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EAN : 9782021173703
Éditeur : Seuil (05/10/2017)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 120 notes)
Résumé :
Des hommes retournent sur d’autres la brutalité d’un ordre dont ils souffrent. Ils s’inventent à peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent.Des questions vieilles comme le monde mais d’une brûlante actualité, auxquelles Lydie Salvayre donne ici forme littéraire.Un roman, donc, et d’une causticité jubilatoire, où vont se faire face, d’une part : un solitaire, un lettré, un pas-tout-à-fait-pareil, un pas-tout-à-fait-conforme, un homme mal... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  23 novembre 2017
Une lecture , comme un coup de poing au plexus... L'auteure pointe, fourrage nos lâchetés, nos peurs, et ce racisme aussi banal que terrifiant !
"Je m'étais fait depuis longtemps à cette idée, à ce truisme devrais-je dire, que l'étranger était l'ennemi naturel de toute agrégation humaine, de la même manière que les fils étaient en tout temps et tout lieu les ennemis naturels de leur père (p. 122)"
Un homme encore jeune, Anas, professeur de Français, d'origine espagnole, atteint d'un cancer, voit sa vie se déliter dans la panique de la maladie, une vie de couple qui s'en trouve affectée... Il se retrouve dans une phase critique et dépréciative de son existence. Il décide donc de partir au calme dans un joli village de Provence...Les villageois se montrent très vite méfiants à outrance envers cet homme qui vient d'ailleurs, au physique trop typé, de surplus peu loquace, et qui par un "malheur" supplémentaire, ne travaille pas...est un improductif !!
Au café du coin, le fameux bistrot des Sports, tenu par Marcelin, grande
gueule aux jugements et préjugés expéditifs ... les langues vont bon train, et
pas dans l'esprit le plus bienveillant, pour le nouveau venu !!?
Alternent les voix off des habitués du bistrot et en italique, le ressenti de "notre exilé contraint", qui tente, sans le moindre succès, de s'adapter,... de se fondre dans ce joli petit village, si "tranquille" au demeurant !
Très beau titre qui exprime très justement le contenu de ce roman, dérangeant, mais salutaire, en ces temps de crise, précarité...où la peur de "l'étranger"...pointe à nouveau son nez , à de trop fréquents propos !!
"Il aurait pu au moins se présenter, dit Marcelin qui trônait, magistral, derrière son comptoir. Tous les nouveaux ont cette politesse.
On sait rien de lui, on sait même pas son nom, on sait pas d'où il vient, dit Dédé.
Il boit pas d'alcool, c'est un indice, dit Emile.
Ca m'a pas échappé, dit Etienne.
Il a parlé à personne, pourquoi ? dit Gérard
(...)
j'étais sans doute trop jeune pour avoir cette expérience des grands voyageurs qui savent immédiatement ce qu'il convient de dire pour se faire accepter des natifs, mais je ne désespérais pas d'apprendre et j'en avais l'âpre, la tenace, l'impérieuse volonté.
(p. 10-11)"
Une lecture secouante... pleine de causticité, riche de dialogues des plus
évocateurs... qui nous réveille , nous met en garde sur toutes les idées convenues, réductrices, qui nous font exclure, mettre à l'écart... l'Autre, qui peut déranger sur des critères, parfois des plus fallacieux ! Comme je l'écrivais précédemment, un texte des plus salutaires... qui nous fustige dans nos conforts et paresse de pensée, de nos quotidiens !!
"On s'avisait de surcroît que la colère avait cette vertu ô combien précieuse de rapprocher les hommes et de les réunir autant sinon mieux que la joie.
S'indigner, s'enflammer et foutre une raclée plus ou moins meurtrière à des indésirables étaient des actes qui se pratiquaient mieux, plus allègrement et plus férocement , lorsqu'on était en meute, toute l'Histoire l'enseignait. "(p. 218)


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jeunejane
  09 novembre 2017
Anas, professeur de français à Amboise, est atteint d'un cancer.
Il choisit de vivre sa maladie loin des obligations sociales, loin d'un lieu où il est connu.
Il quitte sa compagne et se retire dans un village du sud où, croit-il , tout va être paisible et beau.
Il doit déchanter lorsqu'il pénètre pour la première fois dans le bar du village. Les clients, des habitués du village, se murent dans le silence et lui aussi.
Une rumeur va s'amplifier parmi les clients. Pour eux, Anas sera tour à tour chômeur, trafiquant de drogue, prédateur sexuel, musulman...Particulièrement étroits d'esprit comme ces votants des partis extrémistes de droite peuvent l'être !
Anas arrivera quand même à sortir de sa solitude en la compagnie de Mîna et Augustin.
Lydie Salvaire se projette dans son personnage car elle a elle-même été victime d'un cancer en 2014 après son prix Goncourt. Son personnage est comme elle issu de l'arrivée des Espagnols en 1939 mais par ses grands-parents.
Le roman s'exprime en deux points de vue.
En italique, la parole est donnée à Anas dans une écriture très raffinée. Lydie Salvaire utilise beaucoup le subjonctif imparfait, un peu trop précieux. L'état d'esprit d'une personne gravement malade est merveilleusement exprimé.
De l'autre côté, en écriture normale, la voix est donnée de façon très caricaturale, j'ose l'espérer, aux clients et au patron du bar.
C'est un récit dont je suis sortie mal à l'aise et j'ai compris pourquoi. Je voulais que les choses s'arrangent, je voulais changer le cours du livre, ramener les gens à la raison et Anas à un peu plus de communication.
De quoi je me mêle quand on y pense bien.
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berni_29
  22 août 2019
Tout homme est une nuit est un roman de Lydie Salvayre qui parle de deux maladies voraces : le cancer et la bêtise humaine, deux maladies dont le principe est de proliférer de manière sournoise et excessive, proliférer et se nourrir dans un entre-soi malsain.
Anas est jeune, c'est justement lui qui est atteint d'un cancer. Il quitte tout pour se soigner, sa compagne, son emploi d'enseignant en lettres, décide de partir à la campagne, dans un village du sud, passer quelques mois sous le soleil chaud de Provence, chercher la tranquillité pour se soigner, il y a une ville tout près de là pour les soins réguliers.
C'est un roman qui est écrit à deux voix.
Il y a la voix d'Anas et celle des autres. Deux voix discordantes, on le sent dès le début. Chaque chapitre s'alterne ainsi, sur ce rythme binaire, lancinant, nous entraîne inexorablement vers une fin qu'on redoute dès les premières pages.
Anas est venu chercher la quiétude, ici il va rencontrer la haine.
L'autre voix, c'est celle du Café des Sports, celle de Marcelin, Dédé, Gérard, Émile, Étienne et les autres. Rien que les prénoms, rien que le nom du bar, on pourrait craindre la caricature... il n'en est rien. Ici la bêtise ordinaire s'installe autour du pastis et se nourrit de tout ce qui se passe, de tout ce qui passe et ne ressemble pas à ce qui est ici.
L'étranger c'est forcément l'autre déjà. Anas d'origine espagnole, ayant le teint très mat, est alors parfait pour endosser le rôle.
Certes, c'est peut-être une caricature, le trait est peut-être grossier, mais il n'est jamais loin de la réalité. Car la réalité au Café des Sports ou sur les réseaux sociaux, c'est un peu d'ailleurs le même discours, la même caisse de résonance...
Cela commence toujours par quelques phrases anodines jetées par-ci par-là au bord d'un comptoir, qui se justifient par le fameux « bon sens ». "On n'est pas racistes, mais toute de même...". N'avez-vous jamais entendu cette phrase ? Ce sont des brèves de comptoir, mais celles-là ne me font pas rire.
On en est presque complices lorsqu'on les entend et qu'on les laisse filer comme cela, tels des oiseaux de mauvais augures, planer au-dessus de notre ciel, pourquoi ne savons-nous pas y répondre...
Au fond, n'est-ce pas ici la banalité du mal, dénoncée par Hannah Arendt, « une façon de décrire les routines par lesquelles ceux qui recourent à la violence, comme ceux qui en sont témoins, mettent en suspens leurs convictions morales et renoncent à l'examen de leur engagement pratique personnel » ?
J'ai apprécié cette façon qu'a Lydie Salvayre de faire monter en puissance la narration, de manière graduelle, pas à pas, marche par marche, décortiquer ce mal ordinaire jusqu'à l'os. Chaque phrase amène à une autre, chaque chapitre monte d'un cran dans la tension palpable. On frémit pour Anas à chaque page, car l'empathie nous invite comme seule manière de venir l'aider, lui tendre la main, entre crainte et espérance...
Tout homme est une nuit. La nuit est parfois terrifiante, l'homme aussi, celui qui lui ressemble.
Il n'est pas forcément facile de lire ce récit, nos propres lâchetés, nos peurs apparaissent au fil des pages... On voudrait entrer dans ce bar, balayer d'un revers de bras tous ces verres de pastis, agripper par le col de la chemise Marcelin, Dédé, Gérard, Émile, Étienne et les autres, et tout cela d'une seule main, leur demander : mais de quoi avez-vous peur ?!
On peut aujourd'hui guérir du cancer, pourquoi ne pourrait-on pas guérir de la bêtise humaine ?
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pyrouette
  27 janvier 2018
C'est l'histoire du racisme ordinaire dans un village français. Pas la peine de regarder la couleur de peau ou l'origine, on est toujours l'étranger de quelqu'un et je peux vous en parler. L'écrivain Serge Joncour écrit : “Où qu'on aille on est d'ailleurs, et c'est sans fin qu'on n'est pas d'ici.” Tout est dit, quand on ne veut pas s'abaisser à raconter les détails de la bêtise humaine.
Anas, malade, vient se réfugier dans ce petit village du sud de la france pour adoucir ce mauvais moment qu'il traverse. Il ne veut rien, ne demande rien.
Dans ce petit village, Marcelin tient le café des Sports. Et ce lieu qui pourrait être convivial est un concentré d'êtres mauvais. Bon vous me direz, la chasse, l'alcool et l'idiotie font bon ménage et de la frustration à l'intolérance il n'y a pas grand chose sinon la haine. C'est un endroit où des hommes désoeuvrés et malheureux en ménage se retrouvent et passent le plus clair de leur temps en buvant.
Anas nous raconte son histoire dramatique et son effort pour se faire accepter des villageois et nous avons droit au récit des habitués du bistrot avec un sectarisme bien prononcé. Au début ces hommes gardent un peu de dignité, puis s'indignent, se révoltent devant cet étranger. Ils vont aller loin, très loin dans leur arriération mentale, on ne peut pas arrêter cette animosité.
Anas ira demander de l'aide au maire du village mais les maires ont toujours un ton affable en minimisant les faits.
Et le pire se produira.
C'est une histoire sordide mais bien représentative de la réalité.

Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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MarjorieD
  01 mars 2018
Quelle déception !
D'après les critiques très élogieuses et vu l'intérêt du sujet de ce roman, le racisme ordinaire, je m'attendais… à quoi, au juste ?
Certainement pas à cette accumulation de poncifs et de clichés et à ces personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres: non madame Salvayre, les « petites » gens ne sont pas tous ignares, bêtes et méchants. La peur de l'autre et ses corollaires, rejet, méfiance et haine réciproques, touchent toutes les couches et tous les acteurs (même les lettrés, ne vous en déplaise) d'une société, et pas seulement les péquenots frustres et incultes, perdus au fin fond de leur village, tels que vous nous les dépeignez.
Et c'est là, justement, qu'est le danger, du moins à mon sens !
Allez, je me calme et je respire un bon coup…
L'intention était bonne voire louable : nous bousculer, nous mettre face à nos lâchetés et à nos peurs, cristallisées par cet Autre, cet Etranger qui, pourtant, nous ressemble tellement. Mais je n'ai pas été touchée pour les raisons évoquées plus haut, même si je reconnais à l'auteure une très belle plume. Enfin, pour ma part, je n'ai trouvé aucune crédibilité au revirement final de l'un des personnages, qui a fini par… m'achever !
J'ai quand même appris quelque chose : l'existence d'un camp de concentration à Argelès-sur-Mer (Pyrénées orientales), établi sur les plages de cette station balnéaire en 1939 par le gouvernement français et destiné à regrouper les réfugiés de la guerre civile espagnole (240 000 internés entre 1939 et 1941). Actuellement, il ne subsiste plus qu'un mémorial de ce camp de la honte.
lien: http://www.histoire-immigration.fr/dossiers-thematiques/caracteristiques-migratoires-selon-les-pays-d-origine/la-retirada-ou-l-exil
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critiques presse (6)
LaLibreBelgique   12 décembre 2017
bordant des sujets graves et dans l’air du temps et, même, de tous les temps, Lydie Salvayre a le talent d’en rire avant que d’en pleurer dans "Tout homme est une nuit". Elle observe avec lucidité les mœurs de ses contemporains, leurs oppositions, leurs intolérances, leurs bizarreries.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournaldeQuebec   27 novembre 2017
Après avoir remporté le prix Goncourt 2014 avec Pas pleurer, la romancière française Lydie Salvayre signe un roman saisissant qui a presque réussi... à nous faire pleurer.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro   10 novembre 2017
La lauréate du Goncourt 2014 raconte dans son nouveau roman un séjour bucolique qui tourne mal.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   06 novembre 2017
Prix Goncourt 2014 pour "Pas pleurer", la romancière revient avec un livre pugnace qui démonte le discours xénophobe. Le roman d'une battante.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   20 octobre 2017
L’espagnol, le français. La médecine, la littérature. Le Goncourt, la maladie… La romancière vit l’appariement des contraires. Et l’écrit. Ainsi dans « Tout homme est une nuit », qui juxtapose férocement l’étranger et l’autochtone.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   07 septembre 2017
Les attentes sont grandes pour ce roman qui racontera la France de Marine Le Pen, signé par la récipiendaire du Goncourt 2014.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   20 novembre 2017
Un four à pain comme avant, ça serait bon pour l'esprit collectif, s'écrièrent-ils, émus et unanimes. Ca serait bon pour se retrouver entre nous, comme avant, tous collègues, pour cohabiter en heureuse harmonie et se parler comme jadis, les jeunes et les vieux, sans distinguo, autour du pain eucharistique ( ils en devenaient lyriques), toutes barrières tombées, toutes prudences abolies, dans le partage : mot magique et cher aux menteurs politiques mais qui faisait vibrer les âmes, toutes les âmes, de quelque calibre qu'elles fussent. (p. 31)
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jeunejanejeunejane   09 novembre 2017
Les enfants qui jouaient dans la rue crièrent à ma vue. Dehors ! Dégage ! Et le plus jeune d'entre eux cracha dans ma direction, puis détala comme un lièvre.
Rien ne pouvait m'atteindre davantage que ces réactions d'enfants qui miment les adultes dans ce qu'ils ont de plus odieux et répètent les choses viles qu'ils ont glanées ici et là...
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fanfanouche24fanfanouche24   17 novembre 2017
Il aurait pu au moins se présenter, dit Marcelin qui trônait, magistral, derrière son comptoir. Tous les nouveaux ont cette politesse.
On sait rien de lui, on sait même pas son nom, on sait pas d'où il vient, dit Dédé.
Il boit pas d'alcool, c'est un indice, dit Emile.
Ca m'a pas échappé, dit Etienne.
Il a parlé à personne, pourquoi ? dit Gérard
(...)
j'étais sans doute trop jeune pour avoir cette expérience des grands voyageurs qui savent immédiatement ce qu'il convient de dire pour se faire accepter des natifs, mais je ne désespérais pas d'apprendre et j'en avais l'âpre, la tenace, l'impérieuse volonté. (p. 10-11)
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JeanPierreVJeanPierreV   02 avril 2018
Puis-je vous dire qu’on ne se défend pas en excluant les autres, les solitaires comme moi, les pas-pareils, les pas-conformes, les pas-de-chez-nous, que sais-je ? Puis-je vous dire que leur rejet attire souvent les malheurs dont on cherche précisément à se prémunir ? Puis-je vous dire que la violence est funeste à ceux qui l’exercent autant qu’à ceux qui la souffrent ? Comprenez-vous cela ? Comprenez-vous qu’en se racornissant, qu’en barrant l’accès au risqué, à l’incertain, au hasardeux, à l’encore indéchiffré, à tout l’imprévisible, on barrait l’accès à son propre avenir ? Comprenez-vous que l’Histoire lorsqu’on la ferme devient une prison sans air où les choses s’infectent ? Et que les guerres naissent de ces infections ?(P. 207)
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fanfanouche24fanfanouche24   21 novembre 2017
Mais il était si loin du monde de la jeunesse, si loin des questions que l'on lève à cet âge, riches de ce qui échappe, de ce qui déconcerte et qui demeure encore irrésolu, qu'il ne pouvait concevoir les raisons des réticences que son fils nourrissait envers ses très rectangulaires et très affreuses certitudes. (p. 179)
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Lydie Salvayre vous présente son ouvrage "Marcher jusqu'au soir" aux éditions Stock. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
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