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Sivan Cohen-Wiesenfeld (Traducteur)Levana Frenk (Traducteur)
ISBN : 2213637784
Éditeur : Fayard (03/09/2008)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Quand le peuple juif fut-il créé ? Est-ce il y a quatre mille ans, ou bien sous la plume d'historiens juifs du XIXe siècle qui ont reconstitué rétrospectivement un peuple imaginé afin de façonner une nation future ?
Dans le sillage de la «contre-histoire» née en Israël dans les années 1990, Shlomo Sand nous entraîne dans une plongée à travers l'histoire «de longue durée» des juifs. Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du Second Tem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  17 décembre 2013
Shlomo Sand pose l'idée que le passé historicisé du peuple juif est fondamentalement l'objet d'une mythification et d'une reconstruction esthétique-utile . Bref je dirais que Mer Sand éleve son sujet au niveau de sa spécialité : la polémique et voici l'histoire vue par un polémiste ou bien voici la polémique faite histoire ....
Désormais le peuple juif aurait opportunément une histoire présentable , sur mesure ...
Globalement l'histoire des communautés juives depuis les dispersions est portée par des fondamentaux et n'en déplaise au quidam , le judaïsme est la religion de la nation juive et il est impossible d'être juif sans en en faire partie . le peuple , dieu , la terre ....
La trame annuelle des fêtes est d'ailleurs la somme spiritualisée de grands moments de l'histoire nationale et le sens religieux est une extension de ce premier niveau national .
La bible est un texte religieux , mais c'est avant tout la grande épopée du peuple juif telle l'Iliade pour les grecs .
La bible est une histoire sainte , elle est donc en partie une sorte de métahistoire , un imaginaire national , tout comme pouvait l'être les extensions haggadiques sur les fêtes de pourim , les destructions du temple , la fin de l'exil .. par exemple ...
Ce fait n'invalide aucunement le fait national juif , d'ailleurs il a constamment ressurgit de loin en loin et très concrètement plusieurs fois , entre 70 de l'ère commune et 1948 de l'ère commune .
Une réécriture du passé par les fondateurs de l'état des juifs , moderne ? Pas véritablement , même si i y a un repositionnement évident et résultant de la liberté d'accéder aux sources librement et de « chercher « dans un cadre fondamentalement juif et surtout fondamentalement souverain et libre .
Toute nation possède son imaginaire national , tout comme chaque individu d'ailleurs est aussi construit sur un imaginaire , voyez le fameux « nos ancêtres les gaulois « , ou encore il faudrait se plonger dans l'analyse de l'historiographie sur Alesia , Gergovie et la guerre des gaules du XIXe aux XXe siècle . C'est en partie la métahistoire de la France , c'est une partie du discours qui a contribué à construire la nation du peuple français .
Ce n'est ni vrai ni faux et c'est notre métahistoire française .
Toute nation possède une métahistoire et elle se construit en partie à travers elle , Shlomo Sand prétend que le peuple juif devrait être une exception ontologique , la seule nation de l'univers dont le processus d'élaboration métahistorique viendrait invalider l'existence nationale ....
La nation juive possède des traditions miraculeusement homogènes , une très solide structuration du savoir religieux et de ces cadres qui transcendent les lieux et les époques ,. Il a une conscience aigüe de son histoire collective , de ses fondements musicologiques ( sans la dichotomie orient : occident ) . Il y a un remarquable socle culturel commun . L'hébreu est une langue commune d'échange ancienne dans les communautés juives , de Marrakech à new York et à Helsinki , toute personne possédant l'hébreu biblique ou contemporain en ferra l'expérience spontanée dans toutes les rues juives du monde ....
Je me suis dépatouillé longtemps en Israël avec l'hébreu mishnique car j'ignorais l'hébreu contemporain , je suis resté plus tard à new York un bon mois ou je n'ai parlé que l'hébreu contemporain .
Le peuple juif est une nation et il se conduit historiquement et naturellement comme tel , sa patrie c'est fondamentalement sa mémoire , sa culture , sa langue sacrée , ses folklores tres homogènes , ses langues vivantes de cultures ( judéo-arabe écrit en hébreu , ou bien yiddish , anglais actuellement ou hébreu archave )
Cette histoire n'a rien d'un conte de fée , et l'auteur va jusqu'à postuler que même la terre d'Israël est bibliquement une abstraction ... c'est faux , évidement et qu'il en parle donc aux macchabés qui chassèrent les grecs et dont nous fêterons la mémoire prochainement à hanoukka , et pensons aussi aux sages de Yavné qui codifiait la langue nationale dans son terroir , et en terre nationale , au grès du temps et en dépit de la destruction du judaïsme en terre d'Israël . D'ailleurs aujourd'hui émerge une analyse toponymique particulière , celle de de retrouver des lieux dit araméens et hébraïques , sous l'arabe qui en a conservé la mémoire et la trace phonético-gramaticale ...
Le lien entre le monothéisme hébraïque et la religion nationale perse est flagrant et les deux peuples et les deux savoirs eurent une affinité élective et le judaïsme emprunta au perses leur eschatologie , mais non leur monothéisme qui est d'ailleurs structuré sur un mode différent dans les deux religions . le mot Dati qui signifie aujourd'hui religieux , vient du perse mais il se réfère originellement à l'idée de loi , de décret . et ce n'est pas antinomique d'ailleurs .
L'exil est une notion métaphysique , pour la géographie juive on est baharétz ( sur la terre de ses ancêtres ) ou bien Bagola (en diaspora ) mais ce sont bien deux espaces juifs inclusifs et interconnectés .
Le judaïsme gréco romain à pratiqué un prosélytisme intense et au travers de ce phénomène on voit les processus qui conduisaient progressivement à adhérer à la nation .
L'auteur démontre que des populations furent converties de force , et alors ? à ce propos demandons ce que pense par exemple les habitants du Languedoc de leur rattachement à la France par le biais d'une croisade sanguinaire..... ?
L'état d'Israël est incontestablement l'état nation du peuple juif , indépendamment de la halakha ( loi religieuse ) d'ailleurs et le monde juif ressemble à nouveau à son visage antique , une grande diaspora , influente et une autre quantité centrale , sur le sol national ...
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de
  25 novembre 2011
En avant propos, Shlomo Sand nous conte trois récits de grands pères, d'amis et d'étudiantes, et reflechit sur la mémoire greffée et les mythologies échevelées : « le passé a subi une vaste opération de chirurgie esthétique; les rides profondes ont été dissimulées par des auteurs de romans historiques, des essayistes et des publicistes. C'est ainsi qu'à pu être distillé un portrait national du passé, fier, épuré et de belle prestance. »
Dans l'écriture de l'histoire, le présent semble souvent inscrit sur une flèche de temps, la conséquence d'un flux d'événements générateurs. Les réécritures du passé, en fonction des prismes du présent, le manque d'interrogations contextuelles sur les faits, le sens des mots, les structures contingentes, font du présent et du passé des mythes troués mais aussi des concrets porteurs de sens, pas simplement des illusions idéologiques.
L'auteur propose une démarche décalée : « se trouver en dehors des champs spécifiques et marcher sur leurs bordures peut, en certains cas, aiguiser des angles de vues inhabituels et conduire à proposer des connexions inattendues. » Ses analyses interrogent non seulement la méta histoire, les imaginaires nationaux mais aussi les oublis des recherches et débats dans les écritures successives du passé qui conduisent à « une version monolithique et ethnonationale » de l'histoire.
Loin des études ciblées, des monologues pointus, la compréhension des sociétés passe par des synthèses élargies, loin des spécialisations institutionnelles. La complexité d'un sujet ne peut être appréhendée par une seule dimension d'étude, fut-elle rebaptisée science.
Cette note de lecture ne saurait rendre compte de la totalité des thèmes et riches pistes de cet ouvrage.
Dans le premier chapitre « Fabriquer les nations, souveraineté et égalité », Shlomo Sand analyse la création de la notion de nation et les constructions des pensées et histoires nationales à travers de nombreux auteurs. Je ne cite que certains d'entre eux, dont les ouvrages sont disponibles en français (Etienne Balibar, Benedict Anderson, Ernest Gellner ou Eric J. Hobsbawm). Dans la construction de ces imaginaires nationaux, l'auteur insiste sur la place des intellectuels « Ils construisent un passé continu et cohérent unifiant le temps et l'espace à partir d'événements qui s'étaient déroulés au sein d'entités politiques diverses et sans aucun lien entre elles, et ainsi fut crée une longue histoire nationale remontant au début des temps. Les caractéristiques spécifiques des divers matériaux du passé tinrent, bien sûr, un rôle (passif) dans le modelage de la culture moderne, mais ce firent les intellectuels qui sculptèrent la représentation de la nation à la lumière de leur vision, dont le caractère provient essentiellement de la complexité des exigences du présent. »
L'histoire moderne, est façonnée par le prisme national, naturalisé comme soubassement anhistorique de l'organisation des sociétés. Les auteurs cités, au-delà des différences, ont analysé ces imaginaires, cette histoire féerique, ces constructions inhibitrices, sans contradiction, sans actrice et acteur multiple.
La seconde partie « Mythistoire. Au commencement, Dieu créa le Peuple » est centrée sur les temps bibliques et l'analyse de l'Ancien testament. L'auteur souligne que « Pour la majorité des juifs, il fut, pendant des siècles, considéré comme un ensemble d'écrits sacrés d'origine divine, qui n'était pas vraiment accessible sur le plan spirituel, tout comme la terre sainte ne faisait pratiquement pas partie, dans leur univers religieux, de leur espace de vie réel sur la terre. »
Cette partie présente les analyses de multiples historiens, tout en les confrontant aux découvertes archéologiques ou historiques (Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La bible dévoilée, Folio histoire, Paris 2004). La mise en relation des sources écrites, de l'archéologie, des textes religieux, des contes et légendes reste d'une grande actualité. Il me semble qu'il convient d'étudier en permanence les faits religieux comme matérialité et non simplement comme croyances.
Une des dimensions de ce chapitre peut-être illustrée par « La nationalisation de la bible, sa transformation en livre historique fiable commencèrent donc par l'élan romantique de Henrich Graetz, furent développées avec une prudence diasporique par Doubnov et Baron, puis complétées et portées à leur summum par les fondateurs de l'historiographie sioniste qui tinrent un rôle non négligeable dans l'appropriation idéologique du territoire antique. »
Shlomo Sand propose une hypothèse sur le monothéisme exclusif « tel qu'il nous est montré à presque toutes les pages de la Bible, n'est pas né de la politique d'un petit roi régional désireux d'élargir les frontières de son royaume, mais d'une culture, c'est à dire l'extraordinaire rencontre entre élites intellectuelles judéennes, exilées ou revenues d'exil, et les abstraites religions persanes. La source du monothéisme se trouve vraisemblablement dans cette superstructure intellectuelle développée, mais il a été poussé vers les marges en raison de pressions politiques exercées par le centre conservateur, comme se fut le cas pour d'autres idéologies révolutionnaires dans l'histoire. Ce n'est pas par hasard que le mot dat (religion) en hébreu vient du perse. Ce premier monothéisme n'arriva à maturité qu'avec sa cristallisation tardive face aux élites hellénistiques. » Cette analyse pourrait être utilement confrontée avec les développements d'Ernst Bloch dans le Principe Espérance ou les travaux de Michael Lowy sur la sociologie des religions.
La troisième partie « L'invention de l'Exil. Prosélytisme et conversion » surprendra les lectrices et les lecteurs car il démonte, pièce par pièce, les mythologies les plus répandues de l'histoire juive : le rôle fondateur de l'exil, l'absence de prosélytisme religieux et le caractère très isolé des conversions. Au delà de la nécessaire déconstruction des fantasmagories, Shlomo Sand analyse aussi ces créations idéologiques et leur rôle dans la construction du peuple juif « le concept d'exil acquit, dans les diverses traditions juives, un sens essentiellement métaphysique, détaché de toute contingence physique d'être ou de ne pas être en dehors de la patrie. »
Dans le développement du judaïsme, il faut insister, contre les actuelles traditions rabbiniques, sur la conversion par la force des populations locales, le prosélytisme dans le monde romain, au moins jusqu'à l'institutionnalisation du catholicisme.
L'auteur conclut cette partie en analysant la fonction de la dénégation des réalités « L'oubli de la conversion par la force et du grand mouvement d'adoption volontaire du judaïsme constituait une condition sine qua non de la conservation de la linéarité de l'axe temporel sur lequel évoluait, en mouvement d'aller et de retour, du passé au présent et du présent au passé, une nation unique, errante, repliée sur elle-même, et bien entendu entièrement imaginée. »
L'auteur poursuit sur les conversions dans le très beau chapitre : « Les lieux de silence. A la recherche du temps (juif) perdu » : adoption du judaïsme par Himyar dans « l'Arabie heureuse », Phéniciens et Berbères – Kahina, la reine mystérieuse et le drôle d'empire à l'est de l'Europe (les Khazars).
Shlomo Sand soutient que « le monothéisme juif servit de pont entre des groupes de langues et de culture regroupés au sein d'aires géographiques éloignées les unes des autres et qui évoluèrent vers des destins historiques différents. »
Je souligne les pages sur le peuple yiddish. L'auteur regrette le peu de cas que fait l'État d'Israël en terme de préservation de la mémoire de la richesse de leurs vies, préférant les seules commémorations de l'instant de leurs morts.
Sur ce sujet, je précise que l'invention du peuple juif ne saurait dispenser d'une réflexion sur la construction historique de la question juive (yiddish) au moins jusqu'à la seconde guerre mondiale, question nationale nécessitant des réponses politiques, que le mouvement révolutionnaire, à l'exception du Bund, a négligé.
La dernière partie relie le passé historiquement construit au présent « La distinction. Politique identitaire en Israël ».
Comme d'autres chercheurs, Shlomo Sand insiste sur la présence « dans les thématiques sionistes des traces du volkisme allemand » ainsi que ce qui rappelle « les mécanismes discursifs et séparatistes du romantisme polonais ». Il analyse les liens entre hérédité, religion et sionisme et leurs impacts depuis le début de la construction du nouvel État « Derrière chacun des actes étatiques en matière de politique identitaire en Israël, on voit encore se profiler la longue ombre noire de l'idée d'un peuple-race éternel. »
Dans ce beau livre, Shlomo Sand présente « les lignes descriptives d'une contre-histoire à venir qui contribuera, peut-être à la création d'une greffe mémorielle d'un genre nouveau : une mémoire consciente de la vérité toute relative dont elle est porteuse et qui cherche à souder, en un récit nouveau, des identités locales en voie de constitution, avec une conscience universelle et critique du passé. » L'auteur semble cependant sous-estimer le poids réel des imaginaires longtemps existants sur les structures sociales et les consciences individuelles. Faut-il souligner que le dévoilement des mythistoires ne saurait suffire à en faire de simples illusions idéologiques. La démarche pourrait être reproduite vers d'autres constructions sociales : peuples, identités nationales sans oublier certaines mythologies à vocation émancipatrices.
Un livre rare, érudit, libre, s'achevant « par un questionnement quelque peu insolent sur un avenir douteux »
Comme le faisait Avraham Burg (Vaincre Hitler, Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste, Fayard, Paris 2008), l'auteur ne masque pas les mots pour décrire la réalité « Pour être plus précis, Israël peut-être caractérisé comme une ethnocratie juive aux traits libéraux, à savoir un État dont la mission principale n'est pas de servir un demos civil et égalitaire, mais un ethnos biologique et religieux, entièrement fictif sur le plan historique mais plein de vitalité, exclusif et discriminant dans son incarnation politique. »
Je rappelle son passionnant précédent ouvrage (Les mots et la terre – Les intellectuels en Israël, Fayard 2006, 316 pages, 20 euros, réédition en poche chez Champ Flammarion)
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Luniver
  04 juin 2013
Un titre un peu provocateur sur un sujet déjà bien sensible.
L'essai commence par une réflexion générale sur les nations, notion relativement récente et difficile à définir, les multiples et récurrents débats sur l'«identité nationale» qui éclosent un peu partout en est la preuve. Pour bâtir ces nations, on a eu recours à diverses constructions, dont l'identification d'un « peuple-race » mythique originel, présent sur les terres depuis toujours, et dont chaque habitant de la nation serait le descendant direct (la France a les Gaulois, les Allemands les Germains, ...), faisant fi de l'histoire remplie d'invasions, et donc de métissage, en tout genre.
Le nationalisme juif s'est développé en même temps que les autres, dans le courant du 19ème siècle. C'est la Bible qui a servi de base : dépouillée de tous les aspects religieux et surnaturels, les faits décrits sont néanmoins considérés comme historiquement fiables. de même que l'Exil, doctrine plutôt chrétienne qui y voyait une punition pour le « peuple déicide », est conservée, même s'il est difficile à situer : parfois à la seconde destruction du temple de Jérusalem, parfois aux conquêtes arabes dans la région. Quoi qu'il en soit, les faits sont têtus et s'acharnent à ne pas correspondre aux théories émises.
Par Schlomo Sand, la solution est beaucoup plus simple : si le judaïsme s'est répandu, ce n'est pas parce que la population entière a été exilé, ce qui est contredit par le manque de documents et de preuves archéologiques, mais simplement par un mécanisme de conversion. La religion juive a connu des périodes de prosélytisme particulièrement actif, et donc de conversions en masse de populations, attestées par des écrits (Cicéron notamment), et seule solution crédible pour expliquer les explosions démographiques : un peuple qui aurait un taux de fécondité extraordinairement élevé par rapport aux autres groupes tout en partageant les mêmes conditions de vie ne tient pas vraiment la route. Les habitants en Palestine se convertissant pendant ce temps, au catholicisme d'abord, à l'islam ensuite.
Ce livre soulève beaucoup d'interrogations sur Israël, qui se définit comme l'état des Juifs : la légitimité de retourner dans la « mère-patrie » prend du plomb dans l'aile. Définir qui est juif et qui ne l'est pas devient difficile également : les demandes de naturalisation aboutissent d'ailleurs parfois à des situations rocambolesques.
Un livre intéressant, qui permet de déconstruire les mythes et la récupération de l'histoire à des fins politiques. Seul petit reproche, un ton parfois sarcastique envers chercheurs ou politiciens israéliens, qui nuit à l'impression de sérieux que dégage le reste du texte.
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senargent
  20 mars 2012
Excellent livre qui nous montre comment les livres de la bible furent écrits, qui remet en question Moise, David, etc..., et qui insiste sur l'importance du roi Josias. Livre courageux qui semble montrer, prouver que le peuple juif qui se définit aujourd'hui dans l'état Israel, est une fabrication, comme tous les peuples, nations, états du monde, d'ailleurs. Une bonne baffe aux nationalismes de toutes sortes!
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CogitoRebello
  17 juillet 2013
Énorme essai historique et colossale source d'informations, l'essai de Shlomo Sand est époustouflant !
Son analyse du peuple juif correspond finalement à plusieurs thèses de Doctorat mises bout à bout. le travail de recherche est titanesque : toutes les hypothèses sont passées au crible ainsi que les recherches les plus récentes.
C'est une espèce de méta-histoire du peuple juif truffée de réflexions "politiquement incorrectes" mais humainement fascinantes.
Bref, un essai qui me semble tout à fait incontournable pour toutes celles et ceux que la question intéresse.
Notez l'impertinence du titre :)
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   04 juin 2013
Le caractère jusqu'au-boutiste du sionisme qui cimenta peu à peu les lois de l'État se révéla quatre ans plus tard. Oswald Rufeisen, plus connu comme « le frère Daniel », déposa en 1962 une plainte auprès de la Haute Cour de justice en vue de faire reconnaître par l'État sa nationalité juive. Rufeisen était né en 1922 en Pologne dans une famille juive et avait rejoint un mouvement de jeunesse sioniste. Durant la conquête nazie, il devint un partisan courageux et sauva bon nombre de juifs. À un moment donné, il se réfugia dans un monastère afin d'échapper à ses persécuteurs, et se convertit au christianisme. Après la guerre, il devint prêtre et entra comme moine dans l'ordre des carmélites, avec l'intention d'émigrer en Israël - où il arriva en 1958 -, car il avait souhaité partager la destinée des juifs et se considérait comme sioniste. Après avoir renoncé à la nationalité polonaise, il sollicita la citoyenneté israélienne en se fondant sur la loi du retour, arguant du fait que, même si sa foi était catholique, sa « nationalité » restait juive. Sa demande ayant été repoussée par le ministère de l'Intérieur, il fit donc appel à la Haute Cour de justice, qui décida, à une majorité de quatre voix contre une, que Rufeisen ne pouvait pas être considéré comme juif d'après les lois de l'État. Il reçut bien une carte d'identité israélienne, mais elle portait la mention « Nationalité : pas claire ».
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LuniverLuniver   24 avril 2013
Pour forger un collectif homogène, à l'époque moderne, il était nécessaire de formuler une histoire multiséculaire cohérente destinée à inculquer à tous les membres de la communauté la notion d'une continuité temporelle et spatiale entre les ancêtres et les pères des ancêtres. Parce qu'un tel lien culturel étroit, censé battre au cœur de la nation, n'existe dans aucune société, les « agents de la mémoire » ont dû s'employer durement à l'inventer. Toutes sortes de découvertes ont été révélées par l'intermédiaire d'archéologues, d'historiens et d'anthropologues. Le passé a subi une vaste opération de chirurgie esthétique ; les rides profondes ont été dissimulées par des auteurs de romans historiques, des essayistes et des publicistes. C'est ainsi qu'a pu être distillé un portrait national du passé, fier, épuré et de belle prestance.
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LuniverLuniver   02 juin 2013
L'absence de séparation entre l'État et le rabbinat en Israël n'est jamais venue de la puissance réelle de la religion, dont les fondements profonds et authentiques se sont au contraire amenuisés au fil des ans. Cette absence de séparation résulte directement [...] de la faiblesse intrinsèque d'une idée nationale précaire qui, faute de mieux, a emprunté à la religion traditionnelle et à son corpus textuel la plupart de ses représentations et de ses symboles, dont elle est restée, pour cette raison notamment, entièrement prisonnière.
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LuniverLuniver   23 mai 2013
La prise de conscience du fait que la pièce "Jules César" de Shakespeare ne nous apprend presque rien sur la Rome antique mais beaucoup sur l'Angleterre de la fin du XVI siècle ne diminue en rien la puissance de l'œuvre ; elle ne fait que placer sa valeur de témoignage historique sous un éclairage totalement différent. De même que "Le Cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein, bien qu'il relate les événements de la révolution de 1905, nous renseigne peu sur la révolte du début du siècle, mais bien plus sur l'idéologie du régime bolchevique en 1925, année de la production du film. Ainsi doit-il en être pour la Bible. Il ne s'agit pas d'une narration susceptible de nous inculquer des connaissances sur l'époque qu'elle relate, mais d'un impressionnant discours théologique didactique, qui peut constituer éventuellement un document sur l'époque de sa rédaction.
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LuniverLuniver   12 mai 2013
L'éducation générale et la création de codes culturels communs furent la condition du progrès de la spécialisation complexe dont la division moderne du travail avait besoin. C'est pourquoi tout État « nationalisé », qu'il soit plutôt autoritaire ou parfaitement libéral, fit de l'éducation primaire un droit pour chacun. Plus encore, il n'existe pas de nation « mûre » sans une éducation obligatoire qui impose à ses membres de regrouper leurs enfants entre les murs de l'école. Cette institution, qui devint un agent idéologique central que seules l'armée et la guerre pouvaient concurrencer, transforma le dernier des sujets en citoyen, c'est-à-dire en individu conscient de son appartenance nationale . Et si le philosophe conservateur Joseph de Maistre affirmait en son temps que le bourreau est le support le plus important de l'ordre social dans le royaume, Gellner, en un trait provocateur, émit l'idée que ce rôle primordial était tenu, dans un État-nation, par nul autre que le professeur. De là découle l'idée que le nouveau citoyen national, avant d'être dévoué à ses dirigeants, est tout d'abord fidèle à sa culture.
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