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ISBN : 2259209432
Éditeur : Plon (15/04/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :

Comment traiter d'un pays qui n'aurait jamais existe ou d'un Etat qui n'existe pas encore ? Telle pourrait être l'équation en apparence impossible posée par ce Dictionnaire amoureux de la Palestine. Sans faire l'impasse sur les grandes interrogations liées à un conflit emblématique, véritable " caisse de résonance " des passions et des délires du monde. l'auteur entend ramener le pays et son peuple à leur ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
de
  17 décembre 2011
Largement autobiographique, cet ouvrage laisse cependant place à des réflexions politiques sur la Palestine d'hier et d'aujourd'hui.
Je ne peux rendre compte des nombreux chapitres, je n'indique donc que certains éléments politiques, poétiques ou analytiques de ce dictionnaire.
Je partage l'insistance de l'auteur sur le Droit au retour des Palestiniens « un tel droit n'est pas négociable » et j'ajoute qu'il ne saurait être comparé au mythique droit au retour des juifs en Israël. Comme Elias Sanbar, Ilan Pappe et d'autres, il faut affirmer que « La reconnaissance par Israël de sa responsabilité concrète et morale dans la Nakba – l'expulsion en 1948 -, l'admission qu'au cours de cet épisode, les Palestiniens furent les victimes sont les seuls moyens de sortir de l'impasse »
Je souligne aussi les pages sur la « construction de l'histoire délirante », les frontières « il ne suffit pas de passer une frontière dans un sens, il faut pouvoir la repasser dans l'autre », le futur soulagé du passé « pour que ce passé pesant devienne vraiment un passé, que nous puissions nous en séparer sans jamais l'oublier ».
La lectrice et le lecteur trouvera aussi des pages de souvenirs d'enfance, d'autobiographie, des recettes de cuisine, des poèmes de Mahmoud Darwich
« Qui suis-je ? C'est la question que les autres me posent
et elle est sans réponse.
Moi ? Je suis ma langue, moi
et je suis un, deux, dix poèmes suspendus. »
Dans une entrée justement intitulée « Échos et Miroirs », l'auteur raconte une série de quatre histoires qu'il me semble utile de reproduire :
« En 1979, Jean-Luc Godard m'a écrit une lettre. Je la reçus, non de Suisse, mais dans livraison des Cahiers du Cinéma qui avaient confié l'édition de leur numéro anniversaire à mon ami. Godard m'y racontait entre autres comment, dans les camps nazis, les victimes, lorsqu'elles atteignaient le stade extrême du délabrement physique, étaient appelées musulmans, par leurs tortionnaires.
En 1991, professeur invité à l'université de Princeton aux États-Unis, j'ai lu dans la New York Review of Books un reportage traduit de l'hébreu. Journaliste au quotidien israélien Haaretz, l'auteur, qui effectuait son service militaire annuel à la prison centrale de Gaza, y racontait, horrifié, que pour tromper leur ennui, des jeunes gardiens s'amusaient à lancer des ordres en allemand en singeant les gardes SS qu'ils avaient vus au cinéma.
En 1995, Eyad Sarraj, pédopsychiatre palestinien et militant des Droits de l'homme, fit un séjour dans une prison palestinienne pour avoir critiqué la politique de l'autorité nationale. Il me rapporta l'histoire suivante dont il fut le témoin. Torturé depuis plusieurs heures dans une cellule voisine, un islamiste refusait de parler. Excédé et furieux, son tortionnaire se mit à l'injurier en hébreu. Renseignement pris, Eyad apprit que le tortionnaire, ancien prisonnier lui-même, avait été sauvagement torturé dans les prisons israéliennes.
En 2000, j'ai regardé sur une chaine française un reportage tourné dans Hébron placé sous couvre-feu sélectif car seuls les palestiniens y étaient soumis. Interviewé, un jeune soldat chargé de veiller à l'application de la mesure eut cet échange avec le journaliste :
- le couvre-feu ne s'applique qu'aux Palestiniens ?
- Oui.
- Comment faites-vous lorsque vous l'appliquez pour distinguer les civils israéliens des civils palestiniens ?
- Ceux qui ont l'air de Juifs désespérés sont des Palestinien.»
Comment ne pas partager cette pensée de l'auteur « Cette inimitié née dans une totale méconnaissance des uns et des autres est devenue intime. »
le livre offrira mille richesse à l'amoureuse ou l'amoureux du soleil méditerranéen, des passions des vivres ensemble.
Ce qui domine, dans la pensée de l'auteur c'est une tension, un regard ouvert et humaniste vers l'autre et vers le futur « Ce qui me fait écrire aujourd'hui que le jour où les miens auront retrouvé leurs droits, je pourrai enfin connaître une libération pleine, entière, affirmer que je n'ai plus de drapeau », ou dit autrement « construire non lus un récit commun mais un futur partagé. »
Même si ce n'est pas l'objet de ce dictionnaire amoureux, une présentation plus critique de l'OLP aurait donné un point de vue différent sur les palestinien-ne-s en tant qu'actrices et acteurs.
Le livre n'évite pas totalement les reconfigurations mythiques de la mémoire personnelle et collective ou de l'identité nationale. Il reste, de plus, bien silencieux sur les palestiniennes qui ne peuvent être réduites aux Palestiniens (sur ces sujets je renvoie à Christine Pirinoli, Jeux et enjeux de mémoire à Gaza, Editions Antipodes, Lausanne 2009).
A lire aussi d'Elias Sanbar « Figures du palestinien. Identité des origines, identité de devenir, Gallimard, Paris 2004)
+ Lire la suite
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CHRISREUNION
  22 février 2014
Ce livre est destiné en premier lieu à tous ceux qui sont sensibles à la question palestinienne.
Ce qui émeut n'est pas la qualité littéraire mais les faits et les engagements décrits.
Ce qui émeut, c'est cette souffrance et la résistance de ce peuple qui a une histoire, une terre, une identité, une culture. L'auteur le démontre tout au long de l'ouvrage.
Il répond aux clichés sur le conflit israelo palestinien, aux prises de position légitimant la colonisation par le principe de l'antériorité.
Son combat pour la paix dans cette région du monde est fort et mérite le respect.
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Fabrice38
  29 juillet 2016
Ce dictionnaire se veut amoureux dans le sens que l'auteur en choisit lui-même les entrées traitées de manière très personnelle.
Nous lirons ainsi un récit épique racontant la vie du prophète Elias. Nous découvrirons les traditions culturelles et religieuses de du peuple palestinien. Il traite également de la naqba de 1948 et des problèmes inhérents à la création de l'État d'Israël.
Le dernier ouvrage d'Elias Sanbar m'a entièrement conquis.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CHRISREUNIONCHRISREUNION   16 février 2014
Et puis, il y a la paix véritable, celle qu'il faut souhaiter, à l'avènement de laquelle il faut travailler, celle de la vraie reconnaissance, celle qui n'aura plus besoin de garanties internationales, ni de suivi, de traités de défense commune, celle qui tiendra par la seule adhésion de ses tenants, et qui portera alors le nom de réconciliation.
La réconciliation est le stade supérieur de la paix, celui où elle se mue en valeur de civilisation, quand elle ajoute au choix de la raison celui des coeurs.
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dede   13 octobre 2011
La reconnaissance par Israël de sa responsabilité concrète et morale dans la Nakba – l’expulsion en 1948 -, l’admission qu’au cours de cet épisode, les Palestiniens furent les victimes sont les seuls moyens de sortir de l’impasse
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CHRISREUNIONCHRISREUNION   16 février 2014
Mes premières traces à moi seront blanches, invisibles pour moi, mais pleines de possibilités d'aller ailleurs, de les inventer, de les choisir, d'échapper à la pesanteur des généalogies afin de se remplir de tendresse pour ce qui fut mais que l'on ne souhaite pas pour autant voir revenir.
Des années plus tard, je formulerai ce qui sera devenu un credo de vie, en affirmant dans Figures du Palestinien : "Nos racines sont devant nous".
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rkhettaouirkhettaoui   07 mai 2019
À la question : « A-t-on le droit de spolier un peuple de sa patrie ? », on substitua un : « Qui du peuple juif ou du peuple palestinien était là avant l’autre ? »
Elle se doubla rapidement d’un corollaire, autre hérésie historique chère aux nationalistes de tout poil sous toutes les latitudes, qui posait la question de l’instant originel, la « date zéro », celle de la naissance d’un peuple, le palestinien en l’occurrence.
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dede   13 octobre 2011
Qui suis-je ? C’est la question que les autres me posent

et elle est sans réponse.

Moi ? Je suis ma langue, moi

et je suis un, deux, dix poèmes suspendus.
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Videos de Elias Sanbar (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elias Sanbar
Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine après de l'Unesco, parle du futur musée qui s'installera un jour (à Jérusalem-Est, faut-il comprendre), à propos de l'exposition « Pour un musée en Palestine », qui se tient à l'Unesco du 8 au 21 mars 2019. Vidéo tournée pour Mediapart par Antoine Perraud
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