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Critiques sur Les cancres de Rousseau (25)
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Clem_5
  17 février 2019
Je suis étonnée de voir les critiques quasi unanimes au sujet des Cancres de Rousseau. Je l'ai lu dans le cadre du travail et je me suis franchement ennuyée. Déjà je ne m'attendais pas du tout à ça comme histoire. Je pensais qu'il allait y avoir un côté philosophique avec "Rousseau", mais il ne s'agit que du nom du lycée où Djiraël et sa bande de copains étudient pour cette année de Terminale.

Dès les premières pages, l'écriture et la façon de parler des personnages m'a perturbée. L'auteur a choisi un registre de langue soutenu, mélangé à du vocabulaire "djeuns". ça ne fait pas naturel. Je ne suis pas sûre que les jeunes vont adhérer.

Ensuite c'est le personnage de Djiraël qui m'a irritée. Je l'ai trouvé insupportable à se prendre pour le roi du monde et à tout tourner en dérision. Ses copains n'étaient pas franchement mieux. Je veux bien croire qu'ils ont des situations familiales compliquées, mais ça n'excuse pas tout. En plus, leurs aventures au lycée étaient peu crédibles.

Bref, je donne tout juste la moyenne à ce roman. Il est mention d'une "comédie urbaine" sur la couverture, mais je n'ai pas ri à un seul moment. ça ne m'a pas donné envie de lire les autres histoires de cette série.
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Takalirsa
  27 décembre 2017
J'ai eu du mal à entrer dans le petit monde de Djiraël et de sa bande. C'est comme si je débarquais dans une histoire en cours, peut-être parce que ce roman est le préquel de quatre autres. L'écriture est truffée de jeux de mots un peu trop systématiques pour être pertinents. Et je n'arrivais pas à m'attacher à ce héros fanfaron qui passe son temps à élaborer des plans douteux pour se faire de l'argent facile ("Cette soirée n'avait été organisée que pour garnir mes poches") et ne brigue des responsabilités dans son lycée que dans l'intérêt de son "Komité" : "On était devenus des politiciens de la basse extraction".

C'est quand Djiraël commence à évoquer son "daron en carton" que j'ai senti le personnage évoluer. La carapace se fendille et les sentiments se dévoilent. L'adolescent souffre de l'absence de cet homme qui voyage tellement de par le monde qu'il ne le considère absolument pas comme un père. du coup sa mère est exigeante pour deux. Il ne partage rien avec son frère aîné et les petits ne sont que des ombres. Dès lors on comprend l'importance des "soces", la complicité et l'entraide qui les unissent : "On veillait les uns sur les autres". On comprend que dans cette cité de la banlieue parisienne, Djiraël et les siens ont "toujours progressé avec les moyens du bord". Surtout, ils subissent au quotidien les préjugés liés à leurs origines socio-culturelles : "J'étais convaincu qu'il me faudrait bien plus que des rêves pour réussir, dans un bled qui ne me considérait que par le prisme de mes origines, quoi que je fasse".

Or Djiraël et sa bande sont loin d'être "des petits voyous". L'adolescent est régulièrement qualifié d'intelligent par ses professeurs, même si son insolence lui vaut bien des sanctions. Ses potes le considèrent comme un leader naturel même si lui reste lucide : "Ce n'était pas demain que les petits, les faibles, les jeunes auraient leur mot à dire sur la manière dont devait fonctionner la Cité. Mais au moins, on s'était poilés !". Plus encore que les autres, Djiraël doit imposer sa place, lui qui n'est arrivé en France qu'à l'âge de sept ans : "Moi je décrétais qu'il était temps de foutre à poil les lois et les règles, et de mettre à nu les failles d'un univers qui faisait de nous des faibles!".

Cependant ce n'est pas en jouant "la victime des cités" que l'on peut convaincre... de même, côté adultes, il s'agit de "leur offrir des solutions plutôt que de chercher perpétuellement à les charger"... Excédé, Djiraël laisse peu à peu tomber sa désinvolture pour la révolte : "Je pourrais soulever des montagnes, les gens comme lui ne verraient toujours en moi que l'enfant au bonnet d'âne". Une révolte qui passe par des engueulades, des bagarres, des ruptures. de la frustration : "J'étais ulcéré de ne jamais pouvoir aider les miens faute de pouvoirs; de ne jamais réussir à faire entendre ma voix faute de légitimité. A force d'être faible, issu d'une minorité si invisible, je n'avais aucun moyen de hurler contre l'injustice". de la colère, aussi : "Etre noir, c'est pas une couleur, c'est un statut".

Ajoutons à cela des préoccupations adolescentes telles que le bac à passer, un professeur investi à défendre et une vie sentimentale chaotique à gérer, et l'on comprend mieux le bouillonnement intérieur de Djiraël ! Cette année de Terminale sera pour lui synonyme d'introspection et il en ressortira un Djiraël nouveau, "moins narcissique" et déterminé à "détruire le chacun-pour-soi". "OK le programme qu'on s'était fixé n'avait pas été tout à fait respecté" mais il pourrait "dire à Maman qu'elle avait eu raison de me faire confiance, et montrer à Papa que j'avais réussi en dépit de son absence".
Lien : https://www.takalirsa.fr/les..
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charmant-petit-monstre
  27 avril 2018
Si vous voulez faire lire à vos ados quelque chose qui leur ressemble, si vous voulez du roman jeunesse qui sort des sentiers battus du cliché « banlieusard », si vous voulez vous fendre la poire un bon coup avec des sales gosses irrévérencieux, insolents, intelligents et drôlement attachants, si vous voulez découvrir un style différent et fort, Les Cancres de Rousseau est le roman qui vous faut.
Lien : https://leslecturesdumonstre..
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Khalya
  03 décembre 2017
J'ai beaucoup aimé ce livre et pourtant, excepté un ou deux, je ne me suis pas attachée aux personnages. Tatiana m'est apparue comme une manipulatrice, Rania, une pleurnicheuse. Djiraël se cache un peu trop à mon goût derrière le côté noir de banlieue pour justifier ses combines à la limite de la légalité, quand il ne franchi pas carrément la ligne. La mère de Djiraël, que j'appréciais au début, est vite tombée dans mon estime quand elle reproche à son fils de n'avoir que 13 de moyenne comme s'il avait ramené un 4 et quand elle lui ordonne de cesser de se battre pour ses idées. En fait, elle et son mari, dont on se demande de quel droit il ramène sa fraise, n'étant jamais là plus d'une semaine d'affilée, semble conseiller à leur fils de ne jamais montrer d'émotion mais en même temps de faire profil bas, de s'écraser… ce n'est pas ma conception de l'éducation. Si j'avais un fils, je préférerais le voir s'élever contre l'injustice, quitte à repasser un examen un an plus tard, plutôt que de la voir ramper devant ceux qui se croit au-dessus de lui parce qu'ils sont nés du « bon » côté de la barrière.
Le proviseur, et surtout le CPE, devrait être traduit devant un conseil de discipline. Je l'ai pensé dès le début du livre quand le CPE essais, à mots à peine couverts, d'influencer le vote des élèves quant à la nomination du délégué des délégués, et mon sentiment n'a fait que se renforcer au fil de ma lecture.
En revanche, j'ai beaucoup aimé Mr Fèvre, qui est un prof comme tout le monde aimerait en avoir. Côté ados, j'ai bien aimé Maceo « jazz » ainsi que Sacha, même si j'ai grincé des dents devant certaines de ses décisions.
Ce livre est la preuve qu'on peut aimer un bouquin, vraiment l'apprécier, sans pour autant accrocher avec les personnages et leur personnalité.
La fin est parfaite, avec une pointe d'amertume mais qui fait bien passer le message qu'il est rare de gagner sur tous les tableaux, même quand on est dans son bon droit, et qu'il faut savoir lâcher sur certaines choses pour en obtenir d'autres plus importante.
Un petit point reste en suspension, à la toute fin, mais comme ce point concerne un personnage que je n'ai vraiment pas apprécié, ça m'a laissée complètement froide, j'ai préféré me concentrer sur la fin de l'histoire, sur l'amitié qui lie ces adolescents.
J'ai vraiment apprécié ma lecture, encore plus que si je m'étais attachée aux personnages. Parce que quand on aime d'entrée de jeu les personnages, on peut dire que la moitié du chemin est fait pour l'auteur. Même quand l'histoire a quelques défauts, il y a ce sentiment envers les personnages qui font pencher la balance sur « j'aime ». Dans le cas, où comme ici, je n'ai pas franchement d'affinité avec les personnages, il faut que l'écriture et l'histoire soient quasiment sans défaut pour que le texte fasse mouche. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé ici, l'histoire est tellement forte et bien écrite que la personnalité des personnages en devient secondaire, pas pour l'histoire elle-même, mais pour l'appréciation qu'on va en faire.
Il semblerait que d'autres romans d'Insa Sané portent sur ces mêmes personnages (ou leur entourage, j'ai cru voir un résumé où le personnage principal serait le petit frère de Djiraël) et c'est donc avec plaisir que je retrouverais la plume de l'auteur dans un avenir, je pense, assez proche.
Petit bonus, après l'extrait, je vous mets le lien vers une interview de l'auteur.
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fred37
  10 septembre 2019
Le quotidien d'une bande de lycéens de Sarcelles est ici raconté avec beaucoup de tendresse. Chaque personnage a ses fêlures, mais tous ont l'humour en bandoulière... Avant d'être des "jeunes de banlieue", ce sont des adolescents avec tout le bouillonnement que ça implique, l'esprit potache, l'amitié, l'amour, la colère, l'espoir... Une bien jolie découverte.
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Juliah
  29 août 2018
Alors voilà, avec Insa Sané, tu peux commencer version JT de 13h : Insa Sané est un jeune auteur noir talentueux, qui puise son inspiration dans sa jeunesse sarcelloise et ses racines sénégalaises, bla bla bla...

Ou alors, t'attaques version slameur/commentateur de foot : Enflammez-vous pour la prose acérée de l'insensé, l'essentiel, le sensationnel Insa Sanééééé ! Bla bla bla...

Ou encore, prof de lettres qui s'inspire de Wikipédia (ouais, le mec, il a une page Wikipédia quoi !!!) : Insa Sané est né à Dakar en 1974 (44 ans) et vit en France depuis l'âge de 6 ans. D'abord adepte de musique rap, sa plume le porte vers le slam, bla bla bla...

Ou enfin, t'acceptes juste qu'Insa (je peux t'appeler Insa ?), il kiffe pas trop les étiquettes. le type, il a tellement de talents que tu pourrais dire que les fées se sont penchées sur son berceau pour lui donner tous les dons, mais Insa, il est plutôt du genre à leur tirer leur baguette pour jouer avec et faire des étincelles. Tu peux toujours parler de racines, mais Insa, c'est plutôt le genre rhizome, tu vois. Il pousse partout tant qu'y a de la vie, il puise ce qui l'inspire là où il est, que ce soit Dakar ou Sarcelles, et il prend un malin plaisir à se pointer là où tu l'attends pas. Dans Les cancres de Rousseau, le dernier titre en date de sa "comédie urbaine", il te chope et t'emmène avec lui, il te présente ses potes, ses profs, sa ville. Tu vois et vis tout ça de l'intérieur. Alors, soit tu découvres ce "milieu" et t'es bien content de casser tes préjugés, ou de voir tes intuitions confirmées ("Y sont pas méchants ces jeunes, en fait") ; soit tu viens de là et tu fais un big up à ce mec qui arrive enfin à écrire sur Sarcelles, le bitume et ta jeunesse avec justesse, bienveillance et réalisme, loin des clichés et des phrases toutes faites.

Mais quoi qu'il en soit, tu profites du voyage, tu t'accroches au train de sa plume qui glisse à 100 à l'heure, et tu vibres au rythme de sa langue aussi poétique et musicale que brute et affirmée. Les mots d'Insa sonnent juste, ils ricochent et dansent, ils respirent l'amour de la langue. Ils s'éclatent les uns avec les autres, comme Djiraël et sa bande de potes qui te font marrer, sourire ou trembler. Cette année de Terminale ne ressemblera à aucune autre, et surtout pas à celle qu'ils avaient prévue. Galères avec les filles, avec les butés qui dirigent le lycée, prise de tête avec le daron, et surtout respect total de la mater (mon idole !!!)... Tous les ingrédients d'une bonne comédie sont là, et cette recette, c'est de la bombe : les pages tournent toutes seules, tu sautes le repas de midi et même les Kinder Country du goûter pour dévorer les rebondissements de ce roman addictif et ne perdre aucune miette d'un texte aussi riche dans la forme que dans le fond.

Insa Sané est gourmand et généreux : il emmagasine des moments forts, drôles ou poignants, ses colères et ses indignations, ses espoirs et ses convictions, et il nous les restitue avec finesse et malice dans ses excellents livres. N'hésitez pas à les découvrir et à les partager, à les lire à voix haute à vos amis, vos enfants, vos élèves (à partir de 13 ans) pour faire vivre encore plus les mots puissants d'Insa.
Lien : http://www.ouvrage-blog.com/..
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PetiteNoisette
  10 juillet 2018
Voilà un auteur que je ne connaissais pas mais que je vais m'atteler à découvrir car cette première lecture m'a vraiment séduite !

Le lecteur rentre dans l'univers de Djiraël, un adolescent en Terminale ES à Sarcelles. Sarcelles, ville connue pour sa banlieue difficile, qui ressemble en tous points à celle dans laquelle je travaille (à part qu'à Sarcelles il y a un lycée, ce qui n'est pas le cas dans la commune où je travaille malgré les 3 collèges et les 27 000 habitants, bref)

Djiraël et sa bande de copains, inséparables depuis des années. Il y a Sacha, une jeune fille garçon manqué qui doit s'occuper seule de son père alcoolique, Jazz, le passionné de musique dont le père a déserté le foyer familial depuis longtemps, Rania, belle jeune fille qui fait tout pour ne pas se faire remarquer depuis que ses parents adoptifs ont eu un enfant naturel, Armand, qui a du mal au lycée, et Doumam l'intello. Et puis il y a Djiraël. Djiraël est bon élève, mais il a beaucoup de colère en lui. Colère contre son père, toujours absent, colère contre les adultes du lycée, qui ne semblent pas le respecter, colère contre la misère sociale dans laquelle son quartier évolue. Djiraël est fait pour la politique ! D'ailleurs, il décide de se présenter aux élections pour être délégué. Mais pas facile de se faire élire quand les profs, le CPE et le Proviseur préféreraient un élève modèle à ce poste.

Djiraël est très amoureux de Tatiana, ça fait des années qu'il lui court après. Alors quand Djiraël doit choisir entre l'élection, ses amis, et Tatiana, il ne sait plus où donner de la tête !

J'ai adoré l'écriture d'Insa Sané ! On est tout de suite pris par le récit, on évolue avec les personnages et leurs sentiments, on comprend chacun d'eux et on ne juge pas parce qu'on sait ce qui les a amené là. Bien sûr, dans Djiraël et ses amis, je retrouve une grande partie mes élèves. Je retrouve le quartier, si bien décrit par l'auteur; je retrouve les situations familiales, toutes (ou presque) bien trop dures à gérer pour des enfants. Je retrouve cet énorme sentiment d'injustice, cette colère qui en qualifie certains, mais aussi ce désir de s'en sortir, quel que soit les moyens employés.

Je dois quand même dire que le discours sur l'Education Nationale m'a beaucoup gênée. Même si je respecte totalement ce texte, cette vision de l'auteur dont on sent bien qu'il a mis une grande part de lui dans ce texte. Déjà, il dit que les profs qualifient ce groupe de "cancres". Or, un élève qui a 13 de moyenne de terminale, je crois que mes collègues et moi en rêvons ! Jamais il nous viendrait à l'idée d'utiliser ce mot pour un élève comme Djiraël. Et puis il y a beaucoup de passages sur le lycée où seul M. Fèvre trouve grâce à leurs yeux. Tous les autres profs semblent détester leurs élèves, le CPE est vraiment une ordure et le Proviseur pas mieux. Je sais bien qu'il y a des profs qui sont comme ça, mais bon la grande majorité des profs ça me semble un peu bizarre quand même... Et puis différentes réflexions montre la méconnaissance du système éducatif (ce qui n'est pas gênant en soi mais Djiraël semble très sûr de lui pour le reste alors un lecteur qui ne connaît pas le système le croirait sur parole !)

J'ai beaucoup aimé la vision de la maman. Au lieu de montrer une mère dépassée par ses nombreux enfants et son mari toujours absent, Djiraël dépeint sa mère comme forte, indépendante, gérant sans encombre sa famille et décidant de reprendre ses études. Un bel hommage ! Par contre, la plupart des pères sont décrits, au mieux comme absents, au pire comme de véritables boulets que les enfants doivent soutenir.
Lien : http://blogonoisettes.canalb..
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Athanase45
  28 juin 2018
On pourrait croire qu'il y a chez l'éditeur Sarbacane une arrière-cuisine où quelque Grand Schtroumpf concocte le fond de sauce des livres qui en sortent, tant ils ont tous ce petit parfum reconnaissable, fait d'humour vache, d'insolence désespérée et de beaucoup d'amours de toutes sortes. Bien sûr, personne n'a reconnu ici le bonnet rouge de Tibo Bérard…

La semaine dernière, je vous parlais du livre d'Emilie Chazerand, La fourmi rouge, justement. Rappelez-vous. Son anti-héroïne, Vania, faisait une entrée tonitruante au lycée où elle allait être poursuivie toute son année de Seconde par un mystérieux message tombé de nulle part sur son ordinateur, la mettant au défi de cesser enfin d'être le « brouillon terne et médiocre » d'elle-même.

Cette semaine, Djiraël aborde, lui, la Terminale. Djiraël, c'est le héros d'Insa Sané qui, dans Les cancres de Rousseau nous dépeint une bande de potes bagarreurs et insolents, malins et vivants, qui s'apprêtent à prendre le pouvoir au lycée, au grand dam de l'administration qui préférerait voir élus comme représentants de l'établissement des jeunes gens et jeunes filles mieux sous tous rapports. Mais, hélas pour le CPE du lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles, la popularité ne se décrète pas.

Notre auteur emmène donc Djiraël, Sacha, Rania, Doumam et les autres de la rentrée jusqu'au Bac, ce Bac redouté et attendu, même par des présumés cancres, parce qu'il reste tout de même le passeport pour une autre vie. Terminale ! Tout le monde descend, annonçait naguère Susie Morgenstern. Ce Bac qu'on vivra comme un épilogue, des épreuves aux résultats, avec « la peur au ventre », tout dur qu'on soit.

Entre ces deux moments, Djiraël vit la vie d'un grand ado de banlieue : entre Rania, la fille qui t'aime depuis toujours et en qui tu ne vois qu'une amie, Tatiana, la fille que tu aimes et qui ne te « calcule » même pas, cécités croisées, et les virées au coeur de Paris, les petites combines pour se faire de l'argent, un rival menaçant qu'il faudra finir par réduire car on ne peut pas se laisser marcher dessus dans une cité où tout se sait à la vitesse de la rumeur amplifiée par les réseaux, la vie de famille avec une maman qui fait régner tant bien que mal sa loi pour suppléer à celle d'un papa à éclipses, partagé entre l'Afrique et la France. « J'ai toujours eu plus peur d'elle que de Papa », avoue Djiraël. « Maman, c'est une Amazone ». Sa « daronne » chiante et bien-aimée.

En fait de loi, Insa Sané en évoque quatre, comme autant de trames de son livre. La loi de Jules Ferry, scolaire, est la première, omniprésente l'année du Bac. Insa Sané dresse au passage un beau portrait d'enseignant, Monsieur Fèvre, le seul à reconnaître et à considérer l'intelligence vivante de ces élèves pas dans le moule et pas toujours dans les clous. Il y a aussi la loi de la tanière, qui interdit à Djiraël, par la voix de son père, d'être un médiocre en France, lui l'Africain surdoué sur lequel ses parents ont tout misé. La loi de la rue, enfin, où il ne faut rien céder, et son corollaire, la loi du talion.

Avec Les cancres de Rousseau, Insa Sané n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il a l'ambition d'écrire une Comédie urbaine comme jadis Balzac a écrit sa Comédie humaine. Rien que ça ! Plusieurs de ses livres sont déjà sur les étagères des libraires et l'auteur a d'autres cordes à son arc, de musicien, de slameur, qu'on découvrira par exemple sur YouTube.

Si l'on sort maintenant de la métaphore culinaire pour lorgner du côté des champs de course aux prix et des pur-sang de librairies, n'y aurait-il pas désormais, avec Insa Sané et quelques autres déjà recensé·e·s ici, comme un début d'écurie Sarbacane, en passe d'occuper une place de choix dans la littérature pour la jeunesse d'expression française ? Son entraîneur, le Grand Schtroumpf sus-nommé, y travaille, apparemment.
Lien : https://littejeune.blogspot...
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Stellabloggeuse
  16 mai 2018
On retrouve avec plaisir l'univers de la "comédie urbaine" d'Insa Sané, et notamment le personnage de Djiraël, deux ans avant "Sarcelles Dakar".
Ce roman se déroule au coeur des préoccupations d'une bande de copains, durant leur de terminale, année charnière s'il en est.
Ce volet est plus léger que les autres, sans doute parce que les personnages sont plus jeunes. Je l'ai trouvé un peu moins aérien, la plume un peu moins travaillée que ce à quoi l'auteur nous avait habitués.
Mais cela reste un bon cru, qui donne envie de relire Sarcelles Dakar !
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BooksAnatomy
  06 février 2018
Entre l'humour et le drame se glissent des notes de poésie, à la fois tendres et incisives. Une chose est sûre, nous avons là un auteur engagé qui, en plus de nous faire passer un bon moment de lecture, nous invite à porter un regard tout autre sur ces cancres dont personne ne veut. Ces jeunes désabusés, qui ont soif de vivre et de réussir, n'ont peut-être pas les bonnes clés et peut-être qu'ils ne s'y prennent pas de la bonne façon, mais ils essayent de s'en sortir. Nous les suivons donc à travers leurs galères, grâce au point de vue du personnage principal : Djiraël. Et la galère, lui, il connaît ça ! Il faut dire aussi qu'il sait très bien se mettre dedans, sans l'aide de personne…


Les réflexions autour de ces jeunes de banlieues amènent le lecteur à réfléchir et à considérer les choses autrement. Personnellement, il n'y a pas de « tours » ni de banlieues près de chez moi (je vis dans un village) alors tout ce que je peux faire c'est imaginer les vies qui s'y croisent. Grâce à ce livre, j'ai une image plus nette du milieu dans lequel évoluent ces jeunes. J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages et à m'identifier à eux, tout simplement car nous sommes trop différents. Et ce n'est pas un mal, car ce n'est pas, je crois, le but de ce roman. L'auteur nous dresse un portait hauts en couleur de cette jeunesse, avec leurs hauts, leurs bas, les problématiques communes à tous les adolescents à cet âge – les relations et le Bac notamment – et aussi celles qu'ils héritent malgré eux. Car l'adolescence n'est déjà pas facile à la base, alors entre les problèmes de « clans », les problèmes familiaux et le peu de moyens qu'ils ont à leurs dispositions, cela se complique d'autant plus !

Djiraël, notre jeune cancre va se retrouver dans des situations compliquées, parfois tristes, parfois amusantes. Si je ne me suis pas attachée à lui, comme je l'ai expliqué plus haut, j'ai aimé avoir accès à ses pensées. D'un côté nous voyons l'image qu'il veut renvoyer aux autres : jouer les durs, fanfaronner même quand ça ne va pas… Et de l'autre, nous avons les fêlures et les sentiments qu'il essaye de masquer. Une vraie mise en texte de ce monde où bomber le torse et donner de la voix sont des mécanismes de survie.

En conclusion : Une comédie urbaine qui fait office de préquelle aux autres romans d'Insa Sané, où l'on retrouve d'ailleurs Djiraël. Une lecture intéressante et instructive !
Lien : https://blogbooksanatomy.wor..
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