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EAN : 9782021423273
336 pages
Éditeur : Seuil (04/02/2021)
5/5   2 notes
Résumé :
Tout le monde connaît Loana, la blonde de Loft Story (2001). On en sait moins sur Loana Petrucciani, battue et humiliée par son père, victime de violences conjugales répétées, outil médiatique aux mains de producteurs opportunistes et sans scrupules. Cette femme-objet a fait les choux gras de toutes les presses – y compris des plus sérieuses – au prix d'une profonde souffrance. En moins de vingt ans, la star éphémère a multiplié les tentatives de come-back et de sui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
foufourche
  14 mars 2021
"Sexisme story" est l'essai que j'ai toujours voulu lire sur Loana. Laissez-moi vous expliquer avant de rire.
Quand j'avais 21 ans, j'etais très catholique. Certains vont à la messe tous les dimanche ; moi j'y allais tous les jours. A la diffusion du Loft, j'ai jugé tous les lofteurs, et Loana bien sûr plus que les autres. Trop sexuelle, trop bimbo, trop.
L'essai de Paul Sanfourche est non seulement brillant d'empathie, mais il est aussi brillant tout court. Sur l'oppression systémique des femmes. Sur la machine médiatique qui s'en nourrit. Sur l'ambivalence et l'héroïsme des femmes victimes, préparées puis broyées, vaillantes et vacillantes.
C'est vrai, aujourd'hui j'ai peur pour Loana. J'ai peur pour elle comme j'ai peur pour les autres femmes victimes, fortes mais friables. Elle, on la connaît, on la suit, elle est cette starlette consommable qu'on s'attend à découvrir morte en alerte news. Chaque jour qui passe, pour elle et les autres, est une victoire pour elle et pour nous. Je voudrais qu'elle vive. Je voudrais qu'elles vivent.
Merci d'avoir écrit cet essai qui en dit autant sur nous, sur la brutalité des hommes (la "confrérie de la cartouche"), que sur elle.
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critiques presse (1)
LeParisienPresse   01 février 2021
Un livre, entre biographie, enquête et décryptage sociologique, explore avec humanité et distance le parcours de l’ex-participante de «Loft Story» devenue le symbole d’une époque.
Lire la critique sur le site : LeParisienPresse
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Scarlett76Scarlett76   16 février 2021
Pour construire son empire, il lui faut investir dans la pierre. En 2002, elle jette son dévolu sur un appartement au 43, rue de Chaillot. Quatre-vingts mètres carrés, à proximité de l’arc de Triomphe, avec ascenseur personnel qui vous amène directement du plancher des vaches au beau milieu du salon. « Une folie », dit-elle, achetée 450 000 euros et qu’elle revendra « le
triple » des années plus tard. Elle fait du domicile son cocon et de sa chambre, un délire d’enfant-star. Au sol, une moquette rose, « la plus épaisse qu’on puisse trouver sur le marché », huit centimètres de textile qui vous donnent l’impression de marcher sur de la barbe à papa. Au plafond, elle fait construire un grand cœur en bas-relief, incrusté de lumières multicolores. À 24 ans, elle a enfin la chambre de petite fille de ses rêves. Il y a de la jubilation dans sa voix à l’évocation de cet achat immobilier. Elle raconte avec le même entrain la manière avec laquelle elle a remboursé son prêt immobilier en un temps record : « Lorsque la banquière m’a vue
arriver avec le dernier chèque de remboursement, elle n’en revenait pas. Elle me dit : Quand on vous a vue arriver, la blonde, bimbo, on pensait qu’on allait vous fracasser. Et finalement, j’ai tout remboursé en cinq ans. C’est énorme. » Très loin de sa réserve habituelle, elle fanfaronnerait presque. Quand il s’agit d’argent, Loana ne s’excuse pas et affirme sans rougir :
« J’ai fait une super-carrière. » Et pourquoi le taire ? Loana est une femme d’affaires dont la société dégage alors des bénéfices nets annuels à six chiffres : 172 000 euros en 2002, 142 000 en 2003, environ 300 000 les deux années suivantes… En six années, d’après les comptes officiels de LPI, elle perçoit 1,2 million d’euros de dividendes cumulés. Loana est millionnaire.
Une femme puissante.
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Scarlett76Scarlett76   16 février 2021
En 2001, j’ai 16 ans et une télé dans ma chambre. Tous les membres de ma famille en ont une.
Avec le poste principal qui trône triomphalement dans le salon, le ratio est de quatre téléviseurs pour 90 m². Nous ne possédons qu’un seul ordinateur en revanche, relégué dans une sorte de vestibule distribuant les différentes pièces de l’appartement.
Cet après-midi-là, ma mère est au travail, mon frère quelque part, de sortie. Je suis seul chez moi. Dehors, c’est le printemps, mais je reste cloîtré dans cet espace sans fenêtre. La lumière que je veux voir, c’est celle de l’écran du PC que je m’apprête à allumer. Je me souviens de tous les bruits de la machine. D’abord, le clic au démarrage. L’électricité statique qui jaillit de la tour, piquant le nez et les oreilles. Ensuite, le vrombissement grave du ventilateur, comme pour me rassurer sur la puissance de ses microprocesseurs. Après quelques dizaines de secondes, satisfaite d’elle-même, la bécane entonne la musique d’accueil de Windows dans un léger grésillement d’enceintes. Elle est la récompense à mon attente prolongée sur une chaise un peu dure. Toute l’opération prend un temps infini. Souvent l’ordinateur plante et un membre de la famille peut débarquer à l’improviste. Il faudrait alors ajourner la mission. Aussi, quand l’ensemble des icônes apparaissent enfin sur le poste de travail, le soulagement est immense.
Dernière étape : double-clic sur le logo jaune de Club Internet, le fournisseur d’accès choisi par la mater familias. Ça y est ! Le gazouillis électronique retentit ; ces quelques notes de téléphone accompagnées du sifflotement guilleret d’un androïde en goguette. Grâce à mon modem 56 k, je suis connecté.
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Scarlett76Scarlett76   16 février 2021
Dans la relation que j’ai nouée avec Loana, j’avais tenté de respecter certains principes. Pas de familiarité excessive, employer le vouvoiement, préciser que j’enregistrais à chacun de nos entretiens, histoire de rappeler le caractère professionnel et dépourvu d’affect de nos rencontres. Pourtant, une certaine duplicité n’était pas totalement absente de mes actes et ce,
dès les premiers instants de ma démarche. C’est un des principes du métier : ne pas rebuter le témoin avant même de l’avoir rencontré. Pas d’angle saillant, ni de polémique – du moins au départ – si vous voulez qu’on vous ouvre la porte. Prenez un sourire avenant, parlez de tout et de rien, intéressez-vous à lui ou elle avant d’entrer dans le cœur du sujet. On appelle cet art de la dissimulation travailler la source. Avec Loana Petrucciani, j’ai donc délibérément mis sous le tapis la dimension féministe de mon angle, préjugeant que le mot en lui-même la rebuterait, et l’ai remplacé par une périphrase. Lors de nos rencontres, j’ai observé la même prudence quant
à ses activités professionnelles. Je devais surveiller mon langage et ne pas paraître trop à charge contre la téléréalité, qui reste son principal gagne-pain. Mais tous ces efforts n’auront pas tenu longtemps face à ses réticences. Après trois rencontres, quelques coups de fil et sept
heures d’entretiens enregistrés, le lien est rompu.
Que puis-je opposer à sa réserve ? Le droit de regard qu’elle évoque, c’est celui qu’elle avait cédé sans retenue en 2001 en entrant dans le Loft, devenant ainsi le cobaye d’un récit inédit.
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Scarlett76Scarlett76   16 février 2021
Anatomie politique d’une bimbo
Il faut se rendre à l’évidence : le corps de Loana est une affaire politique. Autrement, comment expliquer la foule d’articles et de commentaires autour d’une simple enveloppe charnelle ?
D’un côté, les pour, les partisans, ceux qui scandent : trop belle – corps de rêve – sex-symbol !
De l’autre, les contre, les opposants qui crient : trop mince – pas classe – artificielle ! Modèle à suivre ou mauvais exemple ? Deux camps autour d’un corps-controverse.
Si Loana est jugée trop ou pas assez, c’est à partir d’un ensemble de codes et de valeurs débattus socialement. Car tout corps est un support, comme l’explique la sociologue et féministe Susan Bordo : Le corps – ce que nous mangeons, la manière dont nous nous habillons, les rituels quotidiens par lesquels nous nous occupons du corps – est un médium de la culture1.
Parce que la société nous apprend tous à nous tenir, nous habiller, nous raser ou nous maquiller d’une certaine manière, le contrôle social pétrit notre physique. Néanmoins, et puisqu’ils sont des médias, nos corps sont aussi une médiation entre cette pression culturelle
et les projections que nous faisons de nous-mêmes. En cela, ils sont des matières politiques, des espaces de lutte où s’affrontent nos aspirations individuelles et les codes sociaux qui nous précèdent. Entre asservissements et libérations, nous oscillons tous, et changeons nos
apparences au gré de ces arbitrages. Objets et sujets. Tous les corps expérimentent les deux états, de manière contradictoire.
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Scarlett76Scarlett76   16 février 2021
Nous sommes en 2000 et une nouvelle ère approche pour Loana Petrucciani. Dans l’ombre, elle a travaillé dur pour faire sa place, là où elle pouvait percer. Sans le respect d’un père, sans études, sans argent, sans sa mère parfois, la jeune femme a déployé toutes ses ressources pour
dépasser sa condition. On n’a jamais que son corps. Alors autant compenser par lui et gagner
de quoi finir le moi. À partir de tout ce qu’elle avait compris, d’elle et des autres, elle a échafaudé son plan de survie. Elle s’est débarrassée de l’ancienne, la « brune », la « plate », l’« insignifiante », a recouvert d’oubli ses cheveux et ses yeux. Puis, elle a ouvert l’enveloppe, modelé sa silhouette et s’est fondue dans le même moule que celui de ces femmes-lingots qui
valent plus cher que les autres. Depuis les podiums des boîtes de nuit où elle danse, elle domine des hordes de mâles qui enfin la regardent avec le respect qu’on doit à sa proie. De l’envie et de l’attente. Aujourd’hui, on dit d’elle qu’elle cherchait la gloire, qu’elle s’étourdissait de cet alcool. Mais n’était-ce pas de pouvoir qu’il était question ? Quand on émarge
péniblement à un Smic à la fin du mois et qu’on n’a même pas un appartement à soi, un peu d’ascendant sur les autres, c’est déjà beaucoup.
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Vidéo de Paul Sanfourche
Nous retrouvons Violaine Chivot, son éditrice en conversation avec Nicolas Lebel, auteur du polar « le Gibier ». Dans cette conversation dans le noir, Nicolas Lebel nous parle de son travail de documentation, ce « ciment de la fiction » de son rapport à l'écriture et se prête même au jeu de lire un extrait de son livre.
Conversation dans le noir, le podcast des éditions du Masque. Bonne écoute !
Réalisation : Paul Sanfourche Générique : Longing - Joachim Karud
#conversationdanslenoir #lemasque #editionsdumasque #legibier #nicolaslebel #podcast
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