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EAN : 9782253033943
287 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (21/04/2004)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Note de l'éditeur - La présente édition, établie d'après le manuscrit original de George Sand, peut à juste tire être considérée comme la seule édition authentique à ce jour de « Un hiver à Majorque ».
En effet, la première édition de cet ouvrage (Hippolyte Souverain - Paris 1842) comporte un certain nombre de fautes qui ont été reproduites dans les nombreuses éditions successives lesquelles ont été établies d'après l'édition de 1842.
Le manuscrit or... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
afriqueah
  17 mai 2020
Coup de gueule d'autant plus percutant et jubilatoire qu'il est poussé avec l'intelligence d'un écrivain (elle parlait d'elle au masculin, Flaubert qui l'admirait l'appelait « cher Maitre », il est vrai que le féminin voudrait dire autre chose), d'une artiste, enfin d'une femme qui a déjà voyagé.( et les voyages à cette époque sont limites dangereux) Eh, oui, George Sand était allée en Espagne quand elle était petite, à Chamonix, à Venise avec Musset, et elle part passer un hiver au soleil avec Chopin. A Majorque.
De Chopin, il n'en sera pas question, à part « le malade », « l'un d'entre nous était malade», « quelqu'un dans ma famille était dangereusement malade » ou pire « l'autre » ou pire encore, combien a coûté le pianino de Pleyel en droits de douane. En fait, l'autre est malade, les Majorquins veulent éviter la contagion, les médecins lui prédisent la phtisie et une mort prochaine, et George (sans s) se voit transformée en infirmière. Peut être a t elle donné cette image pour contredire sa renommée de femme fatale, peut être, ce que je crois, en a t elle eu par dessus la tête d'un amant faiblard, geignant, à charge , d'autant qu'elle veut écrire, même si , de ça non plus, elle ne parle pas, ou plutôt, nous dit qu'elle n'en parlera pas, c'est différent .
Mais l'essentiel est ailleurs : C'est qu'elle a pour but un livre de voyages, elle s'est donc documenté, a beaucoup lu, et fait état de ces notes.
Pourquoi voyagez vous demande- t- elle au lecteur ? Saluons au passage le procédé littéraire inventif, et la réponse (notre réponse qu'elle imagine)qui ne l'est pas moins : « nous voyageons, ou plutôt nous fuyons, car il ne s'agit pas tant de voyager que de partir, entendez vous ? Quel est celui qui n'a pas quelque douleur à distraire ou quelque joug à secouer ? Aucun. »
Et puisqu'elle pose la question, je dirai que c'est pour découvrir d'autres façons de vivre et des merveilles d'autres pays. Que répondrais tu, George ?
Ceci posé, George Sand décrit l'accueil que les Majorquins leur ont fait, à elle, à l'autre et aux deux enfants. Déplorable.
D'abord, le pain est détestable alors qu'il y a beaucoup de blé.
Le mythe du bon sauvage ne résiste pas à l'épreuve de la réalité. « Il n'y a rien de si triste ni de si pauvre au monde que ce paysan qui ne sait que prier, chanter, travailler, et qui ne pense jamais. »
Le voilà, le coup de gueule : l'ineptie, l'imbécilité, dit Sand, des Majorquins. Et leur paresse. Grâce aux traditions arabes, ils pourraient avoir de la bonne huile d'olive, mais non, elle est « rance et nauséeuse ».
Ils sont avides et menteurs, voleurs et méchants.
Pourquoi ? parce qu'ils sont pauvres.
Pourquoi ? parce qu'ils sont exploités
Pourquoi supportent ils ? parce que la religion les maintient en état d'infantilisme
Pourquoi prient ils ? parce qu'ils sont superstitieux et moutonniers. Lorsque les couvents de moins de 12 moines pouvaient être, par la loi Mendizabal, détruits, cette destruction se fit avec « une impulsion mystérieuse et soudaine, un mélange de courage et d'effroi, de fureur et de remords.»Mais n'a pas éteint une foi illettrée et fanatique.
Pour elle à qui la grand mère a inculqué la philosophie des Lumières, et future adepte des idées socialistes, découvrir cette pauvreté de pensée et cet asservissement consenti est inimaginable. L'humanité n'a pas connu partout la même évolution, et ils grandiront, dit elle ; même si pour l'instant ils sont inhumains, ils changeront.
Et puis les aristocrates par vanité entretiennent sans les payer à peine, une suite de serviteurs « sales fainéants des deux sexes », qui végètent et s'incrustent, privant ainsi le pays de main d'oeuvre utile, et s'habituant à ne rien faire.
Ne jamais montrer un peu de désagrément devant un espagnol, dit elle. Tous vous diront : « cette maison est la tienne », mais gardez vous bien d'accepter, fût-ce une épingle, car ce serait une indiscrétion grossière. » Bien sûr, l'intérieur des maisons est tellement pauvre, les constructions sommaires car « ils ne vont pas vite et manquent d'outils et de matériaux. le Majorquin ne se presse pas. La vie est si longue ! »
Un autre tic en parole est, devant chaque problème, d'émettre « Mucha calma », gardes ton calme.
Les Majorquins jamais non plus ne reconnaissent les inclémences accidentelles mais sérieuses de leur climat, vent, pluies ou froid, par illusion ou par fanfaronnade.
Curieusement, ces trois traits du caractère hispanique sont toujours vrais de nos jours, merci George. No te preocupes.
George Sand est prête à entendre qu'on lui dise le contraire. Elle aimerait se tromper. Et d'ailleurs, pourquoi un récit de voyage devrait il être idyllique, au mépris de la vérité ?
Heureusement, il y a les paysages somptueux. Dignes d'un artiste. Et elle convoque, autre procédé littéraire inventif, Théodore Rousseau, Corot, et son cher Eugène, qu'elle connaît depuis longtemps en leur décrivant les paysages qu'ils pourraient peindre. Elle se fait chef d'orchestre sublime et imaginaire de ces beautés colorées qu'ils devraient interpréter. C'est en grande artiste qu'elle met en scène les oliviers dont on a du mal à se souvenir que ce sont des arbres, et non des monstres fantastiques, dragons énormes, reptiles noueux, tordu, bossu. Et elle conclut que la splendeur du paysage, les pierres, le ciel pur, la mer azurée, les arbres les fleurs et les montagnes ne suffisent pas à l'homme qui a besoin de ses semblables.
Bien sûr elle a écrit non pas pendant que l'autre composait ses Préludes, mais deux ans après, n'importe : ce chef d'oeuvre non seulement d'écriture mais aussi de pensée, avec une musicalité qui se déroule, un rythme pianoté et des mots choisis, développe et amplifie la splendeur des paysages de Majorque, et aussi l'analyse d'une société pas encore arrivée à l'âge adulte.
Les citations parleront mieux que moi. Chaque page est remplie de ces morceaux et malheureusement je ne peux tout citer de ces phrases tellement harmonieuses, une langue cadencée, une réflexion tellement fine que je te demande pardon, ma George, ta pensée m'a tellement plu et je me vois incapable de l'expliquer vraiment. Ainsi que tu le dis si bien, néant des mots.
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marlene50
  24 juin 2020
La première partie du livre ne m'a pas emballé l'auteure y parle surtout de la suppression progressive des couvents et tout ce qui a trait au religieux.
Ensuite, elle nous parle il est vrai très peu d'elle et peu de Chopin (malade et alité) qui l'accompagne, qu'elle ne nomme jamais que par ce terme "l'autre" ; peut-être leur amour était-il sur le déclin ? Elle fait plus de cas du prix que cela a coûté pour faire venir son piano que du "bonhomme".
Elle fait mention de ses deux enfants sa fille, mais surtout son fils.
Par contre les gens de Majorque en prenne pour leur grade, si je puis dire, elle ne les aime pas et cela semble réciproque elle les décrit de telle façon que bien souvent cela m'a fait sourire.
Mais il est un art dans lequel elle excelle ce sont les descriptions des endroits qu'elle découvre, elle y magnifie les monuments, la végétation, et l'Océan.
Pourquoi sont-ils allés à Majorque ?
Je me suis posé la question ; eh! bien sans doute la santé de Chopin qui exigeait une température clémente et la solitude pour l'écrivaine George Sand.
Je me suis régalée tout de même pour ses bons mots et ses beaux mots.
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missmolko1
  01 avril 2013
Un peu déçue par ce roman de George Sand. Pas que celui ci soit mauvais bien au contraire, c'est juste que je m'attendais à autre chose.
Je pensais avoir à faire à un "vrai" roman dont l'action se déroulerait à Majorque or ici j'ai plus eu l'impression de découvrir un exposé, ou un documentaire sur l'île. L'auteure nous raconte comment et le climat de l'île, son histoire, comment les paysans cultivent la terre....
J'avais envie de découvrir Majorque mais sans doute d'une autre façon que celle que nous propose George Sand. Je pense que ce récit s'adresse plus a des lecteurs qui connaissent déjà les lieux ou s'apprête à y faire un voyage mais quand comme moi on a envie de découvrir l'île depuis chez soit, c'est peut-être un peu difficile de s'en faire une idée.
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raynald66
  16 février 2014
La santé de Frédéric Chopin étant mauvaise, Georges sand et ce dernier décident de partir faire un voyage à Majorque l'hiver de 1838.
Affligée par l'attitude des majorquins à leur égard, Georges Sand nous décrit sa déception et sa rancoeur vis à vis de son séjour et de ce peuple.
Extraits :
Malheur à qui n'est pas content de tout en Espagne ! La plus légère grimace que vous feriez en trouvant de la vermine dans les lits et des scorpions dans la soupe vous attirerait le mépris le plus profond et soulèverait l'indignation universelle contre vous. Nous nous gardâmes donc bien de nous plaindre, et peu à peu nous comprîmes à quoi tenaient ce manque de ressources et ce manque apparent d'hospitalité. Outre le peu d'activité et d'énergie des Majorquins, la guerre civile, qui bouleversait l'Espagne depuis si longtemps, avait intercepté, à cette époque, tout mouvement entre la population de l'île et celle du continent.
Il y a toujours quelque raison pour que le Majorquin ne se presse pas. La vie est si longue ! Il faut être Français, c'est-à-dire extravagant et forcené, pour vouloir qu'une chose soit faite tout de suite. Et si vous avez attendu déjà six mois, pourquoi n'attendriez-vous pas six mois de plus ? Et si vous n'êtes pas content du pays, pourquoi y restez-vous ? Avait-on besoin de vous ici ? On s'en passait fort bien.
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Peteplume
  08 août 2018
Je n'abandonne pas facilement les livres mais celui-ci n'avait rien pour me séduire. Il n'est, en somme, qu'une longue plainte de George Sand contre les Majorquins qu'elle qualifie de malhonnêtes et intolérants vis-à-vis des étrangers qu'elle et sa smalah représentent. Elle s'étonne qu'ils s'éloignent d'un Chopin gravement malade de la tuberculose et probablement contagieux. Tout ce fiel quelle déverse éclipse les descriptions des paysages et de l'architecture locale qui, en soi, présentent un certain intérêt souligné par des illustrations d'époque dans l'édition que j'avais mais je suppose que j'aurais eu un plus grand intérêt à lire un guide moderne si l'envie me prenait d'aller visiter Majorque. L'édition en question comportait un certain nombre de coquilles, des irritants qui n'ont rien pour me réconcilier avec le texte.
En résumé, cette lecture a été pour moi un pensum et j'aurais bien du mal à la recommander…
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
marlene50marlene50   24 juin 2020
A voir l'aspect formidable, la grosseur démesurée et les attitudes furibondes de ces arbres mystérieux, mon imagination les a volontiers acceptés pour des contemporains d'Annibal.
Quand on se promène le soir sous leur ombrage, il est nécessaire de bien se rappeler que ce sont là des arbres ; car si on en croyait les yeux de l'imagination, on serait saisi d'épouvante au milieu de tous ces monstres fantastiques, les uns se courbant vers vous comme des dragons énormes, la gueule béante et les ailes déployées ; les autres se roulant sur eux-mêmes comme des boas engourdis ;d'autres s'embrassant avec fureur comme des lutteurs géants.
Ici c'est un centaure au galop, emportant sur sa croupe je ne sais quelle hideuse guenon ; là un reptile sans nom qui dévore une biche pantelante ; plus loin un satyre qui danse avec un bouc moins laid que lui ; et souvent c'est un seul arbre crevassé, noueux, tordu, bossu, que vous prendriez pour un groupe de dix arbres distincts, et qui représente tous ces monstres divers pour se réunir en une seule tête,
horrible comme celle des fétiches indiens, et couronnée d'une seule branche verte comme d'un cimier.
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missmolko1missmolko1   01 avril 2013
Sédentaire par devoir, tu crois, mon cher François, qu'emporté par le fier et capricieux dada de l'indépendance, je n'ai connu de plus ardent plaisir en ce monde que celui de traverser mers et montagnes, lacs et vallées. Hélas ! mes plus beaux, mes plus doux voyages, je les ai faits au coin de mon feu, les pieds dans la cendre chaude et les coudes appuyés sur les bras râpés du fauteuil de ma grand'mère.
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afriqueahafriqueah   16 mai 2020
C’est une de ces vues qui accablent parce qu’elles ne laissent rien à désirer, rien à imaginer. Tout ce que le poète et le peintre peuvent rêver, la nature l’a crée en cet endroit. Ensemble immense, détails infinis, variété inépuisable, formes confuses, contours accusés, vagues profondeurs, tout est là, et l’art n’y peut rien ajouter. L’esprit ne suffit pas toujours à goûter et à comprendre l’œuvre de Dieu ; et s’il fait un retour sur lui même, c’est pour sentir son impuissance à créer une expression quelconque de cette immensité de vie qui le subjugue et l’enivre. … Quant à moi, je n’ai jamais mieux senti le néant des mots que dans ces heures de contemplation passées à la Chartreuse. Il me venait bien des élans religieux ; mais il ne m’arrivait pas d’autre formule d’enthousiasme que celle-ci : Bon Dieu, béni sois- tu pour m’avoir donné de bons yeux.
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afriqueahafriqueah   16 mai 2020
Le peuple espagnol avait bâti de ses deniers et de ses sueurs ces insolents palais du clergé régulier, à la porte desquels il venait recevoir depuis des siècles l’obole de la mendicité fainéante et le pain de l’esclavage intellectuel. Il avait participé à ses crimes, il avait trempé dans ses lâchetés. Il avait élevé les bûchers de l’Inquisition. Il avait été complice et délateur dans les persécutions atroces dirigées contre des races entières qu’on voulait extirper de son sein. Et quand il eut consommé la ruine de ces juifs qui l’avaient enrichi, quand il eut banni ces Maures auxquels il devait sa civilisation et sa grandeur, il eut pour châtiment céleste la misère et l’ignorance. Il eut la persévérance et la pitié de ne pas s’en prendre à ce clergé, son ouvrage, son corrupteur et son fléau…. Puis …. il comprit l’erreur de ses ancêtres, rougit de son abaissement, s’indigna de sa misère, et malgré l’idolâtrie qu’il conservait encore pour les images et les reliques, il brisa ces simulacres, et crut pus énergiquement à son droit qu’à son culte.
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KawaneKawane   01 mars 2015
Ce livre porte sa date dans une lettre dédicace à mon ami François Rollinat, et sa raison d'être dans les réflexions qui ouvrent le chapitre IV; je ne saurais que les répéter:"Pourquoi voyager quand on n'y est pas forcé?"

Aujourd'hui, revenant des mêmes latitudes traversées sur un autre point de l'Europe méridionale, je m'adresse la même réponse qu'autrefois à mon retour de Majorque." c'est qu'il ne s'agit pas tant de voyager que de partir: quel est celui de nous qui n'a pas quelque douleur à distraire ou quelque joug à secouer?"
Nohant, 25 août 1855
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Vidéo de George Sand
Professeure émérite d'histoire contemporaine, elle avait commencé sa carrière avec une thèse sur les grèves ouvrières au XIXe siècle et s'est peu à peu orientée vers l'histoire des femmes dont elle est une des pionnières. Son dernier essai George Sand à Nohant (Seuil, 2019), au croisement de l'histoire et de la littérature, illustre à lui tout seul l'élégance d'écriture, l'érudition et la curiosité d'une magnifique historienne.
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