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EAN : 9782715253537
304 pages
Éditeur : Le Mercure de France (09/04/2020)
3.75/5   57 notes
Résumé :
L’inspecteur Manchego approcha le smartphone dernière génération de son oreille, en retenant sa respiration. Il entendit une voix nasale, sur un bruit de fond rythmique, une sorte de lamentation ou de prière, et les accords d’une guitare. Il ne comprit pas un traître mot de ce que disait l’interlocuteur – c’était en anglais –, mais il devina qu’il ne s’agissait pas d’un appel au secours, on n’y sentait aucune peur.
– Qu’est-ce qu’il dit ? demanda-t-il.
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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Dandine
  11 avril 2021
Un livre sympathique, pour une matinee tranquille, avec un chocolat epais et des churros, ou pour une après-midi tranquille, avec un the earl grey et des scones a la confiture de framboises, ou pour une soiree tranquille, avec un rose de Navarre et des gambas al ajillo. le melange de traditions culinaires vous ebouriffe? Ce livre vous calmera.
Qu'est-ce que nous avons la?
1 :
Un anglais tres oxfordien, tres snob, qui se perd dans l'Espagne. Qui s'amourache d'une espagnole tres typee et par elle et pour elle d'une espagne du sud mythifiee, bien qu'il n'en supporte pas le climat.
L'occasion pour l'auteure de se moquer gentiment et de l'esprit british et de l'esprit flamenco.
2 :
Une legere intrigue ou un policier de quartier est a la recherche de l'anglais (disparu?) puis d'un malfaiteur qui seduit des femmes pour les tyranniser et les utiliser a ses fins.
L'occasion pour l'auteure de caricaturer la police espagnole.
3 :
Tout commence par cinq femmes qui editent une revue litteraire commanditee par un grand groupe anglais. La maison anglaise veut fermer la revue et envoyer les femmes au chomage.
L'occasion pour l'auteure de venger Trafalgar tout en servant de grands noms de la litterature en tapas.
4 :
Tout ca ne rend pas triste mais fait tres agreablement passer le temps, et des qu'on a l'impression que l'auteure s'essoufle elle saisit l'occasion de nous servir un nouveau passage epice avec doigte, qui reussit a faire eclore des sourires (et une de ces faims…) (et des bourgeons printaniers aussi? Soyons larges… aussi).
Bon, c'est fini. On se sent bien? Leger de corps et d'esprit? (Une petite faim, quand meme…?) Alors c'est ca un livre feel good? (je ne sais plus ce que je raconte…)
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dedanso
  15 juin 2020
Quelle fraîcheur ce roman ! Je remercie infiniment les éditions du Mercure de France et Babelio pour cette lecture. Je n'ai pas été loin du coup de coeur !
Dès l'incipit, je me suis demandée où j'étais tombée, croyant avoir entre les mains un "simple" polar à la sauce madrilène (ce qui m'intéressait déjà particulièrement). Je n'avais pas compris qu'en plus d'être un polar espagnol, ce roman était surtout une ode à la vie et à l'amour, avec des personnages fort en gueule et hauts en couleurs.
Les personnages sont d'ailleurs sans nul doute le point fort de la gitane aux yeux bleus. Tous formidablement incarnés, aussi différents les uns des autres qu'on peut l'être dans la vraie vie, ils donnent au récit toute sa saveur.
Bien-sûr, la plume de l'auteur n'est pas en reste. Avec un humour décapant, qui joue beaucoup sur l'absurdité de certaines situations et qui frôle la caricature, Mamen Sanchez déroule son style enlevé et cocasse avec brio ! Sa plume, diablement savoureuse, pimente ainsi un récit déjà fort rocambolesque.
Si le point de départ du roman est la disparition d'Atticus Craftsman, fils d'un riche éditeur londonien, on comprend vite que Mamen Sanchez ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Vous trouverez dans ce roman plusieurs thèmes abordés, a priori sans lien visible, mais ce serait mal connaître la dextérité de l'auteur à manier les fils de son histoire : la condition féminine, l'investissement professionnel, la maltraitance physique, la littérature (internationale), la mixité sociale madrilène, la vie familiale, l'amitié et, bien-sûr l'amour.
Elle nous offre d'ailleurs les débuts de deux beaux amours : l'un qui avance à petits pas et sans bruit, dans toute la sagesse de l'âge mûr, l'autre aussi fougueux et passionné que peuvent l'être la jeunesse et la vie tzigane. Mention toute spéciale à l'auteur pour la famille gitane dépeinte ici : enfin un langage et des moeurs qui sonnent justes à mes oreilles averties !
Je n'ai vraiment que du bon à vous dire de la gitane aux yeux bleus, n'ayant qu'à regretter un début un peu tiède peut-être, surtout au regard de tout le reste du roman qui ressemblerait plutôt à une valse effrénée, ou un flamenco du diable !
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coquinnette1974
  12 juin 2020
Je remercie chaleureusement les éditions Mercure de France et Babelio pour l'envoi, dans le cadre d'une masse critique privilégiée : La gitane aux yeux bleus de Mamen Sànchez.
Cette lecture m'a emmené en Espagne, notamment à Madrid.
L'inspecteur Manchego est sur la trace d'un jeune anglais dont le dernier message à son père était :
« Papa, laisse-moi faire. Je maîtrise la situation. »
Atticus est venu en Espagne voir ce qui se passait dans la boîte d'édition dirigée par son père. Dans l'antenne de Madrid, nous découvrons cinq femmes prêtes à tout pour garder leur travail.
En bon Espagnol, l'inspecteur Manchego a tout de suite identifié d'où provenait le message envoyé par le jeune homme : d'une boîte de flamenco.
Pas de quoi s'alarmer, donc, quand un riche éditeur londonien, flanqué d'un interprète, vient, très inquiet, lui annoncer que son fils, la trentaine, bien sous tous rapports, a disparu à Madrid depuis plusieurs semaines, après ce dernier fameux appel.
Enlevé ? Séquestré ? Blessé ? Tué ? Mais non, il y a forcément une femme là-dessous.
Et quelle femme...
La gitane aux yeux bleus est un très excellent roman qui m'a fait passé un très bon moment de lecture. J'ai pris plaisir à le lire presque d'une traite pendant mes vacances.
Nous découvrons des anglais très... anglais lol Atticus est accroc au thé, quitte à en chercher à son goût en plein milieu de l'Espagne. Sa mère est une anglaise pure souche, c'est un personnage qui m'a beaucoup amusé. Son père a lui aussi un balai coincé... je ne vous dirais pas où lol Ces trois personnages sont très intéressants car ils contrastent avec les espagnols, qui eux ont un sang sacrément chaud.
Les cinq femmes espagnoles travaillant pour Atticus et sa famille sont géniales. Elles ont chacune une sacré personnalité, il est impossible de s'ennuyer avec elles. Toutes m'ont plu, je ne peux pas dire que j'en ai apprécié l'une plus que l'autre.
Quand à l'inspecteur Manchego, c'est quelque chose lui aussi :)
Ce fût un plaisir pour moi de partir avec tout ce petit monde en Espagne, à défaut de pouvoir y aller pour de bon :)
Les personnages sont bien décrits, même s'il y en a quelques uns leur psychologie est assez creusée.
L'histoire est simple mais très bien ficelée. Il y a de l'humour, du suspense, des surprises. Tout est réuni pour me captiver.
J'ai adoré ma lecture, je n'aurais pas eu l'idée de le lire sans babelio et cela aurait été dommage !
Ma note : un gros cinq étoiles.
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LightandSmell
  19 juin 2020
Quand Babelio m'a proposé de découvrir ce roman, je n'ai pas hésité une minute, le résumé m'ayant tout de suite intriguée. Et très vite, j'ai compris que l'auteur allait me faire passer un bon, non, un excellent moment de lecture auprès de personnages hauts en couleur !
Atticus, fils prodigue d'un ponte de l'édition anglaise, est envoyé par son père en Espagne afin de fermer la revue Librarte, un gouffre financier. Mais avant de pouvoir tourner la page de ce retentissant et désagréable échec commercial, il doit licencier en bonne et due forme les cinq employées à temps plein. Une mission pas très agréable, mais en apparence assez simple, qui va toutefois prendre un tournant quelque peu inattendu ! Les cinq femmes travaillant pour la revue ne sont, en effet, pas décidées à partir sans tenter de sauver leur outil de travail dont elles ont toutes, pour des raisons différentes, besoin. Et pour ce faire, elles ont fomenté un plan aussi audacieux que loufoque.
Est-ce que ce plan a quelque chose à voir avec la disparition d'Atticus qui conduira son père à solliciter l'inspecteur Manchego ? Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais ce qui est certain, c'est que vous pouvez vous attendre à être embarqué dans une aventure complètement extravagante qui ne manquera pas de vous surprendre et de vous arracher de nombreux sourires et éclats de rire. Je me suis ainsi beaucoup amusée à remonter la trace d'Atticus, l'auteur ne ménageant pas ses effets de surprise et multipliant les situations rocambolesques durant lesquelles les différences culturelles entre Anglais et Espagnols sont mises en avant avec beaucoup de charme et d'humour. Quand le flegme britannique et le côté hautain et guindé de l'aristocratie anglaise rencontrent la flamboyance et la chaleur espagnole, cela fait quelques étincelles ! Certains dialogues et échanges valent ainsi leur pesant d'or et me resteront probablement longtemps en tête… le trait est parfois forcé et flirte avec la caricature et les clichés, mais ça semble complètement assumé et fait sans excès, ce qui rend le tout savoureux à souhait.
Le rôle de l'inspecteur volontaire, mais avec un côté un peu boulet, apporte aussi pas mal de comique à l'histoire d'autant que Manchego ne fait rien pour qu'on ait envie de le considérer avec sérieux. Vous auriez l'idée vous en tant que policier d'engager un cambrioleur pour éviter de passer par une voie plus classique, mais plus longue, ou d'aller acheter des cotons-tiges pour faire un test ADN ? Beaucoup d'humour, de bonne humeur et de légèreté donc dans ce roman qui est loin d'être un banal roman policier, la disparition d'Atticus ne servant que de prétexte à une intrigue pleine de mordant dans laquelle l'amitié revêt une place primordiale. Je parle d'amitié au singulier, mais elles sont pourtant plurielles, Berta, Soleà, María, Asunción et Gaby étant très proches. Ces femmes ont des parcours professionnels et personnels très différents, mais elles ont pourtant réussi à aller au-delà de leurs différences pour développer une jolie complicité.
Cette galerie de femmes au tempérament varié est probablement l'atout charme de ce roman puisqu'il est impossible de ne pas se prendre d'affection pour ces dernières et de leur souhaiter le meilleur. J'ai toutefois eu un peu de mal avec María qui m'a semblé considérer avec une certaine nonchalance des actes discutables sur le plan moral et pénal même si on lui accordera des circonstances atténuantes. J'ai eu, à l'inverse, un coup de coeur pour Berta, la patronne de la revue qui veille avec beaucoup de bienveillance sur les autres femmes de son équipe. le traitement que lui réserve l'auteur m'a vraiment séduite et m'a même donné quelques papillons dans le ventre ayant trouvé cette femme très touchante dans sa relation avec un autre protagoniste.
Tout au long du roman, on apprend donc à connaître ces femmes, ce qui est également l'occasion pour l'auteur d'aborder, sans pathos et avec une certaine douceur, une multitude de sujets : l'amitié, l'amour, l'adultère, la trahison, le mensonge, le pardon, le désir de maternité non assouvi, la maltraitance physique et psychologique, les secrets de famille, la famille… En ce qui concerne la famille, les lecteurs auront, tout comme Atticus, l'occasion de découvrir celle de Soleà. Une expérience plutôt inoubliable ! Exubérants, chaleureux et accueillants, les membres de la famille de la jeune femme ne manquent ni de présence ni de panache même si c'est probablement la grand-mère qui m'a le plus marquée et touchée. Difficile donc de ne pas succomber au charme de cette grande famille, et ce n'est pas Atticus qui vous dira le contraire.
Issu de l'aristocratie anglaise qui considère toute forme de démonstration affective comme un signe de vulgarité, notre jeune Anglais aurait pu être tenté de prendre la poudre d'escampette devant toutes ces embrassades et effusions tellement peu anglaises. Mais de fil en aiguille, on le découvre de plus en plus attaché à des us et des coutumes très éloignés de ses habitudes, mais qui le rapprocheront d'une certaine jeune femme au regard envoûtant. L'évolution d'Atticus se révèle spectaculaire bien que plus amusante que crédible, l'auteur jouant habilement avec cette idée de « l'amour qui transforme » pour la pousser à son paroxysme. Pour ma part, j'ai apprécié ce changement, mais je ne vous cacherai pas que l'Atticus version anglaise, qui ne se déplaçait jamais sans sa bouilloire et son Earl Grey (bon du Twinings, mais personne n'est parfait) me plaisait plutôt bien. N'envisageant pas une journée sans mes trois tasses de thé réglementaires, je ne suis peut-être pas très objective sur ce point…
En plus d'avoir proposé une intrigue complètement loufoque et une truculente galerie de personnages, l'auteur multiplie les références littéraires et fait même intervenir, sous une forme inattendue, un auteur classique de fantasy qui a ici quelques tendances au voyeurisme. Les amoureux des livres, a fortiori s'ils aiment le thé et rire, devraient donc trouver leur bonheur avec ce roman qui se lit tout seul ou presque.
Il faut dire que l'auteur réussit à attiser l'intérêt des lecteurs dès les premières pages que ce soit grâce à une plume fluide et légère pleine d'humour ou l'alternance entre présent et passé qui ne peut que donner envie de comprendre les tenants et les aboutissants de la disparition d'Atticus. Les pages défilent donc toutes seules avant de nous offrir une conclusion à la hauteur de personnages hauts en couleur et des péripéties pleines de surprises d'un Anglais qui n'est peut-être pas aussi froid et guindé qu'il le pensait. Et si le bonheur n'était finalement pas dans le thé ?
Tendre, rocambolesque et pétillant, plus qu'un roman, une bouffée d'oxygène et de légèreté pour un beau voyage plein de saveurs entre Madrid et Grenade !
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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Cath1975
  18 juin 2020
Quand l'éminent Mister Marlow Craftsman pousse la porte du bureau de l'inspecteur Manchego à Madrid, le policier sent qu'il s'apprête enfin à vivre l'enquête de sa vie, las des menus larcins qui occupent ses mornes journées.
Qu'est-il arrivé à Atticus Craftsman, le fils du magnat de l'édition ?
Mandaté par son père afin de mettre fin à leur filiale de Madrid, le Librarte, le golden boy de la famille n'a plus donné de nouvelles depuis plusieurs semaines après un mystérieux coup de fil dans lequel il prétend « maîtriser la situation. »
Une fermeture que les 5 employées du Librarte entendent bien empêcher en échafaudant un plan bien ficelé qui allie charme et ruse.
Le charismatique Atticus, amateur d'Earl Grey et aristocrate made in UK est loin d'être le patron froid et insensible « typiquement anglais » que les femmes s'apprêtent à rencontrer.
Alors où se trouve-t-il maintenant ?
Peut-être s'est-il tout simplement perdu dans les yeux bleus de la belle Soléa, la jeune gitane envoûtante qui l'a entraîné dans son antre à Grenade afin de le distraire de ses obligations ?
Atticus, alias « Tico », est métamorphosé depuis qu'il a goûté au fameux de thé de la Sena Candela. La rencontre entre leurs deux mondes sera fracassante et la fin rocambolesque.
Coup de coeur pour ce roman original traduit de l'espagnol qui nous emmène dans les ruelles de Madrid où il fait si bon vivre, balayées par un vent de légèreté typiquement hispanique où se mêlent amitié, amour et humour. le tout emmené par la plume subtile de Mamen Sanchez qui nous fait le portrait de personnages particulièrement attachants.
Je remercie Babelio et les éditions Mercure de France pour ce savoureux roman qui se laisse lire comme une bulle de fraîcheur !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
DandineDandine   13 avril 2021
[Une citation pour ces messieurs]

La plupart de ses collègues arboraient eux aussi l’uniforme, ce qui effraya un peu les enfants et les vieux – les seules catégories à redouter encore l’autorité – mais fit la joie des femmes, indépendamment de leur âge et de leur situation maritale, celles-ci restant notoirement sensibles au charme de l’uniforme et à l’autorité qu’il incarne, du moins jusqu’au petit matin, quand l’homme s’éveille, nu comme un ver, sa tenue chiffonnée au pied du lit, et qu’elles s’interrogent sur ce qui a bien pu changer leur beau prince en crapaud poilu en si peu de temps.

[Une citation pour ces dames]

— Il s’agit d’une question de métabolisme, Asunción, dit son médecin. Mais pas d’inquiétude, ça passera, c’est lié à la ménopause. Vous constaterez aussi des bouffées de chaleur, une baisse de la libido, des suées nocturnes, une accélération du rythme cardiaque, une sécheresse vaginale, une incontinence, une irritabilité, des douleurs articulaires, des problèmes digestifs et des modifications de votre odeur corporelle, entre autres choses.
— Je vais sentir quoi ? demanda Asunción, effondrée, assistant à sa propre transformation kafkaïenne de femme en cafard.
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DandineDandine   14 avril 2021
Elle pénétra dans l’église pour la messe de dix heures, se signa, s’agenouilla et mobilisa ses cinq sens pour prier de toutes ses forces. Une fusée de détresse, voilà ce qu’elle envoya à Dieu.— Mon Père, si possible, que cette coupe s’éloigne de moi. Ne me laisse pas perdre mon travail, allez, mon Dieu, je t’en supplie. Que ta volonté soit faite, mais si tu pouvais éviter précisément que je me retrouve à la rue, enfin si c’est possible, quoi. Je sais bien que ta priorité, c’est la faim, la guerre et tout ça... Si tu es trop occupé, tu peux peut-être demander à un saint. Quelqu’un qui n’a pas trop de clients, saint Pantaléon, ou saint Lambert, ou saint Job, avec un nom pareil il devrait pouvoir m’aider.
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dedansodedanso   09 juin 2020
- Mange tes morts ! rugit-elle. Natchave, rosbif de merde, avec ton journal de merde et ta face de rosbif ! Va te faire foutre ! Soleá Abad Heredia ne laissera personne insulter la mémoire de ses ancêtres, sur ma vie !
Folle de rage, elle frappait la table tandis que ses yeux de chat lançaient des maléfices.
Berta Quiñones, qui écoutait naturellement à la porte, entra soudain en scène, alertée par le bruit.
- Qu'est-ce que vous avez fait à Soleá ? demanda-t-elle à Craftsman, qui semblait en état de choc.
(...)
- Il a insulté mon grand-père ! - La voix de Soleá parvint à se faire entendre par-dessus celle de ses collègues. - Paix à son âme ! ajouta-t-elle.
Le crime dut finalement sembler moins grave que prévu aux autres, qui finirent par se calmer et retrouver une voix normale.
- Merde, Soleá, on a eu peur, dit María, honteuse. On a cru que M. Craftsman essayait de te violer.
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missmolko1missmolko1   01 mai 2020
Où qu’il aille, Atticus Craftsman avait coutume d’emporter avec lui sa petite bibliothèque érotique. Elle se composait de cinq livres reliés en cuir rouge, sans aucun nom imprimé sur la couverture. Ce n’était pas des éditions
très longues, elles occupaient à peu près autant de place que sa trousse de toilette. Elles n’avaient pas de préface ni d’appareil critique, aucune note de bas de page ou d’index. Juste le texte, sans commentaires.
C’était, à la vérité, son unique perversion. Il n’avait jamais vu de film pornographique ni acheté de revue cochonne, et les sites internet à contenu sexuel ne l’intéressaient pas. Il n’avait pas le goût du vice ni de la débauche.Pourtant, inexplicablement, il se sentait incapable de faire un pas sans sa bibliothèque portative.
Ce fut la première chose qu’il sortit de sa valise quand le bagagiste eut refermé la porte : les cinq livres, enveloppés dans du papier de soie. Après avoir pris soin de déplacer le téléphone et la lampe, il les déposa sur la table de chevet, dans l’ordre alphabétique comme toujours : Duras, Lawrence, Miller, Nabokov et Sade. Cinq façons de comprendre la sensualité féminine.
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dedansodedanso   15 juin 2020
ATTENTION SPOILER

Il jeta sa cigarette dans la cour et prit Berta dans ses bras de berger du Suffolk. Elle eut l'impression d'étreindre un chêne, un hêtre aux feuilles jaunies par l'automne, et respira l'odeur de terre humide, de champignons sauvages, de troupeau et de feu de bois.
Leur baiser eut un goût de noix et de châtaignes, de vin chaud et de braises dans la cheminée. Manchego et Berta, comme deux faces d'une même pièce, se rappelèrent alors le son des cloches de San Martin un jour de noces, leur échos qui descendait jusqu'au ruisseau où les enfants se trempaient les pieds. Et la saveur du ragoût, tout le village invité à la fête, notre Berta se marie enfin, à son âge, avec un gars sensationnel, non mais regardez ce qu'il est beau, on dirait George Clooney en plus grand. Et le bruit des pétards, le bouquet final, quelqu'un au milieu du pont qui lance des feux d'artifice vers le ciel étoilé. Voilà ce que fut leur baiser.
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