AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2330061234
Éditeur : Actes Sud (02/03/2016)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Par un froid matin de mars 1705, un gamin de quatorze ans approche des trois tours noires du château de Bazoches. Sa dernière incartade chez les carmélites de Lyon lui a valu d'être expédié auprès de Vauban pour apprendre l'ingénierie militaire. Après l'enfant à Barcelone, les années d'instruction en Bourgogne, le voici engagé successivement au sein des deux coalitions européennes qui convoitent la couronne d'Espagne lors de la guerre de Succession, jusqu'au siège d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  27 mars 2013
"Pugna magna victi sumus" auraient pu s'écrier les Catalans en ce jour funeste de septembre 1714. Après avoir tenu le siège de la ville depuis le mois de juillet 1713 face aux troupes de Berwick, ils assistent impuissants à la chute de la cité et aux massacres qui s'ensuivent.
Quelques décennies plus tard, Marti Zuvinia, fils d'un marchand barcelonais, ancien élève de Sebastien le Preste de Vauban, ingénieur militaire, engagé successivement auprès des Bourbons puis des Habsbourg écrit ses mémoires depuis son exil autrichien, bien décidé à donner un récit très personnel du siège de Barcelone.
Ceux qui ont lu La Peau froide et Pandore au Congo se doutent qu'Albert Sánchez Piñol ne s'attelle pas à l'élaboration d'un roman historique classique. Trempant sa plume dans du poil à gratter, il dynamite le genre et nous offre une oeuvre magnifique, magistrale, mémorable.
Scindé en trois parties, "Veni", "Vidi", "Victus", Victus. Barcelone, 1714 est un roman à tiroirs, dans lequel le héros, qui est aussi le narrateur, s'arroge le droit d'interrompre la linéarité du récit en y greffant des réflexions et des anecdotes. Roman d'apprentissage, récit initiatique, roman picaresque, Victus est l'autobiographie d'un homme qui n'est vertueux, ni héroïque, aucunement prédestiné à accomplir des actes illustres, mais un personnage dont le parcours, tributaire des rencontres et des aléas de l'histoire, se construit au hasard d'évènements souvent tragiques. Il y a du Gil Blas de Santillane dans Victus, du Quichotte et du Simplicius Simplicissimus: on y trouve des aventures extravagantes, des tableaux de moeurs, de la satire, une représentation de toutes les couches de la société (la plus noble n'étant pas toujours celle qu'on croit), de la grandeur et de la bassesse ....
Délicieusement irrévérencieux, drôle, lyrique, poétique, épique, burlesque, ce roman fait oublier tout ce que l'on a pu lire sur la guerre de Succession d'Espagne. Albert Sánchez Piñol, qui écrit pour la première fois en espagnol, ne ménage ni la chèvre ni le chou, au point de penser qu'il risque de recevoir quelques "bofetadas de todos los lados". Ici l'Espagne n'est pas un pays mais "un vieux moribond" "couvert de pustules". Charles Quint est "le Taré", Louis XIV, "le Monstre". La Castille? "Prenez une contrée, installez-y une tyrannie, et vous aurez la Castille." Les conseillers de la Généralitat? "Des pantins en astrakan qui se croyaient très importants car ils n'avaient pas l'obligation de se découvrir devant un roi et portaient un bonnet et une tenue de velours rouge." On l'aura compris, Sánchez Piñol rase gratis. Son sens de la formule et son ton incisif et mordant chatouilleront les peaux les plus sensibles. Les héros des chroniques passent à la trappe, les personnages de second plan occupent le devant de la scène et le peuple de Barcelone est le héros de cette geste. Quant au Castillan Antonio de Villarroel qui fut commandant de Barcelone, il occupe enfin la place que le romancier estime lui être due. Absence de manichéisme et trivialité à chaque page, nul doute que le roman a dû susciter le débat dans un contexte politique particulièrement tendu.
Heureusement, l'amour, l'amour malgré soi, malgré la raison, malgré le détachement et une certaine forme d'égoïsme, s'empare de Zuvi "Longues-Jambes" et permet à Sánchez Piñol de nous offrir quelques lignes magnifiques (ah, cette mystérieuse boîte à musique et la robe violette d'Amelis...) dans un style très personnel: "Ils allaient me tuer. Non, pire; coudes et genoux me transportaient vers une noirceur plus malheureuse que la mort. Et tout ça pour un vieux voûté, un nain difforme, un enfant cruel et une catin brune. Puisque les poètes n'osent pas, je vais le dire. L'amour, c'est de la merde."
Lorsque notre héros, Zuvinia dévore "un gros roman" (Le Quichotte?) et s'esclaffe, son compagnon de route lui reproche son inclination pour une oeuvre qui ridiculise la geste épique au lieu de l'exalter. Et Marti de lui répondre: "Voilà la grande vérité que referme cette histoire: la raison se trouve dans la déraison". La vérité de Victus. Barcelone, 1714, c'est que folie, lucidité et humour font ici bon ménage.
Je m'incline donc très respectueusement et tente une hypnose collective, "Lisez Albert Sánchez Piñol", "Lisez Albert Sánchez Piñol"; "Lisez Albert Sánchez Piñol".....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          349
cmpf
  07 mai 2016

Encore un auteur espagnol que je découvre avec plaisir.
À la fin du 18ème siècle un très vieil homme dicte ses mémoires, depuis le moment où jeune Catalan qui se fait difficilement à la discipline de son école religieuse, il est envoyé au Château de Bazoches apprendre l'ingénierie des fortifications auprès du grand Sébastien le Prestre de Vauban, jusqu'à la fin du siège de Barcelone, soit une dizaine d'année de sa très longue vie. La première partie à Bazoches est particulièrement prenante avec de nombreux dessins qui explicitent le propos.
Puisqu'il s'agit de mémoires, c'est par les yeux et la compréhension de Marti Zuviria, personnage historique, que nous assistons à la guerre de succession d'Espagne. le « monstre » (Louis XIV) veut installer son petit-fils Philippe sur le trône laissé vacant par la mort de Charles II, tandis que l'Autriche veut imposer Karl, fils cadet de l'Empereur. L'Espagne est alors séparée en deux entités, la Castille qui soutient le Bourbon et la Catalogne qui est plutôt pour le Habsbourg. Un des moments important de cette lutte pour le pouvoir est le siège de Barcelone. du côté de la Castille, combattent conformément à l'esprit de l'époque des soldats professionnels qui remplissent un contrat, tandis que Barcelone est défendue par les habitants. Dans cette fresque se côtoient personnages historiques et créations littéraires, tous assez complexes. Comme le héros lui-même parfois lâche et parfois courageux, parfois égoïste, et parfois plein d'amour.
J'aurais aimé savoir si l'existence des Ponctués, ces ingénieurs en poliorcétiques, formant une sorte de confrérie au-delà des nationalités est réelle.
Que le nombre de pages, un peu plus de 700 dans l'édition poche d'acte Sud, ne vous rebute pas, ce roman vous transportera dans les deux sens du terme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Charybde2
  10 janvier 2014
Fougueux, drôle et puissamment subtil, un grand roman historique du magicien Sánchez Piñol.
Publié en 2012 (pour première fois écrit en castillan et non en catalan), traduit en français en 2013 chez Actes Sud par Marianne Millon, le troisième roman d'Albert Sánchez Piñol se démarque des deux précédents, à la fois en abordant de nouveaux codes et genres pour servir de réjouissant terrain de jeu, et en inscrivant au coeur de l'ouvrage l'un des plus dramatiques moments historiques de l'histoire catalane, à savoir le siège de Barcelone en 1714.
Ayant joliment chahuté le roman verno-lovecraftien dans « La peau froide » (2002) et le récit dickenso-burroughsien dans « Pandore au Congo » (2005), Albert Sánchez Piñol s'attaque donc ici au roman historique dans toute sa splendeur, nous proposant de nous plonger dans la guerre de Succession d'Espagne (1701-1715) en général, et dans l'art militaire des sièges, appliqué à celui de Barcelone (1714), en particulier.
De sa paisible retraite viennoise après une vie entière de guerre et d'aventure, à la veille de la Révolution française, Martí Zuviría, le narrateur catalan, âgé de 98 ans, nous livre, en les dictant à son assistante Waltraud, les souvenirs de sa jeunesse d'étudiant – bientôt maître – en poliorcétique (l'art de la guerre de siège), élève de l'immense Vauban lui-même, devenu, après la mort de celui-ci en 1707, ingénieur d'assaut et de défense d'abord au service de la coalition française (soutenant le prétendant Philippe V), puis au service de la coalition autrichienne (soutenant le prétendant Charles III), au service de laquelle il organise la défense de Barcelone, la poursuivant même lorsque la « grande politique » de la coalition la conduit à abandonner la Catalogne à son sort…
Haut en couleurs et en anecdotes croustillantes, grâce à la verve toute picaresque de ce vieillard cynique revivant ainsi ses jeunes années, le récit nous éclaire aussi subtilement, au-delà des péripéties historiques, sur la mentalité et le statut des mercenaires au cours de ces guerres « professionnelles », soixante-dix ans avant l'invention des levées en masse et des armées nationales qui contribueront à révolutionner la guerre à partir de 1789, mais aussi sur cette étrange confrérie transnationale des « ingénieurs » et « techniciens militaires », d'une froide neutralité, pour lesquels leur art, leur science et leur succès « mathématique » a le plus souvent infiniment plus d'importance que toute considération sociale, politique, ou même humaine et personnelle.
Beaucoup plus que dans ses deux premiers romans, et d'une manière qui évoque nettement cette fois le travail effectué en Italie par Valerio Evangelisti ou par le collectif Wu Ming sur le roman historique et le « nouvel « épique » , le récit d' Albert Sánchez Piñol se fait aussi violemment politique, mettant en scène notamment avec une toute particulière attention et une belle réussite les palinodies d'une grande bourgeoisie catalane férocement nationaliste en apparence, mais bien décidée à défendre avant tout ses intérêts de classe, quel qu'en soit le prix, en réalité. Rare pour l'époque dans les extrêmes atteints, la cruauté développée, lors de la conclusion de ce siège de Barcelone, demeure un traumatisme historique pour la Catalogne, même s'il est toujours tenté de l'enfouir, que viendra seule relativiser la terrible entrée des franquistes dans la ville trahie en janvier 1939.
Enfin, sous les apparences primesautières du récit d'apprentissage (fût-il « à la dure ») et de l'exactitude historique, Albert Sánchez Piñol réussit aussi, au fil de ces 600 pages, une bien subtile parabole sur les ambiguïtés de la mémoire, sur les omissions et les réécritures, conscientes et inconscientes, que subit le « réel » lorsque ses gardiens ont de véritables intérêts à défendre, bien après les faits eux-mêmes.
Avec toute la fougue, la verve et le rire auxquels Albert Sánchez Piñol nous avait déjà habitués, un roman historique qui contribue nettement, aux côtés de quelques autres peu nombreux, à redonner du sens à ce genre parfois bien galvaudé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          94
GabySensei
  20 mai 2013
Voici un excellent roman historique sur Vauban et le XVIII eme siècle. Nous suivons la vie de Marti Zuviria entre 1705 et 1714. Il sera d'abord apprenti ingénieur au château de Bazoches où il apprendra, sous la férule de Vauban, les rudiments de la fortification et l'art de les faire tomber. Puis la vie le ramènera dans sa ville natale de Barcelone qui est prise dans la tourmente de l'histoire et des guerres de succession dynastique entre la France, l'Espagne et l'Autriche. Il sera ainsi amené à défendre sa ville pendant le siège de 1714 qui durera un an.
L'auteur sait rendre vivant et accessible son sujet qui est pourtant très compliqué. le roman est émaillé de dessins, de plans et de tableau des personnages principaux, ce qui rend l'histoire plus vivante. le ton choisi est souvent truculent et assez drôle si bien que l'on avale les 600 pages du livre assez vite. Une belle réussite!
Commenter  J’apprécie          140
marcossor
  12 mars 2014
1714 et plus...
Le 11 septembre, ça vous dit quelque chose? Oui, bien sûr. Mais lequel? C'est qu'il en a plusieurs des 11septembre dramatiques. Les célèbres tours, mais également le coup d'état chilien de 1973, et aussi... Et aussi la chute de Barcelone après un siège de plus d'une année, il va y avoir bientôt, très bientôt, trois siècles. C'est cette page de l'histoire catalane, méconnue, voire ignorée de ceux qui ne sont ni historiens ni catalans. Un 11 septembre à l'occasion duquel les indépendantistes catalans et leurs sympathisants réalisèrent une immense chaîne humaine à travers toute le province, réclamant au gouvernement de Madrid un vote sur l'indépendance catalane. le roman historique prend alors une sacrée actualité dans la Catalogne d'aujourd'hui (les mauvaises langues y ont même vu un certain opportunisme éditorial).
Renouant avec la tradition des romans picaresques, Albert Sánchez Piñol nous plonge dans ce XVIIIe siècle commençant où les guerres balaient l'Europe, notamment autour de la succession à la couronne d'Espagne, convoité par la France de Louis XIV ("le monstre" pour les catalans, et non le "roi soleil") et l'Autriche. le personnage principal et narrateur, Martí Zuviría, est un garçon turbulent qui va se retrouver en formation auprès du célèbre Vauban dont il sera le dernier disciple. Alors qu'il est quasiment devenu ingénieur spécialiste des fortifications, la guerre va l'entraîner dans mille aventures qui l'amèneront à oeuvrer dans l'un et l'autre camp. A la manière de Little Big Man, c'est un homme très âgé qui fait le récit de sa vie, qui parle des grandes figures autant que des figures obscures qu'il a pu croiser au cours de cette guerre à la fois très locale et totalement internationale. Roman d'apprentissage, d'amour, d'aventures, de trahisons, il y a de tout cela dans Victus, le tout sur un fond historique si précis et documenté que certaines critique ont pu lui reproché, lors de sa sortie en Espagne, de relever plus de l'histoire que de la littérature. le jeu du livre en train de s'écrire auquel joue l'auteur, émaillant le récit d'aparté et de commentaires à la manière de Diderot avec Jacques le Fataliste n'est pas que jeu et alibi, il permet aussi un certains recul avec les événements racontés, facilitant, surtout dans sa première partie, la mise en parallèle avec l'histoire contemporaine de la Catalogne, de ses relations houleuse avec la Castille tout comme avec ses propres passions excessives. de façon très "moderne" le fossé, pour ne pas dire le divorce, entre une classe politique privilégiée et le peuple, avec toutes ses composantes, se révèle comme une bien vieille histoire.
Une des surprise de ce livre tient aussi à son histoire, sa première édition, son écriture même, se sont faites en castillan, et non en catalan. Cela peut sembler pour le moins paradoxal pour un auteur qui a écrit jusqu'à aujourd'hui en catalan, qui est présenté par son éditeur comme l'auteur catalan le plus traduit (37 traductions pour La Peau froide), et pour un livre qui parle aussi fort d'une histoire qui est une des composante majeure de la culture et de l'identité catalane. L'auteur s'en est expliqué en précisant qu'il avait commencé à écrire en catalan, mais que littérairement, pour lui, cela ne fonctionnait pas bien et que cette difficulté l'avait amené à adopter le castillan. On peut aussi comprendre cette inscription dans la langue de Madrid comme un désir de s'adresser d'abord aux castillans pour qu'ils comprennent, au delà des réalités d'aujourd'hui, ce qui se joue sur cette côte méditerranéenne de la péninsule, dans cette province qui revendique haut et fort sa différence et sa spécificité.
Pour notre part, nous avons modestement lu Victus dans sa version française. Nous y avons appris beaucoup de choses sur une réalité historique que l'on a pas forcément beaucoup étudiée sur les bancs du collège ou du lycée, cela est venu aussi apporter une nouvelle dimension à notre appréhension de la Catalogne d'aujourd'hui. Nous avons aussi été embarqué dans un formidable récit d'apprentissage et d'aventure, plein de rebondissements parfois drôles et parfois tragiques, peuplés de figures inoubliables, tel Anfán, l'enfant perdu adopté par Zuvi, le général Antonio de Villarroel, bourru romantique et inflexible qui ne faillira pas à lui-même, Ballester, le redoutable capitaine des non moins redoutables miquelets, Amelis, la femme libre qui sait ce que signifie liberté et sacrifice... Bref, 600 pages que l'on a pas le temps de voir passer. Une lecture qui permet aussi de découvrir et comprendre autrement et vient peut-être interroger notre perception de ce qui fait les régions et les nations dans l'Europe du XXIe siècle.
Lien : http://filsdelectures.over-b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   26 mars 2013
En l'an 1700 mourait l'empereur Charles II d'Espagne, un avorton, un paquet de bave qui, s'il n'avait été roi, aurait passé sa vie enfermé dans un monastère. Ses sujets espagnols l'appelaient "L'Envoûté". Je ne serai pas aussi compatissant, alors appelons-le "Le Taré". Il n'eut pas d'enfants. Comment aurait-il fait? Il était tellement siphonné qu'il dut mourir sans savoir que la nouille qui lui pendait entre les jambes servait à autre chose qu'à faire pipi.
Tous les rois sont par définition, tarés ou finissent par le devenir. La seule question est de savoir si pour leurs sujets, il vaut mieux être gouvernés par un abruti ou par un salopard. Dans ma jeunesse, j'étais favorable aux sots car eux au moins se contentent de manger du faisan et laissent les gens tranquilles. Le Taré, par exemple, fut très décrié en Castille, mais très populaire en Catalogne. Pourquoi? Eh bien parce qu'il ne fit jamais rien. Son atrophie cérébrale était un reflet de la Castille et de son empire coagulé. Cela convenait aux Catalans. Moins un roi gouverne et plus loin il se trouve, mieux cela vaut.
Bien avant sa mort, il était déjà évident que ce débris humain de Taré passerait l'arme à gauche sans avoir d'enfants. La logique voulait que tous les charognards d'Europe fussent aux aguets. Bien plus tard, je rencontrai un noble français qui, au tournant du siècle, avait servi à l'ambassade de Madrid. Il y avait tant d'espions à la cour... qu'ils se procurèrent même les caleçons du roi! L'examen ne laissait aucun doute: Charles n'éjaculait pas. Et d'après les lois naturelles de la nature, pas d'enfants sans sperme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
cmpfcmpf   12 mai 2016
A la différence du monstre qu’il servait, Vauban détestait toute velléité expansionniste. Par lésinerie, un concept ridiculement élevé du terrain, si vous le voulez. Pour Vauban, la France n’était pas un pays bon, mais parfait. Ainsi donc, pourquoi nourrir quelque ambition que ce fût ? Toute son énergie se consacra à conserver le legs géographique des ancêtres. A fortifier les frontières jusqu’à un degré tellement extrême que toute attaque fût avortée même avant de cesser d’être un projet. L’idée du pré carré était de lui, c’est le nom que les mangeurs de grenouilles donnent à leur foutu pays : la France comme un monolithe parfaitement défini, éternel, compact et en paix.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
emdicannaemdicanna   29 septembre 2018
Vauban inversa les principes traditionnels de la muraille, l'inclinant de plus en plus, suivant un escarpement qui atteignait parfois soixante degrés. Grâce à l'angle des murs, les projectiles des canons rebondissaient dessus au lieu de les pénétrer. Et étant donné que les canons ont tendance à tirer à l'oblique, il était extrêmement difficile de les toucher avec un minimum de précision. De surcroît, la hauteur médiévale des murailles était devenue un inconvénient, de sorte que la technique de Vauban consista à les détruire derrière un fossé très profond, en les dissimulant. Dans certains projets, les fortifications épousaient un profil même plus bas que les bâtiments en place. Cela produisait un effet curieux : une armée qui se serait dirigée vers la ville n'aurait pratiquement pas aperçu les défenses, en revanche les bâtiments civils qui se trouvaient derrière seraient apparus nettement.
Les donjons médiévaux qui jalonnaient les enceintes fortifiées furent remplacés par des bastions. C'étaient des sortes de fortins encastrés dans les murailles, qui adoptaient généralement une forme pentagonale. (...) La forme pentagonale n'a pas été choisie au hasard. Les attaquants devront nécessairement se décider à escalader l'un des côtés saillants du bastion. En toutes circonstances, les bastions adjacents protègeront leurs compagnons sous un feu soutenu. Pendant que les assaillants avancent, on leur tirera dessus et on les bombardera depuis les murailles et les bastions, et on les arrosera de milliers de litres de liquides inflammables.
Si au lieu d'un bastion, on attaque un pan de muraille, c'est encore pire. Les pauvres idiots qui descendent dans le fossé ne remontent plus jamais. On leur tire dessus de trois côtés : depuis la muraille et depuis les bastions qui la couvrent, à gauche et à droite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
GabySenseiGabySensei   20 mai 2013
- Ne vous en faites pas, mon petit. Vous êtes un lâche, je le sais, mais peu d'hommes naissent courageux. Le courage s'apprend, de la même façon qu'un enfant apprend à parler. Vous comprenez?
- Je n'en suis pas sûr don Antonio.
Il me serra plus fort, me secouant comme un fétu de paille. Il me passa un poing sur le nez.
- Le bon Dieu a placé une barrière invisible entre chaque homme et son destin. Notre mission dans cette vie consiste à la repousser, à aller plus loin, à avoir le courage de découvrir ce qu'il y a de l'autre côté - il resta songeur - quoi que cela puisse être.
- Mais don Antonio, répliquai-je, recroquevillé, cela semble plutôt dangereux.

(P291)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
cmpfcmpf   15 mai 2016
Et il arrivait avec plus de trois mille hommes ! Dalmau les avait recrutés de son côté, utilisant un ton très différent de celui de Bérenguer. Si l’on réfléchit bien, son succès n’était pas si étrange. Il ne pouvait exister deux pôles plus opposés que l’apathie morale du député et le sain enthousiasme de Dalmau. Pour Bérenguer, la patrie représentait du passé et des protocoles. Pour Dalmau, des droits et de l’avenir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
autres livres classés : vaubanVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1651 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
.. ..