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ISBN : 2848651431
Éditeur : Sarbacane (23/10/2006)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Emmerdes, petits flirts et combines foireuses : c'est le quotidien de Djiraël, entre Sarcelles et Gare du Nord.
N'empêche qu'il n'est pas très chaud pour partir au Sénégal, son pays natal, avec la " mater " et le reste de la famille. Ce sera pourtant l'occasion, pour ce " Francenabé entre deux mondes ", de basculer dans l'imaginaire des contes africains... et de renouer avec son père.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Stellabloggeuse
  20 octobre 2014
Dans ce roman, Insa Sané nous emmène en voyage. Nous rencontrons Djiraël, jeune sarcellois d'une vingtaine d'années, qui traîne sa carcasse d'ennui en petites combines, et dont le plus grand plaisir est de collectionner les filles. Trois mois auparavant, le père de Djiraël est mort, et sa dépouille a été rapatriée au Sénégal. La mère de Djiraël décide donc d'aller lui rendre un dernier hommage.
Djiraël n'est pas enchanté par ce voyage, mais il découvre cependant peu à peu ce pays où il est né, qui lui est peu familier. Insa Sané entraîne son héros et le lecteur dans un voyage initiatique qui lui fait parcourir une partie du Sénégal, pour se réconcilier avec son passé, ses origines.
C'est un roman très agréable à lire, dont l'action se déroule de manière très naturelle. On est immédiatement « dedans » : le personnage est touchant, on veut aller jusqu'au bout de l'aventure avec lui.
Il nous fait réfléchir également, et nous éclaire sur la vie d'un jeune immigré dans les cités parisiennes. Ici, il est vu comme un étranger. Mais surtout, Djiraël subit les pressions de sa famille, qui veut qu'il réussisse à tout prix, qu'il saisisse sa chance. Mais il vit également les mêmes choses que tous les jeunes hommes de son âge : les incompréhensions entre garçons et filles, traitées avec beaucoup d'humour, où la difficulté d'exprimer ses sentiments (en famille comme en amour).
En Afrique, Djiraël est vu comme un privilégié, un « Francenabé ». Ses cousins n'hésitent pas à réquisitionner ses vêtements de marque ! Djiraël découvre une toute autre misère que celle des cités : « Je voyais des mômes qui n'avaient plus l'air d'être de enfants, alors je me suis dit qu'ici les enfants devaient naître vieux. Ça m'a foutu les boules. »
A la manière d'un conteur africain, Insa Sané nous apprend à mieux connaître le Sénégal. Il évoque l'incompréhension des sénégalais enrôlés dans la Première Guerre Mondiale, inconscients d'avoir une patrie nommée « la France ». Mais surtout, il restitue l'importance de la magie, qui imprègne la vie quotidienne, et qui rendra à Djiraël un peu d'espoir, de foi.
Je n'ai plus grand-chose à ajouter, à part souligner une nouvelle fois la belle écriture de cet auteur, tantôt « brut de décoffrage » et naturelle, tantôt poétique et envoûtante. Rythmée, quoi qu'il arrive. Parfois lyrique, comme dans cet extrait où il compare la vie humaine à une vague :
« Nourrie d'abondance, la vague ondule,fluide, diffuse et presque insouciante. Elle flâne, joyeuse, innocente et turbulente ; le ciel l'embrasse de ses lèvres bleues. […] Les chatouilles de la brise lui soutirent un éclat de rire. Elle monte et elle descend. C'est l'âge espiègle où l'aube brille de mille promesses. »
Je vous laisse sur ces bons mots, en vous invitant à découvrir de toute urgence cet auteur humain, réaliste, drôle et sensible (oui, rien que ça !).
Lien : http://romans-entre-deux-mon..
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l-ourse-bibliophile
  22 août 2018
J'ai adoré Les cancres de Rousseau et j'avoue que Sarcelles-Dakar m'a un peu fait l'effet d'une douche froide. La plume d'Insa Sané ne m'a pas du tout emporté comme dans le précédent. Outre une vulgarité un peu trop présente à mon goût et une avalanche de marques (sachant que je ne m'y intéresse pas, que ça ne me parle pas et que ça me laisse totalement de marbre), l'usage abusif du verlan a véritablement freiné ma lecture, me demandant à chaque fois une ou deux secondes de réflexion pour remettre les syllabes à l'endroit (non, je ne suis vraiment pas familière du verlan) : « les taspés », « dans mon tier-quar », « on les a vesqui », « les teurinspects »… Stop ! Un peu, pas de problème, mais là, c'était trop.
Il faut dire qu'il s'agit là de son premier roman et que Les cancre de Rousseau, narrant des événements se déroulant juste avant ceux de ce volume-ci, est son dernier, publié dix ans plus tard. On y retrouve son écriture rythmée et directe, mais on peut clairement en apprécier l'évolution.
De même, je m'étais habituée au Djiraël des Cancres et celui de Sarcelles-Dakar m'a été, dans les premiers chapitres, moins sympathique. Attention SPOILERS sur Les cancres de Rousseau : le Djiraël qui haïssait son premier joint en fume désormais deux par jour, le Djiraël prêt à tout pour sauver un prof, aider les élèves à passer leur bac et prouver qu'il n'est pas juste un cancre sèche la fac parce que « ça [le] saoule » et préfère aller braquer des mecs. D'accord… Il a beaucoup changé en moins d'un mois quand même. (Encore une fois, ce « nouveau » Djiraël a été imaginé avant celui des Cancres, je sais.)
Cela dit, même si la lecture a été moins agréable, tout n'est pas à jeter dans ce roman. Au contraire. Si le début ne m'a pas vraiment intéressée, les choses ont commencé à changer lorsque Djiraël et sa famille ont embarqué pour le Sénégal (une histoire de paternel dont je ne dirai rien). On y découvre une autre réalité, plus dure que celle que Djiraël croyait vivre en banlieue, plus miséreuse. Les magouilles, l'incertitude du lendemain, la pauvreté…
Et à cette Afrique-là, se mêlent également l'Afrique riche en contes, en traditions et en rituels. Des histoires étranges y sont racontées, y sont vécues. Un univers magique, entre légendes et magie qui redonnera à un Djiraël désabusé un peu d'espoir tout en apportant un enchantement depuis longtemps disparu à son quotidien.
Ce voyage vers ses racines place Djiraël face à ses contradictions et le personnage apparaît un peu plus complexe, poussé à davantage de maturité (et remontant dans mon estime). Là-bas, on l'appelle « francenabé » et lui qui se sentait en bas de l'échelle en France est maintenant un privilégié.
« - Oui, je sais… En France on t'appelle « l'immigré » et ici, on te prend pour un Français.
- Bah, en réalité, j'suis juste un Sénégalais. »
Ce premier roman d'Insa Sané n'est donc pas exempt de défauts, mais c'est également un bon livre, à la fois vivant et poétique, à la fois brutal et tendre, dans lequel l'auteur nous fait voyager entre plusieurs mondes, de la banlieue parisienne au Sénégal, un pays à plusieurs facettes, de la sombre misère à la richesse des histoires ancestrales.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Iskiwiwi
  03 mars 2014
Djiraël, 17 ans, a peu de rêves et beaucoup de soucis. Il partage son quotidien entre le trajet Sarcelles-gare du Nord, les filles, les combines et les petites arnaques foireuses avec son cousin Youba. Jusqu'au jour où sa mère décide de l'emmener au Sénégal, pays de son enfance, pour des retrouvailles avec son père.
Un livre à la fois très réaliste quand il nous décrit le quotidien des cités mais aussi magique et envoûtant quand il nous emmène en Afrique et nous fait découvrir des récits aux allures de contes. Un très beau voyage initiatique auquel j'ai adoré participer.
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ElizabethBennet
  27 janvier 2013
Il y a des livres qui donnent, d'emblée, un mauvais pressentiment. Avec son titre en forme de challenge sportif et sa couverture criarde, celui-ci en fait partie. Les premières pages, très marquées par l'aspect "banlieue", avec verlan, petite délinquance et pauvreté, font craindre le pire. Et pourtant, dès l'arrivée de Djiraël au Sénégal, le roman change de dimension. Adieu la chronique sociale, bonjour le lyrisme, la sagesse proverbiale et les contes africains. Avec une sensibilité insoupçonné, l'auteur nous entraîne dans un univers extraordinaire, où les esprits et les hommes vivent en harmonie, où l'amour est l'enjeu d'une quête aux multiples épreuves, où les rites et les croyances ancestrales donnent son sens au temps qui passe. À travers un roman initiatique parfaitement maîtrisé, l'auteur entraîne Djiraël sur le chemin de la connaissance de soi, de l'apaisement et de la sagesse. Au fil des pages, le héros se dévoile, perd ses certitudes et oublie son orgueil, pour accepter d'apprendre à regarder, d'apprendre à aimer et à comprendre. Lorsqu'il revient à Sarcelles, lui qui ne se sent chez lui nulle part, c'est un jeune homme transformé, apaisé et prêt à tous les sacrifices par amour. Avec un style qui rappelle par moments les plus belles pages de Laurent Gaudé, Insa Sané a un talent exceptionnel pour raconter l'Afrique, mais sa façon de présenter les banlieues est également appréciable...
(la suite en cliquant sur le lien ci-dessous !)
Lien : http://ars-legendi.over-blog..
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GuardiansoftheCDI
  04 avril 2018
Sarcelles Dakar est un livre qui se lit très facilement car on s'identifie rapidement au personnage principal. Djiraël incarne l'adolescent typique de cette époque (2006) entre les relations amoureuses, petits problèmes entre quartiers et les rapports parents-enfants. C'est l'homme de la maison qui n'a jamais pardonné à son père d'avoir laissé sa mère dans cette situation. Au premier abord, on s'attend à une histoire sans but précis mais au fur et à mesure du récit, on arrive à relier touts les points entre la vie de Djiraël en France et celle qu'il mène quand il arrive à Dakar. C'est un jeune homme de banlieue qui accepte enfin de faire un pas vers cet homme inconnu pour lui : son père.
Insa Sané est un auteur que je recommande totalement
Malak des Guardians of the CDI
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   22 août 2018
Alors, ce dernier s’était mis à pleurer et à courir sans arrêt. Il pensait qu’en courant, il aurait pu rejoindre sa famille. Avec le temps, il avait fini par comprendre que la France se situait bien trop loin pour qu’il puisse s’y rendre avec ses petites jambes. A chaque fois qu’un avion passait au-dessus de sa tête, le petit garçon était triste, et il criait des mots pour que l’appareil les porte à sa mère.
Ce petit garçon, c’était moi.
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StellabloggeuseStellabloggeuse   20 octobre 2014
Les contes, c’était pour les enfants, et la foi pour les faibles. En réalité, mon vrai problème, avant ma rencontre avec Kadiom, c’est que j’avais perdu la foi. J’avais d’abord arrêté de croire en l’amour de mon père. Ensuite, j’avais cessé de croire en moi. Et puis, j’avais fini par ne plus croire en rien ni en personne.
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StellabloggeuseStellabloggeuse   20 octobre 2014
Nourrie d’abondance, la vague ondule,fluide, diffuse et presque insouciante. Elle flâne, joyeuse, innocente et turbulente ; le ciel l’embrasse de ses lèvres bleues. […] Les chatouilles de la brise lui soutirent un éclat de rire. Elle monte et elle descend. C’est l’âge espiègle où l’aube brille de mille promesses.
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StellabloggeuseStellabloggeuse   30 octobre 2014
Je voyais des mômes qui n’avaient plus l’air d’être de enfants, alors je me suis dit qu’ici les enfants devaient naître vieux. Ça m’a foutu les boules.
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