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Fils des brumes tome 2 sur 5
EAN : 9782253023616
1080 pages
Le Livre de Poche (11/04/2012)
4.28/5   498 notes
Résumé :
En mettant fin au règne brutal et millénaire du Seigneur Maître, ils ont réalisé l’impossible. À présent, Vin la gamine des rues qui a grandi sous l’aile du plus puissant Fils-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste qui l’aime doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais à peine ont-ils commencé que des factions hostiles les attaquent, et tandis que l’étau se resserre autour de Luthadel, une légende évoquant le mystérieu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
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J'avoue que j'ai vraiment eu du mal à critiquer ce livre, donc ce billet sera essentiellement constitué des remarques que je me suis faite à la lecture. Gare aux spoils !

Dans ce tome, il y a moins d'action que dans L'Empire ultime, mais l'auteur en profite justement pour se recentrer sur les personnages. Il nous fait part de leurs doutes, de leurs inquiétudes, de leurs espoirs… Leur situation est particulièrement précaire (trois armées attendent tranquillement que Luthadel tombe), et c'est l'heure de voir ce que chacun a dans le ventre. L'intégrité d'Elend. Les sentiments de Vin. L'égoïsme de Brise. Tout sera repesé, réévalué.

Notamment et surtout la relation de Vin et d'Elend. Ça fait désormais un an qu'ils sont ensemble, et la jeune fille se pose moult questions. Elle est sincèrement amoureuse et admire son amant pour sa bonté, mais elle a l'impression qu'ils ne pourront jamais s'entendre – ils sont trop différents.

J'ai apprécié le fait que l'auteur choisisse d'approfondir les sentiments de son héroïne. Pour la première fois (ou presque), elle ne sait pas quoi faire et elle hésite. Cela donne une dimension très réaliste à leur histoire d'amour – aimer n'est jamais une certitude, contrairement à ce que pourraient nous faire croire les romans.

En revanche, j'ai un petit regret. Ils sont ensemble depuis longtemps, maintenant, et on ne sait toujours pas s'ils se sont donnés l'un à l'autre. Aucune allusion charnelle n'est faite, et je trouve ça impardonnable. Non pas parce que ma curiosité n'est pas satisfaite, mais parce qu'au bout d'un an, tout garçon aurait abordé le sujet au moins vingt fois avec sa copine ou ses amis. Ça me frustre de voir un détail si peu crédible dans un livre si bien détaillé et si bien construit. C'est d'autant plus important qu'on adopte le point de vue d'Elend à plusieurs reprises, qu'on a accès à ses pensées et que jamais il ne fait preuve de désir pour Vin (même s'il la regarde dormir, même quand elle se fait belle – quand elle est en robe, il lui dit juste qu'elle est « magnifique »). Pas une seule fois, il n'a de pensées mal placées. C'est louable, là n'est pas le problème, mais est-ce normal pour un garçon qui attend depuis un an ? Je ne dis pas qu'il doive avoir des pensées perverses, mais une simple remarque sur le fait qu'il attende et que ce n'est pas facile aurait été suffisante. Là, rien. Ni de son côté, ni de celui de sa dulcinée. C'est comme s'ils étaient asexués.

À part cela, de nouveaux personnages apparaissent et je me suis complètement attachée à eux. OreSeur est quelqu'un d'insaisissable et de fascinant, et la folie de Zane, son caractère entier ainsi que le romantisme de sa personne me l'ont fait aimer tout de suite. C'est difficile de savoir ce qu'il pense, ce qu'il veut et pourquoi Vin compte autant pour lui. Tindwyl, en revanche, a dû gagner mon affection. Je n'aimais pas ses manières hautaines et son comportement prétentieux. C'est seulement quand on connaît son histoire qu'on commence à la prendre en pitié, et ce n'est qu'à la fin du livre qu'on les plaint vraiment, elle et Sazed.

L'auteur a choisi de morceler la narration entre la plupart des protagonistes, et ça change du premier tome, où on suivait principalement Vin. À mon avis, c'est une très bonne chose, parce qu'on se retrouve au coeur des intrigues et qu'on ne pourrait pas saisir la profondeur des personnages sans cela. Brise est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, par exemple, et jamais je ne m'en serais doutée dans L'Empire Ultime.

Les personnages sont donc le point fort de ce second opus.

Mais quelques petites incohérences se sont glissées dans ce loong volume.

Le principe du Basculement – quand les pouvoirs des Fils-des-Brumes se réveillent – m'a laissée sceptique. Au début, un Fils-des-Brumes est quelqu'un de normal. Et puis, un événement affreux le fait « basculer », révélant ainsi en lui des pouvoirs fantastiques. OK, mais… Comment expliquez-vous qu'il existait des Fils-des-Brumes parmi la noblesse ? Ces gens avaient une vie parfaitement fade et lisse, comment certains d'entre eux ont-ils pu se heurter à quelque chose de traumatisant ? On parle d'un événement très fort qui est de l'ordre de la mort brutale de la femme de Kelsier (à la fois sanglante et culpabilisante parce qu'il en est indirectement responsable) ou de l'enfance particulièrement violente de Vin ! Et du coup, pourquoi Straff ne traumatise pas tous ses enfants pour avoir des Fils-des-Brumes ? On dirait qu'il attend simplement un coup de bol en engrossant ses maîtresses.

En fait, j'ai l'impression que l'auteur a cherché une explication au fait que Kelsier soit passé du stade « trop faible pour affronter le Seigneur Maître » à « grande puissance guerrière qui rassemble les opprimés ». le Basculement est une chose je n'ai pas trouvé très cohérente avec le reste de l'histoire. Si les choses se passent ainsi pour les Fils-des-Brumes, pourquoi pas pour les Brumants ?

Les koloss, maintenant. Ce sont des créatures qui m'ont laissé une forte impression. Ils sont terribles et effrayants, mais une partie de l'horreur qu'ils suscitent vient du fait qu'ils ne sont pas faits pour vivre. Brandon Sanderson a été un peu vache avec eux, parce que, même s'ils ne cessent de grandir, leur peau ne s'étend pas et leur coeur finit par ne plus pouvoir les maintenir en vie. Ils naissent avec une peau trop grande dans laquelle ils flottent, et avec le temps, cette dernière devient trop petite et se fissure autour de la bouche, des yeux… Certain ont le nez plaqué au visage et déformé par leur peau tendue à craquer. J'ai trouvé ça terrible, comme destin (pire que l'insuffisance cardiaque !). Pourtant, la peau est quelque chose de très élastique – regardez les obèses et comparez le changement de masse avec le moment où ils sont nés. Si celle des koloss ne peut pas s'étendre, cela veut sûrement dire qu'elle ne peut pas cicatriser (puisque les cellules doivent se multiplier pour cela). Et donc, comment peuvent-ils faire de bons combattants ?

Un passage m'a faite rire : Vin n'a presque jamais eu l'occasion d'écrire, et quand elle s'y remet, elle met un quart d'heure à former deux lignes (comme nous au CP, quoi^^). Pourtant, tout le monde s'exclame qu'elle a une écriture vraiment magnifique. Cette anecdote n'a aucune importance, mais en lisant ce paragraphe, je n'ai pas pu m'empêcher d'hausser un sourcil ironique.

Outre cela, l'écriture de Brandon Sanderson est toujours aussi fluide, et l'intrigue, toujours aussi bien maitrisée. le suspens n'est pas systématiquement présent (comme les héros, on attend une issue, que ce soit l'attaque des armées ou bien leur retrait), mais il est largement compensé par la scène finale, époustouflante ! J'ai été complètement entrainée à la suite des personnages, dans leurs remises en question, dans le mystère qui s'épaissit autour d'eux… Vin est-elle le Héros des Siècles ? Que cache le Puits de l'Ascension ? Qui est cet esprit de brumes qui semble l'épier ?

J'apprécie aussi énormément les exergues en début de chapitre. C'est un procédé vicieux qui titille ma curiosité et me pousse à continuer à lire alors que j'ai plein d'autres choses à faire. Ça accroche le lecteur, l'interpelle, lui donne des informations croustillantes… Mais dans ce tome, on connaît le texte dont ils sont les extraits très vite, et ils deviennent un peu répétitifs. Dommage.

Mais finalement, le seul vrai hic que je rencontre avec l'écriture est le grand nombre de répétitions. Les noms, surtout, sont surexploités – jamais Sanderson ne nomme un de ses héros « le jeune homme », « la jeune fille », « l'Apaiseur », « ce dernier », et beaucoup de tournures de phrases se répètent. Enfin bon, il paraît que c'est le propre des Français de considérer la répétition comme un défaut.

Un dernier point positif à cette saga, c'est qu'elle ne tombe pas dans la plupart des clichés du genre. Dans le premier tome, la parenté de Vin était assez mystérieuse, et l'auteur aurait très bien pu en jouer (faire en sorte qu'elle soit la fille du Seigneur Maître ou de l'Inquisiteur d'Acier qui la poursuit dans le tome 1, faire en sorte que son père la pourchasse pour la tuer – ou se rallier à leur cause), mais non. le haut-prélan meurt dans L'Empire Ultime et elle n'a même pas eu l'occasion d'avoir une seule conversation privée avec lui. J'ai trouvé cela rafraichissant. C'est vrai, c'est lassant de voir des héros issu de leur opposant le plus acharné (« Luc, je suis ton père », pour ne citer que cette référence).

Par ailleurs, Vin n'est pas une grande beauté. On n'a pas beaucoup de descriptions d'elle (on sait simplement qu'elle est menue et qu'elle a les cheveux et les yeux sombres), mais on sait qu'elle est dans la moyenne. L'auteur n'a pas fait tout un plat de son apparence physique, et j'ai grandement apprécié. Assez de ces héroïnes belles comme des princesses ! Donnez-nous-en qui nous ressemblent !

De même, Kelsier (mentor du protagoniste et donc personnage-clé dans tout roman de fantasy) meurt dès le premier volume, ce qui est surprenant. Lui, le chef de la bande, mourir ? Et surtout, mourir si tôt ? Je me serais presque attendue à ce qu'il renaisse pendant le Puits de l'Ascension !

La fin de ce deuxième tome est haletante et parfaitement inattendue. Sanderson renverse tous les principes. J'ai adoré, car ce final présage de nombreuses emmerdes en perspectives et change totalement le destin d'un personnage. Je me suis déjà plongée dans la lecture du Héros des Siècles, impatiente de savoir la suite :)

C'est toujours une aussi bonne série, et je crois même que j'ai préféré ce tome au premier. À voir si la suite tient ses promesses…

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Après un premier volume remarquable, sorte de remake d'Ocean's Eleven version fantasy, force est de constater que ce second tome de la trilogie « Fils-des-brumes » est malheureusement quelque peu en dessous du précédent (attention aux risques de spoilers pour ceux qui liraient cette critique sans avoir au préalable lu « L'empire ultime »). On y retrouve notre bande de voleurs quelques mois après le fameux coup d'état contre le Seigneur Maître qui s'était soldé par la mort du tyran et la proclamation d'Elend en tant que nouveau leader à la tête de Luthadel. C'est évidemment avec plaisir que l'on renoue avec ces personnages auxquels on a appris à s'attacher et surtout que l'on se refamiliarise avec le système de « magie » très original de Sanderson basé sur la combustion de métaux et qui offre de nombreuses possibilités exploitées avec ingéniosité par l'auteur, notamment en ce qui concerne les scènes de combat. de même, c'est sans mal que l'on se laisse à nouveau porter par la plume très fluide de Sanderson qui a décidément le don pour captiver son lecteur.

Il est cependant difficile de passer outre un certains nombre de défauts qui font de ce « Puits de l'ascension » un tome bien moins réussi que le précédent. L'intrigue, tout d'abord, souffre ici d'un léger manque d'originalité (un comble quand on se rappelle la qualité de celle du premier volume) ce qui a tendance à rendre le récit moins passionnant et à renforcer parfois l'impression que l'auteur fait traîner les choses en longueur à dessein (1000 pages pour ce second tome tout de même...). Autre petit problème : la disparition de Kelsier, personnage de loin le plus complexe et charismatique de cette trilogie, et le passage sur le devant de la scène d'Elend, jeune noble idéaliste qui, en ce qui me concerne, me paraît beaucoup plus fade, voire par moment agaçant de part sa naïveté. « Le puits de l'ascension » recèle malgré tout quelques bonnes surprises, notamment en ce que concerne les nouveaux personnages comme le fils-des-brumes Zane ou le kandra attaché au service de Vin.

Au final, un second tome nettement en dessous du précédent qui mettait, il faut l'avouer, la barre assez haut. On suit malgré tout avec plaisir la suite des aventures de Vin, Elend et compagnie qui n'ont pas fini d'avoir à subir les conséquences de la disparition du Seigneur Maître.

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Second tome de la trilogie des Fils-de-brume, ce roman m'a bien plu malgré quelques faiblesses, et je suis tout de même bien contente d'avoir découvert Sanderson, une des valeurs sûres de la fantasy.

Je vais m'efforcer de ne pas dévoiler trop de choses (mais la quatrième de couverture en dit déjà long) mais sachez qu'à la fin de l'Empire ultime, notre sympathique groupe de rebelles a réussi à défaire l'empire. On pourrait se dire, youpi, le Bien a triomphé du Mal, tant mieux, mais après ? Et bien après, nos valeureux héros vont bien se rendre compte que la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Chassez un tyran et un autre prendra sa place.

Un jeune roi hésitant et encore maladroit, pétri d'idéaux et de principes, ne peut sécuriser tout un royaume, surtout si des nobles déchus attendent patiemment leur heure pour reprendre le pouvoir. de même que le peuple skaa ne peut, du jour au lendemain, redevenir maître de leur vie, après des siècles d'esclavage. C'est sans doute l'un des points forts du roman. L'auteur a su éviter bien des écueils, notamment celui de la paix et la prospérité s'installant durablement dans la grande cité après une sanglante victoire. Et bien, non, ça ne marche pas comme ça. Tandis que le jeune Elend doit affronter des rivaux, Vin découvre sa puissance et s'interroge sur la place qu'elle occupe dans ce nouveau gouvernement. Un personnage féminin d'une force redoutable et capable d'exploits incroyables, mais digne d'intérêt car elle doute en permanence. Vin, c'est un peu l'arme fatale de Luthadel, et les allomanciens et fils-de-brume sont une belle trouvaille, je ne dirai pas le contraire. A propos de personnages féminins, je trouve qu'ils sont plutôt gâtés par l'écrivain, ça change agréablement.

Ainsi, le petite groupe d'amis, Sazed, Ham, Clampin, Brise et les autres n'ont guère le temps de souffler qu'il faut à nouveau défendre la ville. Les Inquisiteurs sont remplacés par d'immondes koloss, la menace impériale cède la place à l'Insondable (qui réserve bien des surprises), les brumes deviennent inquiétantes, des gens meurent, on trahit et on complote, on découvre des faiblesses et des lâchetés mais aussi une certaine fraternité et des sacrifices.

Bref, on ne s'ennuie guère avec second volet qui tient ses promesses. Certains personnages sont cependant toujours survolés, je le regrette, et comme dans le précédent tome, certains rebondissements sont assez mal venus ou en tout cas bien improbables. Vin ne parvient pas tout à fait à prendre la place de Kelsier mais elle est suffisamment charismatique pour qu'on ait envie de la suivre dans un troisième volume. Rendez-vous donc pour un troisième billet d'ici peu.


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Je me souviens maintenant pourquoi j'ai tant aimé ce cycle il y a 8 ans lorsque je l'ai lu pour la première fois. Je découvrais alors la fantasy et surtout la plume de Brandon Sanderson. Mais j'ai également compris désormais malheureusement que je ne retrouve pas cette magie dans ses derniers romans. À l'époque, je ne mesurai pas encore la qualité du livre que j'avais entre les mains.

Ce tome 2 m'a littéralement laissé sur les dents. Je ne saurai dire s'il s'agit du style de l'auteur, de la qualité narrative et structurelle de l'histoire autant que son contenu, ou la qualité de caractérisation ainsi que le développement du personnage principal, ou bien des trois. Je pencherai pour le mix de toutes ses qualités qui font de cycle un cycle exceptionnel.

Impossible de lâcher le bouquin avant la fin, on ne peut que le dévorer sans jamais être rassasié, car Brandon Sanderson trouve toujours le moyen de raviver notre appétit. Il construit sa propre mythologie sous nos yeux ébahis, et place consciencieusement et minutieusement chaque brique qui constitue son univers.

Dans ce tome, j'ai particulièrement apprécié le développement et la tournure que prend la relation que Vin entretient avec Elend Venture, ainsi que sa propre évolution au sein du cycle en tant que potentiel Héros des siècles. Brandon Sanderson nous dresse là le portrait cohérent d'une gamine des rues amenée à vivre un destin hors du commun, et même à jouer un rôle essentiel dans l'avenir de l'Empire.

Je ne m'étalerai pas sur les retournements de situation. Au delà de la simple définition de twist scénaristique, c'est bien une réflexion globale sur le bien et le mal que nous propose l'auteur. le twist final est en soi un véritable questionnement sur la justice de nos actes, sur la justesse de nos choix, leurs conséquences, et la responsabilité qui en découle.

En son temps, ce cycle a révolutionné le genre, et je commence à comprendre pourquoi.... Celui ci devient une lecture obligatoire pour qui aime ce genre. L'auteur a su construire un univers riche, aux possibilités multiples.

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Bon, avant que je procrastine plus encore, je vais taper ma chronique (et dire que ne plus remettre à plus tard faisait partie de mes objectifs de 2015… pfff).

Bref. Dans ce deuxième tome de la saga Fils-des-Brumes, il se passe… euh. En 700 pages, il y a pas mal de trucs qui surviennent, pour être honnête, aha. Nous retrouvons Vin, Elend et la « bande à Kelsier », comme on la surnomme, alors que Luthadel essaie de se reconstruire. C'est Elend qui règne, avec ses espoirs utopiques parfois, sans avoir la réelle étoffe d'un dirigeant. Vin, quant à elle, s'évertue chaque jour à le protéger des tentatives d'assassinat. Mais bientôt, ce sont plusieurs troupes qui vont venir coller aux portes de la cité pour la faire tomber et la récupérer. le père d'Elend en fait partie, et il a plus d'un tour dans son sac. Au milieu des retors politiques, les légendes sur l'Insondable et le Puits de l'Ascension semblent prendre une tournure beaucoup plus importante, voire même imminente. La clef se trouverait-elle là ?

Alors. J'étais très contente, lorsqu'on m'a prêté la suite de Fils-des-Brumes. Je le suis toujours, d'ailleurs, j'ai le tome 3 et un spin-off qui attendent dans ma PAL que e leur accorde mon temps. Sauf que j'ai un tout petit peu déchanté quand j'ai ouvert le livre.

Un tout petit peu, oui ! Les pages sont très grandes et c'est écrit petit, du coup, pour 700 pages, il faut s'accrocher. Mais j'ai plongé dans l'histoire en retrouvant avec plaisir et réconfort nos personnages, même s'ils ne vivent pas des choses amusantes. Je me suis attachée à l'univers, à Vin et Elend, à Sazed… bref, Brandon Sanderson avait su me charmer dans le premier tome, il a très bien poursuivi dans le deuxième !

Très vite, en avançant dans les pages, j'ai constaté des différences avec le tome 1. Il y a en effet beaucoup plus de politique, de manipulation et de tensions qui se manifestent, plutôt que d'aspects surnaturels. Les deux sont liés, puisque l'on a au final l'impression de regarder une partie d'échecs se dérouler, avec des pions qui sont quand même un peu plus dotés que la normale. La situation ne bouge parfois que de peu, dans un chapitre, mais à aucun moment, vous ne pouvez dire « ce moment-là me paraît inutile ».

Ce qui donne, en définitive, un énorme pavé non seulement lourd physiquement, mais réellement dense par son contenu. Il est ardu de le lire rapidement, mais lorsque vous vous y plongez, vous découvrez tous ses mécanismes : les plus fins comme les plus grossiers, et parfois il est difficile de vouloir directement continuer parce que ce n'est pas un roman addictif. On a envie de savoir la suite, l'histoire nous envahit et nous prend la tête, mais il est vrai aussi qu'au fil des pages, par moments, on a l'impression de stagner et de ne pas avancer (700 pages, quoi !!).

En même temps, les contrariétés que vous pouvez vivre durant le bouquin servent, puisqu'au final, je suis très heureuse d'avoir pu, une nouvelle fois, me plonger dans cette saga. Ça demande un certain effort, de la concentration, parce que si c'est une lecture plaisir, elle fait beaucoup réfléchir. Par les mouvements politiques, par les énigmes, par les personnages qui nous présentent de nombreuses facettes de leurs personnalités, ou tout simplement par les descriptions qui peuvent être faites en son sein.

Oui, je l'avoue, pour le coup, certains passages, notamment ceux des descriptions des combats d'allomancie où Vin se retrouvait impliquée, m'ont paru un peu lourds. Tout était précis, mais j'avais du mal à tout me représenter, de fait.

Cela n'a en revanche pas été le cas au niveau des personnages et de leurs ressentis. du moins, pour la plupart. Vin et Elend sont de ce point de vue bien développés, mais concernant Sazed, par contre… euh, d'accord, j'ai un peu trouvé le revirement de situation brusque, sur la fin. Ça aurait mérité un peu plus de détails et d'enrichissement avant.

Du côté de l'allomancie et de tout ce qui concerne le surnaturel, je dois avouer que je suis toujours assez épatée de ce que Brandon Sanderson a su construire. Non seulement son intrigue politique et ses personnages sont très bien réalisés, mais en plus, l'univers magique est surprenant. Qu'il s'agisse des créatures, des différents peuples, des légendes concernant le Seigneur Maître ou tout simplement des pouvoirs des Brumants ou Fils-des-Brumes, c'est fantastique. Tout est mêlé et ça donne quelque chose de tout simplement extraordinaire. Vin, de fait, est prodigieuse et effrayante, par moments.

D'ailleurs, parlons un peu des personnages.

Vin est toujours aussi agréable à suivre, même si elle… disons qu'elle file vraiment froid dans le dos, selon les instants (on ne tue pas les gens comme ça, je suis désolée !). Je n'aime pas l'idée qu'elle soit « couteau », comme elle précise, et je n'approuve pas ce qu'elle fait, mais ça fait partie de l'univers. Ça lui pose de nombreux problèmes, aussi, mais elle finit par trouver sa voie, faire ses choix, et quelque part, je comprends. Peut-être. C'est un personnage que j'apprécie, mais… avec lequel je prends quand même des distances, mine de rien.

Elend, lui, est assez complexe aussi, mais j'ai vraiment aimé suivre. Ses idées politiques et ses ambitions peuvent lui coûter sa place. Il apprend toutefois à devenir un roi, et son évolution tout au long du livre est réellement intéressante à suivre. Bon, d'accord, par moments, tout comme Vin, j'ai un peu eu envie de le secouer pour les pensées qu'il avait.

Toutefois, la relation que les deux entretiennent est juste belle et même si elle n'est pas au centre de l'histoire, elle m'a beaucoup plu.

Je pourrais parler de Sazed, aussi, qui est un personnage que j'aime beaucoup de même, pour ses fragilités, son grand savoir, son humilité et… tout ce qui le compose, je crois.

Il y a aussi Vane, un autre Fils-des-Brumes particulier dont la folie, elle aussi, peut inquiéter le lecteur. Personnellement, ça m'a fait relativiser la mienne, de folie (du coup, je ne suis pas folle, quoi que certains puissent en dire).

Après, on pourrait parler de nombreuses personnes encore. Après tout, c'est un roman de fantasy comme on les aime, avec plein de noms ! On ne s'y perd cependant pas, c'est chouette.

En conclusion, puisque ma chronique commence à prendre des allures de grande longueur, le deuxième tome de Fils-des-Brumes est un excellent roman. Pour le désigner comme tel, cela dit, il m'aura fallu arriver jusqu'à la fin du bouquin, afin de relativiser sa densité et tous les aspects politiques qui auront alourdi pour moi le récit, sans que l'on puisse les retirer puisqu'ils font partie de sa richesse. Toujours en compagnie de personnages élaborés, cette histoire vous plongera dans des méandres fascinants. le surnaturel et le politique se mêlent pour fonder quelque chose qui vous fera réfléchir sur bien des domaines. Je ne regrette absolument pas ma lecture, j'ai même hâte de pouvoir me plonger dans le trois !

Ce sera donc un 18/20 pour moi !


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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation

- Je présume qu'il s'agit de lady Vin, lord Elend ?

- Oui, répondit Elend, qui se mit à faire les cent pas, décrivant des gestes de la main tout en parlant. Je ne la comprends pas, Sazed. Ça, je m'y attend - j'irai jusqu'à dire que je compte dessus. Ce n'est pas juste une femme, c'est Vin. Mais je ne sais jamais trop comment réagir. D'abord elle paraît affectueuse avec moi - comme avant que cette catastrophe frappe la ville - et puis l'instant d'après, elle se montre distante et froide.

- Peut-être elle-même est-elle un peu perdue.

- Possible, acquiesça Elend. Mais ne faudrait-il pas qu'au moins l'un de nous deux comprenne ce qui se passe dans notre relation ? Franchement, Sazed, je me dis parfois que nous sommes trop différents pour être ensemble.

Sazed sourit.

- Oh je n'en suis pas si sûr, lord Elend. Vous seriez surpris de savoir à quel point votre façon de penser est similaire.

- J'en doute fort, répondit Elend, sans cesser de faire les cent pas. C'est une fille-des-brumes ; je ne suis qu'un homme ordinaire. Elle a grandi dans les rues ; moi dans un manoir. Elle est intelligente et rusée ; je tire tout mon savoir des livres.

- Elle est extrêmement compétente, et vous aussi, répondit Sazed. Elle a été opprimée par son frère, vous par votre père. Vous détestiez tous les deux l'Empire Ultime, et l'avez combattu. Et vous pensez tous deux beaucoup trop à ce qui devrait être, plutôt qu'à ce qui est.

Elend s'arrêta et regarda Sazed.

- Que voulez-vous dire ?

- Que je crois que vous êtes faits l'un pour l'autre, expliqua Sazed. Je ne suis pas censé émettre de tels jugements, et très sincèrement, ce n'est que l'avis d'un homme qui ne vous a guère vus tous les deux ces derniers mois. Mais je crois que c'est la vérité.

- Et nos différences ? objecta Elend.

- Au premier coup d’œil, la serrure et sa clé paraissent très différents, admit Sazed. Par leur forme, leur fonction, leur conception. Celui qui les regarde sans connaître leur vraie nature pourrait les croire opposées, car l'une est destinée à ouvrir, l'autre à rester fermée. Pourtant, un examen approfondi lui révélera que sans l'une, l'autre devient inutile. L'homme averti voit alors que la serrure et la clé ont été créées dans un même dessein.

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- Tu sais, Elend, des fois, c'est franchement difficile de savoir quand tu plaisantes et quand tu dis simplement des bêtises.

- Ce qui me rend mystérieux, non ?

- On peut dire ça, admit-elle en se blottissant de nouveau contre lui.

- Eh bien, vois-tu, tu ne comprends pas à quel point c'est intelligent de ma part. Si les gens n'arrivent pas à déterminer quand je me comporte en idiot ou en génie, peut-être prendront-ils mes bourdent pour de brillantes manœuvres politiques.

- Tant qu'ils ne prennent pas tes véritables manœuvres brillantes pour des bourdes.

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Chaos et stabilité : la brume représentait les deux. La Terre accueillait un Empire, cet Empire une dizaine de royaumes brisés, ces royaumes des villes, cités, villages et plantations. Et au-dessus de tous, en eux, autour d'eux, régnait la brume. Elle était plus constante que le soleil, car les nuages ne pouvaient la masquer. Plus puissante que les tempêtes, car capable de survivre aux caprices du climat. Elle était constamment là. Changeante mais éternelle. 

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Elend inspira profondément.

— Vous avez raison – nous ne pouvons pas nous permettre de combattre ces armées. Mais je crois que nous devons trouver un moyen de les pousser à se battre entre elles.

— Un agréable sentiment, mon cher, convient Brise. Mais les pousser à se battre n'est pas aussi simple que de persuader Spectre de me resservir du vin.

Il se retourna, brandissant sa coupe vide. Spectre hésita, soupira, puis se leva pour aller chercher la bouteille.

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Au premier coup d’œil, la serrure et sa clé paraissent très différents, admit Sazed. Par leur forme, leur fonction, leur conception. Celui qui les regarde sans connaître leur vraie nature pourrait les croire opposées, car l'une est destinée à ouvrir, l'autre à rester fermée. Pourtant, un examen approfondi lui révélera que sans l'une, l'autre devient inutile. L'homme averti voit alors que la serrure et la clé ont été créées dans un même dessein.

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Extrait du livre audio « La Voie des rois, volume 1 - Les archives de Roshar, tome 1 » de Brandon Sanderson, traduit par Mélanie Fazi, lu par Jessica Monceau et Lionel Monier. Parution numérique le 14 décembre 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/la-voie-des-rois-volume-1-les-archives-de-roshar-tome-1-9791035409821/
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