apprécie          120
Herve-LionelHerve-Lionel   01 septembre 2014
Plus tard, il lui dirait que les mots ne venaient pas au hasard, leur ordre et leur choix parlaient comme une autre voix, une voix qui révélait tout. Le vocabulaire était pareil à des empreintes digitales, à l'écriture, il était semblable au corps qui révélait , qui exprimait, l’âme invisible.
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BMRBMR   08 octobre 2010
[...] Sa famille mangeait en silence, quatre personnes dans la tristesse d'un cadre bourgeois, la radio était en panne, de minces tapis couvraient le sol. Quand il avait terminé, son père se râclait la gorge. La viande était meilleur la dernière fois, disait-il. La dernière fois ? s'étonnait sa femme.
- Oui, elle était meilleure, maintenait-il.
- La dernière fois, elle n'avait aucun goût.
- L'avant-dernière fois, alors, disait-il.
Puis ils retombaient dans leur mutisme.
On n'entendait plus que le bruit des fourcehttes, et, parfois, celui d'un verre. Soufain, le frère se levait et quittait la pièce. Personne ne levait les yeux.
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Herve-LionelHerve-Lionel   31 août 2014
Couché dans son lit tel un étudiant pauvre - combien la vie changeait peu depuis le début jusqu'à la fin -, il s'endormit, agrippé à ses rêves. Les fenêtres étaient ouvertes. L'air froid se déversait sur lui comme la mer sur un marin aveugle, le trempant jusqu'aux os, inondant la pièce. Il était allongé, les chevilles croisées comme un martyr, le visage tourné vers Dieu.
Commenter  J’apprécie          30
BMRBMR   08 octobre 2010
[...] C'était une femme qui avait un certain style de vie. Elle savait donner des dîners, s'occuper des chiens, entrer dans un restaurant. Elle avait sa façon de répondre à des invitations, de s'habiller, d'être elle-même. D'incomparables habitudes, pourrait-on dire. C'était une femme qui avait lu, joué au golf, assisté à des mariages, qui avait de jolies jambes, qui avait connu des épreuves. C'était une belle femme dont personne ne voulait plus.
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