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ISBN : 2020289458
Éditeur : Seuil (27/08/1997)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 104 notes)
Résumé :
À l'huissier qui vient saisir ses meubles, un jour de 1997, dans l'appartement qu'elle occupe avec sa fille à Créteil, une femme hurle : "c'est Darnand qui t'envoie". Rien ne peut lui faire entendre raison. Pour elle, le monde s'est arrêté en 1943 le jour où son frère, alors âgé de dix-huit ans, a été torturé à mort par deux jeunes apprentis miliciens. Depuis, elle vit dans la compagnie des fantômes de l'Occupation, de ceux qu'elle appelle Darnand et le "maréchal Pu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
  30 juillet 2018
Trois personnages :
- Louisiane, une jeune fille de 18 ans, la narratrice
- Sa mère, complètement démente, bloquée aux années de l'occupation, réglant ses comptes avec « Putin », Bousquet, Darland, vivant en permanence avec les spectres de cette période
- Un huissier mutique, notant de pièce en pièce les meubles et objets délabrés, imperméable aux insultes et aux délires de la mère et aux confidences de la fille qui tente de survivre sans sa situation calamiteuse.
Un huis clos délirant, mais comme tout huis clos, étouffant.
Heureusement il y a de l'humour au milieu de tout ce désastre.
Et aussi une manière d'écrire originale, comme ces chapitres qui s'arrêtent au milieu d'une phrase, et les suivants qui reprennent le dernier mot du précédent.
Globalement c'est pas mal, tragique et comique à la fois, mais un peu lassant quand même.
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michfred
  29 décembre 2014
Le temps d'une visite d'huissier, et de sa difficile progression dans un appartement misérable et crasseux, une mère hurle sa folie et sa colère, devant ledit huissier, muet, et sa propre fille, résignée.
Car cette visite réveille chez la mère toutes les horreurs et les humiliations de la guerre: son frère, battu à mort par les miliciens, sa mère humiliée un jour de fête des mères par le maréchal "Putain" , Darnand, Bousquet et toute la clique.
Dans un délire verbal haut en couleurs-mais qui n'a pas encore la verve du "fragnol", la trouvaille linguistique de Pas pleurer- la mère dit la rage des pauvres contre lesquels on s'acharne, la France honteuse de l'antisémitisme et de la collaboration. C'est un peu long, appuyé,lourd,mais il se dégage de cette diatribe une ironie salutaire et cathartique...
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ClaireDoc
  09 novembre 2014
Le meilleur récit romanesque de Lydie Salvayre...pour moi et sachant que je n'ai pas encore lu "Pas pleurer". La transmission de la folie, l'histoire, la lâcheté et le courage, les huissiers, tout les thèmes chers à l'auteur sont condensés !
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myriampele
  04 septembre 2017
Trois voix, enfin deux car si la mère est extrêmement bavarde, et la fille aussi, l'huissier, lui ne dit rien ou très peu de choses. La mère est hantée par les figures de Pétain et de Darnant, les atrocités commises sur les siens au cours de la dernière guerre. La fille essaie d'arranger les choses auprès de l'huissier venu saisir les " biens" de l'appartement. Ce serait drôle si ça n'était pas tragique, mais Lydie Salvayre sait si bien manier la plume que le lecteur reste sur le fil du désespoir, de la pitié, du rire.
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docare
  24 mai 2017
Paru bien avant "Pas pleurer" il en est néanmoins la suite. On y retrouve Montse et sa fille. du théatre classique, unité de temps, de lieu et d'action.
Deux personnages et le "hallebardier" de service, simple prétexte écoutant entre deux femmes écrasées par leur présent, misérable, et leur passé, effroyable. Toutes deux enfermées dans leur esprit plus encore que dans leurs murs et leurs meubles que l'huissier, symbole de la permanence du malheur, vient leur saisir. Qui, de la mère, enfermée dans ces souvenirs mortifères et pour qui le temps s'est arrêté en 1943, et de la fille, recluse volontaire avec sa mère folle avec qui elle entretient une relation d'amour-haine implacable, qui est la plus folle, ou la plus réaliste ? Servi par une langue impeccable et puissante, un "roman" d'une force qui vous soulève d'unbout à l'autre.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
NeigelineNeigeline   10 mai 2010
Emportez, monsieur (...) emportez tous ces meubles qui meublent notre rien, emportez tant que vous y êtes ces spectres qui m'accablent de reproches jusque dans mes cauchemars et m'obligent à dormir lumière allumée, emportez mes souvenirs, mes chagrins, mes sottes illusions, mes croyances stupides, et la voix de mes morts, vous pouvez tout emporter, monsieur, vous ne pourrez jamais emporter mes désirs, c'est Epitècle qui l'a dit et je l'approuve à cent pour cent...
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rkhettaouirkhettaoui   05 novembre 2015
Les baisers de cinéma sont souvent exécutés au pas de course, si je puis m’exprimer ainsi, et laissent le spectateur sur sa soif. Voilà qui est désolant. Car, il faut en convenir, les baisers de cinéma, observés en fin de soirée, à l’heure où l’esprit hébété aspire à son propre anéantissement, les baisers de cinéma sont une véritable consolation, la juste récompense d’une journée interminable, son couronnement, je dirais même son apothéose, à condition toutefois que ces baisers soient lents, lents, lents, d’une ardente, d’une fougueuse lenteur, lents, lents, lents et longs et langoureux et languissants et liquides et lascifs et linguae si possible, et lyriques bien sûr, et qu’ils laissent troublés, tremblants, tout chose.
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NeigelineNeigeline   10 mai 2010
Lorsque j'essaie de comprendre ma mère, monsieur l'huissier, j'imagine qu'elle éprouve cette étrange sensation qui s'empare de moi lorsque, voyageant en train dans le sens contraire de la marche, j'ai l'impression de m'enfoncer à toute vitesse vers un avenir qui n'est pas devant moi mais derrière et qu'en même temps le passé se jette sur moi comme pour me happer.
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rkhettaouirkhettaoui   05 novembre 2015
J’examine toujours avec une attention toute particulière les diverses modalités des baisers de cinéma. Ma curiosité, je l’avoue, est extrême à leur endroit. J’examine toujours passionnément si le baiser de l’acteur se pose à côté, au-dessus ou au-dessous de la bouche de l’actrice (comme il est, je le déplore, fréquent), s’il consiste en un simple bouche à bouche (comportant différents degrés de pression, de succion, d’adhésivité et d’hygrométrie) ou s’il s’accompagne de la protrusion de la langue comme le baiser que Jack Nicholson administre à Jessica Lange dans Le facteur sonne toujours deux fois ou celui observé récemment dans Trainspotting, ces derniers, tout à fait exceptionnels, étant sans conteste les plus intéressants.
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michfredmichfred   29 décembre 2014
Maman on dirait qu'il veut parler, dis-je. Qu'il n'essaie surtout pas , dit ma mère, un méchant qui se tait est comme un loup sans crocs, c'est de qui, ma chérie? De Suétone, lui dis-je. Nous reprîmes notre slalom en riant de plus belle.(...).il faut faire avec le méchant comme avec l'ouragan le marin. Et sur ces belles paroles, nous le jetâmes dehors. Dans l'ouragan.
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Vidéo de Lydie Salvayre
Même pendant l?été, l?équipe du FIG et de l?AFIG reste mobilisée pour préparer le festival ! Le nom des personnalités invitées pour cette 28ème édition a été annoncé lors d?une conférence de presse lundi 17 juillet à Saint-Dié-des-Vosges : - Président du Festival : Michel Pastoureau - Présidente du salon du livre : Lydie Salvayre - Grand Témoin : Jean-Claude Guillebaud, La thématique sur les relations entre les animaux et les hommes fera l?écho d?une actualité portée sur l?annonce d?espèces animales en voie de disparition et les changement de mode de consommation : végétarisme, véganisme. La conférence de presse s?est déroulée en présence du : - Maire de Saint-Dié-des-Vosges, David Valence - Président fondateur du Festival, Christian Pierret - Gilles FUMEY, Professeur à l?université Paris-Sorbonne - Olivier HUGUENOT, Libraire Coordinateur du Salon du Livre Président de l?ADFIG Rendez-vous, prochainement, à Saint-Dié les 29, 30 septembre et 1er octobre 2017 pour suivre cette nouvelle édition du FIG !
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