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EAN : 9782226314994
416 pages
Albin Michel (30/03/2016)
4.18/5   30 notes
Résumé :
Quel travail mérite salaire ? Un gouvernement devrait-il être moralement neutre ? Qu'est-ce que la liberté ? Sommes-nous propriétaires de nous-mêmes ? Le patriotisme est-il une vertu ?...
Michael J. Sandel excelle dans l'art d'aborder, sous un angle éthique, les questions politiques les plus complexes en les ramenant à des enjeux dont chacun peut aisément se saisir.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Zoreillivre
  23 mars 2017
Bien évidemment, le féru de philosophie creusée, argumentée et développée n'y trouvera pas son compte. L'auteur est américain et cela se sent immédiatement, mais plus pour le meilleur que pour le pire, dirais je. La force de Sandel, et son succès inimaginable, tient dans son talent d' installer Kant, Rawls ou Aristote à coté de nous, loin de tout jargon mais sans trahison. C'est un art appréciable. Certains, parmi les puristes, ne le supporteront pas, la philo est souvent chassée gardée, d'un élitisme réservé aux érudits. C'est tout l'inverse ici et franchement, j'ai apprécié cette honnêteté. le monde des idées appartient à tous et avoir le courage de confronter les siennes appelle plutôt au respect, quitte à pour cela admettre un discours accessible.
Sur le fond, le sujet intéresse tout un chacun(e). Qu'est ce qui est juste ? Comment arrive-t-on à considérer tel acte, telle décision comme juste ? L'auteur embarque dans une longue critique, plus des trois quarts du livre, des paradigmes classiques à l'oeuvre.
L'utilitarisme d'abord, défendu par Bentham et Stuart Mill, pour qui la justice procède d'un calcul visant à "maximiser le bien être collectif". Pour l'utilitariste, c'est le bonus de l'addition qui compte, quel qu'en soit le prix individuel. Une version très sacrificielle de la justice dont le prototype est le militaire, jeune et plein d'avenir, envoyé à la mort pour la nation. Autant dire que Sandel n'éprouve que peu de difficulté à moucheter cette théorie.
Le libertarisme ensuite, la liberté à tout prix, qu'elle soit issue de Kant qui avance sa célèbre conception de la liberté comme une loi que l'on se donne et qu'on respecte, donc dont on consent, ou de Rawls qui "voile d'ignorance" un groupe d'humains pour interroger l'individu sur ce qu'il considérerait comme juste en ne connaissant pas sa place à l'avance dans la société qu'il projette, position qui fait tout aussi appel à son consentement. Et là non plus, il n'est pas compliqué pour Sandel de mettre à mal nombre d'injustices émergeant de ce modèle.
Reste sa position, et là c'est plus problématique. D'abord, parce qu'elle ne concerne que la fin de l'ouvrage et s'en trouve donc peu développée. Ensuite par ce que cet aficionados d'Aristote polit longuement l'idée du maitre mais peine à la mettre en pratique. Cette idée vise à avancer une justice basé sur la "vie bonne". La justice aujourd'hui comment l'erreur d'être neutre, en quelque sorte. Tout à l'opposé, Sandel prône une justice qui défendrait une conception assumée de ce qu'est une "vie bonne". Mais précisément, qu'est ce qu'une "vie bonne" ? Chaque religion, chaque philosophie à son idée, évidemment incompatible avec celle du voisin. On se rend compte du danger de cette option. A cela, l'auteur ne sait finalement que répondre et c'est sans doute la faiblesse de l'ouvrage. Il est certes tentant de cheminer vers une justice meilleure mais sommes nous disposer à payer le prix de la liberté de choix de nos valeurs ? That is the question !
Chaque chapitre met en lien les théories présentées avec des exemples très concrets de la vie, politique notamment. C'est extrêmement plaisant, souvent surprenant et très clarifiant. On en redemanderait à chaque page. Un ouvrage de philo pour tous donc, un livre qui ouvre les esprits, tous les esprits. Grandement apprécié...
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ileana
  29 mai 2016
L'auteur, dans une démarche pédagogique, se penche sur les dilemmes moraux auxquels nous sommes confrontés dans la vie quotidienne. Il évoque les principaux courants de la morale et les sujets comme les valeurs, la justice, la liberté, le sens du bien commun.
D'après l'auteur il y a notamment trois courants de pensée :
** un de ces courants est centré sur le bien-être ou le bonheur du plus grand nombre – c'est l'utilitarisme
** le respect des droits individuels et de la liberté – « c'est le credo d'une école à ramifications multiples » (p36), dont le libertarisme
** le troisième courant voit la justice liée à la vertu et à la vie bonne.
Le sujet est fort intéressant, en revanche le discours a des faiblesses. Voilà, je commence avec le point fort de Sandel : il s'agit des situations concrètes comme point de départ de son argumentation. Exemples : la torture et le sacrifice dans certaines situations extrêmes, la discrimination positive, la vente d'organes, la redistribution des richesses via l'impôt, le renflouement des banques (sauvetage de 2008), le suicide assisté.
Points faibles : l'ensemble est trop verbeux à mon sens, des digressions et des argumentations trop longues. Par exemple, quinze pages sur un débat judiciaire autour de la gestation pour autrui (mère porteuse), la barbe !
Autre faiblesse : la traduction. Parfois le propos est distendu et flou.
Troisième point de ma critique : j'ai déjà mentionné les situations concrètes comme point fort. En revanche, lorsqu'il s'agit d'une problématique abstraite, le discours reste dans le vague, ou alors manque d'efficacité. Exemple : le chapitre consacré à la pensée morale de Kant.
J'aurais souhaité plus de rigueur et une économie de moyens adapté au sujet. Mon hypothèse : c'est l'éditeur américain qui a poussé à l'inflation de nombre de pages au détriment du style. Hé oui, le style …
Extraits : (ces extraits sont neutres, ils ne sont pas liés à mes reproches ci-dessus)
Les théories antiques de la justice commencent par s'interroger sur la vertu, tandis que les théories modernes commencent à s'interroger sur la liberté. Nous nous attacherons à explorer les forces et les faiblesses de chacune de ces approches. p19
Les Américains condamnent plus sévèrement l'échec que la cupidité. p29
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BlackRadis
  04 mars 2022
Ce livre, grand succès de librairie, est "un voyage au coeur de la réflexion politique et morale" et qui invite les lecteurs "à soumettre à un examen critique leurs propres idées en matière de justice - à déterminer ce qu'ils pensent et pourquoi."
Ce qui frappe toujours en premier chez les auteurs anglo-saxons c'est la clarté.
On est pas habitué...
L'auteur, dont la malice peut faire penser à Ruwen Ogien, commence par s'interroger sur le juste prix.
Après les ouragans, beaucoup de vendeurs ont augmenté de façon très sensible leurs prix.
Mais ces prix abusifs, est-ce vraiment moral ?
Non dirait plutôt les Anciens, comme Aristote, attachés prioritairement à la vertu...
Mais que l'Etat determine ce qui est vertueux est dangereux, diraient les modernes (Kant, Rawl...) encore plus attachés à la liberté...
Après la crise financière, ce que les américains ont le plus reproché aux dirigeants, ce n'est pas leur cupidité mais leur échec.
Comme expérience de pensée, il reprend le tramway fou de Ruwen (cf. L'influence de l'odeur des croissants...).
Quand on parle de justice, on parle d'utilitarisme (Bentham, puis Mill qui a essayé de réconcilier droit individuel et utilitarisme. ..) et de Kant. Passage particulièrement réussi.
De John Rawls, deux siècles plus tard.
Il est aussi question du libertalisme.
De discrimination positive.
Ce qui est intéressant, c'est que les sources de réflexion (économique, blessés de guerre, manger un mousse sur un canaux de survie...) prouvent qu'on a encore et toujours besoin de la philosophie...
Et répondre à cette passionnante question : "Comment pouvons-nous nous concevoir nous-mêmes comme étant situés et cependant libres ?
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Avouslire
  01 novembre 2016
Deux livres en un. D'abord un excellent ouvrage didactique sur la philosophie de la Justice, d'Aristote à Rawls. Sandel est un pédagogue hors pair, qui sait prendre son lecteur par le revers du col pour le mener dans les démonstrations des différentes écoles en présence. Utilitarisme, libertarisme, kantisme... : les concepts sont brillamment expliqués, partant d'exemples de la vie courante, mais sans facilité ni démagogie. Et puis, en sus, en deuxième livre, il y a la démonstration de l'auteur lui-même: la nécessité de faire société, de créer des solidarité, de retrouver le sens de la chose publique et partagée. Etonnant! Je ne pensais pas que la pensée républicaine (au sens français du terme!) pouvait ainsi être enrichie par un apport venu d'Outre Atlantique.
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sasha2311
  02 septembre 2018
Ouvrage de vulgarisation philosophique, on y apprend les différentes théories de la justice argumentées et contredites. Adepte de philosophie, cet oeuvre permet à tout à chacun de comprendre les différentes implications de la morale humaine, oscillant entre le juste et le bien. Les exemples sont présents pour illustrer ces différentes théories. On ferme ce livre avec davantage de savoir mais aussi d'humanité, tant il nous rapproche de ce qui fait l'essence de l'être humain : la Justice.
Je recommande ce livre.
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critiques presse (1)
Telerama   27 avril 2016
Drôles et imagés, les dilemmes du philosophe américain ont conquis la planète. Ils ouvrent la voie à une réflexion utile sur la notion de vertu.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LmtaoLmtao   19 novembre 2016
Se demander si une société est juste revient à se demander comment s'y répartissent les choses auxquelles nous accordons de la valeur- revenus et patrimoines, devoirs et droits, pouvoirs et opportunités, positions et honneurs. Une société juste est une société qui répartit ces biens comme il convient;elle donne à chacun ce qui lui est dû. L'affaire se complique quand on cherche à déterminer ce qui est dû et pourquoi.
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rkhettaouirkhettaoui   30 juillet 2017
Si l’on regarde attentivement les éléments en jeu dans le débat sur les prix abusifs, on s’aperçoit que les arguments s’organisent de part et d’autre autour de trois grandes idées : maximiser le bien-être, respecter la liberté et promouvoir la vertu. Chacune de ces idées correspond à une manière particulière de penser la justice.
Lorsqu’on défend le libre jeu du marché, on fait en général valoir deux choses : le bien-être et la liberté. On commence par affirmer que les marchés favorisent le bien-être de la société dans son ensemble, parce qu’ils incitent les gens à travailler dur pour procurer aux autres les biens qu’ils désirent – sachant que, bien souvent, on assimile ce bien-être à la prospérité économique, en laissant de côté les dimensions non économiques du bien-être social.
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LmtaoLmtao   20 novembre 2016
la demande qui nous est faite de séparer notre identité en tant que citoyen de nos convictions morales et religieuses signifie que, lorsque nous nous engageons dans une discussion publique ayant à traiter des questions de justice et de droits, nous devons nous conformer aux limites de la raison publique libérale. Non seulement le gouvernement ne peut pas faire sienne une conception particulière du bien, mais les citoyens ne peuvent pas davantage introduire dans le débat public leurs propres convictions morales et politiques.
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rkhettaouirkhettaoui   30 juillet 2017
Les gens sont révoltés par le fait que des « vautours » puissent profiter du désespoir d’autrui ; ils veulent qu’on les punisse – et non qu’on les récompense en leur permettant d’empocher des profits considérables. Ces sentiments sont souvent balayés d’un revers de main au prétexte que ce sont des émotions archaïques et qu’elles ne doivent pas interférer avec les politiques publiques ou la loi.
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rkhettaouirkhettaoui   30 juillet 2017
Au Moyen Âge, les philosophes et les théologiens croyaient qu’un « juste prix », déterminé en fonction de la tradition ou de la valeur intrinsèque des choses, devait gouverner l’échange de biens. Mais dans des sociétés de marché, où, comme le rappellent ces économistes, les prix dépendent du rapport entre l’offre et la demande, le prix d’une chose n’a rien à voir avec la « justice ».
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Vidéo de Michael J. Sandel
Rencontre avec Michael Sandel, philosophe. Modération : Guillaume Erner
#EtMaintenant #FranceCulture #Arte
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