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ISBN : 2226438440
Éditeur : Albin Michel (30/01/2019)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 14 notes)
Résumé :
22ème siècle.

Les bouleversements climatiques ont englouti une bonne partie des zones côtières. New York est tombé; les États-Unis ont suivi. Au large de pays plongés dans le chaos, ou en voie de désertification, de nombreuses cités flottantes ont vu le jour. Régies par des actionnaires, elles abritent des millions de réfugiés.

C'est sur Qaanaaq, l'une de ces immenses plateformes surpeuplées, qu'arrive un jour, par bateau, une étrange g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  17 février 2019
« Ce qui se disait : elle était venue à Qaanaq dans une embarcation que tirait une orque harnachée à la manière d'un cheval. Dans ces récits qui, dans les jours et les semaines qui suivirent son arrivée, se firent de plus en riches d'incroyables détails, l'ours blanc cheminait à son côté sur le pont du bateau éclaboussé de sang. Le visage de la femme était tendu, furieux. Elle portait une armure de combat constituée d'épaisses feuilles de plastique et de récupération. (...) Les doigts de la femme se déplaçaient, nerveux, agiles, le long de la hampe de sa lance sculptée dans une défense de morse. Venue à Qanaaq pour accomplir un effroyable crime, elle brûlait de passer à l'acte. »
Ce sont les premières phrases. Percutantes, cinématographiques, énigmatiques avec ce souffle épique qui emporte illico. Tout le scénario tourne autour d'une vengeance familiale. La distribution est soignée autour Masaaraq, la mystérieuse guerrière de l'incipit, qui ne réapparait qu'à mi-livre, très habilement alors que plane son aura.
Ce qui est incroyablement réussi ( surtout pour moi qui ne suis pas une lectrice experte de SF ), c'est son worldbuilding d'une grande inventivité. Tu es plongé dans un monde post – apocalyptique qui reprend les codes du cyber-punk qui se dévoile petit à petit jusqu'à immersion totale : Qanaaq, une cité flottante privée, contrôlée par de riches actionnaires, où s'est réfugiée une humanité migrante suite à la dévastation du monde par des catastrophes écologiques. Tout est plausible, intelligent et cohérent tant tout semble possible, pas de cyborgs ou de délires futuristes, oui le monde actuel en pleine décadence pourrait donner ça. Ce roman pousse à la réflexion sur notre monde contemporain avec beaucoup d'intelligence et de lucidité, ça en fait un roman politique fort.
Du coup l'auteur aborde un nombre fou de thèmes très contemporains qui font forcément écho, peut-être trop, certains auraient mérité plus de profondeur, mais qu'importe, on y croit : changement climatique, sort des migrants, lutte des classes, machinations politiques des méga-riches capitalistes pour conserver et accroître leur domination, homosexualité , révolte, violences ...
Il y a de superbes idées comme cette maladie des failles, proche du sida car sexuellement transmissible, qui transmet à son porteur les souvenirs de la personne qui l'a contaminée, eux-mêmes enrichis des souvenirs du contaminateur précédent en une chaîne vertigineuse. Comme le personnage de Maasaraq l'orcamancienne, issue d'une tribu qui a subi un génocide après avoir été utilisée pour des expériences médicales qui a nanolié ses membres à des animaux, ce qui en fait des êtres plus complètement humains mais hybrides. Comme ce podcast «  La ville sans plan »qui ponctue le roman avec ses allures prophétiques très poétiques.
Le point faible est sans doute les facilités scénaristiques pour rassembler les personnages principaux dans une même quête, adversaires ou alliés. L'auteur abuse de raccourcis et « hasards » un peu trop nombreux pour être réalistes. Il a également tendance à vouloir rendre la lecture plus complexe qu'elle ne devrait : il faut être très concentré pour ne pas se perdre dans les relations entre les personnages dans Qanaaq alors qu'au final, elles se révèlent très simples.
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gruz
  26 février 2019
N'en déplaise à certains, il y a deux genres littéraires à l'influence majeure si on veut comprendre le monde. le roman noir qui donne une photographie de nos sociétés et de leurs dérives, la SF pour extrapoler notre futur depuis cette photo.
La cité de l'orque est un thriller dystopique qui nous plonge dans un 22ème siècle où les États tels que nous les connaissons n'existent plus. Les dérèglements climatiques ont brouillé les cartes et les hommes ont terminé de semer le chaos. Loin des zones côtières submergées et des déserts intérieurs, d'immenses villes flottantes ont été construites. Qaanaaq est l'une d'elle, au large du Groenland.
Voilà bien le genre de roman qui avait tout pour m'emballer : un univers proche, post-apocalyptique. Des thématiques qui résonnent directement à nos oreilles actuelles.
Verdict : j'ai été aussi transporté que je l'espérais. La 4ème de couverture parle d'une ambiance à la Blade Runner, c'est vrai qu'on retrouve des similitudes dans l'esthétisme, je vois ça comme un vrai hommage. Et j'ai retrouvé dans ce livre ce que j'apprécie tant chez mes auteurs préférés du genre. Lanceur d'alerte comme un Paolo Bacigalupi, humaniste comme un Robert-Charles Wilson.
Sam J. Miller se définit comme un activiste et un agitateur professionnel, en dehors d'être écrivain. Cela se ressent dans son texte, même si sa manière de faire est subtile et intelligente, sans être donneuse de leçons.
Il pose un contexte et une atmosphère qui mettent en perspective les dysfonctionnements actuels par le biais de la fiction dystopique. Et ça fonctionne.
La cité de l'orque est un roman aussi divertissant que poussant à la réflexion. Sans oublier ce qui, pour moi, est essentiel dans un récit, l'aspect humain.
Qaanaaq est une cité du froid. Imaginez une plateforme pétrolière démesurée, aux contours fixes, surpeuplée. L'auteur américain dit pourtant s'être inspiré de New York, ce qu'on comprend aisément. Les conditions de vie sont difficiles, la pauvreté y est endémique, et l'écart entre les riches et les indigents y est une transposition extrême de ce qu'on connaît déjà. Ce sont les propriétaires de logements qui règnent en maître. La ville est gérée par des logiciels, quand les riches ne s'occupent que d'encaisser.
Le roman parle de nous, maintenant, en nous projetant dans un futur hypothétique mais parfaitement crédible. Il parle de notre manière de ne pas regarder les problèmes en face, de ne pas comprendre que ce qui se déroule ici et maintenant aura de terrible répercutions.
L'histoire est foisonnante d'idées qui mettent en belle évidence le lien inextricable entre les comportements et les répercutions (les changements climatiques accentuent la lutte des classes et poussent encore davantage au chaos, etc.).
Les riches thématiques sont à examiner avec une vision globale : environnemental, social, politique, économique, philosophique… Quand Miller parle de réfugiés, la problématique de son siècle prochain n'est que le reflet exacerbé du notre.
Aucun doute, le personnage principal est la ville flottante. le roman est choral et met en scènes plusieurs personnages dont les destins sont liés. Une intéressante manière de montrer l'interconnexion entre les personnes. Avec des protagonistes aux contours bien dessinés, aux caractères marqués, aux failles visibles. Sans parler du lien fort avec les animaux (une des nombreuses belles idées du livre).
En parlant de failles, voilà sans doute l'idée la plus audacieuse du roman. « Les failles » y sont une maladie sexuellement transmissible, aux symptômes et aux répercutions étonnants. Bien plus qu'une maladie…
La cité de l'orque est un roman foisonnant mais construit avec brio, sans risque de perdre le fil. Une vision réaliste et pessimiste de notre futur autant qu'un formidable divertissement, alliant rythme et surprises, réflexions inspirées et une vraie fraîcheur apportée par la jeunesse d'un auteur extrêmement prometteur. Une belle réussite pour un premier roman adulte. Sam J. Miller est à suivre de près.
A noter que le roman vient d'être sélectionné pour le prestigieux prix Nebula. Cette récompense incontournable de l'Imaginaire, attribuée par l'association des auteurs de science-fiction américains, couronne depuis 1966 les meilleurs oeuvres d'Imaginaire. Son premier lauréat fût Dune, de Franck Herbert.
Lien : https://gruznamur.com/2019/0..
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Le_chien_critique
  04 février 2019
Voilà ce qui peut arriver lorsque l'on se ballade sur une plateforme en pleine mer, parfois on se noie...
Premier roman adulte de Sam J. Miller qui officiait auparavant dans la littérature jeunesse, le fameux Yonug Adult. Et cela se ressent fortement à la lecture.
Les thématiques avaient pourtant tout pour me plaire, le changement climatique et la loi d'airain du libéralisme : l'exploitation de son prochain. Mais le traitement reste très superficiel, trop.
La cité de l'orque, c'est un riche, une idéaliste, un musclé et un jeune aux dents longues qui écoutent la radio sur île artificielle. Sur ce, arrive une légende, ... et une maladie.
Après quelques lignes accrocheuses qui nous raconte la légende et nous mettent en haleine, le reste est très long à démarrer et on commence seulement à comprendre les enjeux à la moitié du livre. Et le mythe fait vite pschitt : le personnage dont tout le monde a entendu parler, que tous cherchent est juste en train de s'entrainer à la salle de sport ! Pour le mystère, on repassera.
Le défaut principal, et unique, de ce roman, c'est la jeunesse de son auteur. Il veut trop en faire, trop dire, trop démonter. Sam J. Miller à des idées à foison, une vision politique de la société, mais cela reste un brin trop naïf. J'avais l'impression qu'il avait fait une check list de tout ce qu'il devait parler dans son bouquin :
Les logements vacants : une honte alors que tant de monde vit dans des conditions insalubres;
Le réchauffement climatique, les réfugiés, les communautarisme : c'est vendeur ;
Les internés : cela montre l'oppression de la norme, de la société;
Les coursiers à vélo : ben j'aime le vélo, donc j'en parle;
Le fossé entre pauvres et riches : c'est pas bien;
Les minorités sexuelles : trop hype;
Les ninja warriors et autres yamakasi : ils ont la classe !
Les relations homme animal : qui peut ne pas s'attendrir devant un ours blanc ?
Et donc un casting qui plaira aux opprimés, il y a de la couleur, des pauvres et comme tout bon livre qui parait actuellement, des personnages genrés. Soq est celui qui m'a donné le plus de mal, il a l'identité dans l'entre deux, donc ce sera "ils". de quoi me sortir de la lecture à chaque fois, j'avais plus l'impression d'être en face d'un schizophrène. Malgré cela, c'est le personnage que je trouve le plus réussi du livre, grâce à son ambiguïté.
Les autres personnages manquent de profondeur, et chacun, à tour de rôle, aura quelques pages, avant de passer au suivant. Leur évolution frise parfois le ridicule, comme cette chef de gang qui fait sa pleureuse devant tous les tueurs de son clan parce qu'elle vient de retrouver fiston.
Pour les scènes d'actions, ce n'est pas tellement mieux, c'est rocambolesque, et lorsque je vois des personnages tailler la bavette tranquillement alors qu'ils sont en plein assaut, j'ai l'impression de regarder un mauvais nanar : Attention les méchants, si vous pouviez attendre quelques minutes avant de nous mettre sur la gueule, nous organisons une petite réunion de famille, si vous pouvez avoir l'obligeance de respecter la seule chose qui compte dans ce bas monde.
Comme l'auteur respecte le cahier des charges du thriller, nous avons aussi le droit à quelques scènes de sexe. Moi, les scènes de cul inutile, ça me bassine grave. Ici, petite nouveauté, pas de maman et papa font un câlin, mais papa et papa font un câlin. Résultat, les scènes de cul homo me font autant chier que celles des hétéros. Mais bon, on pourra toujours mettre en avant le gay friendly.
Ce qui m'a manqué, c'est un vrai traitement des sujets, une noirceur dans l'ambiance. Les événements sont bien trop souvent téléphonés, cela manque de bagout pour construire un récit un peu plus pertinent. En forçant le trait, j'avais l'impression de me retrouver chez Disney, avec des méchants grotesques qui ne sont là que pour faire triompher le Bien. Oh qu'ils sont méchants les méchants, heureusement qu'il y a les gentils. Et la famille !
Pour un livre qui tente de casser les conventions et représentations sociales, sexuelles, j'ai trouvé ce retour au source familiale très marrant.
Au final dommage, car nous avons un roman politique sur la possibilité d'un lendemain autre qui aurait pu être intéressant. Je trouve que l'auteur a juste effleurer son univers et ses thématiques. Soit l'univers vous transportera, et vous ferez preuve de largesse devant les défauts de jeunesse, soit l'univers vous semblera un brin superficiel, et vous resterait comme moi aux portes de la cité. La cité de l'orque reste à écrire.
Lu dans le cadre d'un service de presse
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celindanae
  21 février 2019
La cité de l'orque est le premier roman adulte de Sam J.Miller après un premier roman jeunesse The art of starving qui a fait forte impression. La Cité de l'orque est une dystopie post-apocalyptique publié chez Albin Michel Imaginaire. La couverture très réussie est signée Aurélien Police.
Le roman se situe au 22ème siècle, le réchauffement climatique a entrainé une terrible montée des eaux et la disparition de nombreuses villes. Des états entiers ont disparu et des cités flottantes ont vu le jour. Ces cités sont des refuges abritant des milliers de personnes dans des conditions précaires pour la majorité, seul une catégorie aisée de la population s'en sortant beaucoup mieux. Ces cités ont été créées par de riches actionnaires de l'ancien monde tirant profit de la situation. Il n'y a plus de véritables dirigeants de pays ou de cités mais des Intelligences Artificielles pour assumer ce rôle. le roman dépeint un futur sombre mais également malheureusement tellement réaliste et abordant des thématiques actuelles. Ce futur reflète notre monde avec juste un peu plus de noirceur. Gilles Dumay évoque la référence à Blade Runner pour le monde décrit et en effet il y a de cela dans La cité de l'orque.
Le récit se déroule dans la cité de Qaanaaq proche du Groenland (Qaanaaq existe bien, elle est située au Nord Ouest du Groenland, située sur la péninsule de Hayes et compte pour le moment un peu plus de 600 habitants). C'est une ville surpeuplée et tentaculaire dont le noyau central se situe près d'une source géothermale. le Bras 1 possède de grands appartements destinés aux plus riches tandis que le Bras 8 est le quartier des plus démunis. Qaanaaq est le lieu où tout se passe, que le lecteur découvre peu à peu et qui devient presque un personnage à part entière. Qaanaaq est une vraie réussite, on ressent cette ville, son froid, son bouillonnement, sa noirceur, sa surpopulation, son danger permanent, le désespoir de ses habitants. La cité est également le reflet de certaines mégalopoles actuelles. Les propriétaires y sont très puissants et décident du sort des plus démunis sans vergogne. Il n'y a plus de politique, plus vraiment de lois, les actionnaires sont rois. C'est un peu la loi de la jungle, du plus riche, des privilégiés.
Voilà pour le décor du roman, venons en maintenant à l'intrigue. Celle-ci est moins réussie que l'univers, beaucoup plus classique et simple, elle met un peu de temps à se mettre en place. Pendant, les 100 premières pages, on se demande un peu où tout ça va nous mener, et puis tout se met en place et on a du mal à lâcher le livre. Tout commence par l'arrivée à Qaanaaq par bateau d'une femme qui suscite l'attention de tous par son apparence de guerrière et surtout par le fait qu'elle est accompagnée d'un ours polaire et d'une orque. Les rumeurs les plus folles circulent sur cette femme: est elle une nanoliée (personne capable de se lier à un animal)? Qui est-elle vraiment? Que veut-elle? le lecteur aussi s'interroge, surtout qu'au début du roman, on entend seulement parler d'elle sans la voir et qu'elle est bien entendu le fruit d'histoires rocambolesques.
La cité de l'orque est un roman choral. On suit plusieurs protagonistes qui vont tour à tour nous faire découvrir différentes facettes de la ville et de l'histoire. Ces personnages sont le deuxième atout de ce roman. Ils sont variés, travaillés et attachants. Parmi les principaux, on trouve Ankit, orpheline qui travaille pour une politicienne dans le Bras 8, Fill, jeune riche et porteur des Failles, maladie incurable faisant penser au SIDA, Kaev, combattant sur poutre et éternel perdant, et Soq, coursier au genre non défini et qui espère travailler au sein de l'organisation criminelle de Go, femme très puissante qui dirige la mafia locale. La narration pour Soq est un peu spéciale, Soq ne possédant pas de genre défini se considère comme pluriel et parle ainsi en utilisant « ils ». Au début, j'avoue avoir eu du mal à m'y faire. Cette narration à plusieurs voix permet de mieux cerner la cité de Qaanaaq, de mieux comprendre les différences de vie.
Bien sûr, tout n'est pas parfait dans ce roman. Certains faits se résolvent un peu facilement, les thématiques sont certainement trop nombreuses pour être traitées toutes de la même manière, comme si l'auteur voulait trop en dire sans en avoir vraiment le temps. Cependant, cela n'enlève rien aux autres qualités du livre et au fait que ce roman nous parle par son monde si proche du notre, nous questionne par ses problématiques actuelles et nous émeut par ses personnages. On sent que l'auteur parle de sujets sensibles pour lui et parle avec son coeur. Il parle de la différence, des migrations, du refus d'un certain monde et de la volonté d'essayer de sauver notre planète, d'essayer de changer les comportements.
La cité de l'orque est une vraie plongée en apnée dans un futur sombre mais malheureusement réaliste et proche de notre monde actuel. La construction de l'univers est épatante tout comme celle des personnages. Un roman qui résonne longtemps dans l'esprit du lecteur et nous interroge fortement.

Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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yogo
  31 janvier 2019
XXIIème siècle, le réchauffement climatique est une réalité. de nombreuses villes côtières se retrouvent sous les flots, la notion d'état a disparu, le chaos règne un peu partout sur la planète. de nombreuses villes flottantes ont vu le jour. Elles ont été créées par de riches actionnaires de l'ancien monde et sont dirigées par des Intelligences Artificielles. Qaanaaq est l'une de ces cités flottantes, située non loin du Groenland. Elle est composée de huit Bras se développant autour d'un noyau central puisant son énergie d'une source géothermale. Qaanaaq, immense rosace où les nantis logent dans des appartements de luxe au Sud dans le Bras 1 et où les plus démunis s'entassent dans de minuscules boîtes-dortoirs au Nord dans le Bras 8. le marché de l'immobilier est le marché le plus lucratif. L'espace étant restreint, les convoitises sont légion.
La cité de l'orque est l'histoire de cette ville. Qaanaaq est à la fois le décor et le personnage principal du récit. A travers les yeux de différents protagonistes, Sam Miller nous plonge en profondeur dans cette cité flottante. Parmi eux, Fill, petit-fils d'un riche actionnaire, porteur des Failles, maladie incurable qui à l'instar du SIDA se transmet lors de rapports sexuels non protégés. Ankit, elle, travaille pour une politicienne dans le Bras 8. Kaev est un combattant sur poutre qui gagne sa vie en perdant ses duels. Et enfin Soq, un livreur au genre non défini qui veut travailler pour Go, cheffe de la mafia locale aux ambitions démesurées.
Tout ce petit monde vit "tranquillement" jusqu'à l'arrivée d'une femme accompagnée d'un ours blanc et d'un orque qui va bouleverser l'équilibre précaire de la cité...
L'intrigue, relativement simple est l'histoire d'une banale vengeance. L'auteur mène tranquillement son récit avec de nombreux rebondissements qui font de la cité des orques un bon page-turner. Mais quelques facilités narratives et des coïncidences heureuses gâchent un peu le plaisir.
Le point fort du récit est sans conteste Qaanaaq. le worldbuilding est époustouflant, les idées nombreuses et variées donnent du corps au récit mais la visualisation n'est pas forcément immédiate. Les éléments se dévoilent au fur et à mesure, tout le long du récit. C'est une plongée lente et immersive. Un vrai plaisir de lecture, on ressent le froid, la surpopulation, la frénésie ambiante et surtout la fragilité du lieu.
La cité de l'orque est avant tout une ode à la différence. C'est aussi un cri d'alarme pour la sauvegarde de notre monde, un refus du monde capitaliste tel qu'il existe et qui nous mène droit à la catastrophe mais aussi un désaveu de ces révolutionnaires qui veulent devenir calife à la place du calife. Il a une portée toute symbolique en ces temps mouvementés. Critique sans concession de notre mode de vie où les haines, les peurs et les jalousies sont les éléments moteurs de notre pensée.
La construction du roman me rappelle, toutes proportions gardées, La maison des derviches de Ian McDonald. Qaanaaq est en quelque sorte l'Istanbul de la cité de l'orque.
Reflet du monde actuel, roman intelligent qui interpelle et fait réfléchir, La cité de l'orque est à découvrir de toute urgence. Si vous avez des doutes, le vêlage, une nouvelle se déroulant sur Qaanaaq, est disponible gratuitement en numérique.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   04 février 2019
Nous n’aurions pas dû être de ce monde. Nous étions la preuve vivante que des crimes horribles avaient été commis par quelqu’un qui, habilement, avait su réveiller les passions meurtrières d’une bande d’intégristes armés jusqu’aux dents. Nous étions une abomination, leur racontait-il, une insulte à la loi divine, qui dit que l’humanité doit avoir le pas sur les animaux. Ces crétins, bien sûr, ne furent que trop heureux de gober ça, trop heureux de faire porter le chapeau à un groupe d’individus qui avaient le malheur d’être différents et qui ne voulaient qu’une chose : qu’on leur fiche la paix. Des siècles plus tôt, ç’avait été les immigrés, les Noirs. Il y avait toujours des boucs émissaires. C’était sur ces fondations que ce pays s’était construit, Je t’ai tout pris, et maintenant, je t’explique que c’est de la faute de ton voisin, car il n’a pas la même tête que toi.
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gruzgruz   20 février 2019
L'argent est un esprit. La plus ancienne des intelligences artificielles. Ses directives premières sont simples, sa programmation témoigne d'une créativité inépuisable. Les humains lui obéissent sans réfléchir, avec un empressement jovial. L'argent, tel un virus, se soucie peu de tuer son hôte. Il se fraiera un chemin vers l'hôte suivant, dont il prendra le contrôle.
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YuyineYuyine   25 janvier 2019
La vie est beaucoup plus facile à vivre lorsque vous reconnaissez que votre ignorance dépassera toujours votre savoir de quelques longueurs.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   04 février 2019
Tout le monde s’accorde à dire que c’est un mythe, cette autarcie. Qu’elle n’a été utilisée que pour justifier les pires atrocités. Cette antienne a déjà servi au cours de l’histoire : « Ils restent entre eux, ils se croient au-dessus des autres, ils nous détestent. » Elle a permis de désigner tel ou tel groupe d’individus, d’en faire une menace qui ne pouvait être réglée que par l’expulsion, voire l’extermination.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   04 février 2019
Une ligne droite, du Bras Un au Bras Huit. Ironie qui ne manquait jamais de faire sourire Soq : il était si facile de passer du luxe et de l’opulence à la crasse et à la surpopulation. Sinon, comment parviendraient-ils à nous sucer si facilement jusqu’à l’os ?
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