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EAN : 9782930853000
480 pages
Éditeur : Edition de l'Instant (01/01/1900)
4.22/5   9 notes
Résumé :
Jevick est le fils du plus riche marchand de poivre de l’Archipel du Thé. Bercé toute sa vie par les légendes et les contes de la lointaine Olondre, un pays où les livres sont aussi communs qu’ils sont rares sur son île, il touche enfin, à la mort de son père, au bonheur de visiter cette contrée magique et remplie de bibliothèques afin d’y perpétuer le commerce familial.
Ses désirs semblent comblés jusqu’à ce que, au lendemain du rabelaisien Festival des Oise... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
JustAWord
  08 août 2018
Fraîchement arrivées dans le milieu, les éditions de l'Instant ont jeté leur dévolu sur un premier roman atypique écrit par l'Américaine Sofia Samatar, un récit couronné par le World Fantasy Award 2014 — tout de même…
À la mort de son père, riche cultivateur de poivriers dans une contrée reculée, Jevick prend en charge les affaires familiales. Des responsabilités nouvelles qui vont le conduire à Olondre, dans la cité de Bain, où il ne tarde pas à se retrouver impliqué dans une guerre de religions après avoir été visité par un Ange, sorte de fantôme vénéré par les adorateurs de la déesse Avalei…
On pourrait, à lire ces quelques lignes introductives, reléguer Un étranger en Olondre au rand d'ersatz du Prince du néant de R. Scott Bakker. On aurait tort.
Porté par la plume de Sofia Samatar, le récit se pare d'une poésie remarquable, et ce dès les phrases initiales — force est d'ailleurs de saluer le travail de traduction de Patrick Dechesne, à la hauteur d'un style qui superpose les adjectifs et les métaphores avec une habileté proprement épatante au fil des pages. Une sensibilité stylistique qui infuse jusqu'au coeur même du texte ; il est ici question d'émerveiller, certes, mais en douceur, en toute subtilité. On visite à demi-mots des contrées insolites aux noms improbables que l'auteure effleure le plus souvent, avant de plonger dans des descriptions sidérantes de minutie au coeur même de certaines villes et contrées. Olondre ne se dévoile pas si facilement, elle conserve jusqu'au bout son mystère.
Cette façon si particulière de concevoir l'exploration d'un monde en rebutera plus d'un, sans doute, de même que la lenteur évidente de l'histoire… Mais ce serait nier l'effet recherché par l'auteure, à savoir imprégner lentement le lecteur d'une ambiance feutrée, magique et, en définitive, infiniment romantique. Pas tant intéressée par l'aspect politique de la chose que par le pur point de vue personnel et intimiste, Sofia Samatar fait le choix radical de tout asseoir sur l'insignifiance du quotidien, l'émerveillement constant du banal. Un résultat qui s'avère tout à fait étonnant, pour ne pas dire magistral.
D'un roman de fantasy seulement peuplé de quelques figures archétypes et d'un Ange, Sofia Samatar tire un flamboyant récit d'amour aux multiples facettes. L'amour de son pays, de ses origines, parfois difficilement conciliable avec les aléas de la vie. L'amour d'un homme et d'une femme traité avec une pudeur infinie dans une langue qui trouve alors tout son intérêt, déposant sur ce couple impossible un parfum de divin, de mythologique. Sans oublier l'amour des livres…
C'est là que réside le véritable coeur d'Un étranger en Olondre, dans cette déclaration d'amour encore plus malicieuse que le Morwenna de Jo Walton. le livre devient un objet magique, un vallon, qui permet au récit de prendre des envolées lyriques insoupçonnées. Sofia Samatar pousse la démonstration jusqu'à construire de véritables poupées russes narratives en enchâssant des récits de légendes dans une histoire narrée par un personnage lui-même inclus dans le récit central — jusqu'à donner vie à un livre au sein même de son propre livre. L'intelligence de l'ensemble, sa manière et ses répercussions forcent le respect.
Un étranger en Olondre se révèle un trésor d'intelligence, de beauté, de subtilité et, oui, osons le mot une fois encore, de romantisme. le genre de fantasy rare et précieuse qui confère au genre ses lettres de noblesse.
Lien : https://justaword.fr/un-%C3%..
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BlackWolf
  09 mars 2016
En Résumé : Un Etranger en Olondre m'a offert un excellent moment de lecture, proposant un récit qui va se révéler poétique, soigné et fascinant à découvrir. L'univers que construit l'auteur du début à la fin s'avère captivant à découvrir, permettant à l'auteur de jouer pleinement avec son imagination, nous happant rapidement dans son monde et nous dévoilant une Olondre envoutante et dépaysante, donnant envie clairement d'en apprendre plus. Mais l'auteur ne cherche pas non plus qu'à nous faire voyager, elle développe des problématiques et des réflexions intelligentes et bien menés que ce soit sur le langage, la religion ou encore cette ode à la littérature qu'elle propose. Au milieu de tout cela les personnages, qui certes se révèlent classiques dans leurs constructions, ne manquent pas de se révéler solides et entrainants dans leurs péripéties. Je regretterai peut-être juste quelques tergiversations un peu longues ou bien encore un sentiment que l'auteur veut un peu trop en faire, mais franchement rien de gênant tant j'ai été emporté par ce récit et cette plume maîtrisée, magique et envoutante. Maintenant à chacun de se faire son avis car autant je peux comprendre que comme moi, si on se laisse emporter par ce livre poétique, on peut se retrouver facilement happé, autant si l'alchimie ne marche pas je pense qu'on peut s'y ennuyer. En tout cas pour moi une excellente lecture et je lirai sans soucis d'autres écrits de l'auteur.

Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Mana_
  20 avril 2016
C'est vraiment un livre unique par la qualité de sa plume autant que par l'expérience riche que dégage l'intrigue, où seule l'absence d'actions pourrait porter préjudice à un ensemble grandiose. L'auteur en profite pour évoquer tout en finesse des sujets forts comme la théologie ou encore le statut du livre en lui-même. Et la plume, soutenue et sublime, vaut le détour à elle seule ! Alors n'hésitez plus, laissez-vous tenter par une aventure en Olondre.
Lien : http://la-riviere-des-mots.b..
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Charybde2
  27 octobre 2019
Sous un puissant tapis de rythme, de couleur et de saveur, une redoutable fantasy poétique et politique, aux métaphores bifurquant avec ruse aux moments les moins attendus.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2019/10/27/note-de-lecture-un-etranger-en-olondre-sofia-samatar/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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cassie56
  08 avril 2016
En bref : amateurs de fantasy classiques, si vous souhaitez découvrir un fantasy plus original vous pouvez vous jeter sur ce livre, pour les autres, laissez-vous emporter dans un monde aux allures de conte où l'amour des mots et des livres est mis à l'honneur !
Lien : http://l-evasion-par-la-lect..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   04 avril 2016
A Stranger in Olondria fait partie de ces romans exquis dont la qualité d’écriture n’a égal que la justesse de son propos, donc une réflexion plus que sympathique sur la littérature et le plaisir de lecture.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   27 octobre 2019
« Un livre », nous dit Vandos d’Ur-Amakir, « est une forteresse, un lieu empli de pleurs, la clé d’un désert, une rivière dépourvue de pont, un jardin de ronces. » Fanlewas le Sage, le grand théologien d’Avalei, écrit que Kuidva, le Dieu des Mots, est « un maître exigeant, porteur d’un fouet plombé ». On raconte que Tala d’Yenith conservait ses livres dans un coffre en acier qui ne pouvait être ouvert en sa présence, au risque de la voir s’écrouler au sol en hurlant. Elle écrivit : « À l’intérieur des pages se trouvent des feux qui peuvent embraser, roussir les cheveux et cuire les paupières. » Ravhathos parlait en ces termes de la vie des poètes : « la route juste et fatale, sur laquelle même la poussière et les pierres sont chères au cœur » et il nous avertit que les personnes venant de vivre une période prolongée de lecture ou d’écriture ne devraient pas être dérangées pendant les sept heures qui suivent cette activité, « car ils sont descendus au plus profond d’un Puits qu’ils ont dévalé sur une Pente de Feu mais dont ils remontent sur une Échelle de Pierre ».
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Charybde2Charybde2   27 octobre 2019
Lorsque j’étais étranger en Olondre, je ne connaissais rien des splendeurs de ses côtes, ni de Bain, la Cité-Port, dont les lumières et les couleurs se déversent dans l’océan telle une cascade de roses. Je ne connaissais pas l’immensité du marché aux épices de Bain, dont les effluves capiteuses rendent fous les marchands. Je n’avais jamais vu se lever les brumes matinales à la surface de la verte Illoun chantée par les poètes ; je n’avais jamais vu de femme porter des joyaux dans ses cheveux ou contemplé l’éclat cuivré de dômes, ni ne m’étais tenu sur les plages mélancoliques du Sud tandis que le vent soufflait sa tristesse de la mer. Au plus profond du Fayaleith, le Pays des Vins, votre cœur peut s’arrêter de battre face à la pureté de la lumière qui y règne ; il s’agit de la lumière que les natifs de l’endroit appellent « le souffle des anges » et on prétend qu’elle peut guérir les maladies cardiaques et les poumons fragiles. Plus loin encore se trouve Balinfeil où, durant les mois d’hiver, les gens portent des capes en fourrure d’écureuil blanc et qui, durant les mois d’été, alors que la terre est tapissée de fleurs d’amandier, est le séjour de la déesse Amour. Mais de tout cela, je ne connaissais rien. Je ne connaissais que l’île où ma mère huilait rapidement ses cheveux à la lueur d’une chandelle et me terrifiait avec ses histoires du Fantôme Sans Foie, dont les sandales claquaient sur le sol à cause de ses pieds placés à l’envers.
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Charybde2Charybde2   27 octobre 2019
Je lui ai raconté l’histoire de Tialon et Lunre, et elle pleura. Je lui ai tout raconté, tous mes secrets. Je me sentais en train de me désintégrer, de m’effacer, de me changer en fumée, je devenais pure pensée, pure énergie, comme elle. Je désirais cette dissolution, je la recherchais avec avidité. Ce n’était jamais assez. Jamais, même si nous nous accrochions l’un à l’autre comme deux orphelins perdus dans la forêt.
– Maintenant, tu n’as plus peur de moi, murmura-t-elle en frissonnant.
– Non, dis-je, me penchant vers elle et ne touchant que le marbre.
Je ne pouvais pas la toucher. Et pourtant, elle semblait si proche, la lueur de sa peau contre ma main, sa voix comme une musique privée pour mes oreilles. Je lus son anadnedet, encore et encore. Je voulais encore écrire, m’inscrire sur ses pages parmi les mots olondriens et kideti. Ma propre poésie éparpillée comme des graines. Je l’imaginais jouant avec ses amies et je pouvais la voir clairement : les yeux doux et dictatoriale à la fois. Et il me semblait qu’elle était la réponse à un désir que j’avais porté toute ma vie sans le savoir.
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JustAWordJustAWord   08 août 2018
Je l’ai nommé la Visible, la Neuvième Merveille, l’Impératrice des Soupirs. Viens, ai-je dit, et je te montrerai la magie du Nord, je te montrerai tes propres mots conjurés en un vallon. Un livre, ange, un jardin de ronces. Je tiendrai la plume pour toi et lancerai un filet pour pêcher tes mots. Entre les dauphins des rivières et les loups. Entre le Sud profond, le pays des éléphants et l’ambre, et ce lieu : la contrée des cyprès et de la neige.
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Charybde2Charybde2   27 octobre 2019
Les actions de mon père, guidées par ses propres secrets et ses calculs labyrinthiques, étaient pour moi parfaitement incompréhensibles. Il appartenait à un autre monde, un monde d’intrigues, d’affaires, de contrats et d’achats clandestins de terres dans toute l’île. De bien des manières, il était un monde à lui seul, aussi plein et complet qu’une sphère. Il ne fait aucun doute que toutes ses décisions lui apparaissaient comme parfaitement logiques. Même celle qui l’amena un jour, lui, un îlien patriotique, à me confier à un tuteur venu de Bain : Maître Lunre.
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Vidéo de Sofia Samatar
L'interview de l'autrice de fantasy Sofia Samatar (Un Etranger en Olondre, éditions de l'instant), pendant l'Eurocon qui s'est tenue du 19 au 23 juillet 2018 à Amiens.
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